‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 136 sur 488 · AUDRY DE PUYRAVEAU — AUERSPERG · texte numérisé non relu

AUDRY DE PUYRAVEAU — AUERSPERG

formée (il en avait 400) lui valut Paccueil le plus flatteur de la part de tous les savants. Vers la fin de 1830 commenea 4 Londres la publication des Oiseaux d’ Amérique, laquelle fut achevée en 1839 (4 vol. gr. in-fol.) avec 447 pl. col., contenant 1,065 figures de grandeur naturelle ; ces figures sont en outre accompagnées d’une multitude de sites, de vues, de fleurs et de végétaux, rendus avec un soin infini. « C’est le plus magnifique monument, disait Cuvier a ce sujet, que l’art ait encore élevé a la nature. » L’auteur, de retour dans son pays, entreprit de cet ouvrage une édilion populaire (1839-1844, 7 vol. gr. in-8°), A celle époque il yenait de terminer sa Bioaraphie ornithologique (Ornithological biography ; Edimbourg, 1831- 1839, 5 vol. gr. in-8°), destinée a servir de texte a ses magnifiques dessins. A la suite de nouvelles excursions faites en compagnie de ses deux fils, Audubon fit parailre sur le méme plan les Quadrupédes d’ Amérique el la Biographie des quadrupédes (Philadelphie, 1846-1850). Membre d’un grand nombre de sociétés savantes , il mourut peu de temps aprés, le 27 janvier 1851, pres de New- York, au milieu de sa famille et de ses amis, « levant des regards de reconnaissance vers l’Etre supréme, et se sentant heureux. » P. Louisy.

AUE (Hartmann von Der), né vers l’an 1170, en Souabe, minnesenger. Traduit en francais, son nom veut dire Harimann de la Prairie; selon les uns ce poete, né roturier, prit le nom de von der Aue du lieu méme out ik vivait en Souabe; selon les autres, il était réellement de noble extraction et ce nom appartenait bien a sa famille. Quoi qu’il en soit, sa renommée fut grande parmi ses contemporains, car son nom se trouve cité dans le fameux Ti/urel d’Eschenbach avec force épithétes, loutes plus élogieuses les unes que les autres. Son principal ouvrage, qui a pour titre 7vain, ou le Chevalier du lion, et dont le sujet parait emprunté aux traditions de la Table Ronde, appartient incontestablement aux plus belles créations de la littérature germanique du moyen age. Ce poéme a été imprimé a diverses reprises. Les freres Grimm ont publié, en 1815, le Pauvre Henri, autre gracieux poéme de Hartmann. Hrek et Enile, poéme épique, et la Légende de saint Grégoire sur la pierre, du méme poéle, n’ont point encore eu Jes honneurs de impression. La collection de Maunesse (édit. de Bodmer) contient ses poésies lyriques, composées d’environ soixante strophes, et dans lesquelles on retrouve la sensibilité qui est le propre de son génie poélique. L’année de la mort de Hartmana nest pas connue,

AUERBACH (Berruotp), romancier allemand, naquif le 28 février 1812, 4 Nordstetten (Wurtemberg). Isradlite dorigine , il s’adonna @abord a l’étude de la théologie juive, el y renonga pour suivre la carriére litléraire, Ses premiers ouvrages, le Judaisme et la littérature moderne (1836) et une traduction de Spinosa (Stultgard, 1841, 5 vol.) accusent des tendances philosophiques. Il doit sa renommée littéraire 4 ses Contes de la Forét-Noire (Schwarzwalder Dorfgeschichten ; Mannheim, 1843 et 1849, 4 vol.), récits pleins de bonhomie et de vérité, qui ont passé depuis dans toutes les langues de l'Europe. Ila publié d’autres ouvrages qui sont loin d’avoir le méme mérite. Il a successivement habité Francfort, les bords du Rhin et l’Allemagne du nord.

