GALT — GALVANISME
lut même, dans un moment de’ ferveur et de ze, prendre l'habit de leur ordre ; mais un de ces Pères respectables le détourna de ce projet, et le rendit à l'étude des sciences. Il commença dès lors à s'occuper des différentes branches de la médecine, sous le patronage du savant professeur Galeazzi, qui eut pour lui l'attachement d’un père, et lui accorda en mariage une de ses filles.
En 1762, Galvani soutint avec distinction une thèse savante sur la nature et la formation des os. Il fut bientôt nommé professeur d'anatomie à l'institut des sciences de Bologne. L’excellence de sa méthode et la facilité de son élocution lui attirèrent un grand nombre d’auditeurs. Les courts loisirs que lui laissaient les devoirs de sa chaire et la pratique habile de la chirurgie et des accouchements, il les employait à l'étude de l’anatomie comparée. L'année 1790 fut la plus douloureuse de sa vie : il perdit son épouse chérie, et ce malheur affreux, qui le rendait inconsolable, fut l’avant-coureur de nouvelles infortunes. La république cisalpine exigea de tous les fonctionnaires un serment que Galvani refusa de prêter. Fidèle à la voix de sa conscience, il sacrifia avec une résignation exemplaire les émoluments attachés à la place qu’il occupait, et, dépouillé de ses dignités, de son état, presque réduit à l’indigence, il se retira chez son frère Jacques, jurisconsulte habile. Bientôt il tomba dans un état de langueur et de marasme, dont les soins, aussi éclairés qu’assidus de ses amis, ne purent arrêter les progrès. Par égard pour sa grande célébrité, le gouvernement cisalpin décréta que, malgré son obstination, sa chaire lui serait rendue ; mais cette faveur fut inutile : tant de coups portés à sa sensibilité étaient irréparables, et la mort, qu'il avait tant désirée, vint à soixante ans (le 4 décembre 17987 terminer cette vie flétrie par l'injustice et le chagrin.
Les travaux, trop peu nombreux, qui ont immortalisé le nom de Galvani sont consignés dans les Mémoires de l’Institut des Sciences de Bologne; les plus importants sont : 1° De renibus atque ureteribus volatilium, qui donne une description exacte des reins des- oiseaux et des variations qu’ils présentent dans les diverses espèces; 2° De volatilium aure, qui contient une partie des matériaux importants qu’il préparait pour un grand ouvrage sur la structure et les fonctions de l’oreille. Quand le célèbre Scarpa fit paraître ses Observations sur la fenêtre ronde , piqué de voir dans cette monographie la plupart des faits qu’il avait le premier fait connaitre dans les séances particulières de l’Institut, Galvani renonça à son projet, et consigna dans cette courte esquisse les remarques qui ne se trouvaient pas dans le livre de Scarpa. 3° De viribus electricitatis in motu mrusculari comentarius. Cet opuscule, qui ne contient qu’une cinquantaine de pages, portera le nom de Galvani à la postérité la plus reculée. Quoiqu'il soit facile de voir que son auteur ne connaissait qu'imparfaitement ce que l’on savait alors sur l'électricité, circonstance qui explique comment il s’est laissé entraîner à des idées systématiques dépourvues de netteté et de rigueur, on admire surtout Ja sagacité rare et le véritable génie qu’il lui a fallu pour saisir et varier avec tant d’art le phénomène extraordinaire des convulsions en apparence spontanées que les corps mutilés des animaux éprouvent après la mort par le contact des métaux, et en faire sortir une branche nouvelle de la physique, connue sous le nom de galvanisme. ANDRIEUX.
GALVANIQUE. ( Dorure, Argenture ). Voyez Do-
RURE,
GALVANISME. On donne ce nom à la cause qui produit certains effets électriques par le simple contact de corps hétérogènes, ou même de corps semblables, mais de température différente. Ce fut en 1789 que les premières observations de ce genre se présentèrent à Galvan1i, médecin et professeur à Bologne. Il préparait des grenouilles pour des recherches sur l'excitabilité des organes musculaires, et, après les avoir écorchées et coupées par ie milieu du corps, il avait passé au travers de la colonne vertébrale un fil de cuivre recourbé en crochet ; les suspendant