‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 109 sur 488 · ATELIERS NATIONAUX — ATELLANES · texte numérisé non relu

ATELIERS NATIONAUX — ATELLANES

avaient eae en d’autres temps. Ils devinrent un lieu de refuge non-seulement pour les ouvriers auxquels le travail échappait malgré leur bonne volonté, mais encore pour ceux qui se refusaient volontairement au travail par turbulence , par paresse , et trouvaient commode de se créer aux frais de Etat des loisirs qui pourraient un jour le boule verser. Ainsi, en achevant la désorganisation des ateliers privés, ils contribuérent dans une large part a étendre la plaie qu’ils étaient destinés 4 guérir, et devinrent une menace permanente pour la paix publique.

Remarquons en outre qu’en 1848 on apporta peut-étre moins de réserve que jamais dans !’adin‘ssion des hommes qu’on employait au service de!’Etat. Aucune des précautions recommandées par la loi du 24 vendémiaire an XII ne fut observée dans cette circonstance ; on regul presque sans examen, sans choix, ceux qui se présentérent. Ce ne fut que lorsque le nombre des enrdlés eut atteint des proportions colossales qu’on se vit forcé de s’arréter. C’était la conséquence de cette idée, 4 peu prés officielle, que l'Etat devait du travail A tous ceux qui en manquaient. De plus, soit négligence, soit difficulté réelle, on pourvut fort mal 4 Pemploi effectif des travailleurs : les outils et le travail manquérent 4 Ja fois. Pendant plusieurs mois une masse effrayante d’ouvriers déclassés, que quelques-uns ont portée a cent dix, a cent vingt mille, et dont onn’a jamais su le chiffre au juste, passérent leur temps, soit 4 remuer des terres sans but, soit & jouer au bouchon ou aux barres, soit, ce qui était pis, a se concerter pour diriger a leur gré les mouvements tumultueux de la place publique, tenant sans cesse suspendue sur le siége du gouvernement la menace d’un bouleversement général. Ce fut le plus cruel, le plus terrible embarras de cette époque, si féconde en embarras de toutes espéces.

Ii fallait prendre un parti. Lequel? Ce n’est pas a nous de

} Vindiquer. Peut-étre edt-il mieux valu consacrer les fonds extraordinaires dont on pouvait disposer a une sage distri- bution progressive de secours a domicile qu’a des travaux mal entendus, dont le moindre inconyénient était de dévorer en frais inutiles une bonne partie des ressources qu’on possédait. Dans tous les cas, la transition ne devait pas s’opérer brusquement au milieu de exaltation ot se trouvaient alors les esprits, mais lentement, méthodiquement, avec sagesse et modération, sans froisser, sans inquiéter personne. La | eréation des ateliers nationaux, telle qu’elle avait eu lieu, » sans ordre, sans précaution, sans controle, en lachant la bridea |’eflervescence de toutes les passions politiques, avait ) &é certainement une grande faute; mais une plus grande faute encore fut leur suppression soudaine, brutale, sans pitié, cause ou, pour le moins, prétexte de la sanglante bataille de juin, la plus terrible dont une capitale ait été témoin dans ses murs, et qui ait vu Desang de plus de gé- » néraux rougir les pavés d’une ville.

Ace qui précéde qu’on nous permette d’ajouter, en dehors | de nos appréciations, et comme simple page d’histoire con- } temporaine, le passage suivant de M. de Lamartine, qui re- ) monte au mois de mars 1850 :

« Les ateliers nationaux ne furent pas un systéme, mais un malheur. Inévitable résultat de la cessation soudaine du » travail et du licenciement des ateliers dans une capitale in- } dustrielle de deux cent mille ouvriers, ils furent ’entrepot | des miséres et des oisivetés forcées du moment. Les hommes Tes plus sae du gouvernement y établirent, autant que ) possible, une hiérarchie et une discipline qui prévinrent } pendant quatre mois les fermentations et les explosions que tout devait faire craindre dans de pareils rassemblemeuts.