AUERSPERG (Princes et comtes d’), ancienne famille, autrefois itnmédiate , établie dans la Carniole autrichienne, et qui tire son nom d’un chateau situé en LIlyrie, quelle posséde, a titre de majorat, depuis Pan 1067, Le comte ENGELHARD, mort en 1466, eul deux fils, PANCRACE et Workarn, devenus les chefs de deux branches collatérales auxquelles ils donndrent chacun leur nom, En 1631 la maison des Volkard-Auersperg fut promue a la dignité de comte de empire; et en 1653 la maison des Pancrace-

AUERSPERG — AUERSWALD

Auersperg & celle de prince de Vempire. Celle-ci, qui acheta en 1664 le comté de Theugen, situé dans le cercle de Souabe et érigé aussi plus tard en principauté, obtint par la le droit de vote et de séance a la diéte de ce cercle. En 1791 les Auersperg firent cession au roi de Prusse de leurs duchés de Munsterberg et de Frankenstein, situés en Silésie, et dont le titre ducal fut transféré au comté de Gottschée en Carniole ; et la méme année le titre et le rang de princes de Pempire furent accordés & toute la descendance masculine et féminine du prince alors vivant.

Les princes d’Auersperg sont a la fois maréchaux héréditaires de la Carniole et de la marche des Windes. Conformément 4 lacte de confédération du Rhin, Theugen passa én 1812 sous la souveraineté du grand-duc de Bade, et son prince fit en conséquence partie des seigneurs du grand-duché. La famille d’Auersperg est catholique, et réside d’ordinaire A Prague. Son chef actuel est le prince Charles-Guillaume- Philippe, duc de Gettschée , né le 1°" mars 1814; il a succédé a son pére en 1827, sous la tutelle de sa mere, La ligne de Pancrace-Auersperg, indépendamment de la maison princiére, s'est divisée en plusieurs branches, dont les membres portent le titre de comtes. C’est & une-de ces branches collatérales qu’appartient le comte Antoine-Alexandre @ Auersperg. Voyez Varticle suivant.

AUERSPERG ( Antorve-ALEXanprE, Comte b’) , connu comme poéte en Allemagne sous le nom d’ Anastasius Grin, et célébre surtout comme poéte lyrique, est né le 11 avril 1806, 4 Laybach, en Carniole, et a hérité de son pére, mort prématurément, de la terre de Queckfeld et du comté de Thurn-am-Hart, en Autriche. Il séjournait alternativement a Vienne et dans ses terres, lorsqu’un voyage qu’il fit a Paris, en 1837, vint troubler cette existence. Sa dispute avec le chevalier Braun de Braunthal et les résultats qu’elle eut, en devenant un fait public, le forcérent 4 avouer son nom véritable , qui, du reste , n’avait jamais été un secret pour les admirateurs de son talent. Des arréts forcés qui lui furent alors infligés le punirent de sa trop grande franchise, mais il lui fut fait remise de ’amende de 25 ducats a laquelle il avait été condamné pour contravention aux lois de la censure. Ila épouséla fille du comte fgnace-Marie d’Atlems, grand-bailli de Styrie, et a été nommé membre a vie de la chambre haute du Reichsrath autrichien le 22 avril 1861.

Son premier ouyrage, la brillante épopée romantique intitulée : le Dernier Chevalier, der /etze Ritter (Stuttgart, 1830; 8° édit., 1860), produisit la plus vive sensation. La Vie et les hauts faits de ’empereur Maximilien 1¢* sont le sujet de ce poéme; et l’auteur le traite non d’aprés une forme sévérement arrétée, mais dans une suite de ballades et d’aprés un rhythme qui ressemble, sans aucune affectation, a celui qu’emploie le poéte des Niebelungen. Les Promenades d’un poete viennois (Hambourg, 1831; 6° édit., 1861), publiées sous l’anonyme, brillent par la force et la hardiesse de l’expression, par une noble franchise, par des traits fins et délicats, ainsi que par l’élévation du style et la richesse des images, 4 un degré auquel n’est jamais parvyenu aucun des imitateurs qui se sont lancés a sa suite dans la poésie politique. On remarque les mémes qualités dans un recueil d’élégies intitulé Schuté (Leipzig, 1835; 1ie édit. 1855). Ses Poémes (1837; 12° éd. 1857) élincellent de beautés originales. L’impression que produisent en général les ceuvres poétiques du comte d’Auersperg, c’est un sentiment tendre qui fait du bien a l’ame, qui la prédispose a la bienveillance et la réconcilie avec I’humanilé. Deux essais épiques du comte d’Auersperg ont obtenu moins de succés. Dans l'un, Nibelungen in Track (Leipzig, 1843), il nous présente la peinture d’un duc de Weis-

