‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 96 sur 552 · GALVANISME · texte numérisé non relu

GALVANISME

alors par hasard à un balcon de fer , il vit avec étonnement que ces grenouilles mortes et mutilées éprouvaient au même moment de vives convulsions. Un observateur moins habile aurait pu remarquer le fait, mais il en aurait imaginé quelque explicatiun spécieuse , et se serait occupé d’autre chose. Galvani fut moins prompt dans ses jugements : doué d’une rare sagacité , il saisit dans ce phénomène un principe nouveau , et en fit sortir cette branche féconde de la physique à laquelle on a donné son nom. Il remarqua d’abord que les convulsions des grenouilles n'étaient pas permanentes, que pour les produire il fallait que le vent ou une autre cause accidentelle fit toucher quelque point de leurs muscles à la tige de fer qui portait le crochet de cuivre. Il varia beaucoup cette expérience, et reconnut enfin que tout se réduisait à établir entre les muscles et les nerfs de la grenouille une communication par un arc métallique. Il observa que les convulsions s’excitaient encore quand cet arc était d’un seul métal, mais qu'elles étaient alors très-faibles, et que pour les rendre fortes et durables il fallait employer le confact de deux métaux différents; qu’alors on pouvait compléter la communication par des substances quelconques , pourvu qu’elles fussent conductrices de l'électricité. Il fit entrer dans la chaîne de communication d’autres parties animales, et même des personnes vivantes, se tenant par la main,et ces convulsions se manifestèrent encore. Galvani, qui savait alors que l'électricité produisait des effets pareils sur les grenouilles exposées à son influence, aurait dû penser que les convulsions produites par les métaux hétérogènes étaient aussi l'effet de quelque courant électrique, mais il n’en tira pas cette conséquence si simple; il crut y voir l’effet extraordinaire d’une nouvelle source d'électricité, qu’il appela électricité animale, et qui, existant primitivement dans.les muscles et dans les nerfs, circulait quand on mettait ces parties en communication par un arc métallique.

L’explication est séduisante; elle fut accueillie avec transport, à cette époque de grandes réformes et de grandes découvertes, et le fluide nouveau fut appelé fluide galvanique. Mais Volta, en répétant ces expériences, y découvrit des indications toutes différentes ; il rechercha d’abord quelle était la quantité d'électricité nécessaire pour faire contracter les muscles de la grenouille en les traversant par décharge, et reconnut que cette quantité était tellement faible qu’elle suffisait à peine pour faire diverger les pailles d’un électroscope très-sensible; rapprochant ce fait de la nécessité du contact de deux métaux hétérogènes pour exciter des con: vulsions , il en conclut que le contact même des métaux était la circonstance jusque alors inaperçue qui déterminait le développement subit de l'électricité. Cette vérité fut mise hors de doute quand il prouva que deux disques isolés, l’un de zinc et l’autre de cuivre, prennent en se touchant des états électriques opposés, et peuvent charger un électr oscope armé d’un condensateur. En centinuant ses recherches, Volta découvrit les propriétés de la pile électrique.

Ce qui établit une différence fondamentale entre cette électricité galvanique et celle produite par le frottement, c’est que lorsque deux métaux sont superposés, non-seulement chacun manifeste une certaine charge d'électricité contraire, mais encore, si on enlève cette électricité, elle se reproduit spontanément, et si l’on établit lun conducteur entre les faces opposées des deux métaux, il livre passage à un courant continu d'électricité. Il semble donc qu’une puissance inconnue écarte les deux fluides électriques de la surface de contact des métaux, tandis que ces fluides se réunissent sans cesse dans le conducteur intermédiaire : cette puissance a reçu le nom de force électromotrice; elle naît du contact de substances hétérogènes, et réside à la surface de jonction : là, elle sépare les deux fluides électriques, faisant passer le résineux sur un des corps et le vitré sur l’autre. Quand on réfléchit au nombre prodigieux de substances différentes mises en conlact dans la terre que nous habi-

tons , et mème dans les plus petits des êtres organisés, on |

voit quel rôle immense doit jouer cette force universelle.

