AUCKLAND — AUDE
Aussitét que celui-ci fut arrivé 4 Calcutta, lord Auckland s’embarqua pour |'Europe, ot il arriva en 1842, apres une traversée qui avait duré huit mois. Devenu premier lord de Vamirauté, il est mort A lage de soixante-cing ans, le 1* janvier 1849.
AUCKLAND (Iles), groupe de l’Australie, situé au sud de la Nouvelle-Zélande, par 51° de latitude méridionale, et que tout démontre étre d'origine volcanique, se compose d'une grande ile et de plusieurs petites, toutes montagneuses et bien boisées, jouissant @un climat sain et tempéré, et possédant plusieurs bons ancrages. On y rencontre une foule d’espéces différentes doiseaux, de poissons et de coquillages. Ce groupe fut découvert en 1806 par Briston, les Anglais en ont pris possession, et il forme avjourd’hui une des colonies florissantes de |’Australie.
AUCKLAND, Capitale de Ja Nouvelle-Zélande, située dans Vile septentrionale, sur Ja Tamise, au fond du golfe d’Hauraki, est le siége du gouvernement et de la chambre coloniale. Fondée en 1840 elle contenait, en 1856, 7,000 habifants, et, en 1862, 7,967. On y jouit d’un climat sain et tempéré. Elle est pourvue de bonnes écoles et de journaux, et posséde une societé savante. Le mouvement du port est trés-actif; outre les exportations de Vor, on y fait un commerce de chanyre, de bois de construction, de laine, Whuile et de fanons de baleine.
AUDACE. C'est la hardiesse portée a lextréme.
Audaces fortuna juvat ,
aditun grand poéte. De l’audace, encore de Vaudace, toujours de Paudace! disait un démagogue célébre, qui eit jeut-étre vaincu son rival si la sienne ne se fat point endurmie, La fortune, il est vrai, semble se plaire a favoriser ceux qui osent beaucoup. Tout oser n’est cependant point un sir moyen de réussir, 4 moins, comme le dit Montaigne, que l’on ne sache bien coudre la peau du renard & la peau du lion: témoin la plus audacieuse des nations, Rome, sous ses eonsuls et ses dictateurs; témoin les conquérants et les politiques les plus renommég par leur audace, depuis Alexandre jusqu’a’ Napoléon. Ceux d’entre eux qui ont atteint le buf, et s’y sont maintenus, Sylla, Richelieu, Cromwel, Frédéric 1J, Fernand Cortez, n’ont-ils pas dd leurs sucvés autant pour le moins a Ja ruse qu’a laudace ?
Ne confondons point avec l'awdace, qui réussit quelque-
) fois au crime habile et prudent, les entreprises héroiques du génie qu’un noble enthousiasme anime. Miltiade, Thé-
mistocle, Léonidas et ses Spartiates hasardant avec intrépidité, pour la liberté et le salut de la Gréce, la lutte en apparence la plus téméraire; Epaminondas affrontant avec ses
) Thébains les cohortes lacédémoniennes jusque alors victorieuses; Colomb bravant sur de fréles navires les périls | dune navigation dont il ignore le terme; Gustave-Ado!phe allant, a la téte d’un petit nombre de Suédois, attaquer les » armées impériales enorgueillies de leur nombre et de leurs
victoires , pour défendre la cause de ses co-religionnaires et les libertés de empire , tous ces hommes illustres qu’enflammeérent une grande pensée et un sentiment sublime, pui-
» saient dans leur dévouement le mépris de tous les périls. La ) confiance du vrai héros dans le triomphe dune cause juste, ) c'est lecowrage qu’aucun obstacle ne peut ébranler, et non
Paudace qui défie le danger par ostentation.
Les sciences, les lettres, les arts, ont aussi leurs héros et leurs, fanfarons d’héroisme, La passion du vrai et du beau, l’enthousiasme du génie ou du talent pour tout ce
} qui peut éclairer les hommes et les rendre meilleurs, voila / ce qui produit les savants, les philosophes, les écrivains, les | poétes, les artistes dont les noms et les ceuvres sont immor- | tels, Pythagore, Platon, Homére, Sophocle, Pline, Horace, ) Virgile , Kepler, Galilée, Descartes, Newton et Leibnitz!
