ATELIER — ATELIERS NATIONAUX
Plus tard, la Joi du 24 vendémiaire an XII vint donner aux ateliers publics une organisation plus régul’ére, plus | solide ; et cependant elle ne remplit pas mieux que les précédentes l’objet qu’elle s’était proposé. Peut-étre edt-il fall en conclure que ce mode de secours publics n’était pas aussi rationnel, aussi efficace qu’on le supposait. On y eut — néanmoins recours de nouveau en 1830, comme A toutes les époques critiques; mais lessai le plus large et le plus . : malheureux qui ait été fait en ce genre est celui de 1848, sous la dénomination d’ateliers nationauz. |
A cette époque les idées de certaines écoles socialistes s’étaient répandues dans le peuple, qui les accueillait avec fyveur. Divers systémes ayant cours se proposaient méme de substituer, sur une large échelle, aux établissements privés des ateliers publics organisés sous l’influence de ’ftat. . Lors done que, pour venir en aide aux ouvriers sans tra- vail, on résolut de les employer provisoirement pour le compte de la république, les ateliers qu’on organisa dans cette intention furent confondus avec les ateliers futurs qui n’exisfaient encore que dans l’imagination des utopistes. On Jes considéra comme un premier essai de l’application des systémes alors en honneur.
Faisons sommairement connattre l’organisation de ces ateliers , décrétée dés le 27 février {848 par le ministre des travaux publics, M Marie. A Paris ils se trouvaient sous les ordres (un directeur, M. Emile Thomas d’abord, M. Léon Lalanne a la fin: leur administration se divisait en arrondissements, correspondant a ceux de la ville. Chaque arrondissement était, selon son contingent, divisé en un nombre plus ou moins considérable de services; chaque servica se composait de trois compagnies ; chaque compagnie, de quatre lieutenances, et chaque lieutenance, de quatre brigades: 1a brigade se composait de cinquante ouvyriers, de cing escouadiers ou,piqueurs, d’un brigadier, d’un délégué et d'un agent de paye. Le brigadier, chargé du payement des salaires, constatait ce payement sur des feuilles quotidiennes, contenant le personnel des brigades, et émargées par les ouvriers, 4 coté des sommes qu’ils avaient reques. Ces feuilles passaient successivement des mains du chef de brigade dans celles du lieutenant, du chef de compagnie, du chef d’arrondissement, et arrivaient, par une transmission hiérarchique, revétues des signatures qui attestaient ces divers contrdles, dans les mains du chef de la comptabilité générale. Ce quia été malheureusement constaté lors de ta liquidation générale des ateliers nalionaux, c’est qu’il existait, & tous les degrés, une excessive négligence, et qu’aucune des piéces n’était réguliére, malgré la surveillance d’un inspecteur du ministére des finances, chargé spécialement du contrdle de cette comptabilité. Le travail se faisait généralement en commun et a la journée. Le prix de la journée était de deux francs pour les simples ouvriers, quels que fussent d’ailleurs leur Age et leur aptitude; mais chacun ne travaillait guére qwun jour sur deux. L’Etat fournissait les outils. Les grades se donnaient par l’élection des subordonnés. Les compagnies élisaient en outre des délégués qui discutaient en commun les intéréts du corps.
Les fondateurs de ces ateliers se sont fortement défendus d’avoir jamais eu la pensée de tenter dans cette entreprise la moindre application des utopies socialistes qui avaient cours a cette époque. Nous n’avons aucune raison de ne pas les croire enti¢rement sur parole & cet égard, On les @ accusés aussi d’avoir, dans ce grand recrutement de bras nus, oisifs, cherché a se créer une armée a leur dévotion, en prévision lointaine d’événements graves; et sur ce se cond point, il faut l’avouer, ils ne se sont pas aussi bien défendus. Ce qu'il y a de certain, c'est que les idées qui avaient cours A cette époque et la dénomination ambitieuse qu’on avait adoptée, donnérent aux ateliers de secours inslitués en 1848 un caractére particulier et une importa nouvelle bien supérieure a celle que leurs prédéce