Dans les premiers temps du galvanisme, on a fait de nombreuses expériences sur ses effets thérapeutiques; mais ces essais, tentés par des médecins qui connaissaient mal la théorie, alors fort incomplète, de ces phénomènes, ou par des physiciens complétement étrangers à l’art de guérir, ne donnant pas les résultats merveilleux qu’on s’en était promis, ie galvanisme fut presque abandonné. C’est cependant un moÿen très-puissant, qui seul a le privilége d'agir directement sur les nerfs malades, à quelque profondeur qu’ils soient situés, tandis que les autres médicaments exercent leur action sur la peau ou sur les membranes ruqueuses et n’ont sur le système nerveux qu’une action indirecte (voyez ÉLecrro-Puncrure). Des expériences curieuses, faites en Angleterre par Wilson Puilipps pour étudier les phénomènes de la digestion, montrent jusqu'où va le pouvoir d’un courant galvanique lorsqu'il parcourt les nerfs. Il avait choisi deux lapins : tous deux mangèrent des quantités égales de persil; immédiatement après le repas , les nerfs pneumogastriques furent coupés et renversés sur tous deux. Les extrémités inférieures des nerfs furent chez un seul mises en communication avec le pôle zinc d’un appareil galvanique, dont le pôle cuivre était en rapport avec la région de l'estomac. Quatre heures après, en ouvrant le lapin soumis au galvanisme, on vit que le persil était digéré, tandis que chez l’autre, qui avait subi une mutilation semblable, cet aliment n’avait éprouvé qu’une altération très-légère. Cette expérience, répétée par des observateurs différents, a toujours donné le même résultat, toujours le courant galvanique a suppléé l’action vitale.

Dans les corps récemment privés de la vie, le courant galvanique excite encore des commotions et des mouvements extraordinaires : on dirait que tout l'organisme fait d’incroyables efforts pour se ranimer ; mais ces violentes convulsions cessent avec le courant, et tout retombe dans l'inertie de la mort. On a vu en Angleterre un pendu, une heure après avoir subi sa sentence, exécuter, sous l’influence d’un courant galvanique des mouvements respiratoires semblables à ceux d’un homme qui dort profondément, puis rouler les yeux et faire des grimaces effroyables, de manière à donner l'espérance de le rappeler à la vie. Le galvanisme offre le meilleur moyen de décider si la mort est réelle ou apparente, et de rendre à la vie les noyés et les asphyxiés.

Les effets physiques de la pile ne sont pas moins curieux. Si le courant passe à travers un conducteur suffisant, on n’observe aucun phénomène électrique; il n’y a plus aucune tension dans l'appareil, mais ce conducteur présente alors des phénomènes d'attraction et de répulsion ; il dévie l'aiguille aimantée. Si le conducteur est insuffisant, si c'est un fil métallique assez fin, il s’échauffe et rougit pendant tout le temps que le courant le traverse. Si le fil est plus fin encore, il est fondu, et quelquefois même volatilisé. Si l'on fait passer le courant entre deux morceaux de charbon placés dans le vide, ces charbons deviennent lumineux, éblouissants , tant que le courant passe , et ne perdent pourtant aucune partie de leur poids. Les effets chimiques de la pile sont plus merveilleux encore : l’eau est décomposée par elle, et l'oxygène se rend à un des pôles et l'hydrogène à l’autre. Les oxydes sont réduits par la pile et décomposés comme l’eau : l'oxygène paraît au pôle zinc et le métal au pôle cuivre. Les acides se décomposent comme les oxydes, et leur oxygène se rend encore au pôle positif. Enfin, tous les sels sôht décomposés de la même manière; et tandis que leurs éléments voyagent pour aller au pôle de la pile où ils doivent se rendre, ils peuvent traverser les liquides, pour lesquels ils ont ordinairement la plus grande affinité, sans se combiner avec eux , de sorte que l’affinité chimique change avec l’état électrique des corps dont elle paraït être une conséquence ANDRIEUX.

Les actions galvaniques ont été mises à profit par l’industrie. On peut en donner comme exemple le fer galvanisé.

Ce produit n’est autre chose que du fer zingué par des procédés analogues à ceux de l’étamage. Mais il doit sor nom et ses propriétés à l'action galvanique résultant du contact des deux métaux, fer et zinc ; le fer, négatif par rapport au zinc, est moins oxydable; le zinc s’oxyde donc dans l'eau et protège le fer; mais, en outre, son oxyde fait vernis, et empêche ainsi l'oxydation de continuer. Les clous galvanisés sont d’une grande utilité dans les constructions navales.

