AUGUSTIN — AUGUSTINS
1587; Rome, t. II et IIT, 1611); etc. C’etait un des plus savaats hommes de son siecle. « Vous excellez, Jui écrivail Paul Manuce, dans la belle littérature; etsi je suis quelque chose a ’égard des autres, je ne suis rien si on me compare a vous. » Sa charité était si grande, qu'il ne laissa pas de quoi se fa‘ve enterrer. En 1545, il avail été nommé auditeur de rote. Dix ans plus taro, en 1593, a la demande du cardinal Po'e, il avait été envoyé par Jules IIT en Angleterre pour essayer d’y rétablir Pautorite du saint-siéye. Il n’y séjourna que peu de temps; il était de retour 4 Rome dés 1556. Nommé alors évéque d’Alife, dans le royaume de Naples, i! fut chargé par Paul JV de diverses missions diplomatiques. Promu, en 1558, a Vévéché de Lérida, Cest en cette qualité qu'il assista en 1565 au concile de Trente.
$a nomination au siége de Tarragone avail eu lieu en 1574,
AUGUSTIN (Lfosarn) ou AGOSTINI. natif de Sienne, et qui florissait vers te milieu du dix-septiéme siécle, est auteur d'un ouvrage intitulé Le Gemme antiche figurate (Rome, 1657 et 1659), qui a été plusieurs fois réimprimé et traduit. La seconde édition, qui en fut faite également a Rome, en 1686, supérieure a la premiére pour la mise en ordre et le classement des matiéres, lui est inférieure pour Ja beauté des planches, wuvre du célépre Galle Trucci. Maffei a donné, en 1707, dans le format in-4°, une nouvelle édition de ce recueil, qui est fort estimé el que Gronovius traduisit aussi en Jatin. Satraduction eut les honneurs de deux éditions successives (Amsterdam, 1685; Franeker, 1694),
AUGUSTIN ou AGOSTINI, né a Sienne, comme le précédent, mais dans la premiére partie du quinziéme siécle, fut un architecte celébre et éléve de Jean de Pise. Directeur des bitiments de sa ville natate, il Venrichit de divers monuments, entre autres de deux portes et d’une grande {ontaine. La fagade septentrionale de la cathédrale fut également exécutée sur ses dessins.
AUGUSTIN ou AGOSTINI pe Botoene, surnommé des Perspectives, a cause de son rare talent en ce genre et de la perfection avec laquelle il peignait toutes sortes (objets d’archilecture, vivait dans la premiére partie du seiziéme siécle.
Un Venitien du méme nom, éléve de Marc-Antoine, a iaissé un grand nombre de gravures, entre autres: Le Sacrifice Isaac; L’Adoration des Bergers; des Squelettes formant une assemblée présidée par la Mort; Saint Paul frappant d’aveuglement Elymas ; malheureusement elles ne rappellent pas la correction de dessin de son illustre maltre. 1] marquait ordinairement ses gravures d'un A et @un V p'acés sur une petite tablette. Un Avucustin de Ferrare impriina dés 1470 la premiére édition des Contes de
Boccace, sans date ni désignation Wimprimeur. AUGUSTIN (Jean-Baptisre-Jacques), peintre en émail et en miniature, né le 15 aodt 1759, aSaint-Dié, département des Vosges, d'une famille pauvre, se passionna dés son bas age pour limitation de la figure humaine. Ses res- | sources étaient si bornées, qu’il manquait mé.ne du peu
@argent nécessaire pour suivre une école : il prit donc la nature pour maitre, et pour modeéles dans lart les chefs-d’aeuvre de Petitot. Ainsi replié sur le siécle da Louis le Grand, il résista au faux godt de l’époqne, qui tapissait de peintures blanches et roves, et toujours riantes, les boudoirs des courtisanes de Louis XV.
Ce ne fut qu’en 1781 qu’Augustin se rendit 4 Paris, ou Vien, premier peintre du roi 4 Rome, essayail de régénérer art, affadi. Les miniatures du jeune provincial furent bien accueillies ; leur vigueur de ton, la vérilé des chairs , Pexpression des yeux et de la bouche, leur ressemblance parfaite , leur admirable fini, valurent au peintre une re2uismée européenne. Les royales fatailles, les riches banquiers, les négociants, les artistes fameux, les actrices, les courtisages célébres, revivaient sous ses pinceaux; Napoleon, Vimpératrice Joséphine, se multipliérent sous ses doigts. Ses chels~Pouvre sont ses grandes miniatures représentant
Maud, be LA CUNY EMS. — Le Abe
lui tout d’abord , puis le sculpteur Calamare , puis le peintre Girodet, puis Caroline Murat et la duchesse d’Angouléme.
