‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 97 sur 552 · GAMA — GAMBA · texte numérisé non relu

GAMA — GAMBA

vint leur consolatrice sur des bords où ils l’entendaient après -n’avoir si longtemps pu s'exprimer que par signes.

Dans les premiers jours de mars 1498, à flotte toucha à Mozambique, d’où, se dirigeant droit au nord, elle longea jusqu’à Monbaze la côte de Zanguebar, contrée encore peu connue, quoiqu’elle ait d'assez bons ports et qu’elle produise beauceup d'ivoire et de poudre d'or. Les Maures étaient nombreux et jouissaient sur les princes du pays d’une grande influence; ils reconnurent aussitôt dans les compagnons de Gama les pareils de ceux qui, vers une autre extrémité de l'Afrique, faisaient à leurs pères une guerre à outrance; et dès lors toute leur astuce fut employée à leur susciter des embarras. Les habitants de chaque pays avec lesquels pouvaient s'entendre les nouveaux venus accueillaient d’abord ceux-ci avec des démonstrations de cordialité; mais ils ne tardaient point, excités par les Maures, à leur tendre des embüches où toute la sagacité de Gamma fut nécessaire pour qu'aucun n’y tombât. Il arma deux chaloupes de son navire, dont lui-même monta Pune, et fit tirer sur les embarcations des Arabes, qui prirent la fuite. Ce fut là que pour la première fois il rencontra de grands bâtiments du pays sur lesquels on se servait de boussoles et de cartes marines, Les Portugais capturèrent quelques-uns de ces navires. Le butin fut partagé entre les équipages : le chef ne se réserva que les livres arabes, pour les offrir au roi à son retour. Il se dirigea ensuite vers Monbaze, ville alors fort commerçante, puis vers Mélinde, dont le prince lui fit un accueil affectueux, montant à bord de la flotte, où il fut reçu avec les plus grands honneurs. Le 24 avril, Gama ayant pris la route de la côte de Malabar, jeta l'ancre devant Calicut, le 20 mäi 1498. Il envoya deux messagers au Zamorin pour lui annoncer son arrivée comme ambassadeur du roi de Portugal, chargé de lettres pour lui. Les premières négociations eurent tant de succès, que le port fut ouvert immédiatement à la flotte, que le prince vint la visiter de quinze lieues de distance, et que Gama fit son entrée solennelle dans la ville au milieu d’une foule immense. IL avait débarqué avec une suite de treize personnes, laissant à son frère Paul le commandement des vaisseaux, lui recommandant de ne tirer aucune vengence de sa mort s’il tombait victime de quelque perfidie, mais de repartir immédiatement pour aller annoncer au roi la découverte des Indes. Dans son entrevue avec le Zamorin, Vasco montra une dignité parfaite et une grande fermeté. IL se flattait d'obtenir pour le Portugal la faculté de venir commercer Valicut; mais cet espoir s’évanouit dès la seconde entrevue, quand il se vit traîtreusement arrêté. Les Maures et Arabes, pour la plupart sujets du grand-seigneur, dont les possessions s’étendaient jusque là, redoutant la concurrence des nouveaux venus, les avaient représentés au Zamorin comme n'étant attirés dans ses États que par la soif du pillage. Cependant, grâce à son imperturbable présence d'esprit, Gama parvint à renouer les négociations. Mais à peine de retour à bord, ayant appris que quelques-uns des siens, restés à terre, avaient été arrêtés, il fit jeter dans les fers dix-neuf sujets du Zamorin qui étaient venus visiter la flotte. Tant d'énergie en imposa au prince, et Diégo Diaz revint avec une lettre de sa main pour le roi de Portugal écrite sur des feuilles de palmier.

