‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 103 sur 488 · ASTRONOMIE — ASTROS · texte numérisé non relu

ASTRONOMIE — ASTROS

du systtme du monde, tant qu’on serait foreé, pour construire les Tables lunaires, d’emprunter aux observations d’autres données que celles qui sont nécessaires pour établir les six éléments de son mouvement elliptique, proposa cet objet en 1820 comme le sujet @un prix. Damoiseau présenta A ce concours un mémoire qui devint la base de nouvelles Tables lunaires; il fut couronné par l’Académie, ainsi qu’un autre mémoire, dd a la collaboration de Plana et de Carlini, géométres italiens. Damoiseau construisit aussi de nouvelles Tables des satellites de Jupiter, qui furent publiées en 1836, et qui sont destinées & remplacer celles que Delambre avait fait paraitre en 1817.

Le sys¢éme solaire vers la fin du siécle dernier ne se composait que de sept planétes principales avec leurs satellites, et dune cométe, dite la comeze de Halley, la seule dont les retours périodiques fussent constatés et qu’on pdt regarder conséquemment comme lui appartenant. Aujour- @hui, ces nombres ont considérablement augmenté. La déconverte de la plupart de ces astres est due 4 J’observation (voyes PLANETEs, Cométes ). Le calcul seul a fait trouver un de ces corps errants (voyes Neprune). Celte bréve et derniére énumeération des progrés de l’astronomie pendant la premiére moitié du dix-neuviéme siécle suffit pour faire espérer bien d’autres brillantes découvertes dans les régions infinies de l’espace, découverte prouveront toutes de plus en plus que cette science est, selon les expressions si justes de Laplace , le plus beau monument de I’esprit humain, le titre le plus noble de son intelligence,

D* Alex. DuckeTr.

De nombreuses planétes ont été successivement découvertes dans ces derniéres années, depuis Astrée, trouvée le 8 décembre 1845, par M. Hencke, et Nepéune, vu le 23 septembre 1846, par M. Galle, selon les indications de M. Leverrier, jusqu’a celles qui ont été découvertes en 1872. Parmi les astronomes qui se sont fait remarquer dans cette espéce de chasse aux planétes, il faut citer MM. Hind, de Gasparis, Luther, Goldschmidt, Hencke, Chacornac, Pogson, Laurent, Graham, Marth, Searle et Fergusson. Trois nouvelles cométes périodiques sont connues sous les noms de coméde d’Encke, de cométe de Biéla et de cométe de Faye. D’autres cométes ont été observées et leur orbe calculé sans pouvoir étre rattachées a de précédentes apparitions. Z.

ASTRONOMIE ( Instruments @’). Voyez Instruments.

ASTROS (Paut-Tagrése-Davip pv’), cardinal, archeyéque de Toulouse, naquit 4 Tourves (Var) le 15 octobre 1772. Son pére était avocat et avait épousé la sceur du comte de Portalis, qui fut ministre des cultes. D’Astros dés sa plus tendre enfance se fit remarquer par une déyotion extréme. Il embrassa l'état ecclésiastique. En 1798 Portalis , déja trés-influent, appela son neveu auprés de lui en qualité de secrétaire; et quelques années plus tard, lors de la réorganisation de l’Eglise de Paris, il le fit élever A Pune des places de vicaire général nouvellement créées. L’abbé d’Astros acquitta sa dette de reconnaissance envers Napoléon par un discours sur le rétablissement de la religion en France, qwil prononea le 15 aout 1807, a Notre- Dame, et dans lequel il prodigua au restaurateur du culte, a héros de la France, les hommages de la plus grande aduation.

Bientot cependant Napoléon, irrité des velléités d’indépeudance manifestées par le saint-siége, rompt avec le pape Pie VII, qui l’excommunie, mais qu'il fait enlever. La police impériale, qui croyait avoir pris toutes ses mesures pour que la bulle d’excommunication ne transpirat pas en France, apprit nun-seulement qu’elle y était connue, mais que le clergé avait méme refusé, dans quelques dioceses, de chanter le Domine, salvum fac imperatorem. « Il est impossible, dit Napoléon, en apprenant ces nouvelles, que Vabbé d’Astros ne soit pour rien dans tout cecil. » En effet,

Yabbé d’Astros, alors premier grand vicaire de Notre-Dame, était en France agent le plus actif du pape. Le siége de la métropole, devenu vacant par la mort du cardinal de Belloy, avait @abord été donné au cardinal Fesch, qui, sur sa démission, avait été remplacé par le cardinal Maury. Celui-ci n’ayant pas obtenu son institution canonique, @était l’abbé d’Astros qui, en qualité de vicaire capitulaire, administrait le diocese, et il en profitait pour servir les ennemis du souverain auquel il devait sa position.