Cependant l’ecole de David avait régénéré la peinture , et le sévére anatomiste ne vous faisait pas grace d’une fibre, dune veine. Alors, insensiblement la miniature vit l’huile succéder a ses couleurs douces. Augustin, qui vieillissait , voyait décliner non sa réputation, mais sa vogue. Il en ressentit quelque chagrin, qu’adoucit cependant I’honneur, assurément meérité, de sa nomination, en 1819, au titre de premier peintre en miniature du cabinet du roi, et, en 1820, de chevalier de la Légion d’Honneur. Sa femme, d’abord son éléve, n’était point étrangére a ses travaux. Augustin finissait avec un soin préeieux. Un jour, un émail qui lu avail codté beaucoup de temps et d’application lui échappa, et tomba dans le fonrnean & cuire cette pate. Désespéré, il y enfongala main, qu’il ne retira qu’avec son chef-d’uvre, mais dépouillée d’une partie de son épiderme. Malgré son économie sévére , Augustin n’avait pas une fortune proportionnée a ses longs travaux el a son immense talent , tant il dépensait de jours et de mois & un portrait. Dés Page de trente ans il avait vécu avec un ennemi intime, la goutte. Il mournt du choléra, en 1832. DENNE-BARON,
AUGUSTINE. Voyezs Caaorrererte.
AUGUSTINES. Les religieuses de ce nom ne peuvent pas plus se glorifier @’avoir été fondées par saint Augustin que les religieux du méme titre, quoique le célébre docteur ait institué des monastéres des deux sexes, et confié a sa sceur la direct’on des filles de lacommunauté d’Hippone. Il est a croire, en outre, que les religicuses augustines, dang les temps modernes, sont de beaucoup postérieures aux hommes. Elles portent une robe noire, serrée par une ceinture de cuir; mais elles ne sont pas toutes soumises a la juridiction du méme ordre. Elles dépendent scuvent de Pordinaire. Plusieurs hépitaux , comme I’hétel-Dieu de Paris, sont desservis par jes filles de Saint- Augustin. Beaucoup de relizgieuses se disent awgustines, qui ont un costume particulier et des statuts différents ; telles sont celles du monastére des Vierges a Venise , de Dordrecht en Hollande, de Champeau a Tournay, de Sainte-Marthe 4 Rome, etc. Ily a aussi des augustines déchaussées d’Espagne et de Portugal, des augustines de la Recollection, des swurs de Saint-Thomas de Villenenve , lesquelies présentent égale ment des nuances dans leur régle et leur hahi!
On nomme dames Augustines les religieuses de la con grégation de Notre-Dame, instituées par le P. de Mattaincourt; elles possédent en France une vingtaine de maisons ot l’on instruit les jeunes filles appartenant a des familles riches, entire autres celle de Paris, célebre sous le nom de couvent des Oisvaux.
AUGUSTINIENS. On a donné ce nom aux théologiens qui font profession de suivre la doctrine de saint Augustin sur les matiéres de la grace, du libre arbitre, de la predestination et de la persévérance ; doctrine souvent formulée dans les conciles et par les docteurs.
AUGUSTINS. Ces religieux formaient le dernier des quatre ordres mendiants de lEglise catholique. Classé en 1567 au quat’iéme rang par le pape Pie V, cet ordre avait eu pour origine diverses associations d’ermites qui s’étaient formées aux onziéme et douziéme siécles, surtout en Italie, et presque toujours sans régle ni constitution fixes. A V’incltation toute particuliére des dominicains et des franciscains, qui en étaient jaloux, Innocent [V leur donna, vers le miliea du treiziéme siécle, larégle de saint Augustin, laquelle ne provient pas directement de ce pére de |l'Eglise, mais ful poaté riourement établie et a pour bases deux de ses ceuvres, SOR discours De Moribus Clericorum et sa 109° épitre aux religieuses. En 1256, Alexandre IV en réunit les diverses congrégations sous la dénoinination d’erms/es suivant la regte de aint Augustin; \'année suivante il ies exempta de la juridiction épiscopale; et ce fut grace aux mesures prises
dans leur intérét par ce souverain pontife qu’a partir de Yannée 1287 la charge de sacristain de la chapelle pontifieale et de confesseur du saint-pére leur fut presque consfamment confiée. Enfin, en 1580, les religieux augustins recurent leur constitution actuelle, qui est assez douce au point de vue ascétique. Ils ont un prieur général, résidant a Rome, assisté de définiteurs ( conseillers généraux ) trés-influents, et d’un chapitre général se réunissant tous les six ans et ayant pouvoir d’élire comme de déposer le prieur général.
