AUGITE — AUGSBOURG
se rencontre abondamment disséminée dans les roches volcaniques modernes, et fait, avec le feldspath labrador, le fond de la matiére des basaltes. On la trouve principalement en Bohéme, en Transylvanie, en Ecosse, et aux environs d’Arendal, en Norvége. 3
AUGMENT. On appelle ainsi, en termes de grammaire, un acvident que subissent certains temps des verbes grecs , et consistant tantét en ce que leur radical s’augmente d’une syllabe, tantét en ce que la quantité des voyelles iniliales augmente. Il y ena de deux espéces , augment temporel ou d'une lettre, lorsqu’une voyelle bréve est changée en une fongue; et laugment syllabique ou dune syllabe, lorsqu’on ajoute une syllabe au commencement du mot. La langue grecque n’est pas la seule ou le radical du verbe subisse cette modification initiale; le sanscrit y est aussi sujet, et ce n’est pas la seule analogie que les savants aient remarquée entre ces deux idiomes.
AUGMENTATION , accroissement, addition d’une chose A une autre de méme genre. Dans la langue musicale, ce mot est synonyme de dowblemené de valeur des notes du sujet d’une fugue ou d’un canon; ou bien il indique les intervalles du sujet en notes quiont deux fois la longueur originale. — En termes de blason, on entend par augmentation une addition 4 des armoiries , laquelle est conférée souvent comme témoignage particulier d’honneur, et se place ordinairement sur l’écu ou bien sur un canton.
AUGSBOURG,, chef-lieu du cercle de Souabe et de Neubourg, en Baviére, entre la Wertach et le Lech, dans la plaine du Lechfeld, & 422 métres au-dessus du niveau de la mer, compte 49,332 habitants, dont 15,000 appartenant au culte évangélique, ef est le siége du commissariat général, dun tribunal commercial d’appel et d’un éyéque. Avec des rues étroites ef irréguliéres , elle ne laisse pas que de posséder plusieurs belles places publiques ornées de fontaines jaillissantes etun grand nombre de remarquables édifices. Aujourd’hui encore cette ville mérite d’étre considérée comme lun des centres de l’industrie et de la culture des arts en Allemagne. Au nombre de ses principaux édifices, il faut citer le palais épiscopal; l’ancien chateau impérial, dans la grande salle duquel, divisée depuis en plusieurs piéces, les princes protestants remirent en 1530 a Charles- Quint leur profession de foi, qui dut a cette circonstance d’étre désignée sous le nom de confession d’Augsbourg (voyes Varticle ci-aprés); hotel de ville, avec sa grande salle dor, qu’on regardait comme la plus belle de l’Allemagne ; "hospice Fugger, composé de cent six maisonnettes, construites en 1519 par les fréres Fugger pour y loger gratuitement autant de pauvres familles, monument touchant de la bienfaisance de ces riches bourgeois d’Augsbourg; la cathédrale, dont Parchitecture annonce une haute antiquité ; et enfin le batiment de la halle. En fait d’édifices particuliers, on doit surtout mentionner les beaux hotels des barons de Lubert et de Schezler. Ce dernier a consacré sa fortune 4 fonder divers établissements magnifiques. I] existe a Augsbourg un institut polytechnique, un séminaire catholique, fondé en 1829 par le roi de Baviére, une galerie de tableaux riche surtout en productions de l’école allemande, diverses bibliothéques et collections d’objets d’art, un arsenal, une école des beaux-arts, divers établissements d’instruction publique de différents degrés, une foule de manufactures et de fabriques de calicot, de soieries, d’orfévrerie, de montres et d’instruments de précision, des fonderies de earactéres , etc. La Gazette universelle, fondée en 1798 a Augsbourg, est aujourd’hui encore Pun des journaux de YEurope les mieux renseignés et les plus accrédités. L’orfévrerie et Ja joaillerie d’Augsbourg sont célébres a I’étranger; et l'art de la gravure, quoiqu’il y soit en quelque sorte réduit al’état @industrie manufacturiére, ne laisse pas que d’étre également pour cette ville une source de bénélices considérables.