On préserve aussi les surfaces de fer par un enduit formé de zinc en poudre et d’une substance onctueuse, et que lon appelle peinture galvanique.

GALVANOGRAPHIE (de galvanisme, et yp4psuv, graver). Imaginée par le professeur Kobell de Munich, la galvanographie a pour but de reproduire avec du cuivre précipité par voie galvanique des images au pinceau exécutés sur une plaque métallique , de «manière à constituer des planches de cuivre qui servent à multiplier les images, de la même manière que les planches gravées au burin. Les procédés de la galvanographie dérivent des mêmes théories que ceux de la galvanoplastie. Cet art a déjà fait des progrès sérieux, car M. Grove s’est occupé de reproduire avec son aide des épreuves daguerriennes. Il a obtenu ainsi des gravures dont on a dit avec justesse : Dessiné par la lumière, gravé par l'électricité. Cependant ses procédés laissent encore à désirer sous le rapport de la perfection des résultats.

GALVANOMETRE, MULTIPLICATEUR ou RHÉO- MÈTRE , instrument imaginé par M. Schweïger pour mesurer l'intensité des courants électriques. Sa théorie appartient à l’électromagnétisme. Le galvanomètre le plus usité maintenant se compose d’un cadre rectangulaire en bois, disposé verticalement dans le méridien magnétique , et de telle manière que ses longs côtés soient horizontaux. Un fil métallique recouvert de soie entoure ce cadre par plusieurs circonvolutions. 11 présente à l'extérieur ses deux bouts libres que l’on peut mettre en contact avec la série de conducteurs. Une aiguille aimantée très-fine, suspendue par un fil de coton, occupe le milieu du cadre; lorsqu'elle n’éprouve d'autre influence que celle du globe , elle se dirige parallèlement aux rectangles formés par le fil. Mais quand le fil est parcouru par un courant électrique, l'aiguille est déviée du méridien magnétique par les actions concordantes des longs côtés de tous ces rectangles, qui forment autant de conducteurs rectilignes, et dans cette nouvelle [position, elle est perpendiculaire au plan du cadre. Il est facile de voir que les courants inférieurs à l'aiguille, quoique dirigés en sens contraire de ceux qui existent au-dessus d’elle, tendent cependant à faire marcher le pôle austral.du même côté ; en sorte que tous ces courants partiels s'accordent pour augmenter la déviation. Cette déviation étant d'autant plus grande que le courant éprouvé est plus énergique, peut servir à comparer la force de plusieurs courants. On dispose ordinairement dans le galvanomètre deux aiguilles aimantées, ayant à peu près la même force, traversant parallèlement, et en sens inverse l’une del’autre, une paille verticale suspendue à un fil de soïe sans torsion. L'une de ces aiguilles occupe encore le milieu des rectangles ; l’autre est au-dessus du cadre, et éprouve des actions inverses de la part des courants partiels supérieurs et de ceux inférieurs; mais action des premiers l'emporte sur celle des seconds, qui sont plus éloignés, et il est facile de comprendre que leur différence tend à faire tourner le système mobile dans le même sens que les actions exercées sur aiguille qui occupe le milieu {du cadre, Mais ce qui tend surtout à rendre les déviations plus sensibles, c’est la grande diminution de la résistance opposée par l’action du globe, car les deux aiguiiles ayant des moments magnétiques à très-peu près égaux, étant parallèles et dirigés en sens contraires, il n’y a que la faible différence des forces directrices que le globe exerce sur elles qui tende à les ramener dans le méridien magnétique. Dans ce galvanomètre, un cercle de carton gradué placé au-dessous de l'aiguille su-

GALVANISME — GALVANOPLASTIE

périeure laisse passer la paille qui traverse d’ailleurs le bord du rectangle par une fente ménagée entre les spires. La déviation de l'aiguille extérieure est alors évaluée facilement par le nombre des divisions du cercle de carton qu'elle parcourt. TEYSSÈDRE,

L'action du courant sur l'aiguille se trouve mullipliée en quelque sorte par les circonvolutions du fil; de là le nom de mulliplicateur. Cependant , au delà de quatre à cinq cents circonvolutions la sensibilité du galvanomètre n’est plus susceptible d'augmentation.

