AUGER — AUGEREAU
sano. Arrive enfin cette célébre journée d’Arcole, qui devait couronner de la maniére la plus glorieuse pour lui une campagne qu’il avait illustrée par tant de beaux faits darmes. Son admirable conduite dans cette circonstance fut dignement récompensée par le gouvernement francais; il fit don au général du drapeau dont il s’était servi pour guider ses troupes. Il était réservé 4 Augereau lui-méme de souiller cet acte d’héroisme, d’abord en livrant au pillage pendant trois heures la ville de Lugo, qui s’était soulevée, il est vrai, mais qui en avait déja été punie; puis en achetant a vil prix les effets précieux que ses soldats avaient emportés du pillage. Ce fut surtout a cette occasion que le Jourgon d@ Augereau devint célébre dans larmée.
Ici commence pour lui une nouvelle carriére : éloigné de Varmée, il se livra a toutes les intrigues politiques dont Paris était le thédtre, et y compromit sa gloire. En Italie il s’était montré excellent général, intrépide, infatigable , mais dur envers les vaincus, qu’il dépouillait sans pitié. D’un ¢aractére difficile et frondeur avec ses égaux et ses supérieurs eux-mémes, incapablede vues étendues et suivies, Augereau, de retour a Paris, chargé d’or et de lauriers, apportant au Directoire les drapeaux enlevés 4l’ennemi, recut du pouvoir de publiques félicitations pour son courage et ses talents militaires; mais a ces félicitations succéda tout & coup une confiance qui eit paru avilissante 4 tout autre : en effet, Bonaparte et Hoche étaient les seuls qui portassent alors ombrage au Directoire ; Augereau, aussi brave qu’eux, était plus déyoué et moins habile. Il devint entre les mains des directeurs un instrument utile pour abattre une faction qui s’était formée sous le nom de Club de Clichy, et dont les membres nombreux se reconnaissaient 4 des signes particuliers, tels quwun collet noir et une cadenette. Augereau, toujours docile au pouvoir, pourvu que son avarice et son ambition y trouvassent leur compte, se soumit a tout ce qu’on exigea de lui pour accomplir la révolution du 18 fructidor, qu’on méditait de longue main. Ayant remplacé le général Hoche dans le commandement de la division militaire de Paris, il entra dans la salle du corps législatif a la téte @un fort détachement, s’adressa au général Ramel, lui arracha ses épaulettes, ordonna l’arrestation de tous ceux qu’on lui avait désignés comme coupables , ou seulement comme suspects , et les fit conduire au Temple; il avait arrété de sa main le général Pichegru. Le parti vainqueur ne manqua pas de prodiguer de nouvelles félicitations au général, qui crut a leur sincérité ; il se berca méme de l’espoir de remplacer un des directeurs fructidorisés, et n’en douta plus quand il vit son nom placé sur la liste des candidats; mais on lui préféra Merlin de Douai et Frangois de Neuchateau. Telle fut la premiére excursion d’Augereau dans le champ de la politique, et l’on voit qu'elle ne fut pas heureuse. Interrogé quelques jours auparayant sur la crise quise préparait, il avait répondu avec plus d’esprit qu’on n’en attendait de lui : « Je suis enfant de Paris; jamais Parisn’aura rien a craindre de moi. » ll mentit encore ici 4 sa conscience, et yous le verrez y mentir toutes les fois qu’il croira ses intéréts compromis a étre vrai, Augereau, désappointé, se plaignit ; pour se débarrasser de ses plaintes, on ’envoya remplacer a l’armée de Rhin et Moselle le général Hoche, qui venait de mourir. On avait joué Augereau ; c’en fut assez pour le supposer mécontent et pour lui attribuer des projets hostiles au gouvernement, qui, le croyant encore trop prés de Paris, l’envoya, sous prétexte d'une guerre contre le Portugal , commander aux Pyrénées la dixiéme division militaire. Augereau, ne doutant plus alors que ce commandement ne fdt un véritable exil, sé fitélire dans le département dela Haute-Garonne membre du conseil des Cinq-Cents, et se hata de reyenir 4 Paris remplir ses nouvelles fonctions,
A la méme époque, vers la fin de 1799, Bonaparte avait quitté Egypte et voguait vers la France, Dés que le Direetoire apprit son retour, i] se crut perdu ; Pextréme médio
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