Augsbourg est le centre d’importantes affaires de changs et d’expédition. Ses relations avec Vienne et I'Italie sont immenses, et elle sert d’entrepdt tout a la fois aux produits de l’ Allemagne méridionale et 4 ceux de l'Italie,. Un chemin de fer la met en communication avec Munich et avec Nuremberg.
Il n’est pas prouvé qu’avant l’arrivée des Romains en Germanie une ville du nom de Dumasia ait déja occupé emplacement ot s’éléve aujourd'hui Augsbourg; mais il est certain que vers an 12 avant J.-C. ’empereur Auguste, aprés y avoir battu les Vindéliciens, y fonda une colonie (Augusta Vindelicorum) qu’on peut regarder comme le berceau de la ville dAugsbourg actuelle. Au cinquiéme siécle elle fut dévastée par les Huns, et passa ensuite sous la domination des rois francs. Dans la guerre de Charlemagne contre le duc Thassilon de Baviére, elle fut encore une fois presque entitrement détruite. Aprés le partage de empire frank, elle passa sous la souveraineté des ducs de Souabe; mais enrichie par son commerce et son industrie, elle racheta peu a peu a ces souverains son indépendance, et fut déclarée en 1276 ville libre impériale. A partir de ce moment sa prospérité alla toujours en augmentant ; et de méme que Nuremberg, elle fut la grande étape du commerce du nord de Europe avec le sud, jusqu’a ce que les découvertes faites vers la fin du quinziéme siécle par les Espagnols et par les Portugais donnassent une autre direction au commerce du monde. Les familles Fugger et Welser notamment faisaient alors d’immenses affaires. A la suite d’une insurrection qui éclata en 1368 dans les classes inférieures de la population, le gouvernement, d’aristocratique qu’il avait été jusque alors, recut une forme démocratique; mais cent soixante années plus tard les familles aristocratiques devinrent de nouveau prépondérantes, grace a l’appui de Charles-Quinf.
Une foule de diétes et de tournois furent tenus a Augsbourg, et c’est la que fut conclue en 1555 la paix de religion. Lors de la dissolution de l’empire d’Allemagne, en 1806, Augsbourg perdit ses droits de ville libre impériale, et au mois de mars de la méme année la Baviére en prit possession.
L’évéché d’Augsbourg , qui jadis relevait directement de Yempire, fut fondé, dit-on, dés le sixiéme siécle. Sécularisé en vertu d’un rescrit de la députation de empire en 1803, les possessions territoriales en furent également adjugées a la Baviére.
AUGSBOURG ( Confession d’ ). L’empereur Charles- Quint, désireux de mettre un terme aux dissensions religieuses que la réformation avait provoquées dans l’empire, ayant convoqué une grande diéte impériale 4 Augsbourg, en Yannée 1530, l’électeur Jean de Saxe ordonna a ses théologiens de Wittenberg de composer une justification des changements opérés jusque alors dans les doctrines et dans les usages de |’Fglise, pour la présenter a l’empereur. Cette rude tache échut en partage a Philippe Melanchthon, qui lacommenga a Torgau pres de l’électeur, la continua en route et pendant un séjour 4 Cobourg, et la termina & Augsbourg méme, peu de temps avant la remise de cet important document. Originairement, ce ne devait pas étre une pro fession de foi, mais seulement une apologie des modifications introduites; aussi Melanchthon commenga-t-il par en composer la seconde partie, qui traite des abus abolis. Toutefois, comme on accusait les protestants de vouloir faire revivre toutes les anciennes hérésies déja condamnées par !"Eglise, Melanchthon jugea nécessaire de démontrer qu’ils étaient d’accord avec l’Eglise des quatre premiers siécles. En conséquence, il écrivit & Augsbourg la premiére partie de la Confession telle qu’elle existe encore de nos jours, contenant le rapide exposé des doctrines professées alors en matiére de foi par les protestants. Son ouvrage, qu’il intitula d’abord Jui-méme Apologie, acquit ainsi 12 carac-
tere d’une Confession, nom qu’il recut & Augsbourg et qu’il a toujours conservé depuis.