Des perquisitions faites par ordre du ministre de Ja police, Savary, au palais archiépiscopal, pendant l’absence de l’abbé d’Astros, amenérent la découverte d’une copie de la fameuse bulle, d’une longue instruction du légat du pape, et d’une douzaine de lettres du cardinal Piétro, premier ministre du saint-pére. Ces documents accusateurs, trouvés partie dans la doublure dune vieille soutane et partie dans une boite a manchon, furent immédiatement envoyés 4 l’empereur, qui s’écria en les voyant : « Ah! messieurs du clergé métropolitain, vous apprendrez si on se joue de moi impun¢ément! » Ces choses se passaient dans les derniers jours de décembre 1810.

Cependant le clergé de Paris, qui, pour excommunier lempereur, n’assistait pas moins 4 toutes les présentations, se rendit aux Tuileries le 1® janvier 1811, la croix en téte et conduit par le grand vicaire de Notre-Dame. A peine Napoléon sut-il Yarrivée du chapitre métropolitain, qu’il chargea le comte Réal d’arréter l’abbé d’Astros, de faire une perquisition dans ses papiers , et de le conduire 4 Vincennes s'il y trouvait quelque chose.

Quelques instants aprés, ’empereur, le regard soucieux, le chapeau sur la téte et les mains croisées sur le dos, s'avancait 4 pas précipités vers le grand salon, dont la porte s’ouvrait avec fracas. La physionomie contractée, les lévres serrées, les yeux flamboyants, il alla droit au grand vicaire, qui se tenait en avant du clergé métropolitain, et, s’efforcant visiblement de vaincre sa colére, il fit 4 ’abbé d’Astros un signe de la main comme pour lui dire qu’il était prét 4 P’é-couter. Le grand vicaire, sans paraitre déconcerté , débita sa harangue, ou les protestations d’usage de dévowement, de jidélité, d’amour pour la personne sacrée du monarque n’étaient pas oubliées. — « Voila qui est bien, monsieur Yabbé, dit Napoléon avec ce sourire amer dont il avait seul le secret; mais il serait encore mieux de yous distinguer par votre obéissance aux lois de empire et par votre respect pour ma personne sacrée, comme yous youlez bien le dire. Ah! ah! c’est donc yous qui cherchez a allumer dans mes Etats le feu de Ja sédition! c’est donc vous qui trahissez votre souverain pour exécuter les ordres d’un prétre étranger! Sachez, monsieur l’abbé, que je ne veux ni révolte , ni fanatisme, ni martyre! Je suis chrétien, moi, et meilleur chrétien que vous! Je saurai soutenir les droits de ma couronne, s’il le faut, contre de téméraires et criminelles entreprises! Avez-vous donc oublié que je porte la une épée pour sa défense? » Et lempereur frappa fortement de sa main gauche la poignée de son épée.

Le grand vicaire fut si atterré, qu’il put 4 peine balbutier quelques excuses, et deux membres du chapitre furent obligés de le soutenir pour sortir du salon et regagner sa voiture. Mais une nouvelle épreuve l’atlendait au bas de lescalier. La le comte Réal, qui se tenait aux aguets, lui déclara qu’il était son prisonnier, et que l’empereur lui avait donné mission de l’accompagner chez lui pour faire en sa présence des recherches minutieuses. En méme temps, Réal, du ton le plus mielleux, s’efforga de provoquer des confidences en assurant al’abbé d’Astros que s'il voulait se montrer sincére et communicatif relativement a la bulle d’excommunication ,' les choses pourraient s’arranger, et que quelle que fat la colére de l’empereur, il parviendrait a |’apaiser. Le grand vicaire répondit qu'il avait eu connaissance de la bulle, non d’une maniére particuli¢re et personnelle, mais comme tout le monde. Si persistantes ct si

patelines que fussent les solicitations de son juge instructeur, ’abbé d’Astros, malgré sa frayeur, demeura inébranlable. « En ce cas, dit le comte Réal, c’est chez vous et non chez moi qu’il faut aller. »

