‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 107 sur 488 · ATELIER · texte numérisé non relu

ATELIER

ATAXIE (du grec @ privatif, et ta&¢, ordre), terme employé d’abord par Sydenham, puis par Selfe, et enfin par Ph. Pinel, qui en a constitué son ordre de /iévres ataxiques. Des symptOmes désordonnés, suivis de stupeur, de tressaillements convulsifs, nerveux, selon Frank, caractérisent, en effet, les plus malignes et les plus pernicieuses de ces affections. J.-J. VimEyY.

ATAXIQUE (Fiévre). Voyes Araxie et Fitvre.

ATE, en grec matheur, divinité malfaisante, fille de Jupiter et d’Eris suivant Homére , ou de Dysnomia d’aprés Hésiode ; c’est laméme quela Discor de chez les Romains. Selon PIliade, « cette déesse agit, influe en toutes choses ; c’est la fille redoutable du ciel, c'est le crime qui égare la raison et répand partout la terreur. Ses pieds agiles semblent avoir des ailes. Planant sur la téte des hommes, elle les excite tous au mal, a l’iniquité, et ne les quitte qu’aprés les avoir fait tomber dans ses piéges criminels. » Lorsqu’a la naissance d’Hercule, Até eut excité Jupiter lui-méme a se rendre coupable dune orgueilleuse vanité qui le fit tomber dans les piéges d’une infame magicienne, le maitre des dieux , transporté de colére, la saisit par sa brillante chevelure et la précipita sur la terre , en jurant que jamais elle ne remonterait dans l’Olympe. Depuis, elle ne cesse de parcourir le monde avec une vitesse infinie, et partout ot elle s’arréte ses pas sont marqués par la destruction et le ravage. Elle est suivie des Priéres, filles boiteuses de Jupiter, qui s’efforcent de réparer les maux qu’elle fait.

ATELES (du grec &tedn¢, imparfait). Les atéles sont des singes américains, remarquables par leurs membres trésgréles et par leurs mains antérieures ayant seulement quatre doigts et par conséquent impar faites , caractére auquel se rapporte leur nom. Les atéles se tiennent le plus souvent en troupes dans les arbres élevés, qu’ils parcourent facilement a Vaide de leur queue, trés-longue et fortement prenante ; ils peuvent en effet se suspendre par cette queue, qui constitue chez eux comme un cinquiéme membre. Voyez SINGEs.

ATELIER, lieu ov travaillent réunis des artistes ou des ouvriers , tels que peintres, sculpteurs, dessinateurs , menuisiers , serruriers , tapissiers, tailleurs, brocheurs , relieurs, etc. Il se dit aussi du lieu de travail] d’un peintre, d’un sculpteur , etc.

Les ateliers d’ouvriers ne sont pas toujours dans les conditions de salubrité nécessaires ; trop souvent aussi on rencontre dans ces ateliers et surtout dans ceux des artistes de pauvres souffre-douleur, contre lesquels s’acharne la taquinerie de camarades qui, sous le prétexte de s’amuser, font courir, par leurs mauvaises plaisanteries, de véritables dangers a des ¢tres moins bien doués qu’eux. Un autre abus des ateliers, c’est la licence de paroles et d’actions qu’engendre une familiarité journaliére et que sert souvent a accroitre le mélange des deux sexes. En compensation, la vie d’atelier offre plus d’un avantage. Cette communauté d’occupations et d’habitudes forme des liens de fraternité et de dévouement. Heureux si un jour il peut s’établir entre les ouvriers un systéme de solidarité qui en Jes attachant & Vatelier éléve et assure le travail!

Les artistes surtout apprécient et savent faire valoir leurs relations d’atelier quand ils se retrouvent dans le monde ou quwil s’agit d’appuyer le systéme d’un maitre commun. I] est a regretter seulement que l’excés de ces préventions d’école cause souvent des empiétements injustes , souléve des coalitions passagéres et crée de regrettables priviléges au détriment de lindépendance de I’art.

