‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 94 sur 552 · GALOTTI —, GALT · texte numérisé non relu

GALOTTI —, GALT

damné. Il allait être conduit au supplice, lorsque la journée du 1° juillet 1820, qui assura le succès du mouvement révolutionnaire, lui rendit la vie et la liberté. Plus tard, après la restauration du pouvoir absolu, il prit encore une part des plus actives à divers complots, dont l’un abuutit à une insurrection presque aussitôt comprimée. Elle coûta la vie à un grand nombre d'individus ; mais plus heureux que ses complices , Galotti réussit à s'enfuir à Livourne, d'où il passa en Corse. Il y résidait depuis plusieurs mois, lorsque, sur les réclamations de l'ambassadeur napolitain, prince de Castelcicala, lequel affirmait que Galotti n'était pas poursuivi pour délit politique , mais pour assassinat, le gouvernement français consentit à son extradition. Cet acte de complaisance pour les vengeances de l’absolutisme fit jeter les hauts cris à l'opposition libérale; et le ministre, qui comprit qu'on avait manqué à la France en énonçant faussement la nature de l'accusation au sujet de laquelle Galotti avait à répondre devant la justice de son pays , envoya immédiatement un brick de guerre dans les eaux de Naples réclamer un prisonnier dont l'extradition n'avait été que le résultat d'une erreur. Cette démarche officielle du cabinet français eut du moins pour effet de sauver la vie à Galotti, dont la condamnation à mort, prononcée le 14 octobre 1829, fut commuée en dix années de bannissement dans une des îles de la côte, peine équivalant à celle des travaux forcés. Galotti fut en conséquence conduit dans l’île de Favignana, près de Palerme, et renfermé dans les casemates de la forteresse. Après la révolution de 1820, le gouvernement de Louis-Philippe fit de la popularité à bon marché en réclamant de nouveau Galotti, dont la pcine fut de nouveau commuée en dix années de bannissement pur et simple. Ramené alors en Corse, il y mourut quelques années plus tard, sans qu'aucun des journaux libéraux de Paris, qui avaient si bien exploité ses malheurs et ses tortures pour procurer quelques émotions à leurs abonnés, se souciât de dire un mot de sa fin. Il avait cependant écrit des Mémoires, dans lesquels il s’est complu à retracer tout ce qu'il avait souffert pour la cause dela liberté, et qui ont été traduits en français par S. Vecchianelli ( Paris, 1831).

GALOUBET ou FLUTET, instrument! à vent, dont usage est fort ancien en France, mais qui depuis plus de deux siècles n’est cultivé que dans la Provence. Le galoubet est le plus gai des instruments champètres, et le plus aigu de tous les instruments à vent. Ce n’est qu’à force de travail et de soins que l’on parvient à bien jouer d’un instrument qui n’emploie que la main gauche pour le tenir et le mettre en jeu, afin d’en retirer deux octaves et un ton avec trois trous seulement. L’artifice de l'embouchure supplée à des moyens si bornés. Le ton du galoubet est celui de ré. La gamme se fait de trois vents différents : le ré d’en bas commence par un vent doux, que l’on augmente jusqu’au si; le si par un vent modéré, que l’on augmente jusqu’au fa; et le fa par un vent fort et pincé, qu’on augmen{e jusqu’au dernier ton.

Le galoubet ne va pas sans le tambourin, sur lequel l’exécutant marque le rhythme et la mesure en le frappant avec une petite baguette d'ivoire ou d’ébène. Ce tambourin d’un mètre d’élévation, sur 0”,40 de diamètre, est taillé dans un bloc de noyer, et par conséquent d’une seule pièce; on le suspend au bras gauche avec un ruban.

Les joueurs de galoubet sont très-communs en Provence, peu sont musiciens ; il y en a d’une force prodigieuse, qui exécutent des concertos de violon sur leur flûtet. On en rassemble jusqu’à vingt-cinq dans une fête champôtre, en leur adjoignant une ou deux clarinettistes. Quoique leur musique soit toujours gaie et rapide, l’ensemble le plus parfait ne cesse jamais d’exister entre eux. Je crois en trouver la raison dans les frappements rhythmiques du fambourin, qui les maintiennent constamment dans la mesure. Les joueurs de gafoubet, quand ils sont en nombre, jouent à deux parties , et ‘8 clarinettiste en improvise une troisième. Leur instinct est Siheureux qu'il est rare que leur harmonie ne soit pas aussi

bonne qu'on pourrait le désirer, Ce qu’il y a de prodigieux, c'est la vivacité sans pareille de leurs traits, la clarté de leurs gammes chromatiques, la coquetterie de leurs passages en triolets.