Quant au nom de rhéometre, dérivé de few, couler, et uérpoy, mesure , il rappelle que cet instrument permet de mesurer les courants électriques. Enfin, le mot yga/vanomèlre est formé du grec pérpov, mesure, et du nom de Galvani pris pour la science qu’il a fondée.

GALVANOPLASTIE (de Galvani, pour galvanisme, et rAäcow, je modèle). Cet art, qu’on appelle encore électrotypie (d'Akextpov, dont on a fait électricité, et rûxos, type), consiste à précipiter, par l’action d’un courant galvanique, un métal en dissolution dans un liquide sur un objet donné, soit pour l'y faire adhérer (voyez DonuRE), soit pour en obtenir l'empreinte. Ce fut à Dorpat que M.Jacobi, en février 1837, eut la première révélation de la découverte de la galvanoplastie. Ainsi qu'il est arrivé à d’autres inventeurs, ce fut une circonstance presque insignifiante qui donna l’éveil à son esprit et lui suggéra de premières recherches. Il remarqua sur une feuille de cuivre des taches peu apparentes qu’il ne savait à quelle cause attribuer. Il supposa que ces taches équivoques pouvaient avoir une origine galvanique, Pour vérifier cette première vue et la rendre féconde, il fallait que M. Jacobi parvint à reproduire à volonté ce curieux phénomène, qui ressemblait tant à un caprice du hasard : c'est à quoi il appliqua son zèle. Il soumit à l’action de courants voltaïques des plaques sur lesquelles on avait gravé au burin des caractères ou des figures; et il vit que la décomposition galvanique de la couperose bleue avait donné lieu à des dépôts de cuivre métallique qui venaient s'adapter avec une forte adhérence aux figures tracées sur les plaques , et qu’il en résultait un relief métallique en tout semblable au dessin gravé en creux sur l'original. Il est vrai qu’il n’obtenait d’abord que des fragments minces et très-fragiles ; mais ses essais réussirent mieux dès qu’il eut employé des batteries galvaniques à force constante et à cloisons.

MM. Spencer, Smée, Boquillon s’occupèrent de galvanoplastie avec une rare persévérence. Bientôt M. Jacobi ne restreignit plus sa découverte à la reproduction seulement curieuse des médailles et des bas-reliefs ; il Pappliqua avec succès à l’art de l’imprimerie , à la stéréotypie ; il s’en servit pour faire ou copier des clichés, pour multiplier et solidifier ces assemblages de caractères qn’on appelle des formes, en style d'imprimerie; enfin, pour copier des gravures, pour fabriquer des billets de banque, des vignettes, ete. M. Fizeau, de son côté, reproduisit le premier des épreuves de daguerréotype.

Il va sans dire que dans ces différentes opérations il y a des lois à suivre, quelques précautions à prendre, quelques procédés à observer. Ce sont là des soins, et non des difficultés; pour en avoir une idée, il suffira d’en citer quelquesunes: par exemple, le plâtre, pour ne pas se désagréger, doit être préalablement plongé dans un mélange de cire et d'essence ; il faut ensuite le rendre conducteur de Pélectricité ; ce qui s'obtient par un frottis de plombagine (les médailles, les monnaies ne sont pas sujettes à ces deux opérations). On plonge dans le bain le corps dont on veut obtenir l'empreinte en creux, et après un séjour plus ou moins prolongé qui varie en général de un jour à huit, suivant les dimensions et suivant l'épaisseur qu’on désire avoir, on l'en retire et il n'y a plus qu’à séparer la copie de l'original , ce qui s’obtient trèsfacilement. Un traite ce creux comme on a fait pour l’original et l'on produit enfin une troisième pièce en relief, qui est entièrement identique à la première,

MM. Becquerel, Gaultier de Claubry et Oudry ont ap=

GALVANOPLASTIE — GALYZIN

phyué la galvanoplastie à la métallurgie. Cet art, encore tout nouve u, est donc susceptible d’uneinfinité d'applications industrielies.

GAL JANO-PUNCTURE. Voyez ÉLEGTRO-PUNCTURE.