Gama, ayant atteint le but principal de son expédition, Mit à la voile le 27 août 1498 pour retourner en Europe. I relâcha aux Agendives , jeta l’ancre à Mélinde le 9 février 1499, prit à bord un envoyé du prince du pays, doubla le cap de Bonne-Espérance le 20 mars, mit de là vingt-sept jours pour atteindre les îles du cap Vert, et arriva à Lisbonne au mois de septembre de la même année, plus de deux ans après son départ. Le roi le reçut avec la plus grande magnificence, célébra son retour par des fêtes, le combla de distinctions , ét le revêlit en 1502 du titre d’amiral des Indes. Pendant le repes qu’il prit à sa cour, Alonzo et Cambral fut envoyé dans inde avec mission d'y fonder des établissements : celui qu’il créa à Calicut ne prospéra pas, et les Portugais qu’il y laissa furent peu à peu massacrés. Emmanuel, en appre- DICT. DE LA CONVERS, — TT, x;

nant cette nouvelle, ordonna l'armement d’une flotte vengeresse, et Gama, avec dix vaisseaux, soutenus par deux escadres composées de dix vaisseaux chacune, reprit, le 10 février 1512, la route qu'il avait frayée. C’est dans ce voyage qu’il établit, non sans combattre, les comptoirs portugais qui subsistent encore si misérablement à Mozambique, ainsi qu’à Sofala. Il venait cette fois avec un système d’intimidation ; et il mit d’abord le feu à l’un des grands navires du soudan d'Égypte, qu'il rencontra, parce que son maître était soupçonné d’avoir trempé dans les machinations dont le désastre de Cabral était résulté. Le bruit des avantages remportés par Gama ayant annoncé son retour au Malabar, Travancor, où il prit terre, le reçut avec soumission. Se rendant alors dans les États du Zamorin, il détruisit tous les navires du pays qu'il rencontra, et dans une seule occasion fit pendre à ses vergues cinquante des matelots qu’il y trouva. Ayant ainsi vengé ses compatriotes, traitreusement égorgés , et s’étant fait redouter au loin, il revint à ses habitudes accoutumées de douceur, et se fit des alliés de tous ceux qui manifestèrent l’intention d'entrer en rapport avec lui. 11 s’unit particulièrement avec le roi de Cochin, rival naturel de celui de Calicut, dont il obtint les plus fructueuses réparations, et mit tant de célérité dans toutes ses opérations, que le 20 décembre 1503 il était de retour en Portugal, ramenant treize vaisseaux chargés de richesses.

Après tant de services signalés , il est cruel d’avoir à remarquer qu'ils ne trouva point dans sa patrie la reconnaissance qu'ils semblaient devoir lui mériter. Il fallut même toutes les sollicitations du duc de Bragance, dom Jaïmes, pour lui faire obtenir le titre de comte de Vidigueyra avec la grandesse. Puis il fut laissé dans l’inaction pendant vingt-et-un ans, et ne prit part à aucune autre expédition sous le règne d’Emmanuel; mais, après la mort de ce prince, dom Édouard de Ménezès ayant, durant sa gestion , précipité les établissements portugais d’Asie dans une décadance complète, Jean III rappela Vasco de sa retraite de Vidigueyra, et le nomma vice-roi des Indes en 1524. Le noble vieillard partit de Lisbonne le 9 avril, avec une flotte de 10 vaisseaux et de 3 caravelles, pour aller doubler une dernière fois ce cap de Bonne-Espérance, dont le nom est désormais inséparable du sien. Arrivé dans l’Inde, il n’y gouverna les vastes conquêtes du Portugal que trois mois et vingt jours, et mourut à Cochin, le 25 décembre. Même sur son lit de mort il pourvoyait à tout. En 1538 son corps fut transporté dans sa patrie, où le roi lui fit faire de magnifiques obsèques ; il repose dans l’église du couvent des Carmes de la ville de Vidigueyra. Une statue lui a été érigée à Goa, et sa grande expédition à fourni à Camoëns le sujet de ses Zusiades.

GAMALIEL, pharisien, contemporam de Jésus-Christ et membre du Sanhédrin , homme d'un esprit conciliant et modéré, eut pour disciple saint Paul, et par ses sages représentations empêcha le grand conseil des Juifs de mettre à exécution les sanglantes condamnations qu’il avait prononcées contre les Apôtres. On suppose avec beaucoup de vraisemblance que c’est de lui qu’il est question dans plusieurs passages du Talmud où on célèbre le fils de Siméon et le petit-fils de Hillel. Les traditions postérieures qui nous le présentent conime ayant professé en secret les doctrines du Christ et comme s’étant fait baptiser, en même temps que son fils et Nicodème, par les apôtressaint Jean et saint Pierre, ne paraissent pas plus fondées que les opinions émises par quelques écrivains modernes qui ont prétendu que Gamaliel n’avait intercédé en faveur des Apôtres qu’en haine des sadducéens ou bien encore pour gagner les chrétiens à ses plans ambitieux.