Ces troupes de musiciens champétres sont formées ordinairement dans une même famille : le père, les enfants, le grand-père même, les cousins, vont par caravanes dans les foires, les fêtes, les courses de taureaux, les luttes. Ils se communiquent leurs talents de père en fils, et s’ils ont des descendants, chose qui ne leur manque guère, ils refuseront leur doctrine à des étrangers quiles payeraient bien, Les Labbé de Saint-Remy, les Fournier d'Orange, sont des familles en renom pour le galoubet et la clarinette.

CAsTIL-BLAZE.

Joseph-Noël Carbonel, mort pensionnaire de l'Opéra en 1804, parvint à donner à cet instrument toutle développement dont il était susceptible, et à en jouer dans tousles tons sans changer de corps. Carbonel était fiis d’un berger de Salon en Provence. Appelé à Vienne en Autriche pour faire entendre son galoubet ou flûtet, il y connut le célèbre Noverre, qui était alors maître de ballets : il fut amené à Paris par Gluck et admis à l’Académie royale de Musique. Son compatriote Hoquet composa pour luison ouverture du Seigneur bienfaisant, qu'il exécutait derrière la toile. Carbonel joua aussi la farandoule, dans l'opéra de La Prise de Toulon, en 1793. Plus récemment, Châteauminois a fait entendre le galoubet au théâtre du Vaudeville ; il jouait quelquefois des solos sur cet instrument, pendant les entr’actes, et il était fort applaudi. Carbonel a donné une méthode du galoubet.

Th. DELBARE.

GALSWINTHE. Voyez Cairpéric et BRUNEHAUT.

GALT(Joun), l’un des écrivains humoristes les plus célèbres de l’Angleterre, né en 1779, à [rvine, dans l’Ayrshire, passa une partie de sa jeunesse à Greenwich, où la fréquentation des classes moyennes et inférieures imprima un cachet tout particulier à son talent d'observation ainsi qu’à la gaieté de son caractère. Après avoir été obligé de renoncer à un commerce entrepris en société avec un certain Mac- Laghlan, il essaya pendant quelque temps de l'étude du droit ; puis il se détermina à voyager, et visita en 1809 l’Italie et la Turquie. A son retour en Angleterre, il consigna les résultats de cette tournée dans ses Voyages and Travels in the years 1809-1811 (Londres, 1812, in-4°), ouvrage préeieux par les aperçus el les renseignements qu’on y trouve sur ce qui a trait à la statistique et au commerce du Levant. L’auteur avait conçu un plan nouveau pour le transit des marchandises du Levant; mais ilne réussit pas plus à faire adopter ses idées par le gouvernement que par le commerce. Après un voyage en Amérique, il revinten Angleterre se consacrer désormais exclusivement à la littérature. Cependant en 1826 il consentit encore à se charger d’aller fonder au Canada, pour le compte d’une compagnie, une colonie nouvelle; mais l’entreprise échoua complétement, Il passa les dix derhières années de sa vie à Greenok, où il mourut, le 11 avril 1839. Parmi ses romans historiques, on peut citer avec élas ges Southennan, The Spœwife, Stanley Buxton, Ringan Gilhaizse, Rothelan, Bogle Corbet, et Lairds of Grippy. Il avait déjà fait preuve antérieurement de talent comme biographe dans sa Vie et études de Benjamin West , ainsi que dans sa Vie et administration du cardinal Wolsey ( Londres, 1812). Comme l’ouvrage de Leigh Hunt, sa Vie de Byron fut l’objet d'autant de critiques que de louanges. Dans son Autobiographie ( 2 volumes. Londres, 1333), il a réussi à mêler la fiction etla vérité d’une manière tout à fait originale. Aux quatre tragédies qu’il publia en 1812, it faut, pour compléter son bagage poétique , ajouter ta collection de ses Poems (Londres, 1833). Sagrande réputation comme humoriste est fondée sur The Annals of ihe Paris, Ayreshire Legatees, the Prevost et Lawrie Todd, nouvelles dans lesquelles la vie calme ct paisible des classes

