‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 131 sur 488 · AUBRY DE MONTDIDIER — AUBUSSON · texte numérisé non relu

AUBRY DE MONTDIDIER — AUBUSSON

Melles. En cette circonstance délicate , le combat singulier fut ordonné, afin que le jugement de Dieu fit connaitre la vérité. Pour rendre la partie égale autant que possible, on donna au chien un tonneau défoncé pour y opérer ses retraites et préparer ses clancements ; 'accusé fut armé d’un gros baton; puis les champions, mis en présence devant le roi et la cour, s'attaquérent réciproquement; Je Jévrier tourna quelques instants autour du chevalier, afin de saisir le moment favorable pour lui sauter a la gorge, en évitant Ja massue dont il le menagait ; enfin, le chien se précipite , et ayant atteint Macaire, il s’attache 4 son col, le renverse a terre et le contraint 4 demander grace : le chevalier félon promit de confesser la vérité. Alors on retira le chien vainqueur, et Macaire avoua son crime. Il fut envoyé au gibet. C’était en 1371, et le duel eut lieu dans Vile Notre-Dame a Paris. Louis pu Bors.

AUBURN, chef-lieu de Varrondissement de Cayuga (Etat de New-York), & l’extrémité septentrionale du lac @Owasco, A environ 17 myriamétres au nord-ouest d’Albany, compte prés de 15,000 habitants. Cette ville doit quelque célébrité 4 sa grande prison, qui y fut établie en 1816 pour ’Etat de New-York, et od & lorigine on mit en pratique le systéme pénitentiaire de Pisolement absolu. En 1823 cet établissement fut complétement réurganisé; on y introduisit un systtme mixte, qui prit le nom de systéme @Auburn (voyes Prison, PENITENTIAIRE [Régime]). Ce qui le distingue essentiellement du systéme pensylvanien, eest que pendant Ja nuit les condamnés sont renfermés dans des cellules isolées; mais dans le jour on les fait travailler en commun, en les forgant, sous peine des chatiments les plus sévéres, 4 observer un silence absolu.

Indépendamment de cette grande prison, Auburn en posséde encore une autre ponr le comté, et un tribunal criminel. On doit citer aussi parmi ses établissements publics un grand séminaire, fondé, en 1820, par les presbytériens. Il contient une cinquantaine d’éléves ; il a une belle chapelle et une riche biblioth¢que; trois professeurs de théologie y sont attachés.

AUBUSSON, ville et chef-lieu d’arrondissement de la Creuse, peuplée de 6,505 habitants, située sur la Creuse, a 38 kilometres sud-est de Guéret , au milieu d’un territoire stérile et de montagnes granitiques. La ville ne consiste presqu’en une seule rue, large et bien batie; elle posstde un collége, un théatre, une société d’agriculture, une imprimerie, des filatures de laine. L’industrie y est trés-active. La manufacture des ta pis d’Aubusson est la plus célébre de France depuis que celle de la Savonnerie n’existe plus. Elle fut fondée en 1763 par M. de Laporte, intendant de la généralité.

AUBUSSON (Pierre 0’), trente-huitiéme grand maitre de VPordre de Saint-Jean de Jérusalem, cinquiéme fils de Rainaud d’Aubusson et de Marguerite, vicomtesse de Comborn, alliée aux rois d’Angleterre, naquit en 1423, au chateau de Monteil-le-Vicomte , dans la Marche. Il descendait

| de Ranulfe I°", créé vicomte d’Aubusson et de la Marche par

le roi Eudes en 887, frére de Turpion d’Aubusson, élu évéque de Limoges en 898, issu d’une trés-illustre race, suivant Adémar de Chabanais, historien du douziéme siécle. Antérieurement, un Ebon, prince d’Aubusson, souscrivit une charte datée du régne de Pépin, aprés l’expulsion de Childéric (vers 752), et confirmée en 803 par un dipléme de Charlemagne , en présence du prince Turpion, probablement fils d’Ebon et aieul de ’évéque de Limoges,

Pierre d’Aubusson embrassa presque au sortir de l’enfance

la carriére des armes. Dés l’dge de treize ans il voulut faire

partie du secours que la France fit passer 4 l’empereur Sigismond contre lesultan Amurat IT. Le fameux Huniade, enfermé

‘dans Belgrade, lui fit voir comment un chef habile et dé-

terminé sait maitriser la fortune et confondre lorgueil et les projets @un conquérant redoutable, en le forcant a

chercher son salut dans une honteuse retraite. D’Aubusson ne perdit point le souvenir de cette premiére lecon. Rentré en France en 1437, il fut présenté ala cour par Jean d’Aubusson, seigneur de la Borne, son cousin, chambellan du roi Charles VIf. Le roi lui donna bientot une grande marque de confiance en l’envoyant a dix-sept ans (1440) vers le dauphin , depuis Louis XI, révolté contre son pére, pour Pengager a rentrer daus le devoir.