Le relachement de l’ordre au quatorzitme sidcle provoqua la fondation d’environ quinze congrégations nouvelles @observants réguliers, formées par opposition aux anciens augustins indisciplinés, les observants dits consistants. Dans le nombre on remarque dés 1483 la congrégation de Saxe, qui en 1506 se déclara indépendante du prieur général, et a laquelle appartenaient Luther et Jean Staupitz. La réformation lui porta tant moralement qu’extérieurement de profondes blessures ainsi qu’a l’ordre des augustins en général. C’est au commencement du seiziéme siécle cependant qwil jeta son plus vif éclat, bien qu’il ne fat ni plus savant ni plus religieux que les franciscains et les dominicains. Mais & cette époque il comptait prés de deux cents couvents @hommes et environ trois cents de femmes. Au dix-huitiéme siécle il comprenait encore quarante-deux provinces, sans compter ses dix congrégations et ses vicariats dans les Indes et en Moravie. Depuis la révolution frangaise il a été complétement supprimé en France, en Espagne et en Portugal , partiellement en Italie, et considérablement réduit méme en Autriche et 4 Naples.
Le vétement des augustins a éprouvé des variations : ils affectérent dans Vorigine de s’habiller de gris comme les franciscains, dont le fondateur avait suivant eux fait son noviciat dans une de leurs maisons. Cette supercherie fut condamnée par le pape Grégoire IX, qui leur prescrivit en 1241 de porter un habit noir ou blanc avec des manches larges et longues, d’ayoir toujours 4 la main un baton haut de cing palmes en forme de béquille, de dire en recevant l’aumdne de quel ordre ils étaient, et d’avoir une robe assez peu longue pour qu’on pit voir leurs souliers et les distinguer des fréres mineurs. Aux termes de la bulle pontificale d’Alexandre IV, du 9 avril 1256, les religieux augustins dispensés du baton portent un costume complet de laine blanche ainsi que le scapulaire, et par-dessus, dans le chceur; hors des couvents, des frocs noirs A longues manches et a large capuchon, avec une ceinture de cuir. Ils se partagent en grands et petits augustins, augustins chaussés et déchaussés; la régle de ceux-ci est la plus rigoureuse. Ils forment trois congrégations indépendantes : une espagnole, une germano-italienne et une frangaise. Le costume a dd nécessairement marquer des différences entre les grands et les petits augustins , les augustins chaussés et déchauss¢és : ceux-ci portaient la barbe comme les capucins dans quelques pays et se rasaient dans d'autres,
Vers le milieu du treiziéme siécle, sous la protection de saint Louis, qui les dotait, commengaient 4 fleurir a Paris bon nombre de monastéres. Cette faveur y attira quelquesuns de ces religieux mendiants italiens, qui furent favorablement accueillis du roi. Il y avait alors au dela de la porte Saint-Eustache, aujourd’hui rue Montmartre, au milieu dun bois, une chapelie dédiée a sainte Marie Egyptienne. Ce fut 14 que saint Louis leur fit batir un moustier, ou ils restérent environ deux ans. L’incommodité du local leur déplut ; ils vinrent s’établir dans le clos du Chardonnet, oi fOl bati depuis le collége du Cardinal Lemoine. Ce clos consistait en six arpents de terre et en une maison qu’ils acheférent de leurs deniers, en 1285.
Sur la rive gauche de Ja Seine, au milieu d’une saussaie Marécageuse , se cachait alors un pauvre couvent fondé en 1261 par saint Louis. La vivaient d’aumdnes des moines mendiants , les fréres sachets , ainsi nommés des sacs qu’ils portaient en guise de robe serrée A la ceinture. En 1293 les