‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 137 sur 488 · AUGER · texte numérisé non relu

AUGER

qu’il avait adhéré aux principes de Ja révolution. Il mourut | de réorganisation avait laissées vacantes. Son assiduilé, son

le 7 février 1792. Les derniers écrits de l'abbé Auger sont : 1° De la Constitution des Romains, sous les rois et au temps de la république (1781): il avait consacré plus de trente ans 4 cetimportant ouvrage; 2° De la Tragédie grec-

— gque(1792). Cette dissertation, qui parut quatre jours aprés

la mort de auteur, était destinée a servir de préface a une traduction des trois tragiques grecs en prose et en vers. Les écrits @ Auger forment une collection de 29 vol. in-8° ; on recherche encore ses traductions des Grecs; on fait moins de eas de ses traductions des Latins. L’éloge d’Auger fut prononcé un mois aprés sa mort a la loge des Neuf- Sceurs par Hérault de Séchelles, savant helléniste lui-méme.

AUGER (Louts-Simon ), de |’Académie Francaise, né a Paris le 29 décembre 1772, entra en 1793 dans l’administration des vivres de l’armée pour se soustraire a la réquisition ; de Ja il passa au ministére de Vintérieur, ce qui ne !’empécha pas de se livrer a la littérature. Il débuta par quelques bluettes aux petits thédtres , et composa avec Mabire la Foire de Senlis; seul, Arlequin odalisque ; avec Piis , la Mothe-Houdart ; avec Boutiilier, le Tonnerre. En 1804 il devint rédacteur de la Décade philosophique, et Je succés de ses articles engagea MM. Bertin & l’'admettre parmi les collaborateurs du Journal de l Empire, position littéraire aussi recherchée alors qu’aujourd’hui, et qui a fait plus d’un académicien, plus dun conseiller d’Etat, plus d@un ministre. Les articles d’Auger, signés de la lettre T, sont remarquables par la sévérité des principes littéraires , par la pureté du style ; mais la critique en est parfois Apre, Ja diction stche; ils n’offrent nice riche fonds de littérature, ni cette légére ironie, nice ton d’homme du monde qui distinguaient ceux des Dussault, des Hoffman, des Feletz, des Boissonade. Il avait amérement crifiqué dans son journal l’ouvrage de madame de Gentis intitulé: De Vinfluence des Femmes dans la Littérature. Elle répondit par deux brochures acrimonieuses , dans lesquelles elle attaquait Auger. Pour sa réplique, Auger réimprima ses articles avec deux lettres nouvelles, sous ce titre, ot brille le moi littéraire: Ma Brochure en réponse aux deux Brochures de madame de Genlis.

Du reste, notre journaliste avait toujours soin de se mettre bien avec l’autorité. Il conserva jusqu’en 1812, au ministére de Vintérieur, sa place, qui n’était pour lui qu’une sinécure ; et lors de la formation de Vuniversité impériale, il fut adjoint 4 la commission chargée de l’examen et de la composition des livres classiques. Aprés la Restauration, en 1814, il fut nommé censeur royal, et, quittant le Journal del’ Empire, redevenu le Journal des Débats, il fut le principal rédacteur du Journal général de France, que venail de fonder M. Etienne Feuillant. Cette feuille était royaliste, mais en méme temps gouvernementale : les articles d’Auger et de ses collaborateurs se firent remarquer par une mesure parfaite, et le journal eut un grand succés. Pendant les Cent- Jours il ne changea point le ton de sa rédaction, et fit de cette opposition réservée qui fatigue plus la puissance que les attaques les plus directes. Trois jours de détention punirent le rédacteur en chef. Rendu 4a la liberté (20 juin), Auger perséyéra, et ce fut impunément. Au second retour du roi, Auger reprit sa place de censeur, et recut en outre une pension. Jusqu’en 1817 il conserva la rédaction en chef et la direction du Journal Général, qui contracta dés lors une allure toute ministérielle : les abonnés s’en allaient en proportion de ce que les subventions devenaient plus abondantes. C’est ainsi qu’Auger décida la ruine d’une fenille dont, en d’autres temps, ilavait commencé le succes. Il finit par quitter ce journal, qui, sous le titre d’Zndépendant, se fit libéral, sans pouvoir se relever.