GALVESTON, importante ville eommerciale maritime de l’État du Texas, l’un de ceux qui composent l’Union Américaine du Nord, bâtie à l'extrémité nord-est d’une ile aride, ve’sine de la côte, offre un assez bon port eu égard aux trèsmauvais abris que toute cette côte présente en général aux navigateurs, dont la barre, par la marée haute, n’a que quatre mètres, et trois seulement à la marée basse; et en 1865 on y comptait déjà 10,000 habitants. Sa fondation ne remonte qu'à l’année 1835. Dès 1839 on y comptait 2,500 habitants, etle nombre de navires entrès dans son port s'élevait cette année-là à 288, ayant importé pour 6 millions et exporté pour 2 millions. Ces chiffres n'ont pu que suivre le mouvement croissantde la population. Dans la dernière guerre, Galveston fut pris par les fédéraux le 5 octobre 1862.

GALWAY ou GALLOWAY, comté de la province de Connaught en Irlande, borné au sud et à l’ouest par l'océan Atlantique, qui y forme nn grand nombre de baies et d’anses vastes et profondes, et dont les flots viennent battre une suite non interrompue d’ilots et de rochers qui semblent placés là par la nature pour protéger ces côtes contre ses fureurs et ses envahissements. Le comté de Galway est, après celui de Cork, le plus grand qu’il y ait en Irlande; il présente une superficie de 74 myriamètres carrés, dont un tiers en montagnes, marais et marécages, et plus d’un cinquième en lacs et étangs. En fait de cours d’eau, on y re+ marque surtout le Shannon, qui à pour affluents le Suck et la Clare, le Carnamart, etc. La partie occidentale est couverte par un groupe de montagnes arides et nues ; et on en trouve également au sud. La partie orientale forme une vaste plaine, qu’interrompent seulement çà et là quelques collines. A l’ouest et au sud on trouve aussi beaucoup de lacs, d'étangs et de marais; mais à l’est le sol est fertile et couvert en partie de riches pâturages ; seulement l’agriculture y est encore fort peu avancée. Il produit surtout de l’avoine et des pommes de terre, et une bonne espèce de froment. On y élève aussi des bêtes à cornes d’une fort belle race et des moutons donnant une excellente laine, La population rurale est très-pauvre; les demeures dans lesquelles elle s’abrite sont les plus misérables qu’il y ait dans toute l’Irlande. Sauf la fabrication des 1{oiles, l’industrie manufacturière n’a aucune importance dans le comté de Galway. La pêche y donne des produits assez considérables, notamment celle du hareng. Ce comté envoie au parlement quatre députés; et en 1841 on y comptait, non compris le chef-lieu, 422,923 habitants; en 1871 ce chiffre se trouvait réduit à 235,073. La diminution était donc de 45 p. 100.

GALWAY, chef-lieu de comté, situé au nord de la baie du même nom et au point de décharge du lac Corrib, qu’un chemin de fer relie à Dublin, possède un port vaste, mais vaseux, et protégé par un fort. On y trouve une cathédrale catholique, une église collégiale protestante, le palais de l'archevêque de Tuam, une bourse, des casernes, et, non compris les faubourgs, une population de 13,184 âmes, en 1871 (il y en avait 23,787 en 1851), que font subsister le travail dans quelquesmanufactures de draps grossiers et de toiles, ainsi que la pêche du saumon et du hareng. Celte ville est aussi le centre d’un commerce assez considérable, 11 l'était autrefois beaucoup plus qu’aujour. d'hui; mais il s’est en partie déplacé pour aller se fixer à Cork, à Limerick et à Waterford. Galway était jadis une des places les plus fortes de l'Irlande. On y à établien 1859 une ligne de paquebots avec l'Amérique du Nord, Les villes les plus importantes du comté sont ensuite : Tuam, siége d’un archevêque catholique et d’un archevêque protestant, grand commerce de toiles, avec 5,000 âmes; Ballinasloe, sur le Suck, avec 2,000 âmes, le plus important marché de l'Irlande pour les bestiaux et les laines; Zou= ghrea, avec 6,000 habitants et un grand commerce de

{oiles. Le bourg de Cronfert est le siége d’un évôché catholique et d’un évêché protestant.

GALYZIN ou GOLYZIN, nom que souvent lon écrit Galisin, Galitsin, Gallitsin; l'une des maisons nobles russes qui comptent le plus de branches et qui ont fourni le plus d'hommes célèbres dans l’histoire dn nord de l'Europe. Elle descend du prince lithuanien Gedimin, tronc commun d’où sont issus aussi les Jagellons.