Auront-ils droit aux fleurons de votre couronne, ceux a {ai Yamour Mune vaine et passagére renommée, et l’a-
mour, plus vil encore, de l’or auront fait déserter les routes par vous frayées, et renier le génie du bien pour sacrifier au génie du mal? Non, non. Pour créer, pour innover avec succes dans la vaste carriére des sciences, des lettres et des arts, Pintrépidité de bonne opinion et Vaudace sont de faibles ressources. Pour quiconque s’est plu a pervertir ce quil y a de plus saint au monde, Ja pensée et le sentiment, ce quwil y a de plus précieux pour lesprit et le cur, la raison et le gont, il ne saurait y avoir de postérité. Les novateurs qui n’auront eu que de Paudace vivront assez pour ¢tre les témoins de leur chute. Aubert pe Virry.
AUDAZUS, AUDIUS ou OUDO, pieux laique, qui au commencement du quatriéme siecle vivait de la maniére la plus exemplaire en Mésopotamie. Les reproches réitérés qu’il adressait aux prétres de ce pays en raison de leurs idées mondaines, et surtout de leur cupidité, et le contraste frappant qu’offrait la sévérité de ses meeurs, le firent regarder comme dangereux ; ef en conséquence il fut excommunié. Mais cet acte de violence, de méme que les mauvais traitements de tout genre qu’on lui fit essuyer ainsi qu’a ses amis, eurent pour résultat de grouper autour de lui un nombre toujours plus grand de mécontents, parmi lesquels on comptait beaucoup de prétres et jusqu’a des évéques. Ils lui conférérent les pouvoirs de l’épiscopat, et formérent bientot une secte dans laquelle on professait des doctrines anthropomorphiques, en méme temps qu’on y célébrait la féte de Paques @aprés le comput en vigueur avant la tenue du concile de Nicée. Ce fut plus particuliérement la classe la moins éclairée de la population qui adopta les idées d’Audus, dont les partisans, fidéles interprétes des sentiments des masses, constituérent les premiers éléments de la secte qui se forma en opposition 4 un clergé corrompu et hiérarchiquement organisé. Dans sa vieillesse, Audzeus fut banni aux environs de la mer Noire, ov il contribua jusqu’a sa mort, en 370, a propager le christianisme parmi les Goths.
AUDE (Ataz), fleuve de France, prend sa source &@ ’étang d’Aude (Pyrénées-Orientales), baigne Quillan, Limoux et Carcassonne, et se jette dans la Méditerrannée aprés un cours de 220 kilométres. Cette riviére n’est pas navigable.
AUDE (Département de I’). Ce département, l’nn des sept que forme le Languedoc, est borné au nord par les départements de |'Héraulf, du Tarn et de la Haute-Garoune; a lest, par Ja Méditerranée; au sud, par le département des Pyrénées-Orientales et de |’Ariége, et a l’ouest par ceux de |’Ariége et de la Haute-Garonne.
Le département de l’Aude est divisé en quatre arrondissements, dont les chefs-lieux sont Carcassonne, siége de la prefecture ; Castelnaudary, Limoux et Narbonne; il compte 31 cantons, 435 communes, et 288,626 habitants. Il envoie cing députés a |’Assemblée, Il forme, avec les départements du Tarn et des Pyrénées-Orientales, le vingt-cinquiéme arrondissement forestier; il forme Ja 3° subdivision de la ile division militaire, dont le quartier géneral est a Perpignan. I] est du ressort de la cour d’appel et de l’academie de Montpellier et compose le diocese de Carcassonne, suffragant de l’archevéché de Toulouse et Narbonne. Il a un lycée, un collége, un petit séminaire, 8 institutions et pensions, et 660 écoles primaires.
