‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 118 sur 488 · CHAMPOLLION-FIGEAC · texte numérisé non relu

CHAMPOLLION-FIGEAC

ATROPATENE, province de |’ancien empire perse, dans ‘a Médie septentrionale, formant aujourd’hui l’A d erbidjan, recut sun nom d’A¢ropate , son premier roi. Plutarque nomme cetle contrée Phrahata, et Dion Proaspa. Strabon fui donne la ville de Gaza pour capiltale. Atropate en fut nowmé gouverneur sous Darius Codoman, 340 ans avant J.-C. Il défendit cette province contre Alexandre; et quand {es Macédoniens eurent renoncé a sa conquéte, il s’en fit proclamer roi; il affermit sa couronne par son mariage avec la fille de Perdiccas, le successeur d’Alexandre dans ja Perse. Aprés Atropate régnérent Timarque, qui défendit son royaume contre Démétrius Soter, roi de Syrie; Mithridate, contemporain de Mithridate rof de Pont, qu’il secourut contre Lucullus; Darius, son frére, qui fut battu par Pompée; Artavasde ou Artuasde, fils de Darius, a qui Antoine envoya la téte d’Artabase, roi d’Arménie, son ennemi mortel, en lui offrant pour gendre un fils qu’i! avait eu de Cléopatre. Ce mariage ne fut pas conclu; mais Artuasde, ayant pris le parti d’Antoine contre Octave, y perdit Ja meilleure partie de ses troupes; et les Parthes profitérent de sa taiblesse pour le détroner. Octave , devenu Auguste, Jui pardonna sa faute, et lui donna une petite couronne dans

la petife Arménie; mais sa postérité, s'il en eut, n’y laissa aucune trace,

ATROPHIE (de & privatif, et de toop4, nourriture), consomption, dépérissement , diminution progressive dans le volume de tout le corps, ou seulement d’une de ses parties , attribuée au défaut de sucs nourriciers. L’atrophie toutefois est moins une maladie qu’un symptéme; on l’observe dans un grand nombre d’affections dont elle signale le danger.

Les phénoménes de l'atrophie partielle ne sont pas les mémes pendant et aprés l’accroissement: chez "homme adulte, le membre diminue de volume, mais il conserve la méme longueur que le membre sain; chez |’enfant, au contraire , ’accroissement n’étant pas achevé, le membre atrophié ne suit pas l’autre dans son développement en longueur, et différe quelquefois de plusieurs décimétres,

ATROPINE, alcaloide découvert dans la belladone (atropa belladona) et dans la pomme épineuse (datura stramonium). Sa formule est C34 H2° Az 08. Peu soluble dans l’eau et trés-soluble dans l’alcool et l’éther, cette substance cristallise en aiguilles soyeuses, incolores, groupées, qui fondent vers 90°. Chauffée avec un réactif oxydant, tel que le bichromate de potasse, elle dégage de l’essence d’amandes améres; avec |’acide sulfurique on obtient une coloration violette et une odeur semblable a celle de la rose. L’atropine, qu’on nomme aussi daturine, est un poison stupéfiant.

ATROPOS, celle des trois Par ques dont la fonction consistait & couper le fil de la vie des humains. Les anciens la représentaient sous la figure d’une femme trés-agée , avec des ciseaux & Ja main, revétue d’un habillement noir ; prés d’elle on voyait plusieurs pelotons, plus eu moving garnis, suivant Ja longueur ou la briéveté de la vie de ceux dont ils devaient mesurer les jours.

ATTABEG. Voyez Atazec.

ATTACA. Ce mot italien , qui vient de aftacare ( attaquer ), indique, lorsqu’il est placé a la fin d’une phrase musicale, que le motif suivant doit étre rattaché sans inferruption, et attagué avec plus d’énergie, de rapidité, qu’on nena inis dans Vexécution du motif précédent. Souvent ce mot est accompagné d’un adverbe qui détermine le mouvement dans lequel il doit étre exécuté : Altaca allegro.

ATTACHE. Voyes Lécation.

ATTAIGNANT (Abbé de L’). Voyes Larrarcgnant.

ATTALE. Trois rois de Pergame ont porté ce nom.

ATTALE I monta sur le tréne lan 14{ avant J.-C, Secondé par des mercenaires gaulois, qui vers ce temps-la commettaient toutes sortes de brigandages en Gréce et en Asie Mineure et qui se mettaient ala suite des princes qui voulaient les solder, il remporta plusieurs victoires éclatantes sur Antiochus IJ de Syrie; mais il ne tarda point non plus a se trouver réduit 4 une dure extrémité par Antiochus II ainsi que par Philippe V de Macédoine; et c’est dans ces circonstances critiques qu’il accéda, en l’an 211 ay. J.-C., a la ligue intervenue entre les Romains et les Etoliens. Dés lors il combattit constamment, avec des chances diverges et sans obtenir beaucoup de gloire dans les rangs des Romains contre Philippe; et de leur cote les Romains rendirent a Attale le bon office d’envoyer une ambassade a Antiochus lui signifier qu’il ett a s’abstenir dhostilités contre lui. Mais Attale mourut a l’age de soixante-douze ans, peu de temps avant la mémorable bataille de Cynocéphale (197 av. J.-C.), ou le consul Flaminius battit complétement le roi Philippe.