En 1816, lors de laréorganisation de l'Institut, Auger fut non point nommé académicien par ordonnanee, comme on|’a dit, pais élu, le 12 avril, a l'une des deax places que l’ordonnance

aptitude aux fonctions académiques, le firent appeler a la commission du Dictionnaire, auquel il travailla avec ardeur, En 1820 il fut un des membres les plus zélés de la commission de censure établie par la loi qui suspendait Ja liberté de la presse. Enfin, lors de la démission de Raynouard, Auger ful nommé secrélaire perpétuel de l’Académie Francaise. Attaqué dans la Minerve, la Pandore, les Lettres Normandes et dans maintes biographies, il répondit avec Apreté dans d’antres journaux, notamment dans le Mercure de France, devenu ministériel. Lorsque, dans |’Académie, quelques membres proposérent de rédiger une adresse au roi Charles X sur Ja loi de la presse présentée par M. de Peyronnet, Auger s’opposa vivement a cette mesure.

Dans la soirée du 2 janvier 1829 Auger guitta sa maison pourne plus reparaitre. Trois semaines apres, son corps, hore riblement défiguré, fut retrouvé dans la Seine, pres de Meulan. Il eut pour successeur a l’Académie Etienne, éliminé en 1816, et qui s’est honoré en rendant justice au caractére de celui qu’il avait si souvent critiqué de son vivant ef qu’on accusait a tort d’avoir été cause deson élimination. Sous des formes un peu brusques, Auger cachait le coeur le plus sensible. Quelques années avant sa mort il avait épousé la niece de deux illustres savants, Berthollet et Monge. Auger a publié avec des notices une foule d’éditions estimées: mesdames de Villars, de Maintenon, de Caylus , de Tencin, de Lafayette; mademoiselle Aissé; Hamilton, Duclos, l’abbé de Boismont , Campistron, Favart, Fénelon, V’historien Gaillard, Carmontelle, Malfilatre, Montesquieu, etc., l’ont successivement occupé comme éditeur et biographe. On!ui doit une édition abrégée du Lycée de La Harpe; mais son ceuvre capitale est Je Commentaire de Moliére. En 1805 ilavait été couronné par ? Académie pour un Lloge de Boileau; en 1808, l’Eloge de Corneille, mis aussi au concours, lui avait valu un accessit. Ona réuni en deux volumes un choix raisonné de ses articles, sous ce titre : Wélanges philosophiques et litiéraires (Paris, 1828, 2 vol. in-8°). — La Biographie Universelle Jui doit un grand nombre de notices et le discours préliminaire de la premiére édition. Ch. Du Rozoir.

AUGER (Cuaartes), général d’artillerie, naquit & La Charité-sur-Loire (Niévre), en 1809. Sorti de l’Ecole polytechnique en 1831, et del’Ecole d’application de Metz en 1833, il partit presque aussitét pour l'Afrique, ot il se distingua A différentes affaires , particuligrement au combat du bois des Oliviers et au combat du Khamis. Revenu en France peu de temps aprés Ja révolution de Février, 1] fut nommé chef d’escadron le 1°* mai 1848, désigné comme secrétaire de la commission de défense militaire, et enfin chargé de la direction du service delartillerie au ministére de la guerre. II prit en celle qualité liniliative de plusieurs réformes utiles. Rentré dans son régiment a la fin de l’année, il devint lieutenant-colonel en 1852, et fut placé a la direction d’artillerie de Metz, puis au 2° régiment d’artillerie & pied. Promu au grade de colonel en 1854, il fut envoyé en Crimée, ot il remplaga le général Lebeuf comme chef d’état-major de l’artillerie de l’armée dOrient. Ise fitremarquer au combat du Mamelon Vert, & la Tchernaia , et enfin & Malakoff. Général de brigade en 1856, commandant l’artillerie dela7¢ division militaire, Auger se vit appelé, en 1859, au commandement de l’artillerie de Vincennes et de ’armée de Paris, et nommé membre du comilé d’artillerie. Lors de la formation de l’armée d’Italie, il eut le commandement de lartillerie du 2° corps placé sous les ordres du général Mac-Mahon. Il fut cité a l’affaire de Turbigo, et prit une part brillante a la victoire de M a genta, par l’heurenx emploi quil sut faire des canons rayés qui lui avaient été confiés. Une batterie placée par lui ala hate enfila d’écharpe une route ot les Autrichiens s’étaient entassés, et en peu de temps les forea a la retraite , aprés leur avoir fait éprouver de grandes pertes. Dans cette affaire le général Auger déploya beaucoup de valeus

personneile et s’empara lui-méme d’une piéce ennemie. A Solferino, le 24 juin, il dirigeait ses batteries avec non moins d’habileté lorsqu’un boulet autrichien vint lui enlever le bras gauche. Cette blessure nécessita la désarticul ation de l’épaule; Auger ne put survivre & cetle opération ; if mourut le 30. L’empereur lui avait donné sa propre épauletle sur le champ de bataille, pour indiquer qu’il le nommait géméral de division. L. Louver.