Sa superficie est de 631,324 hectares, dont 273,484 en terres labourables, 106,287 en landes, patis, bruyéres, etc., 56,914 en vignes, 44,149 en bois, 21,047 en foréts, domaines non productifs, 13,521 en prés, 5,646 en riviéres, lacs, ruis< seaux, 2,484 en étangs, abreuvoirs , mares, canaux, 2,014 en cultures diverses, 1,946 en vergers, pépiniéres et jardins, 1,667 en oseraies, aunaies et saussaies , 874 en propriétés baties, etc. — On y compte 52,873 maisons, 824 moulins, 29 forges et fourneaux dits a la catalane, et 540 usines, fas briques et manufactures diverses, — I] paye 1,786,728 francs @impot foncier,
Le département de l’Aude est traversé du sud au nord, dans sa partie occidentale, par le rameau qui lie les Cévennes aux Pyrénées, et qui dépend de la ligne de faite qui sépare les deux bassins maritimes de l’Atlantique et de la | Méditerranée. Les montagnes Noires couvrent la partie septentrionale, et la chaine des Corbiéres celle du midi, en courant du sud-ouest au nord-ouest. Les points culminants du département sont dans les Corbiéres le pic Mosset (2,408 métres ) etle pic de Bugarach (1,231 métres), et dans les montagnes Noires le picde Noze, qui s’éléve a 1,206 métres environ. Le pays est arrosé par l’Aude, qui donne son nom au département, et par ses affluents. L’Aude, qui nait prés de Mont-Louis ( Pyrénées-Orientales ), coule du sud au nord, puis a Vest, en baignant Quillan, Aleth, Limoux, Carcassonne, forme la limite des départements de l’Aude et ! de ’Hérault, et se jette dans la Méditerranée. Cette riviére, la plus importante du département, est seulement flottable.
Les montagnes et les foréts du département de Aude nour- | rissent diverses espéces d’animaux sauvages , et notamment | Yours, le chamois, le blaireau. Le gibier y est trés-abondant. Les bords de la meret les étangs sont trés-poissonneux. | Le chéne, le pin, le sapin, le hétre et le fréne sontlesessences dominantes des foréts. L’agriculture est dans un état floris- @nt : les prairies naturelles fournissent d’abondants fourtages; la récolte des céréales dépasse les besoins des habitants, qui font uncommerce avantageux de farines. La vigne donne des vins excellents : les plus estimés sont les vins rouges de Fitou, Leucate, Treilles, dits vins de Narbonne, et le vin blane ou blanquette de Limoux. La culture de olivier n’est pas négligée. L’éducation des abeilles fait une des principales occupations des habitants de la campagne, et fournit un miel qui jonit d’une grande réputation. On éléve aussi un grand nombre de mulets et de moutons. Le sol renferme beaucoup de substances minérales ; on en extrait da fer qui alimente la principale branche de l'industrie manufac- | turiére du département, dont les usines fournissent un acier | renommé. On y trouve encore du plomb, du cuivre, du manganése, du cobalt , de ’antimoine, les beaux marbres des Corbiéres, des pierres lithographiques, du platre, du jayet, et du combustible. 1] existe dans les montagnes nombre de ' sources minérales, thermales ou froides, telles que celles de | Rennes, Alet, Campagne, Ginols. Les salines de Sijean sont trés-importantes. Enfin, on y rencontre de grandes fabriques de draps, de peignes, de tonneaux, des papeteries, des distilleries et des tanneries.
Traversé par les chemins de fer de Toulouse 4 Narbonne et | de Béziers & Perpignan, et sillonné par les canaux du Midi et de la Robine et par ceux de Carcassonne et de Sainte-Lucie, ce département posséde en outre 5 grandes routes, 25 routes départementales et 2,384 chemins vicinaux.