GAMBA ( Barrorommeo }, célèbre bibliographe , né le 16 mai 1756, à Bassano, entra à l’âge de dix ans en qualité de commis dans l'imprimerie du comte Remondini, et y trouva le temps et les moyens d'y acquérir de profondes connaissances bibliographiques. Après avoir dirigé jusqu’à la mort de Remondini la succursale établie par cette maison

à Venise, il fonda lui-même une librairie à Padoue. En 1811, époque à laquelle il fut nommé censeur pour 1es provinces adriatiques, il acheta imprimerie di Alvisopoli, fondée à Venise par Mocenigo; et quelques années plus tard, le gouvernement autrichien le nommait vice-biblivthécaire de Saint-Marc. Il est mort le 3 mai 1841, frappé d’un coup d’apoplexie à l’athénée où il faisait un cours. Son premier ouvrage fut les Serie dei testi di lingua usati a slampa nel Vocabulario della Crusca (Bassano, 1805, in-4°), dont une nouvelle édition a paru à Venise en 1818 ; livreindispensable à ceux qui se livrent à l’étude des sources historiques de la littérature et de la philologie. A cet ouvrage se rattachent les Serie degli scrilli impressi nel dialetto veneziano ( Venise, 1832) , le Catalogo delle più importanti edisioni e degli illustratori della Divina Commedia dell’ anno 1472 al 1832 (Padoue, 1832 ), et la Bibliografia delle novelle Italiane in prosa ( 2° édition, Florence, 1835 ) ; on a aussi de lui un grand nombre d'essais biographiques, et des notices,

GAMBETTA (Léon), homme d'État français , né le 30 octobre 1838, à Cahors, descend d’une famille génoise. Reçu avocat, il se fit inscrire en 1859 au barreau de Paris. Son premier début dans la vie politique, en 1862, se borna à un rôle secondaire dans le mouvement électoral provoqué par les élections au Corps législatif. C’est surtout en plaidant des procès politiques, soit à Paris, soit en province, qu’il se rendit populaire. Dans l'affaire des souscriptions recueillies par les journaux , à la fin de 1868, pour élever un monument à la mémoire du représentant Baudin, il attira vivement l'attention, et se trouva ainsi désigné à l’opposition radicale pour les élections législatives du mois de mai 1869. Candidat dans les Bouches-du-Rhône et en même temps à Paris, où il lemporta sur un des vétérans de la démocratie, M. Carnot, il arriva au Corps législatif par une double élection et opta pour les Bouches-du- Rhône, Il prit place sur les bancs de la gauche, près de M. Jules Favre, avec qui il dirigea la campagne des irréconciliables contre le gouvernement impérial et contre la prétention du cabinet Émile Ollivier à faire accepter par les libéraux le pouvoir de Pempire comme un gouvernement libéral, Après s’être élevé, comme toute la gauche, contre la déclaration de guerre à la Prusse, il réclama, à la suite de nos premiers désasires, l'armement de tout le pays. Dans les séances du 3 et du 4 septembre, il s’unit à M. Jules Favre pour demander la déchéance du gouvernement impérial. Quand la foule eut envahi les tribunes, il la conjura de garder lordre et le calme nécessaires aux délibérations. Le président de la Chambre, M. Schneider, exhorta les envahisseurs à suivre les conseils de M. Gambetta, et lui rendit ce témoignage : « Il ne peut être suspect à aucun de vous; je le tiens, quant à moi, comme un des hommes les plus patriotes de notre pays.» Quelques heures plus tard, le gouvernement de la Défense nationale, composé des députés de Paris, était installé à Phôtel de ville. M. Gambetta en faisait partie, quoiqu’il eût opté pour le département des Bouches-du-Rhône; il fut délégué au département de l'intérieur.