Quant aux ateliers des artistes, ils doivent étre bien clos et chauffés en hiver. Le jour principal doit y venir du nord, pour étre égal. Cependant, il est bon de pouvoir, 4 volonté, l’obtenir aussi du levant et du midi, non pour faire usage de tous les deux ala fois, mais afin d’avoir, dans quelques circonstances , un jour plus vif et plus éclatant. En un mot, Partiste doit veiller a la disposition des jours nécessaires a

son tableau, et consulter dans ce cas la scéne qu’il représente, ainsi que le lieu ot sera placé son ceuvre.

L’atelier de Rembrandt ne recevait de lumiére que par une ouverture fort étroite. Aussi dans ses tableaux le jour n’éclaire-t-il qu’un espace trés-resserré, et les ombres sont-elles trés-vigoureuses. L’afelier de Gérard Dow était a l’abri de la moindre poussiére, parce que los atomes les plus Iégers pouvaient détériorer son travail, qui était des plus soignés et des plus minutieux.

Des chevalets de diverses grandeurs, des boites 4 couleurs, de grands tabourets, des échelles commodes, une table pour placer le modéle ct un mannequin , sontles meubles nécessaires de V’atelier d’un peintre d’histoire. On y rencontre en outre de vieilles armures, de vieux costumes, des platres, une bibliothéque quelquefvis. Le peintre de portraits doit avoir de plus un fauteuil et des coussins pour placer convenablement ses modéles. L’atelier du sculpteur est ordinairement plus simple; des moulages en sont généralement les seuls ornements.

Le nom d’atelier est encore donné a la réunion d’éléves qui travaillent sous un méme maitre. L’atelier de David a toujours été le plus fréquenté de son époque. C’était déja un grand honneur que d’y étre admis. Depuis on a cité les ateliers de MM. Gros, Ingres, Isabey, H. Vernet, P. Delaroche, Abel de Pujol, Ary Scheffer, Léon Cogniet , Picot, Pradier, Ramey et Dumont.

ATELIERS NATIONAUX. Ces deux mots rappellent les vastes embrigadements d’ouvriers qui eurent lieu aprés la réyolution de 1848, et qui devinrent bient6t si me-

nacants pour la sécurité publique. I] ne faut pas croire,.

néanmoins, que ce soit le premier essai de ce genre qui ait été tenté. Dés le quinziéme siécle il avait été ouvert en France des ateliers, dits de charité, pour fournir du travail aux ouvriers inoccupés, surtout dans Ja morte-saison , ou pour éteindre la mendicité en employant les indigents a divers travaux appropriés a leur age et a leur sexe.

Un édit de 1545 prescrit d’utiliser les mendiants valides aux trayaux publics. Des ordonnances de 1685, 1699 et 1709 réglent la police de ces ateliers. Enfin, par deux avtres ordonnances, de 1786 et 1788, Louis XVI étend ce mode d’as sistance A tout le royaume, fait ouvrir des travaux publics dans chaque province pendant Ja morte-saison et les encourage par divers priviléges.

En 1790 , le commencement des troubles de la révolution ayant fait fermer un grand nombre d’établissements particuliers et laissé beaucoup de bras sans ouvrage, on ouvrit dans les environs de Paris de grands ateliers publics, consistant en travaux de terrassements pour les hommes, en travaux de filature pour les femmes et les enfants. On mit, en outre, 4 la disposition de chaque département une somme de 30,000 fr., afin d’occuper partout les indigents d’aprés le plan adopté pour la capitale. Cette minime somme n’était, selon toute apparence , qu’une prime d’encouragement otferte aux administrations locales qui consentiraient 4 entrer dans la voie indiquée par le législateur. Une loi de juillet 1791 régla, par des dispositions précises et séveres , ordre et la rémunération des travaux dans ces ateliers publics. Cette organisation coincidait , du reste, & merveille avec le vaste plan proposé & l’Assemblée constituante pour l’extinction de la mendicité.

Cette mesure, exécutée il est vrai d’une maniére incompléte, ne parait pas avoir atteint son but. Malgré ouverture des ateliers, la misére des pauvres, le chomage des ouvriers allérent toujours croissant, et cependant Ja Convention n’hésita pas & adopter le méme mode de secours publics. Ayant souvent promis de venir en aide a toutes les miséres humaines , elle regardait l’organisation des ateliers nationaux comme un des principaux moyens A mettre én usage pour réaliser ses promesses, Mais le temps manqua trop vite A sa bonne yolonté,

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