Ses principales villes sont: Carcassonne, Castelnandary, Narbonne et Limoux. x
AUDEBERT (Jean-Bartiste ), célébre peintre et naturaliste frangais, né 4 Rochefort en 1759, s’était acquis a Paris une grande réputation comme peintre de miniatures, Jorsqu’il fit, en 1789, la connaissance de Gigot d’Orcy , riche amateur des sciences naturelles , qui lui fit peindre les objets les plus rares de sa collection d’histoire naturelle, et qui ensuite 'envoya en Angleterre et en Hollande, d’ou il rapporta une grande quantité de dessins. Ces travaux éveillérent chez Audebert le goat de l'histoire naturelle, qui ne tarda pas 4 devenir pour lui une véritable passion. Le pre- Inier Ouvrage qu’il publia pour son compte, intitulé : Histoire naturelle des Singes, des Makis et des Galéopitheques, prouva A la fois son talent comme dessinateur et graveur, et la rare étendue de ses connaissances dans la science qu’il avait étudiée avec tant d’ardeur. Audebert eut le premier Vidée de Vimpression des figures en couleur ; il trouva le moyen d’imprimer diverses couleurs avec la méme planche; il y ajouta art denuancer|!’or de diverses couleurs
AUDE — AUDH
afin de mieux imiter les brillants effets produits par Ja na- ‘ture. Son Histoire des Colibris, des Oiseaux-Mouches , des Jacamars et des Promerops est considérée comme l’ouvrage le plus parfait qui ait été publié en ce genre. II n’avait point encore complétement terminé cet ouvrage et ne faisait que commencer son Histoire des Grimpereauz et des Oiseaux de Paradis, \orsqu’il mourut, en 1800. Ces deux ouvrages furent dignement continués et terminés par Desray. Audebert a pris aussi une large part a Ja publication des Oiseaux d’Afrique, de Levaillant. ip AUDI, AOUDE ou OUDE, royaume ou nababie de Inde, dont le nom sanserit est Ayodhya, situé dans la vallée de I’Indoustan et annexé aux possessions des Anglais. Il est borné par les provinces de Delhi, d’Agrah, d’Allahabad, de Bahar et le Nepaul, et comptait une population de 11,220,747 ames sur une superficie de 62,291 kilom. carrés. Au nord s’élévent les premiéres chaines des monts Himalaya, et]’ony rencontre aussi la contrée marécageuse et boisée dite Tarai; le reste du pays est généralement plat et arrosé vers les fronti¢res méridionales par le Gange, et dans l’intérieur par le Rapti, le Goggra, le Goumti, le Guye, et d’autres cours d’eau qui, joints au luxuriant climat de VInde, contribuent a fertiliser d’°une manitre surprenanté les contrées qu’ils traversent. Le riz, le coton, le sucre, V’indigo, opium et la soie constituent les principales ressources du pays, qui nourrit un bétail excellent et posséde des richesses minérales du plus grand prix. I] n’a été longtemps quwune des provinces de l’empire du Grand Mogol, et ce n’est qu’au commencement du dix-huitieme siecle qu'il a formé un Etat a part sous une dynastie que I’ Angleterre aida W@abord. Le royaume d’Oude devint tributaire de la Compagnie anglaise des Indes, et les Anglais tenaient garnison dans les principales villes. Lord Dalhousie, gouverneur des Indes, trouvant que le roi d’Oude ne faisait pas le bonheur de ses sujets, le déposa au commencement de 1856, et mit le séquestre sur ses biens. La famille d’Oude vint inutilement
| réclamer en Angleterre. En 1857, Luknow fut la seconde
villedel’Indease révolter, et tout Oude fut bientot en feu. Le roi, arrété 4 Calcutta, resta deux ans prisonnier. La begum sa femme se mit a la téte des insurgés. Les armes anglaises ayant triomphé de l’insurrection, l’Oude fut définilivement annexé el compris dans une nouvelle présidence ; les chefs qui avaient tardé a se soumettre furent dépossédés de leurs biens. Enfin le roi promit de ne jamais rien tenter contre la puissance anglaise, et recut une pension. Sa mére et son frére sont morts a Paris en 1858.
La capitale du royaume d’Oude est Luknow , batie sur le Goumty. Elle comptait une population de 300,000 dmes;le nabab y possédait de nombreux palais et jardins, et elle était le centre d'un commerce aussi actif qu'important. En 1857, le général Outram y subit un long siége,et fut délivré par le général Havelock le 26 septembre; mais les Anglais ne purent reprendre Luknow que le 19 mars 1858, sous la direction de sir Colin Campbell. Aprés la capitale, on peut encore citer comme villes importantes Fyzabad dont la population ne s’éléve pas & moins de 60,00 Ames; Oude ou Audh, od Von remarque un temple hindou et une magnifique mosquée dile d’Aureng-Zeyb; Thanikpour, Beraytsch, Khyrabad et Sultanpour. A une faible distance de la capitale s’éléve le palais de Constancia, dont la construction cota au résident anglais, le général Claude Martin, de 3 a 4 millions de franes.
