AUBER
admirablement les richesses, les pompes d’une cour princiére dans les cérémonies d’un mariage; il jette au milieu de la gaieté bruyante d’un marché une scéne terrible de donspirateurs; il saisit avec une incroyable vérité le caractére des airs nationaux napolitains; et les mélodies instrumentales qui accompagnent le role muet de la sceur délaissée de Masaniello, empreintes de la mélancolie la plus pénétrante, expriment tous les déchirements d’un coeur abandonné, ainsi que les emportements d’une passion italienne. Cet cuvrage, qui ne se distingue pas moins par ses délicieux airs de ballet, et son instrumentation riche, délicate et pittoresque, a pris place & cdté des grandes ceuvres dramatiques qui honorent notre siécle.
Outre le grand succés de cet opéra, M. Auber ne tarda pas A étre récompensé d’aussi nobles travaux par lAcadémie des Beaux-Arts de l'Institut, qui 'admit dans son sein au mois d’avril 1829. Déja depuis le mols de mai 1825 il était chevalier de la Légion d’honneur.
C’est en 1829 que M. Auber donna a l’Opéra-Comique Fra Diavolo, joli opéra en trois actes. Puis il revint a POpéra donner le Philtre, 1831; le Dieu et la Bayadere, le Serment, Gustave I11, le Lac des Fées, ? Enfant prodigue. Ces opéras sont accompagnés a l’Opéra-Comique de Lestoc, le Cheval de Bronze, Actéon, les Chaperons blancs, ’ Ambassadrice, le Domino noir, le duc d’Olonne, les Diamants de la couronne, la Part du Diable, la Syréne et Haydée.
Ala mort de Cherubini (8 février 1842), M. Auber était désigné pour le remplacer a la direction du Conservatoire de Musique. M. Auber, "homme du monde le plus éloigné de toute pédanterie scientifique, fut jugé avec raison digne de présider aux études des jeunes éléves. Parmi les améliorations qu’on lui doit dans les réglements de cette institution, il faut signaler larrété par lequel tout lauréat de Institut a droit, A son retour de Rome et d’Allemagne, de faire représenter dans les exercices du Conservatoire un petit opéra joué et exécuté par les éléves. Et puis M. Auber concilie si spirituellement sa haute position avec celle de gracieux compositeur! Tandis qu’il prend sous sa protection honneur de la fugue et du contrepoint, sa muse devient toujours plus jeune et plus légére, et dans les loisirs que lui laissent les méthodes d’enseignement et l'inspertion des classes, il écrit les plus charmants opéras. J. p’ORTIGUE.
Ep 1851, M. Auer donna encore a Opéra Zerline , ow la Marchande d’oranges, opéra en trois actes; en 1852 jl it touer Marco Spada, opéra comique en trois actes, & POpéra-Comique; en 1855, Jenny Bell, opéra comique en trois actes au méme thédtre; en 1856, Manon Lescaut, epéra comiqne en trois actes, au méme théatre, En 1857, Marco Spada devint un opéra et le Cheval de bronze un opéra ballet pour |’Académie impériale de musique. Les derniers ouvrages d’Auber, joués 4 l’Opéra- Comique, furent la Fiancée du roi de Garbe (1864), et le Premier jour de bonheur (1868), un de ses plus beaux succés. Il est mort le 12 mai 1871, a Paris.
AUBER (Tufopaice-Cuances + EMmanvet- Enovann), médecin, né a Pont-L’Evéque (Calvados), le 7 mars 1804, fit ses études & Rouen, Ayant de bonne heure pris ses degrés, quoique chirurgien d’abord atlathé a l’armée, M. Auber publia, Ason début, quelques brochures sur sen art, nolamment : Un mot sur l'état morbide (1834), un Coup d'wit sur la médecine, envisagée sous le point de vue philosophique (1835), et bientét un modeste Trailé de Philosophie médicale. Disciple de M, Azais, et grand partisan de Barthez et de Fréd, Bérard, M. Auber s’attache principalement aux hypothises complaisantes qui donnent une cause A chaque effet; c'est un probabiliste. Comme tous ceux qui arborent la vieille et respectable bannidre d’Hippocrate, il voudrait qu’on se bornat A observer passivement les maladies, et c’est assez selon lui d’attendre les