| moyennes et inférieures de l'Écosse est décrite avec tant \ de charmes et de vérité, qu'à cet égard Walter-Scott lui-

même, nous ne craignons pas de le dire , lui reste inférieur

GALUCHAT. C’est le nom que reçoit la peau d’une espèce de raie et de diverses espèces de squales lorsqu'elle a été préparée d’une certaine manière et rendue propre à être employée par les gainiers comme couverture de boîtes et d’étuis. Il y a le galuchat à gros grains (c’est le moins estimé), et le galuchat à petits grains , formé par la peau de la raie. Les parties les plus dures de cette peau, l'origine des nageoires , par exemple, sont employées dans diverses industries en guise de râpes fines. La galuchat brut est couvert d’aspérités qu’on fait disparaître à l’aide du grès. On l’amincit ensuite avec la pierre ponce de manière à ce qu’il n'ait plus qu’une demi-ligne d'épaisseur. Réduit à cet état, les gaîniers l’appliquent sur les différents objets qui rentrent dans la spécialité de leur profession, et qu’ils ont d’abord revêtus d’un fort papier préalablement trempé dans une dissolution de vert-de-gris, qui communique une belle couleur vert clair au galuchat.

Longtemps l'Angleterre fut en possession de nous fournir le galuchat employé dans notre industrie. Lacépède nous apprit le premier à en fabriquer d’excellent avec la peau de la raie, et ce serait là sans doute aujourd’hui une branche assez importante de fabrication , si la mode toujours tyrannique n’était venue établir l'usage du maroquin dans la gaînerie; mais pour tous les ouvrages qui exigent une grande solidité on donnera toujours la préférence au galuchat.

GALUPPI (Bazpassaro), dit aussi BURANELLO, compositeur d’opéras, qui jouit de son vivant d’une grande réputation, né en 1703, dans l’île de Burana, près de Venise, fut l'élève du célèbre Lotti. Après avoir débuté dès 1722, à Venise, par un opéra qui n’obtint qu’un médiocre succès, il ne tarda pas à devenir par ses autres compositions l’objet de l'attention générale, et fut nommé maitre de chapelle à Saint-Mare en même temps que professeur au Conservatorio degli Incurabili. Appelé à Pétersbourg en 1766, comme maitre de chapelle, il revint deux ans après reprendre ses fonctions à Venise, où il mourut, en 1785. Le genre dans lequel il réussit le mieux fut celui de l'opéra - comique. Il n’écrivil pas moins de cinquante partitions de ce genre.

GALUPPI (Pasquare), philosophe italien , né en 1774, à Tropea, en Sicile, mort à Naples, en 1846. Sans faire précisément époque dans l’histoire de la philosophie, il a tout au moins le mérite d’avoir su affranchir l’Italie de l’empirisme de Romagnosi et d’avoir initié ses compatriotes à la connaissance des philosophes de l’Allemagne. Comme professeur, ses ouvrages obtinrent un immense succès en Italie, où les propagèrent [de nombreuses éditions originales et d'aussi nombreuses contrefaçons. Nous citerons entre autres ses £lementi di Filosofia (4° édition. Milan, 1846), ouvrage qui a eu les honneurs de plus de dix contrefaçons; Filosofia della Volonta(4 vol., 2° édition, 1846); Lettere filosofiche su le vicende della flosofia relativamente à principi deiteconoscenze umane de Cartesio insina à Kant (2° édit., Naples, 1838 ); ouvrage traduit en français par Peissel (Paris, 1847); Considerazioni filosofiche su l’idealismo transcendentale et sul razionalismo assoluto (2° édit., Milan, 1845); Sloria de Filosofia( Naples, 1842); Elementi de Teologia naturale (Naples, 1844); etce., etc.

GALVANI (Louis), médecin et physicien célèbre, naquit à Bologne, le 9 septembre1737. J1 est plutôt connu par l'importance que par le nombre de ses travaux, car une seule découverte, due au hasard, mais au hasard attentivement observ., l'éleva soudainement et presque à son insu au plus haut degré d'illustration. Les premières années de la jeunesse de Galvani furent consacrées aux études théologiques ; il montra de bonne heure un zèle fervent pour la religion catholique, dont il observa toujours minutieusement les préceptes, Il allait quelquefois dans un couvent habité par des religieux, dont la règle était d'assister les mourants à leur dernière heure. Trouvant leur institution sublime, il recherchait avec passion leur entretien , ct vou-

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