Le roi possédait des équipages somptueux, des éléphants nombreux, et dans le voisinage de son palais se trouvaient un musée, une belle collection d’armes et une ménagerie. Souléiman-Schah-Nasir-Eddin-Heyder , pere du roi actuel, a fait imprimer a ses frais le livre intitulé the Shah Nameh (4 vol., Calcutta, 1829). Son pere, Ghazi-Eddin- Heyder-Redaeit-Oud-Dowlah, mort le 20 octobre 1827, avait publié Heft culsum, ou les Sept Mers, dictionnaire
AUDH — AUDINOT
et grammaire de la langue persane (7 vol. injo., Luknow, 1822). fl en recueillit lui-méme tous les mateériaux, et les fit ensuite revoir par les savants de sa cour.
AUDIENCE, du latin audire, écouter; audiens, qu écoute. C'est le temps accordé aux citoyens par ceux qui sont revélus de la puissance publique, pour qu’ils exposent leurs griefs ou leurs demandes. A ceux qui sollicitent des graces ou des faveurs administratives , lempereur, les ministres, les grands dignitaires, donnent des audiences ; pour ceux qui ne demandent que justice, les cours et tribunaux tiennent leurs audiences.
Ferriére a défini audience « Passemblée des juges pour écouter les parties ou les avocats qui plaident devant eux, et pour juger ou appointer Vaflaire », La publicité des audiences judiciaires est un principe de notre droit public ; néanmoins cette publicité souffre des exceptions quand elle pourrait nuire aux meeurs publiques et compromettre lordre; mais le jugement doit toujours étre prononcé publiquement. La publicité n’est pas admise en matiére administrative. Quant a celle de la justice militaire, on désirerait généralement qu’elle fat plus étendue.
On distingue les audiences ordinaires et les audiences extraordinaires : les premiéres sont celles qui se tiennent a des jours fixes déterminés en vertu d’un réglement arrété a Pavance ; les secondes, au contraire, se tiennent lorsque les audiences ordinaires ne suffisent pas pour Pexpédition des affaires, ou lorsque quelque circonstance urgente, imprévue, les rend indispensables; dans ce cas le président doit avertir préalablement le public.
Les cours d’appel ont en outre des audiences solennelles, ou sont portées toutes les questions concernant l’état civil, les prises a partie et les renvois aprés cassation d’un arrét.
Les magistrats ont droit au méme respect que la loi dont ils sont les représentants, et tous ceux qui assistent a une audience doivent rester découverts et silencieux. La police de Paudience appartient au président du tribunal; il maintient Pordre, régle la discussion , et est revétu d’un pouvoir discrétionnaire dont il ne doit pourtant user qu’ayec une grande réserve.
__ Les tribunaux n’ont pas seulement le droit de prendre des mesures de police contre ceux qui troublent la dignité de leurs audiences, mais encore ils peuvent réprimer et
punir sur-le-champ les délits commis en leur présence » ces délits toutefois rentrent dans les limites de leur compétence ; autrement ils ne peuvent que faire arréter le délinquant aprés ayoir dressé procés-verbal des faits, envoyer les piéces et le prévenu devant les juges compétents (art.
505, 506 du Code d’Instruction criminelle ).
On nomme audienciers les huissiers choisis par les cours
et tribunaux pour faire le service des audiences.
AUDIFFRET (Famille @’ ). La maison d’Audiffredi, originaire d’Italie, se transplanta au treiziéme siécle dans la vallée de Barcelonnette, et y francisa son nom en celui dAudiffred ou Audiffret. JeEAN-'RANCOIS-HuGueEs, comte
DAUDIFFRET, issu de la principale branche établie en
France , naquit a Fontés, pres Béziers, !e 5 novembre 1707,
Apres avoir servi avec distinction dans le régiment des
gardes de Stanislas, roi de Pologne, il fut appelé a la lieutenance de Briancon. A lasuite du combat d’Exiles, les blessés furent conduits a Briancon, et la maison du comte d’Audiffret se convertit en un vaste hépital ot les malades recu-
rent les soins les plus empressés. Il mourut en 1785.
AUDIFFRET (C#arves-Louis-Gaston , marquis p’), sé
nateur, petit-fils du précédent, né a Paris le 1@ octobre
1787, entra de bonne heure dans administration des finances. 1] se fit remarquer dés les premiers jours par un
grand esprit d’ordre, une science profonde du calcul, une
exquise pénétration dans les affaires, et par la plus constante assiduité. L’ensemble de ces qualités fut discerné par DICT. DE LA CONVERS. — 7, i.
