‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 153 sur 488 · AUSTERLITZ · texte numérisé non relu

AUSTERLITZ

Bernadotte avait secondé ce mouvement décisif avec autant d’adresse que de courage; son réle était d’éloigner autant que possible Constantin et Lichtenstein des colonnes que le maréchal Soult était chargé d’écraser. 1] céda méme, pour mieux tromper l'ennemi, une partie du terrain qui séparait les villages de Blazowilz et de Pratzen, soutint avec vigueur plusieurs charges de cavalerie, et s’acharna sur le premier de ces villages , comme sur le point de sa ligne le plus éloigné des hauteurs dont il devait ecarter la garde impériale russe. Constantin fit de vans efforts pour le lui reprendre, au moment ot Lichtenstein courait au secours de Koutousof. Les tirailleurs de la division Drouet se repliérent devant les masses du grand-duc ; mats bientot, fondroyées par Vartillerie de Bernadotte, elles furent culbutees par cette division. La cavalerie de Constantin revenait alors des environs de Pratzen, oi elle n’avail pu empécher la defaite de Koutousof. Le grand«luc Vappela au secours de son infanterie, et cette cavalerie d'elite tomba comme la foudre sur les régiments de Drouet. Leurs carrés, formés & la hate, ne furent pas entainés par cette charge; mais cette nuce de cavaliers passa, repassa au galop dans leurs intervalles, sous les feux croisés de leur mousqueterie ; et elle y jeta quelque désordre,

Napoléon était a portée de ce combat terrible, que linégalité du terrain lui derobait, et dont le bruit lui causa quelque inquiétude. 1] ordonna au général Rapp, son aide de camp, de partir avec ses mameloucks et trois escadrons de sa garde. A Vaspect de cette mélée, qui lui fa't craindre un desastre, l'intrépide Rapp s’écrie: « En avant! on égorge vos fréres, vengeons-les; en avant! » Il s’élance avec Morland et Dallemagne, enléve Vartillerie qui soutenait Ja cavalerie russe, et la culbute elle-méme a travers les carrés de la division Drovet; mais cette cavalerie se rallie, se reforme et revient a la charge. Rapp, qu’un nouvel escadron de grenadiers a cheval vient derejoindre, soutient ce second assaut avec la méme valeur On se méle, on combat corps a corps : Morland est. tué, Rapp est blessé. Nimporte! il continue a combattre et a vaincre, blesse et prend le prince Kepnin a la téte de ses cavaliers, et les rejette en désordre sur les divisions Drouet et Rivaud, qui les criblent de balles. Bernadotte pousse son corps d’armée en avant, franchit les hauteurs et le vallon de Blazowitz, s’empare du village de Krenovitz, el la garde russe fuit péle-méle vers Austerlitz , entrainant avec elle le corps de Lichtenstein et les débris de celui de Kollowrath (1). r4

Le maréchal Lannes, formant la gauche de l'armée frangaise, avait lutté toute la journée contre le prince Bagration, sur la chaussée de Brunn a Olmutz. Ce prince russe avait ordre d’occuper le Santon, mamelon isolé, qui devait son nom a un monument funéraire élevé par les musulmans lorsqu’ils étaient maitres de la Moravie, Mais les dispositions de Napoléon avaient prévenu les siennes, et le Santon, dé fendu par dix-huit piéces de canon, était occupe par le général Claparéde et le 18° d’infanterie légére. Des charges de cavalerie avaient commencé sur ce point la lutte des deuj partis : un régiment de hulans , maladroitement engagé pa le général Essen et attiré par Kellermann dans les intet. valles de deux divisions frangaises dont i] voulait arréter la marche, avait peri presque tout entier. Mais c’est autour da mamelon que furent portes les coups les plus terribles. Coupé du grand-duc Constantin par les divisions Suchet et Caffarelli, que Lannes avait poussées en avant jusqu'any villages de Kruk et d’Holubitz, Bagration rallia son corps d’arméé pour attaquer le Santon, dans le double but de conquérir cette position iinportante et de rétablir ses communications avec le grand-duc. Mais la vivacité de son allaque fut bientot ralentie par lartillerie du formidable mame-

(1) C’eat ce moment de Maction que Gerard a chois' dans

grande composition historique représentant la Bataille S 4uatertite laquelle a été gravée par Godefroid,

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