Les recherches de Réal amenérent la découverte de la minute d’une réponse a la lettre d’envoi du pape. L’abbé d’Astros palit, voulut s’excuser et supplier. « Il n’est plus temps, dit froidement le comte. Je vous avais offert le moyen de vous sauver. Je n’ai plus maintenant qu’a rendre compte 4 l’empereur de ma visite. En attendant, pour exécuter ses ordres, je suis forcé de vous conduire a Vincennes. » Et la voiture partit au galop des chevaux.

L’abbé d’Astros fut mis au secret. On lui refusa, de peur de nouvelles intrigues, un valet de chambre qui le servait depuis longtemps ; mais on mit 4 sa disposition lappartement le plus confortable du chateau, la bibliothéque des officiers d’artillerie, et sa table était tous les jours servie délicatement , suivant les recommandations de l’empereur, qui voulait que le prisonnier fat traité avec tous les égards possibles. Cependant la tempéte ne s’apaisait pas, et de nouvelles instructions furent données pour saisir toutes les ramifications du complot tramé par les ultramontains. On sut bientdt que l’abbé d’Astros, avant de porter la bulle 4 la connaissance du clergé de Paris, l’avait gardée six mois ; qu'il s’était enfin décidé a la faire imprimer clandestinement, et qu’aprés l’avoir fait afficher, pendant la nuit, en présence de quatre chanoines dont il s’était assuré le secret concours, a la porte de l’église métropolitaine, il en avait répandu des exemplaires le lendemain a Paris et dans les départements. Le comte Réal crut méme pouvoir affirmer 4 Vempereur que le directeur de la librairie, M. Portalis fils, avait été, dans le fait de l'impression, le complice de son cousin le grand vicaire, et cette découverte provoqua bientét en plein conseil d’Etat une scéne trés-violente, dont tous les spectateurs furent terrifiés , et qui se termina, aprés les apostrophes les plus vigoureuses, par le renvoi de M. Portalis, que les services de son pére ne purent sauver de l’exaspération de l’empereur.

Liabbé dAstros resta prisonnier 4 Vincennes jusqu’en 1814. Quand il eut recouvré sa liberté, surpris et mécontent de ce qu’on ne l’avait pas immédiatement réintégré dans ses fonctions de vicaire général, il publia sa célébre brochure Des appels comme d’abus en matiére de religion. Retiré 4 Gand pendant les Cent jours, il revint avec les Bourbons, qui d’abord lui rendirent sa place, puis acquittérent a son égard la dette de reconnaissance de la cour de Rome, et récompensérent ce qu’ils appelaient le martyre de M. d’Astros en l’appelant Al’évéché de Bayonne. L’ex-grand vicaire de Paris vivait assez paisiblement dans son diocese, entouré de quelques missionnaires de Montrouge, qu’il avait mis dans la confidence de ses projets ullérieurs, lorsque, le 16 mars 1830, son dévodment a certaines idées obtint une nouvelle récompense : il fut choisi comme successeur de M. de Clermont-Tonnerre a l’archevéché de Toulouse.

La réyolution de Juillet trouva d’abord l’abbé d’Astros rebelle ou tout au moins incertain. M. de Broglie dut lui écrire plusieurs fois pour réclamer sa prestation de serment. Enfin le pape, qui avait été consulté, répondit que Jes lois de l’Eglise ne s’opposaient point A ce qu’on prétat serment de fidélité & un gouvernement de fait. D’ailleurs le régne de Pusurpation seimblait vouloir se consolider. Ces motifs firent cesser les hésitations de Varchevéque de Toulouse. Ici commence une nouvelle phase dans sa vie publique. 11 devint ’4me de la croisade que, sous le spécieux prétexte de la liberté @enseignement, on vit éclater en 1842 contre Puniversité, ses docteurs et ses doctrines, et qui ne tendait a rien moins qu’d faire passer Vinstruction publique aux mains de l’Fglise, Le signal une fois donné, les dénonciations de sacristie partirent de plusieurs points & la fois,

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