» Ces ateliers, bien loin d’obéir aux inspirations des dé- } légués des clubs et du Luxembourg, et d’étre l’'armée a ) demi-solde du socialisme, furent constamment, pendant ) quatre mois, Pappui volontaire du gouvernement qui deéfendait Pordre et les propriétes. Ils pesaient, en effet , mais ils pesaient contre les clubs extréines et contre les exigences

DICT, DE LA CONVERS. — f. I.

turbulentes des agitateurs et des séditieux. Le gouvernement modeéré les inspira seuls , et accepta souvent leur concoure dans des moments décisifs. Quand Vindiscipline et la sédi, tion éclatérent aux Invalides, et qu’une poignée de soldats, indignes de ce nom, trainérent le général Petit enchainé dans les rues de la capitale , ce furent des détachements de ces aleliers qui prétérent leur concours a M. Arago , ministre de la guerre, pour aller réinstaller le général Petit , réprimer l’émeute militaire et punir les coupables,

« Ilen fut ainsi jusqu’au mois de juin , époque 4 laquelle approche du licenciement, pressentie dans les ateliers nationaux, les jeta dans la fermentation et dans les mains des agitateurs, Mais ces agitateurs étaient si peu inspirés par le gouvernement que les chefs de secte du Luxembourg étaient alors déja arrétés ou en fuite; et ce fut aux cris de Mort a Lamartine! Mort & Maric! que le soulévement des ateliers nationaux s’opéra le 22 juin au soir, La commission exécutive était si loin de conserver ce rassemblement pour peser sur l’assemblée, que le gouvernement avait rassemblé luiméme cinquante-cing mille hommes, appelés de loin et a temps pour les dissoudre, et qu’il signa dans la nuit du 22 au 23 Vordre de repousser la sédition par la force. »

ATELLANES ( Fables ) ou Jeux osques, nom donné a des espéces de farces originaires de la ville osque d’Atella en Campanie, entre Capoue et Naples, lesquelles furent introduites 4 Rome de trés-bonne heure, et y furent jouées sous la forme modifiée de mimes jusqu’a l’époque impériale. Il semblerait, d’aprés Tite-Live, qu’elles seraient entrées dans la ville éternelle en méme temps que les jeux des histrions étrusques, c’est-a-dire en l’an 390 avant J.-C. Ledrame grec, importé par Livius Andronicus, ne put supplanter la farce nationale, qui continua 4 se jouer entre la tragédie et la comédie ou a la suite d'un drame pour rasséréner les egprits attristés. Il ne faut donc pas confondre les atellanes, piéces comiques vraiment italiennes , avec les piéces satiriques des Grecs , malgré l’analogie qu’établissent entre elles leur origine et leur but. Dans les premiéres paraissaient comme masques de caractére le Bucco (niais), le Pappus ( vieillard imbécile ), et le Maccus (polichinelle); ce dernier personnage n’était point notre polichinelle avec sa double

bosse, mais bien le Pulcinello napolitain, celui qui charme par ses saillies et par sa poltronnerie les lazsaroni de la Chiaja et les pécheurs de la Mergelline, et dont la figure, sous le nom de Civis atellanus, a été trouvée dans Ses peintures d’Herculanum. On employait dans cette espéce de piéces le dialecte osque , qui prétait déja a rire par ses locutions surannées et ses tournures singuliéres; la vie des campagnards opposée a celle des citadinsen fournissait le sujet, qui était en général traité d’une maniére plus raisonnable et plus chaste que dans les vers fescennins, chants alternatifs, souvent immondes,

Les jeunes Romains jouaient dans les atellanes, tandis qu’il leur était défendu, sous peine de perdre leurs droits civils, de paraitre dans aucune des piéces empruntées aux Grecs, Les noms de plusieurs auteurs de fables atellanes sont arrivés jusqu’a nous, entreautres ceux de Fabius Dorsennus, Q. Novius, L. Pomponius et Memmius. Nous ignorons quel fut celui que Caligula fit broler au milieu de Vamphithéatre pour ane plaisanterie a double entente. Il ne nous reste de leurs ceuvres qu’un trés-petit nombre de fragments, qui ont été recueillis par Bothe, Poet. lat. scen. fragmenta (Leipz., 1834). Aprés Pomponius, si ’on en croit Macrobe, les atellanes tombérent , et de longtemps on ne s’en occupa plus. Suivant Ovide et Pline le jeune, les compositions de Memmitus étaient trés-libres; i] ne ménageait la pudeur ni dans Jes mots ni dans les pensées. Ce fut a lui que Lucréce dédia son poéme De la Nature des Choses. Les atellanes étaient encore fort en vogue du temps d’Horace. Elles tournirent parfois de sanglantes applications aux déreglements de Tibere et de Néron. Le sénat, qui avait perdu toute di-

gnité, redouta aussi I’audace de ces pitces, et langa l’anathéme contre elles.