‘t. Mollien, ministre du trésor de empire, qui le tit chef de bureau. Lors de la premiére Restauration, M. d’Audiffret s’empressa d’endosser |!’ uniforme de garde national et d’arboret la cocarde blanche. Cette démonstration de royalisme fut remarquée, L’abbé Louis, parvenu au ministére des finances, le nomma chef de division et chevalier de la Légion d’hon« neur, Auretour de Napoléon il refusa son adhésion 4 l’Aclé additionnel aux constitutions de empire, et n’en conserva pas moins 8a place. Aprés vingt-cing ans de travaux au trésol et au conseil d’Etat, i! fut revétu, le 29 octobre 1829, des fonctions de président a la cour des comptes. Louis-Philippe Pappela a la pairie le 3 octobre 1837. On lui doit la plupart des améliorations introduites depuis 1814 dans le systéme de la comptabilité. Il a provoqué la plus grande partie des simplifications et des économies réalisées dans les différentes branches de administration des finances. Sous les derniers temps de la monarchie constitutionnelle M. d’Audiffret s’occupa beaucoup des questions financiéres 4 l’ordre du jour. Aprés la révolution de 1848, il se tint a l’écart; nommé sénateur a la création du sénat, et membre de l’Académie des sciences morales et politiques (section de politique, administration et finances) par décret, en 1855, il prit sa retraite de la cour des comptes en 1859 pour devenir président du conseil d’administration de la société générale du crédit commercial et industriel. Dans ses rapports du budget au sénat il paraissait avoir une confiance peut-étre trop illimitée en nos ressources; mais ayant, en 1861, parlé contre l’extension des erédits extraordinaires, M. Fould lui a rappelé que lesénat ne votait pas le budget.
On cite parmi ses écrits: Examen des revenus publics, 1839, 6 vol.; Systeme financier de la France, 1840, 2¢ édit., 1855, 5 vol. in-8°; Le budget, 1841; la Libération de la propriété, ou Réferme de lVadministration des impéts directs, etc.; enfin deux opuscules, un sur la Crise finan ciére de 1848, un autre, qui date de 1851, surla Réforme de Vadministration financiére des hypotheques. *
AUDINOT (Nicotas-MEparp), né en 1741, de parents pauvres, dans les environs de Nancy, garda les vaches dans sa jeunesse, Le désir de faire fortune le détermina a venir A Paris, ou il apprit chez son frére l'état de perruquier. Au nombre de ses pratiques était un acteur de I’ancien Opéra- Comique, qui, lui ayant trouvé de la voix, le mit en état d’apprendre un réle et d’y débuter, vers année 1758, dans une salle qui existait alors rue Mauconseil. Il fut assez mal accueilli; mais on s’accoutuma & le voir, et il fut recu pour jouer les paysans et les réles A tablier; il créa ceux de Blaise le savetier, Omar dans le Cadi dupé, Marcel dans le Marechal ferrant, Martin dans le Tonnelier, dont on lui attribua les paroles et la musique. Lorsqu’en janvier 1762 ’Opéra-Comique fut réuni a la Comédie-Italienne, Audinot eut Vhonneur d’étre un des cing ou six acteurs qui furent seuls conservés : doué d’une figure rubiconde , d’un physique robuste, il imitait au naturel la grossidreté des mceurs de la populace. L’avant-dernier prince de Conti l’ayant pris en amitié et a son service , il quitta la Comédie-Italienne au bout de trois mois, et joua dans la troupe de Versailles , a Pile-Adam et & Bordeaux. La nécessité d’avoir un acteur pour doubler Caillot fit rappeler Audinot sur la scéne italienne ; il y reparut le 3 janvier 1764, et fut recu avec transport. Mais ses prétentions exagérées ayant fait congédier trois ans aprés, il eut recours a son protecteur, et obtint k direction de la troupe de Versailles.