Lorsque le dauphin, ala priére deempereur Frédéric II, alla secourir Zurich, assiégé par les Suisses, Pierre d’Aubusson accompagna ce prince, et contribua par sa valeur & la victoire de Bottelem, prés Bale, le 26 aot 1444. Dans le méme temps, la nouvelle étant parvenue en France du débarquement des Egyptiens dans Vile de Rhodes, d’Aubusson fut un des premiers & serendre a V’appel que le grand maitre de Lastic fit aux chrétiens d’Occident pour secourir ordre de Saint-Jean, le bouclier de Ja foi chrétienne. Quoiqwil apprit a son arrivée la déroute et la fuite des infidéles, il fit voeu de consacrer sa vie 4 la défense de la religion; et s’étant fait agréger parmi les chevaliers de cet ordre célébre, il s’acquit une si prompte renommée par la terreur qu'il inspirait aux pirates mahométans, qu’on lui donna peu d’années aprés Ja commanderie de Salins. En 1457 il reparut a la cour de France comme ambassadeur de son ordre. Le succés de sa mission ajouta beaucoup 4 la haute opinion qu’on avait de ses talents et de son crédit. Une nouvelle dignité, celle de bailli capitulaire de la langue d’Auvergne, ayant ¢té instituée en 1471, le commandeur d’Aubusson en fut le premier revétu. Peu de temps aprés on Jui déféra celle de grand prieur d’Auvergne, avec la surintendance générale des fortifications. Enfin , a la mort du grand maitre des Ursins (8 juin 1476), Yunanimité des suffrages |’éleva au magistére.

Jamais un plus digne choix n’avait été commandé par des conjonctures plus impérieuses. Des ruines fumantes de Constantinople et de Négrepont, Mahomet II menagait I’ile de Rhodes. Le premier soin de d’Aubusson fut de faire forger une énorme chaine, dont on ferma le port; il fit achever les fortifications commencées sous sa direction pendant le dernier magistére, et en fit élever de nouvelles, soit & Rhodes, soit dans les autres iles qui dépendaient de cette république. Les magasins s’approvisionnérent de vivres et de munitions de toute espéce pour une longue défense. Une citation, décrétée en chapitre général , rappela dans le plus bref délai tous les chevaliers qui séjournaient en Europe, soit dans leurs familles , soit dans les commanderies. Avec ces chevaliers accoururent une foule de chrétiens de toutes les nations, jaloux de prendre part au drame sanglant qui allait se dé rouler, Antoine d’Aubusson, frére ainé du grand maitre, débarqua a Rhodes a la téte de 2,000 hommes d’infanterie et de 500 gentilshommes, qu’il avait levés et conduits a ses dépens.

En 1480 le sultan envoya contre Rhodes une flotte de 160 vaisseaux de haut bord, portant une armée de 100,000 hommes et une nombreuse artillerie. Un renégat fameux , Misah Paléologue, prince grec de la maison impériale de ce nom, qui, sauvé du massacre de Constantinople par une lache apostasie, s’était Glevé par sa servilité et sa haine implacable contre les chrétiens au rang de grand vizir, commandait cette expédition formidable. Le siége dura deux mois ; tous les moyens imaginables de destruction furent mis en ceuvre dans cette lutte furieuse. Une artillerie de plus de deux mille bouches a feu, des canons appelés basilics de dix-huit pieds de longueur et recevant des boulets de deux a trois pieds de diamétre, des mortiers qui lancaient d’énormes blocs de pierre, des mines, des galeries, des fourneaux, renversérent la plus grande partie des murailles; mais le grand maitre électrisait ses chevaliers par son exemple. De nouvelles murailles s’élevérent comme par enchantement; les Tures furent repoussés avec des pertes considérables. Un dernier assaut n’aména pas d’autres résultats, et Misah