Les princes Michal et Dmilri GALYzIN commandaient les armées russes sous le grand-prince de Varsovie Wassili IV, et furent faits prisonniers par les Polonais, dans la grande bataille livrée à Orscha, en 1514. Dmitri mourut dans les fers, et Michaïl ne fut rendu à la liberté qu'après trentehuit ans de captivité. Il revint alors à la cour de son souverain, dont il fut bientôt l’un des principaux favoris.

Le petit-fils de Michaïl, Wassili Gazyzin, fut, après la mort du faux Démétrius, au nombre des prétendants à la couronne de Russie. Envoyé en 1610 en Pologne à l'effet d'y annoncer au prince polonais Wladislas son élévation à la dignité de czar, il se vit accuser par des cabales de seigneurs polonais de s'être rendu coupable de trahison à l’occasion du siége de Smolensk, fut retenu prisonnier, et languit dans les cachots jusqu'à sa mort, arrivée neuf ans après.

Son pelit-neveu Wassili GALyziN, surnommé le Grand Galyzin, fut le conseiller et le favori de la princesse Sophie, cette vindicative sœur de Pierre 1%. De même que Pierre le Grand fut constamment obsédé par la noble idée de civiliser sa nation, restée jusque alors plongée dans une profonde barbarie, Wassili GaLyziN eut aussi, mais avant lui, l'ambition de mettre son pays en contact avec l’Europe occidentale, unique foyer de la civilisation, et de transplanter les sciences et les arts dans les écoles et jusqu’au milieu même de la cour de Russie. Galyzin ayant échoué dans son projet d’épouser la princesse Sophie et de partager le trône avec elle, fut banni vers la mer Glaciale, où il mourut empoisonné, tandis que Pierre condamnait sa sœur à prendre le voile dans un cloître.

Des deux cousins de ce Wassili, l’un, Boris GALYzIN, fut précepteur de Pierre le Grand et chargé de l'administration de l'empire pendant le premier voyage que ce prince fit en Europe ; l’autre, Dmitri GALYzIN, horame d’État distingué, fut ambasadeur à Constantinople, puis ministre des finances de l'empire, et enfin chef du parti des Galyzin et des Dolgoroucki qui, à la mort de Pierre II, essaya de mettre des limites à la toute-puissance des czars (consultez la Notice sur les pincipales Familles de la Russie, par Pierre Dolgoroucki { Bruxelles, 1843]). Le plan de Dmitri Galyzin échoua; les deux familles furent bannies, et lui même expira dans un cachot à Schlusselbourg.

Son frère, Michail GAzyziN, l’un des meilleurs généraux qu’ait eus la Russie, justement célèbre pour son courage et sa bravoure, fut l’inséparable compagnon de Pierre le Grand dans toutes ses campagnes. Il se distingua surtout à la bataille de Narva, où il sauva le régiment de Séménoff, ainsi qu’à la bataille livrée près du bourg de Liesnaja, où il battit legénéral Lœæwenhaupt et où le czar l’embrassa sur le champ de bataille même; enfin, à Pultawa. La conquête de la Finlande, qu’il opéra en 1714, mit le comble à sa célébrité et à sa gloire. 11 mourut en 1730, avec le titre de feld-maréchal.

Son frère, appelé aussi Michail, fut ambassadeur en Perse sous Pierre le Grand, et grand-amiral.

Des fils laissés par le premier de ces Michaïl, l’un, le feldmaréchal Alexandre GazyziN, se distingua en 1769 par la prise de Choczim en Moldavie; l’autre, Dmitri GALYzIN, diplomate habile, fut ambasadeur de Russie à Paris, sous le règne de Louis XV, puis à Vienne auprès de Joseph IE, et mourut dans cette capitale, où son tombeau s'élève sur la hauteur dite, d’après lui, Galyzinsberg.