senfels, personnage a moilié imbécile, destiné a ridicu-

liser Pesprit dont était animée une certaine partie de la noblesse 2 une époque déja bien loin de la notre; et le ton plaisant qu’il y affecte se trouve en désaccord complet avec

les allures ordinairement graves et posées du potle. Dans lautre, quia pour titre Pfaff vom Kahlenberg, poéme pastoral (Leipzig, 1850), il a prouvé de nouveau que les sujets gais et plaisants ne lui convenaient pas. Ses Volks~ lieder aus Krain (Chants populaires de la Carniole; Leipzig, 1850) sont une traduction trés-fidele et d'un genre gracieux et élevé a la fois. Robin Hood (Stuligard, 1864), est une tentalive semblable faite avec les vieilles ballades anglaises. M. d’Auersperg a 6lé nommé, en 1861, membre a vie de la chambre du reischrath autrichien.

AUERSTEDT ( Bataille d@’). Voyes Tina.

AUERSTAEDT ( Duca’). Voyez Davoust.

AUERSWALD (Hans Apo.r-Expmann pb’), général major au service de Prusse, issu d’une ancienne famille de la Prusse occidentale , était né le 19 octobre 1792. A son entrée dans le vie il résolut de suivre la carriére des sciences et des lettres. Ses progrés dans les langues anciennes furent si rapides, qu’il était parvenu a parler trés-couramment le grec et le latin. Dans les sciences mathématiques il avait acquis une habileté telle quil arriva souvent a l’astronome Bes sel d’exprimer pilus tard le regret qu il edt renoncé A cette carriére pour embrasser |’état militaire et d’ajouter que les sciences exactes avaient perdu en lui un sujet qui faisait concevoir tes plus belles espérances.

Les événements de 1813 arrachérent comme tant d’autres Auerswald a ses studieuses recherches. Le corps d’armée du général d’York étant venu a passer par la ville de Koenigsberg, ou il étudiait, il s’y enréla, et fut incorporé dans le deuxiéme régiment de dragons, ou il ne tarda pas a passer lieutenant. Il lui fut donné d’assister aux batailles de Gross- Beeren , de Dennewitz et de Leipzig, et, ’année d’aprés, de prendre part a la campagne de Hollande sous les ordres du général Bulow, dont il fut nommé aide de camp apres la bataille de Waterloo. La guerre terminée, il entra en 1817 dans l’état-major général, ou l’on sut apprécier ies connaissances spéciales quil devait 4 ses études premiéres. En 1841 il fut promu colonel, et ajpelé 2 commander un régiment de dragons. En 1846 il fut nommé général de brigade & Neisse, et en 1848 appelé enla méme qualité 4 Breslau. Les événements de l'année 1845 lui fournirent l’occasion de se poser en homme politique. La réputation de franchise et dindépendance qu'il avait acquise fit sortir son nom de Vurne électorale pour la députation au parlement allemand presque partout ou il avait tenu garnison. Il fut J'un des officiers prussiens membres de cette assemblée qui yotérent en fayeur d’une organisation encore plus populaire a donner a Varmée. Au reste, il se montra en toute occasion le défenseur énergique et convaincu du principe monarchique en général, et des droits de la maison de Hohenzollern en particulier, sans d’ailleurs rien sacrifier pour cela de son attachement aux libertés civiles et aux droits du peuple. Au mois d’ayril 1848 le président du conseil des ministres Camphausen le manda a Berlin, dans lintention de lui offrir le portefeuille de la guerre. Auerswald le refusa, parce qwil avait déja un de ses fréres membre de ce cabinet, et qw’il ne voulait pas qu’on put accuser sa famille d’accaparer toutes les hautes fonctions publiques.

Dans l’assemblée nationale de Francfort il appartint a la droite, et s’y occupa surtout des questions militaires saumises aux délibérations du parlement.