Onjugea bientôt, dans les conscils du gouvernement, qu’il fallait à la tête des populations de la province, alors privées presque complètement de toute relation d'idées et de sentiments avec Paris, exposées au découragement ou travaillées par les partis extrêmes, un homme jeune, énergique, capable d’actes vigoureux et rapides. On adjoignit donc M. Gambetta à MM. Crémieux et Glais-Bizoin, chargés de la délégation à Tours, et on lui donna de pleins pouvoirs pour l’intérieur ainsi que pour la guerre, Il partit en ballon, le 8 octobre, et, après avoir failli tomber dans les lignes ennemies, arriva dans le département de la Somme, La carrière qui s’ouvrait devant lui était pleine de grandeur, mais aussi de périls et de responsabilités, Agissant presque seul, n'étant soumis à aucun contrôle, il allait remplir en fait le rôle de dictateur, sans en avoir le titre,

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L'un de ses premiers actes fut dé hâfér la levée des gardes mobiles et l'organisation des armées. Une de ses plus grandes difficultés fut sans doute de vaincre la défiance si naturelle chez des militaires envers un ministre non militaire; mais il n’en éprouva pas moins peut-être à animer du même souffle patriotique des armées où se trouvaient réunis tant d'éléments divers, où cembattait d’un côté Garibaldi, de l’autre Chareite avec les zouaves pontificaux. Si l’on en excepte le prince de Joinville, auquel il ne per: mit pas de rester dans les rangs de l’armée française, ilne demanda pas compte à ceux qui venaient combattre de leurs opinions politiques. Mais, en dehors de F'armte; daus le gouvernement du pays, il travailla activement à la propagation de l’idée républicaine, I choisit dans ce but les préfets et les autres administrateurs. Par cette conduite, il gagna en grande partie la population des villes. Il n’en fut p:s ainsi des campagnes, où les grands propriétaires surtout lui firent unr sourde opposition, dont l’iifluence lui parut assez redoutable pour qu'il supprimât les conseils généraux, par un décret en date du 25 décembre, ét leur substituât des commissions départementales.

Parmi les reproches formulés contre M. Gambetta, Fun des plus considérables est d’avoir révoqué trop facilement les chefs d’armée, d’avoir donné, par exemple, en peu de temps, trois chefs successifs à Parmée de la Loire, les généraux de La Motterouge, d’Aurelles de Paladine et Chanzy. Un autre reproche plus grave peut-être est de s'être laissé entraîner à des exagérations, à des emportements de paroles toujours regrettables chez un homme d’État. A la nouvelle de l'armistice signé, le 28 janvier 1871, par MM. Jules Favre et de Bismark, il ne diss mula pas son irritation et manifesta le dessein de continuer la lutte avec la province seule, En même temps, il voulut exclure du droit d’être élus à l’Assemblée nationale les bauts fonctionnaires et les candidats officiels de l'empire. M. Jules Simon ayant été envoyé de Paris à Bordeaux pour faire exécuter les décrets du gouvernement de la Défense nationale, il lui fit d'abord une résistance très-vive, mais, le 6 février, sa démission mit fin au conflit. Élu, le surlendemain, représentant à l’Assemblée nationale par les départements de la Seine, de Seine-et-Oise, du Var, des Bouches-du-Rliône, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, et par la circonscription d'Alger, il opta pour le Bas-Rhin, et donna sa démission dans la séance du 1er mars, avec les autres députes de P'AIsace et de la Lorraine. Après un séjour de quelques mois à Saint-Sébastien, en Espagne, il revint en France et fut réélu, le 2 juillet, membre de l'Assemblée par la Seine, les Bouches-du-Rhône et le Var; il opta pour la Seine, Dans la séance du 30 août, il combattit le dessein que manifestait l’Assemblée de se faire constituante, Au mois d’octobre il publia, sous forme de lettre, une sortede manifeste où, à propos des élections récentes des conseils généraux, il revendiquait la victoire pour le parti de la république radicale, qu’il distinguait du parti des républicains formalistes, et où il semblait chercher à donner le programme du « radicalisme », On l’accusa, non sans raison, de rester dans le vague et de ne pas définir les institutions organiques qui devaient, suivant lui, constituer la république radicale. M. Gambetta se fit un organe politique spécial avec la République française, journal dont le premier numéro parut le 6 novembre 1871 et qui prit bientôt une importance considérable, Dans un discours prononcé à Grenoble, en octobre 1872, il demanda hautement la dissolution de l'Assemblée, En avril 1873, il appuya l’électton de M. Barodet, à la suite de laquelle la droite vota contre M. Thiers et lui donna le maréchal Mac-Mahon pour successeur,

GAMBEY (Henni-PnupeNCE), mécanicien illustre, né en 1787, mort à Paris, en 1847, membre de l’Académie des sciences et du Bureau des longitudes, eut des commencements obscurs et pénibles. Il lui fallut d’abord se contenter du poste de contre-maitre à Compiègue, puis à