Des fils laissés par Alexandre Galyzin, l'un, Alexandre Gazyzin, fut vice-chancelier pendant les premieres années du règne de Catherine 11; l’autre, Pierre GaLyzn, se distingua par ses talents militaires, Leur cousin, Dmitri Ga-

GazyziN, füt mimistre à La Haye, sous Catherine II, et mourut en 1803. L’épouse de ce dernier, Amélie, princesse GaLyziN, femme justement célèbre par la haute culture et par la grâce de son esprit, par ses liaisons avec tous les savants et tous les poëtes en renom de son siècle, et surtout par ses tendanees au mysticisme, était lille du général prussieu comte de Schmettau, et avait passé une partie de sa jeunesse à la cour de la femme du prince Ferdinand de Prusse, frère de Frédéric II. A Munster, où elle résidait habituellement, elle avait réuni autour d’elle un cercle de savants distingués. Furstenberg, Jacobi, Gæthe, etc., etc., y furent pendant plus ou moins longtemps ses fidèles commensaux; mais Hemsterhuys et Hamann restèrent ses amis les plus intimes. C’est elle la Dio{ima à laquelle Hemsterhuys, sous le nom de Dioclas, adressa sa Lettre sur l'Athéisme (1795); Hamann mourut chez elle, et fut enterré dans son propre jardin, à Munster. L'influence qu’elle exerçait sur tout ce qui l’entourait fut la cause principale qui détermina Stolberg et sa famille à embrasser la religion catholique; elle provoqua cette surexcitation de la pensée religieuse qui se maintint si longtemps dans beaucoup de cercles, et que Voss, dans son pamphlet intitulé : Comment Frédéric de Stolberg est devenu un mécréant, a si rudement stigmatisée. La princesse Galyzin mourut en 1806, à Angelmode, près Munster. Elle avait élevé ses enfants suivant la méthode préconisée par Rousseau dans son Æmile. Elle décida son fils Dmitri GALyzIN à se rendre, en qualité de missionaire catholique, en Amérique, où il est mort, en 1840.

Dans ces derniers temps, on peut encore citer parmi les membres celèbres de cette famille Dmitri Wladimirovitsch GaLyzin, mort en 1844, à Paris, après avoir été depuis l’année 1820 gouverneur général de Moscou, fonctions dans l'exercice desquelles, à l’occasion du choléra, du grand incendie de 1831 et de cent autres circonstances où il s’agissait des plus chers intérêts de cette capitale, il sut acquérir de justes titres à la reconnaissance de ses habitants. Des funérailles presque impériales furent faites à cet homme d'État, qui de son vivant avait été entouré de l'estime et du respect universels.

Nous nommerons encore ici Sergéi GALYZIN, qui déjà, sous le règne de la grande Catherine, s'était fait un nom comme militaire; il remplit les fonctions de grand-maréchal au couronnement d'Alexandre II, et mourut le 19 février 1859, à quatre-vingt-dix ans.

Le prince Emmanucl Gazxziwn, mort le 13 mai 1853, à Paris, a traduit. en français la Sibérie septentrionale (1843, 2 vol.), ouvrage de Wrangel, et publié la Finlande (1852, 2 vol.), notes d'un voyage scientifique. Le prince Michel, ambassadeur de Russie à Madrid, est mort le 29 mars 1860, à Montpellier, laissant une précieuse collection de livres.

Enfin le prince Augustin GaLyzw, converti au catholicisme, a fail paraître en France, où il réside, plusieurs écrits relatifs à Ja Russie,

GAMA (Vasco pa), comte de Vidigueyra, célèbre amiral portugais et commandant de la flotte qui la première doubla le cap de Bonne-Espérance et ouvrit la voie des Indes par le grand Océan, naquit vers 1469, à Sines, ville maritime de la province d'Alem-Tejo. Issu d’une illustre famille, il reçut dès sa plus tendre jeunesse, dit M. le vicomte de Santarem, l’éducation à la fois guerrière et scientifique à laquelle durant ce siècle le Portugal dut tant} de grands hommes. Déjà du temps de Jean II il avait rendu de grands services; tous les écrivains de l'époque s’accordent à dire que sous ce règne il avait acquis une grande expérience de la navigation. Il fut chargé, entre autres missions, de saisir tous les bâtiments français qui se trouvaient dans les ports du royaume, comme représailles de la prise d'un navire portugais, revenant de la Mine, chargé d’or et d’autres marchandises de prix, capturé par des corsaires français en pleine paix. Charles VIIL ordonna la restitution du bâtiment, et punit sévèrement les corsaires. Après leretour

GALYZIN —" GAMA de Bartolommeo Diaz, Gama fut appelé, en octobre 1495,

au commandement de l’expédition chargée de faire le tour de l'Afrique etde pénétrer dans l’Inde ; mais la mortde Jean II ajourna le départ de l'expédition. Ce projet fut repris par le roi Emmanuel, qui ne changea rien aux plans de son prédécesseur, Après avoir plusieurs fois réuni à Estremoz les membres de son conseil, il y fitappeler Gama, en janvier 1497. Lorsque l'expédition fut prête à la fin de juin, le monarque se rendit en grande pompe à l’église de Restello, située à une lieue de Lisbonne, sur le bord du Tage, et y remit de sa main au navigateur le grand pavillon royal, plusieurs cartes marines, de nombreuses instructions, des lettres enfin pour les princes d’Asie et le roi de Calicut. Gama avait à peine vingt-huit ans.