Le 18 septembre 1848, a la suite de l’acceptation de l'armistice de Malmoe par |’Assemblée nationale, les rues de Francfort étant devenues le théatre d’une lutte armée , le général Auerswald se rendait 4 cheval, avec un autre député, le prince Félix Lichnowski, a la maison de campagne du prince vicaire de l’empire, située & peu de distance de: la ville, pour le prévenir, dit-on, de la prochaine arrivée dune députation de membres du cété gauche. En route, ils rencontrérent une bande d’insurgés, qui, reconnaissant le prince Lichnowski, odieux au parti populaire 4 cause de

ses votes dans le parlement, se lancérent a sa poursuite et A celle de son compagnon. Auerswald parvint a se réfugier dans une maison; mais ces furieux Pen arrachérent, et, aprés lui avoir fait subir les plus indignes traitements, le blessérent mortellement de plusieurs coups de fusil. I] tomba alors dans un fossé, et y rendit VYame. Sa femme était morte peu de temps auparavant. Il laissait quatre fils et une fille , tous encore en bas dge.

Rodolphe v’AveRSWALD, frére du précédent, né en 1795, a été ministre des affaires étrangéres dans le cabinet qui succéda, a la fin de juin, 4 administration qui avait pour chef M. de Camphausen. Mais il donna sa démission dés le mois de septembre suivant, avec tous ses collégues, 4 cause de lattitude de plus en plus hostile au pouvoir prise par l’Assemblée nationale prussienne. Il avait élé élu membre de cette assemblée par la ville de Francfort-sur-!’Oder : il revint en conséquence y reprendre sa place au cdté droit, ou il combattit toujours avec énergie et talent les tendances démagogiques de ses collégues de la gauche. Elu l’année suivante membre de la premiére chambre, il en dirigea les débats comme président pendant les sessions de 1849 et 1850, faisant preuve dans ces délicates fonctions d’autant dimpartialité que d’babileté. Au mois de juin 1850 il devint président supérieur de la province du Rhin ; remplacé Je 18 juillet 1851, il fut nommé ministre d’Etat le 9 novembre 1858, et mourut dans ce poste le 15 janvier 1866.

Alfred b’Averswatp, frére des précédents , né en 1797, aprés avoir étél’un des fondateurs dela Burschenschaft, était entré dans !’administration. Mais il renonga en 1824 a cette carriére pour se consacrer uniquement a la culture dun domaine que lui avait laissé son pére. La confiance de ses compatriotes vint l’arracher, en 1837, 2 ces paisibles travaux pour le charger de défendre leurs intéréts dans Vassemblée des états de la province de Prusse. Membre de la diéte en 1840, il y présenta une motion tendant a ce que le roi fat supplié d’ordonner la convocation des états généraux vainement promise en 1815. A la suite de la révolution qui éclata 4 Berlin en mars 1848, Alfred d’Auerswald fut appelé a tenir le portefeuille de l’intérieur dans le cabinet dont Camphausen était le chef, et se retira avec ses collégues. Membre de Vassemblée nationale, il y prit place au centre droit, et combattit en toute occasion la majorité démocratique. En 1849 il fut Gu membre de la seconde chambre, qui le choisit pour son vice-président, et ot il yota encore avec le cété droit, se montrant aussi partisan de la liberté qu’adversaire de l’anarchie.

AUGE (Vallée d’), contrée orientale du département du Calvados, fameuse par la fertilité de ses herbages et la beauté de ses chevaux. Elle a de six a dix lieues de largeur, quatorze de longueur, et comprend les bassins dela Touques et de la Dives a leur embouchure. La profondeur de ses vallons encaissés Jui donne la forme d’une auge immense. Z.

AUGER (Le P. Epmonn), de Ja compagnie de Jésus, naquit en 1530, d’un pére laboureur, au village d’Allensand, dans le diocése de Troyes. Il ala & Rome en mendfant, entra chez les jésuites comme aide de cuisine, fut admis dans l’ordre par saint Ignace, et revinten France pour convertir les protestants. Dans le cours de cet apostolat, alors si dangereux, il tomba entre les mains du fameux baron des Adrets, qui voulut le faire pendre. Un ministre calviniste obtint sa grace au moment ov il avait déja le pied sur VPéchelle. Henri Iff le nomma son prédicateur et son confesseur. Les ligueurs ’éloignérent de la personne du roi, et il alla mourir 4 Come, en 1591. On ini doit plusieurs ouvrages, comme le Sucre spirituel ;le Pédagoque d’armes, ete

AUGER ( Nicotas) , comédien, qui, aprés avoir tenu avec beaucoup de succes l'emploi des valets sur le thédtre francais de Vienne, en Autriche, vint débuter & Paris, le 14 avril 1763, dans les mémes roles. Il obtint un succes trdsbrillant, et parut dés l’'abord destiné & remplacer Armand,