ATTALE I, Philadelphe, fils du précédent, servit d’abord son frére ainé Euméne II, successeur de son pére, et monta sur le tréne aprés sa mort, arrivée en l'an 159 ay. J.-C. Il ne fut pas moins fidéle a l’alliance romaine, et se trouva aussi mélé a toutes les guerres qui ensanglantérent alors l’Asie Mineure et la Gréce. 1] mourut I’an 138 av. J.-C., a lage de quatre-vingt-deux ans.

ATTALE III, PAiloméfar, neven du précédent, &

peine monté sur le tréne, se livra a tous les excs de la lureur, comme s'il eft perdu la raison , n’épargnant ni ses amis ni ses parents. 11 tomba ensuite dans un accablement douloureux, laissa croitre sa barbe et ses cheverx, fuyant toute espéce de société, et négligeant toutes les affaires de !’Elat pour s’occuper exclusivement de jardinage, de sculpture et de fonte de bronze. I! mourut l’an 133 ay. J.-C., aprés avoir par son testament institué le peuple romain son héritier, Les trois Attale se montrérent les amis généreux des beaux-arts. Consultez Wegener, De Aula Altalica litterarum artiumque fautrice (Copenhague, 1836 ).

ATTALE, lieutenant de Philippe de Macédoine, vivait environ vers l’an 370 av. J.-C. Il était l’oncle de Cléopatre, que Philippe épousa, aprés avoir répudié Olympias. Le jour de ce mariage, une querelle éclata @ntre Attale et Alexandre qu'il avait gravement insulté; et PMMippe, l’épée a la main, prit parti pour son lieutenant contre son fils. C’est 4 peu de temps de 1a que Philippe fut assassiné par un de ses gardes du corps appelé Pausanias, qui lui avait vainement demandé vengeance d’un outrage qu’Attale lui avait fait au milieu dune cérémenie. Attale se frouvait en ce moment en Asie Mineure; Démostheéne, fidéle 4sa haine pour le nom macédonien, vit la une circonstance heureuse a exploiter dans Vintérét de la liberté de la Gréce. Il écrivit lettre sur lettre a Attale pour le pousser a la révolte; mais Alexandre, instruit de ces intrigues, donna l’ordre a Hécatée de le débarrasser d’Attale, et celui-ci le fit assassiner. Suivant Quinte-Curce la responsabilité de ce meurtre reviendrait 4 Parménion.

ATTALE, lieutenant d’Alexandre le Grand, avait épousé Atalante, sur de Perdiccas. Son heau-frére ayant été égorgé par ses soldats, et sa sceur massacréé par les Macédoniens, il put se sauver a Tyr. Mais il ne tarda point a y étre fait prisonnier par Antigonus. Attale, pendant l’absence d’Antigonus, ourdit dans la citadelle ov il était détenu un complot ayant pour but de s’en rendre maitre, et qu’il mena a bonne fin. Pour qu’Antigone, 4 son retour, pit reprendre cette petite place, il lui fallait presque une armée. Attate, qui élait & peu prés du méme age et de la méme taille qu’Alexandre, fut fait prisonnier et livré 4 Darius, dans une poursuite qu'il engagea contre Bess us et ses confédérés. II ne faut pas le confondre ayec un autre Afiale, également lieutenant d’Alexandre, qui commandait les Agrianiens et qui se distingua aux batailles d’Issus et de Gaugaméle,

On cite en outre du nom d’A/éale un mathématicien grec, qui vivait de l'an 150 a Pan 160 av. J.-C., auteur de commentaires sur un poéme d’Aratus intitulé Phenomena; un philosophe stoicien, qui vivait Van 40 ay. J.-C., et dont Sénéque, dans sa jeunesse, suivit les legons: il vivait encore sous Tibére, et fut banni par l’influence de Séjan. Enfin, il y eut, au second siécle de notre ére, un célébre médecin appelé Aftale.

ATTALE ( Ftavius-Priscus ), natif d’lonie, d’abord paien, puis converti au christianisme et haptisé par un prétre arien, était préfet de Rome sous le régne d’Honorius, lorsquwil devint en 409 un de ces empereurs que Jes barbares élevaient si fréquemment sur le trone, sauf a les en renverser et a les massacrer le lendemain. Alaric, maitre de la péninsule italique, que le faible Honorius, réfugfé 4 Rav ne, n’avait pas osé défendre, fit proclamer Attale par le sénat, et Altale lui en témoigna aussitot sa reconnaissance en le revétant, lui etson beau-frdre Ataulf, des premiéres dignilés de |’Etat.

Le régne de ce fantéme d’empereur fut d@abord assez heureux; plusieurs villes d’Italie se soumirent a sa puissance factice, et il réva la conquéte de I’Afrique; mais la fortune changea bient6t. Ses projets échoudrent de toutes parts; il oublia qu’il devait son élévation d Alaric, et Alaric, le déposant aussi facilement qu’il lavait fait élire, lui arracha son sceptre en présence de l'armée, et I’habilla en esclave,

Attale, détroné, suivit humblement son maitre, aprds la

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