GAMBEY —

l'École des arts et métiers de Châlons. A sa sortie de cet établissement, il s'établit dans une rue du Fa ubourg-Saint Denis, et s'y livra à la fabrication des instruments de précision, construisant dès lors des sextants et des cercles répétiteurs qui déjà portaient empreinte de la sûreté de sa main et de la rectitude de son jugement. A l'exposition de 1819 onremarqua ses beaux théodolithes; la grande médaille d'or récompensa ce travail. La construction d’un équatoria] ou lunette parallactique appela de nouveau sur cet artiste l'attention du monde savant ; on peut admirer à l'Observatoire de Paris ce bel instrument, On a encore dans le même établissement, outre un cerele mural, une lunette méridienne construite par Gambey. Nous citerons aussi parmi les instruments ou inventés ou perfectionnés par Gambey, le cathétomètre, à l’aide duquel on mesure correctement les distances verticales, et son héliostat, chef-d'œuvre qui a pour but de donner aux physiciens le moyen de fixer dans une direction constante un faisceau de lumière. Le ministre de la marine nomma Gambey son ingénieur en instruments de navigation; le Bureau des longitudes l’appela dans son sein, et l’Académie des sciences le reçut en 1837 dans sa section de mécanique.

GAMBIE , après le Sénégal le plus grand fleuve de la Sénéga mbie, sur la côte occidentale de Afrique, prend sa source dans la contrée qu’on appelle Fouta-Toro, et après un cours d'environ 1,600 kilom., vient se jeter dans l'Océan atlantique, au cap Sainte-Marie, par un grand nombre de bras, qu’unissent divers canaux naturels, qu’on tenait jadis pour autant de rivières distinctes. Des cataractes fréquentes et un grand nombres d'îles y rendent la navigation trèes-difficile.

La Gambie, colonie anglaise provenant d'établissements et d’acquisitions qui remontent aux années 1618, 1631 et 1816, compte une population de 7,000 âmes sur une superficie de 54 kilom. carrés. Elle se compose de l’île Sainte- Marie, où se trouve le chef-lieu Bathurst, de l’île Maccarthy, d’une île artificielle créée dans le fleuve à peu de distance de son embouchure et sur laquelle on a construit le fort Saint-James, et de quelques hameaux voisins, La Gambie offre des produits nombreux, notamment l'or et le fer, le coton et l'indigo; l’igname, le riz, plusieurs variétés de sorgho, larachide, le tabac. On y récolte de freres quantités d’huiîtres, sur les mangliers, dont les

ranches tombent jusqu’au fond du fleuve où elles forment

des arcades de 2 à 5 mètres de hauteur. En 1868 voici quel était le mouvement du commerce : exportation, 4,683,950 fr.; importation 3,613 100 fr.

GAMBIER (Iles), archipel situé dans le Grand-Océan, par 23° de latitude méridionale, et 1370 de longitude occidentale , fut découvert en 1777 par l'amiral anglais John Gambier (né en 1756, mort en 1836), que le bombardement de Copenhague en pleine paix, en 1807, a rendu si fameux. Ce groupe se compose de cinq iles fort élevées et de plusieurs autres beaucoup plus basses : une chaîne d’écueils de corail ceint ces dernières. Les habitants, une des races les plus mélangées de la Polynésie, sont d’une haute stature; on en compte un millier, vivant à l'état demi sauvage. Ces iles sont soumises à la Frauce depuis 1844, et se rattachent au groupe de Taïli.

. GAMELLE, grand vase de bois ou de fer-blanc à l'usage des matelots et des soldats. S'il est vrai que les proxerbes soient la sagesse des nations, celui-ci : « La soupe fait le soldat, et le soldat mange à la gamelle, » suffit à montrer l'importance de la gamelle dans les armées : les chefs de corps doivent donc veiller à son entretien comme à celui des armes; le succès des campagnes en dépend souvent, car le soldat mal nourri est à demi vaincu. Le soldat esi une véritable machine de guerre : on lui pèse son sommeil, et ses Jeux, et son pain. Bien qu’élément constituant de toute la puissance militaire, il n'étend guère son horiwon au delà de la portée de son bras; sur le champ de aalle, 11 ne doit songer qu’à sa compagnie , à son drapeau ;

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