Pacha, qui pour sauyer sa téte des coléres du sultan ayait Mnutilement armé deux assassins du fer et du poison, fut contraint de remettre 4 la voile. D’Aubusson, qui depuis le premier assaut n’avait pas quitté les remparts et s’était toujours montré aux postes les plus périlleux, fut relevé sur la bréche perdant son sang par sept larges blessures, Son premier soin fut de rétablir tout ce qu’il avait dd sacrifier a Pimpérieuse nécessité de la défense. Il répara les monuments publics et fonda trois églises nouvelles, dont la plus remarquable fut celle de Notre-Dame-des-Victoires. Les fortifications surtout occupaient son active prévoyance, quand une mort subite surprit Mahomet II, le 2 juillet 1481.

Bajazet II, fils ainé de Mahomet, lui succéda, malgré les efforts du prince Zizim, son frére. Celui-ci, ayant été vaincu, demanda asile au grand maitre de Rhodes. Une escadre alla porter 4 Zizim la réponse et le sauf-conduit de d’Aubusson, et Je ramena a Rhodes, ou il fut regu avec de grands honneurs le 30 juin 1482. Ici d’Aubusson descend de la hauteur de son magnanime caractére pour se constituer, contre le droit des gens et sa foi donnée, le gedlier d’un prince malheureux. Dans Valternative d’une nouvelle invasion ou d’un parjure, il accepte ce dernier parti, et conclut avec la Porte un traité par lequel Bajazet donne a l’ordre de Rhodes une somme annuelle de 40 mille écus d’or, sous la condition que les chevaliers garderont soigneusement le prince ottoman, afin qu il ne puisse rien entreprendre contre son frére. Plusieurs tentatives d’empoisonnement et d’assassinat ne furent pas les seuls motifs qui déterminérent les cheyaliers 4 faire passer Zizim, d’abord en Piémont et en Savoie, puis dans les chateaux des commanderies de France; on youlut, en l’éloignant du théatre de sa puissance déchue, lui faire perdre tout espoir de rétablissement, ou du moins rendre ses projets d’évasion impossibles. Rien ne fut négligé pour parvenir 4 ce but, qui assurait 4 ordre de Rhodes l’exacte exécution d’un traité avantageux, Dés qu’on s’aperceyait que Vinfortuné Zizim excitait Vintérét, on changeait le lieu de sa captivité. Ce traitement révolta les princes chrétiens. La liberté de Zizim entrant dans leurs projets de croisades contre Bajazet, les réclamations furent si vives et partirent de si haut que d’Aubusson dut céder aux instances d’Innocent VIII et lui remettre son illustre captif (1487).

Les priviléges que Rome accorda aux chevaliers pour les indemniser de la cessation du tribut, et le chapeau de cardinal que recut le grand maitre le 9 mars 1489, n’ont pu justifier ni couyrir aux yeux de la saine politique une violation aussi réyoltante qu’odieuse des plus saintes lois de l’hospitalité. Tout porte & croire que le caractére généreux de d’Aubusson fut maitrisé par le conseil de ordre; car lorsque le projet de la croisade fut définitivement arrété, les mémes princes qui ayaient blamé avec le plus de force la conduite des cheyaliers enyers le fils de Mahomet furent les premiers & solliciter du pape (1495) que d’Aubusson fat proclamé généralissime de Varmée chrétienne. Cette expédition n’eut qu’un commencement d’exécution sans importance. Les jalousies des puissances alliées la firent ayorter. Le chagrin gu’en congnt d’Aubusson, ajouté a la profonde mélancolie qwil nourrissait depuis la fin déplorable du prince Zizim, lui causa une maladie de langueur dont il mourut le 13 juillet 1503, A VAge de quatre-vingts ans. Laing.

AUBUSSON (Francois p’), maréchal de France. Voyes LA FeEUILLADE.

AUCH, ville de France, chef-lieu du département du Gers, 4590 kil. sud-ouest de Paris, siége d’un archevéché, métropole des éyéchés d’Aire, Tarbes et Bayonne, dont le diocese comprend le département. Cette ville, peuplée de 10,449 habitants, posséde un tribunal de commerce, un lycée, une école normale primaire, une bibliothéque publique, des imprimeries, des manufactures, etc. On y fabrique des étoffes en fil et en colon; on y fait le commerce deg

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