ATERGATIS ou ATTERGATIS (corruption d’addirdag, formé du phénicien addir, grand, et dag, poisson), célébre divinité syrienne , femme jusqu’a la ceinture et poisson par le reste du corps, d’oti les Grecs ont fait Derceto. Voyez Dacon. ‘

ATERMOIEMENT. On nomme ainsiun délai degrace accordé par un créancier a son débiteur lorsqu’il est dans VYimpossibilité de payer 4 ’échéance de la dette. Il y a cette différence entrele terme et l’'atermoiement, que le terme fait partie de la stipulation ; d’ot cette maxime : Qui a terme ne doit rien; tandis que l’atermoiement, venant aprés I’échéance de la dette, dépend de la seule yolonté du créancier. On aurait tort d’entendre par le méme mot la remise de tout ou partie des créances. La convention d’atermoiement peut avoir lieu avant comme aprés le jugement qui déclare un commercant en faillite. Il arrive quelquefois qu’aprés la déclaration de suspension des payements les créanciers accordent des délais pour le remboursement de ce qui leur est da, afin de ne pas laisser rendre un jugement qui achéverait de détruire le crédit de leur débiteur; mais lorsque le jugement déclaratif de la faillite a été rendu, l’atermoiement n’est plus qu’un concordat, et en suit toutes les régles. Les tribunaux de commerce, qui ont coutume d’accorder un délai au débiteur qui le demande, forcent le créancier 4 accepter un yéritable contrat d’atermoiement.

ATH, ville fortifice du royaume de Belgique , située dans le Hainaut, sur la Dendre, 4 24 kilométres nord-ouest de Mons, et centre d’un commerce assez actif. On y compte 9,000 ames. Le blanchissage des toiles, les impressions sur coton , la teinture, la fabrication de la dentelle , des gants , des épingles, de la biére et le raffinage du sel constituent les principales industries des habitants. La ville d’Ath, dont les premiéres fortifications furent élevées par ordre de Charles- Quint, a été assiégée a diverses reprises, et notamment en 1697, par Vauban, qui, pour la premieére fois, s’y servit systématiquement des paralléles, qu’il traga, la premiére a huit cents, la seconde 4 quatre cents et la troisiéme a cinquante pas des angles saillants du chemin convert; pour Ja premiére fois aussi il fit usage 4 ce siége du tir par ricochet. Ath fut encore assiégée par les alliés en 1706, et en 1745 les Frangais la reprirent de nouveau aprés un siége de quelques jours. Plus tard Pempereur Joseph la fit ¢émanteler; mais en 1815 le roi Guillaume y fit faire de nouveaux travaux de défense. Les conventions intervenues entre les puissances a la suite des événements de 1830 ont fait ranger Ath dans la catégorie des places fortes de Belgique 4 démanteler.

ATHALARIC. Voyes Amacasonrte.

ATHALIE, fille d’Achab, roi d’Israel, ef épouse de Joram, roi de Juda, Aprés la mort de son fils Ochosias, Athalie s’ouvrit la route du tréne par le meurtre de tous les princes de la famille royale. Le plus jeune fils d’Ochosias , Joas, fut seul sauvé par Josabed, sceur de Joram et femme du grand prétre Joad, et il fut élevé secrétement dans le temple. Au bout de six ans, Joad le replaga sur le tréne de ses péres, en 879 avant J.-C. Attirée par les clameurs du peuple, qui se précipitait dans le temple pour assister au couronnement de Joas, Athalie y entra avec la foule. A aspect du nouveau roi assis sur le tréne, entouré des prétres, des lévites , des hauts fonctionnaires et du peuple enthousiasmé, elle entra en fureur, déchira ses vétements et cria a la trahison. Joad la fit aussitot conduire hors du temple par les gardes, avec ordre de massacrer tous ceux qui voudraient la défendre, Kile fut égorgée & la porte de son palais. Les autels de Baal, qu'elle avait relevés, furent démolis , et Palliance avec le Seigneur, rompue par Vidoldtrie, fut renouvelée. Racine a traité ce sujet dans une tragédie,

AVUALIN § (Lovis-MAnie-Jean-Bartisre), genéra\ , aide de camp de Louis-Philippe, naquit le 22 juin 1784 a

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