Le 8 juillet la flotte, composée de trois vaisseaux et de centssoixante hommes d'équipage, mettait à la voile. Bartolommeo Diaz, qui dix ans auparavant avait doublé le cap des Tempêtes, accompagnait Gama. Vespu ce, parti cinq ans après le premier voyage de Christophe Colomb, découvrait en ce moment l'Amérique méridionale. L’amiral, cinglant d’abord vers le sud, laissa dans l’est le peu qu’on coninaissait des bords africains, et vers le couchant, les îles du cap Vert, où il arriva le 3 août. Après les avoir doublées, il porta vers le midi et vint relâcher à la baie de Saïinte-Hélène, qu’il avait fait reconnaître par Pedro d’Alemques. Là la flotte, ayant, en signe de reconnaissance, salué le pavillon de l’amiral, relâcha pendant une semaine, que Gama mit à profit pour étudier le pays et les mœurs des habitants. Il fit même asseoir à sa table un de ces nègres. Néanmoins, il y fut blessé d'une flèche à la jambe, ce qui ne l’empécha pas de partir deux jours après, le 16 novembre, pour l'extrémité de l'Afrique, Le 22 l'expédition doublait le célèbre cap de Bonne Espérance, qui, pour être le point culminant, du voyage, n’en était pas néanmoins le terme. Les matelots, songeant qu’il pouvait n’en pas être même la moitié, commencèrent à murmurer, et l'amiral se trouva dans la position difficile de Colomb, lorsque, touchant aux îles Lucayes, il fut au moment d’être jeté à l'eau par son équipages mutiné. Après le cap de Bonne-Espérance, il fallait encore doubler celui des Aiguilles au pourtour duquel la mer est dure. Les Portugais de nouveau parlaient de rebrousser chemin, mais leur chef parvint encore à les contenir.

On se dirigea ensuite vers l’est, le long de la côte; on relâcha dans la baie de Saint-Blaise; et l’on arriva, le 17 décembre, au roche de la Cruz, puis à la rivière de l’Infante, limite des découvertes de Bartolommeo Diaz. Gama poussa les siennes plus de mille lieues au delà. En remontant vers le nord, il envoya maintes fois explorer les lieux où il apercevait des habitants. Le 10 janvier il découvrit une rivière, qu’il appela de Cuivre, et uneterre, qu’il nomma des Bonnes gens. Après y avoir relâché cinq jours, il parvint, le jour de l’Épiphanie, à l'embouchure d’un grand cours d’eau, où il mouilla, et qu’il appela le fleuve des Rois; il y fit reposer ses gens, que le scorbut rongeail. La terre leur prodigua des fruits et des plantes salutaires ; mais les hommes qu’on rencontra, parlant un langage étrange, étaient pour les voyageurs comme un peuple muet, dont ils ne pouvaient tirer aucun renseignement, et Gama, parcourant, à travers des périls sans cesse renaissants, de nombreux rivages, demandait à tous des nouvelles de l'Inde et n’en recevait jamais. C’est à Sofala, où des vents favorables le conduisirent enfin, que, supérieur au découragement, mais fatigué lui-même et souffrant, il se sentit comme retrempé, en imaginant avoir retrouvé l'antique Ophir. JI n'avait depuis Sines rencontré que des espèces de brutes à figure noire, avec qui nul parmi les siens n'avait pu s'entendre. 11 trouvait à Sofala des hommes à demi civilisés, chez qui les navires de La Mecque employés au commerce de l'Orient, avaient une station; la plupart entendaient l'arabe, et celte langue, qui dans leur péninsule et sur les côtes barbaresques, où les Portugais portaient habituellement la guerre, était celle de leurs intimes ennemis, de-

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