L’animosité de ses camarades I’y suivit, et le forca de renoncer a cette entreprise. Avec les fonds du prince et les secours d’un ancien menuisier nommé Arnoult, homme @intelligence et d’esprit, il fit exécuter de petites marionnettes, auxquelles il eut soin @imprimer des ressemblances frappantes de traits et de gestes avec ses camarades des deux sexes. Ces marionnettes exécutaient de petiles piéces , pleines de railleries, d’imitations burlesques et de
mots heureux, le tout assaisonné de vaudevilles joyeux et spirituels. Le public se mit de moitié dans cette vengeance originale, et la petite salle qu’Audinot avait fait d’abord construire a la foire Saint-Germain, et qu’il transporta ensuite au bouleyard du Temple, ot il fonda le thédtre de PAmbigu, ne cessa pas longtemps d’étre pleine. Quand cette espéce de curiosité eut été épuisée, Audinot remplac¢a ses marionnettes par de petits acteurs, ou trés-jolis, ou trés-intelligents , qui exécutaient de petites pieces ou d’intéressantes pantomimes. Ces jeunes acteurs malheureusement grandirent, puis vieillirent. Audinot lui-méme subit les outrages du temps, et succomba en 1801, laissant & son fils un thédtre a diriger sans les ressources qui avaient fait sa fortune. Madame Audinot, qui survécut de plusieurs années 4 son mari, fut jusqu’a sa mort une des plus belles femmes de Paris,
AUDITEUR. On appeluit autrefois auditeurs les juges des cours d’appel en pairie ; ils tenaient leurs audiences trois fois par an sous forme de grands jours, et Von interjetait appel de leurs sentences au parlement. Il y avait également des auditeurs au Chatelet de Paris, qui connaissaient des affaires purement personnelles jusqu’’ concurrence de cinquante livres. — Le régime impérial créa un grand nombre de juges auditeurs, qui, sans étre revélus de charges judiciaires, assistaient aux délibérations des tribunaux auxquels ils étaient attachés. Les aspirants devaient remplir des conditions de fortune et d’études qui n’étaient pas toujours respectées. Les juges-auditeurs ne recevaient pas de traitement; les conseillers-auditeurs avaient le quart des appointements que touchaient les conseillers ; ils avaient voix délibérative quand ils étaient arrivés A V’dge nécessaire pour étre juge ou conseiller. Les cours présentaient elles-mémes les candidats. La Restauration conserva cette institution essentiellement vicieuse, qui faussait organisation judiciaire en y faisant entrer des hommes sans expérience et sans indépendance, puisqu’ils attendaient leur avancement du pouvoir. C’était un puissant moyen de corruption et d’influence dans un gouvernement représentatif. L’ordonnance du 10 décembre 1830 abolit les juges-auditeurs; les conseillers-auditeurs en exercice continuérent leurs fonctions, mais il ne fut pas pouryu a leur remplacement.
Il y a toujours des auditeurs au C onse il VE tat; ils sont au nombre de quatre-vingts, partagés en deux classes ; ils peuvent étre altachés aux ministéres et aux préfectures; ils sont chargés d’assister les conseillers d’Etat et les maitres des requétes rapporteurs dans la préparation et Vinstruction des affaires. Un décret de 1856 en a créé prés la cour des comptes.
A Rome, c’est aux véritables juges que l’on donne le nom d’auditeurs : ainsi, l’on dit les auditeurs de rote, les auditeurs de la chambre pontificale, pour désigner les juges qui composent ces tribunaux ecclésiastiques.
AUDITIF (en latin auditivus, qui appartient a louie, dérivé @auditus, ouie). L’organe de louie est souvent désigné sous lenom d’appareil auditif. Les conduits auditifs sont des parties importantes de cet organe. Voy. OREILLE.
AUDITION ( auditlio, du verbe latin audire, entendre), On appelle ainsi l’exercice de louie, V’action d’entendre , d’écouter, l'impression produite sur les nerfs auditifs par les sons qui pénétrent dans les cavités de loreille, En @autres termes, c’est la fonction de perceyoir les sons. L’attention donne une intensité toute particulitre 4 V’audition. L’impression des sons se fait dans les deux oreilles 4 Ja fois, et cependant la sensation est unique. L’audition offre beaucoup de variétés, suivant les Ages, les individus, Jes hahitudes, etc. Elle nous fait connaitre lintensité, le timbre, le ton des sons; par elle nous jugeons de Ja yoix, de la parole, de la distance, de la position des corps sonores, ete.
Nous empruntons 4 M, Jules Cloquet l’explication du mé: canisme de U’'audition : « Le pavillon de Voreille rassemble, dit ce savant anatomiste, les rayons sonores et les dirige vers le conduit auditif, et cela Pautant micux qu'il est plus