AUGEREAU ( Prerre-Francors-Caarces ), duc DE CASTIGLIONE, maréchal et pair de France, l’un des plus intrépides guerriers qui aient illustré les armées frangaises, était fils @’un ouvrier macon et d’une fruitigre du faubourg Saint-Marceau a Paris. Il naquit dans cette ville, le 11 novembre 1757. Son éducation, extrémement négligée, influa sur toute sa vie : il en conserva tous les vices. Appelé de bonne heure , par sa vocation, au métier des armes, on ignore par quelles circonstances il fut conduit a aller prenaire du service dans les troupes napolitaines, ou il resta comme simple carabinier jusqu’en 1787. Il s’établit alors maitre d’escrime a Naples. Son industrie nouvelle y prospérait peu, lorsque, en 1792, Yordre fut donné a tous les Francais suspects de quitter cette ville. Il arriva en France aprés le 2 septembre, Agé de trente-cinq ans, plein de courage, d’activité, d’ambition, et se jeta dans les premiéres leyées de volontaires , ot il ne tarda pas a se faire remarquer par une intrépidité fougueuse , presque toujours suivie de succes. Nos fronti¢res étaient alors envahies. Son avancement fut rapide ; trois ans s’étaient 4 peine écoulés, que, conquérant & chaque affaire un nouveau grade, il était adjudant-général 4 ’'armée des Pyrénées, commandée par Dugommier. Sa conduite a la reprise de Bellegarde , au ‘blocus de Figuiéres et sur les bords de la Fluvia, ot il battit les Espagnols, lui valut le grade de général de division.

A Vissue de la paix conclue avec le cabinet de Madrid, il passa, sous Schérer, 4 l’armée d’Italie, ou il contribua ‘puissamment au gain de la bataille de Loano. Enfin Bonaparte parut, et ’immortelle campagne de 1796 commenga. Sous Vhabile direction de son nouveau général, Augereau se signale A presque toutes les batailles. Le 13 avril 1796, A la suite d’une marche forcée, il s’empare des gorges de Millesimo et, réuni aux généraux Mesnard et Joubert, exécute avec rapidité et audace cette belle mancuvre qui fit mettre bas les armes au général autrichien Provera. Peu de jours aprés , il bat Jes Autrichiens 4 Dego, prend les redoutes de Montelesimo , opération qui sépare définitivement jes Sardes des Impériaux, et assure ainsi Je succés de la campagne. Le lendemain il emporte le camp retranché de ‘Ceva, et pénétre dans Alba et Casale. Enfin, il rencontre Yennemi a la téte du pont de Lodi, hérissé de canons et défendu par un feu terrible ; sur l’autre rive stationne une armée de soixante mille hommes. Augereau s’enflamme a cet aspect, inspire son courage 4 ses troupes, renverse tous les obstacles, et , a la téle de ses grenadiers, bravant la mi- ‘traille , se précipite sur le pont, qui n’est pas encore traversé que l’ennemi est déja en fuite dans toutes les directions. Il profite de cet avantage, fait des milliers de prisonniers , bat tous les corps de troupes qu’il rencontre, dégage Masséna d’une position difficile, s’empare de Castiglione et de Bologne, ov il voit tomber en son pouvoir quatre cents liommes de l’armée pontificale, son état major et le cardinali¢gat lui-méme; repousse pendant plusieurs jours des nuées dassaillants enorgueillis de leur force numérique, passe l Adige, et arrive 4 Royeredo. La il tient en échec un corps posté 4 Bassano, tandis que Masséna s’avance de Villa-Nova, -etcerne vingt mille hommes commandés par le général Wurmser, qui ne lui échappe qu’en se sauvant le long de I’Adige jusqu’a Mantoue.

Bientot il apprend que Vennemi a passé Ja Brenta et vient ‘Vattaquer; il réunit immeédiatement ses troupes, courta sa rencontre, et le poursuit pendant 16 kilometres, jusqu’a Bas-

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