AUERSWALD — AUGER |

qui commengait a vieillir. Cet acteur avait une mobilité de physionomie dont il abusait quelquefois pour donner dans la charge. C’est lui, par exemple, qui, en jouant Tartufe, introduisit celle du gros baton de réglisse qu'il offrait 4 Elmire; plaisanterie indécente , qui a été longtemps répétée comme une tradition thédtrale. Quoique son jeu annoncat une— grande intelligence, Auger manquait totalement d’instruction. Il estropiait souvent les vers, et c’est a lui qu’il est arrivé, en jouant l’Intimé des Plaidewrs, de dire ainsi les vers suivants : } Et si dans la province .

Il se donnait en tout yingt coups de nerf de beuf, | Mon pére, pour sa part, en emboursait ptx-aurr,

Auger, pour se conformer aux réglements de la Comédie, débuta dans le genre tragique au mois de février 1768, par le role d’Huascar, dans les Illinois, qu’il joua trois fois; il s’essaya ensuite dans le réle de Warwick : cette tentative lui prouva qu'il devait s’en tenir 4 la comédie. Il créa avec un grand suceés les réles du Commandeur dans le Pére de Famille, et celui de Basile dans le Barbier de Séville. Il se retira du théatre en 1782; mais il ne jouit pas longtemps de sa pension, car il mourut au Roule, le 26 février de année suivante, —

AUGER ( Atuanase), grand-vicaire de Lescar, membre de l’Académie des Inscriptions, naquit & Paris en 1734, et fut d’abord professeur de rhétorique au collége de Rouen. L’évéque de Lescar, M. de Noé, savant helléniste, qui l’attacha a son chapitre, l’appelait, en plaisantant, son grand vicaire in partibus Atheniensium, par allusion a sa profonde connaissance de la langue, des meeurs et de l'histoire d’Athénes. Uniquement livré a l’étude, modeste, sans ambition, simple dans sa maniére de vivre, l’abbé Auger passait tout son temps dans son cabinet, s’occupant d’enrichir notre langue des chefs-d’ceuvre oratoires de la Gréce et de Rome. Pour que rien sous ce rapport ne manquat a sa félicité, son évéque se plaisait & prendre part a ses travaux : c'est ce qui a fait dire que, bien différent de tant de prélats qui font faire leurs ouvrages par leurs grands-vicaires, M, de Noé était souvent le ¢einturier de son grand-vicaire.

L’abbé Auger débuta par Ja traduction des Harangues de Démosthene et d’Eschine sur la Couronne. Plus tard, il donna les G@uvres complétes de ces deux orateurs, réimprimées en 1819 A la suite d’une révision consciencieuse par MM. Planche et Boissonade, en 10 vol. in-8°, avec le texte en regard. 11 traduisit successivement les @uvres completes de Lysias ; les Discours de Lycurgue, d’ Andocide, d’ Isée, de Dinarque, avec un fragment sous le nom de Démade: les Harangues tirées d’Hérodote, de Thucydide et des auvres de Xénophon. Ces diverses traductions indiquent un écrivain sachant mieux le grec que le frangais. Partout le sens est bien saisi; mais tout le feu de Démosthéne et d@Eschine s’éteint sous la plume timide du traducteur, Sa version de Lysias est plus estimée, parce qu'il est plus facile de reproduire la froide symétrie d’Isocrate que Péloquence impétueuse de Démosthéne, L’abbé Auger s’est également exercé sur les péres de ’Bglise. On a de lui la traduction des Homélies, Discours et Lettres choisies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile le Grand. Il a également travaillé sur Cicéron, dont il publia les Discours choisis. avait autant médité l’oratcur romain que lorateur grec, dans la partie posthume de ses ouvrages, publiée en 1794 (an II ), figurent tous les discours de Cicéron.

Ce laborieux écrivain a laissé aussi des livres de morale et de politique : 1° Discours sur UKducation, avec des notes et des réflexions sur U'amitié; 2° Projet d’éducation pu blique, précédé de quelques Réflexions sur U Assemblée nationale (1789); 3° Catéchisme du Citoyen francais} 4° Des Gouvernements en général, et en particulier dé celui qui nous convient (1792); 5° Combien il nous ime

porte avoir la paix. Ces diverses brochures prouvent

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