Lélecteur de Saxe, le landgraye de Hesse et d’autres princes protestants y ayant adhéré par l’apposition de leurs signatures, donnérent cette Confession l’autorité d’un doeument officiel contenant exposition de leur foi religieuse et de celle de leurs sujets. Elle avait été rédigée simultanément en latin et en allemand. Les deux exemplaires en furent signés par les princes et présentés 4 l’empereur; aussi les deux textes ont-ils la méme autorité. L’exemplaire en langue allemande fut remis 4 ’archevéque de Mayence pour étre déposé dans les archives de empire; et l’empereur garda par-devers lui l’exemplaire en langue latine. Ces deux exemplaires n’existent plus; et les recherches diplomatiques faites pour en rétablir le texte original durent toujours. Pendant la tenue méme de la diéte , la Confession fut imprimée a sept reprises différentes d’aprés des copies assez défectueuses (deux fois en latin et cing fois en allemand) ; aussi 4 son retour d’Augsbourg Melanchthon en publia-t-il dés l'année 1530 une édition, qui a souvent été réimprimée depuis, qu’il corrigea constamment, et dont le texte fut méme en partie modifié. Ce fut surtout le cas pour I’édition principale, qui date de 1540, époque ot Melanchthon modifia le dixiéme article , qui traite de la communion, de telle sorte que les réformés eux-mémes pussent l’adopter. Il en résulta que, lors de la paix de religion conclue en 1555, ils adhérérent & cette Confession, qui ainsi modifiée fut insérée dans le texte du traité. Mais aprés la mort de Metanchthon ils la rejetérent, pour en revenir strictement au texte primitif, qui en l’an 1580 fut admis au nombre de leurs livres symboliques et déclaré contenir leurs doctrines normales en matiére de foi.
Le Jubilé commémoratif célébré en 1830 4 occasion de l’anniversaire séculaire de la publication de cette Confession fut dans tous les pays protestants objet de grandes solennités; et 4 cette occasion il parut une foule d’ouvrages relatifs 4 la Confession d’Augsbourg. L’église protestante ne posséde pas d’exposition de ses doctrines plus complete, plus exacte, mieux rédigée; et on peut dire qu’elle ’emporte de beaucoup en simplicité et en clarté sur tous les autres livres symboliques. Cependant elle ne laisse pas encore que davoir des défectuosités. Ainsi, non-seulement le texte allemand et le texte latin, dont l’autorité est la méme , différent sensiblement dans une foule de passages; mais la Confession admet encore un troisiéme sacrement, la pénitence, et contient le dogme catholique de la transsubstantiation dans la communion, deux points de doctrine que les protestants ont laissés tomber en désuétude. Enfin on y trouve diverses propositions évidemment fausses et erronées.
AUGST,, village de la Suisse, situé sur le borddu Rhin, et séparé par ce fleuve en deux parties, dont l’une dépend du canton de Bale et l'autre de celui d’Argovie, occupe Yemplacement de Vimportante colonie romaine Augusta Rauracorum, détruite par les Allemans et les Huns, etsiége primitif de ’évéché de Bale.
AUGUIS ( Pierre-René ) naquit d Melle (Deux-Sévres), le 6 octobre 1783. Son pére avait été membre de l’Assemblée législative, de la Convention, du conseil des Anciens, des Cinq-cents et du Corps législatif; son aieul et son bisaieul avaient été subdélégués de lintendance de Poitiers. Destiné d’abord a la profession de peintre, ij fut éléve du professeur Moreau; mais son godt pour les lettres le fit entrer au Prytanée frangais. 11 éprouva encore d’autres variations dans la direction de sa ecarriére; il fut d’abord sous-lieutenant, de 1803 & 1804, puis officier dans la marine hollandaise, Aprés le retour des Bourbons, il fut arrété et condamné a cing ans de prison pour avoir publié, en septembre 1814, une brochure intitulée : Latraits du Moniteur. Mis en liberté dans les Cent Jours, il donna les ouvrages suivants ; Correspondance de Louis XVIII avec le