AUSTERLITZ — AUSTRALIE
lon, et son infanterie, mitraillée et mise en déroute par celle du maréchal Lannes , edt insensiblement péri dans sa prompte retraite sous les coups de la cavalerie de Murat, si le général Ouvarof ne fat arrivé avec trente escadrons pour en arréter l'impétuosité. La vigoureuse contenance d’Ouvarof permit & Bagration de conserver quelque temps les positions de Posorvitz; mais la défaite de Constantin et de la garde russe lui faisant craindre d’étre cerné par Lannes et Bernadotte, il se replia enfin sur Austerlitz, laissant au pouvoir de Murat les deux tiers des équipages de l'armée, et annonca ce nouveau désastre & Pempereur Alexandre, Ce n’était pas le dernier que le tsar edt & apprendre. Buxhowden restait avec ses trente mille hommes dans les environs de Telnitz et de Sokolnitz, n’osant rien changer aux dispositions de Koutousof, croyant toujours au génie
de ce général, et tiraillant contre cing ou six mille Frangais —
que lui opposaient la division Friant et une des brigades du général Legrand. Friant lui disputa méme avec une étonnante audace le village de Sokolnitz, qui fut pris et repris trois ou quatre fois dans la journée, et qui finit par rester aux Francais , malgré les forces quadruples qu’ils avaient a combattre. Napoléon avait annoncé un combat de géants , et les soldats justifiaient sa prédiction.
La brigade Thiébault , avant-garde de la division Saint- Hilaire , avait abordé ta premiére une colonne russe retranchée au chateau de Sokolnitz, et, malgré les blessures de son général, ayant enlevé cette position de vive force, elle avait chassé du village cette colonne ainsi séparée de Buxhowden , qui ne commandait plus qu’a des débris confus, mitraillés par les feux croisés de l'artillerie des deux divisions francaises. Cette masse, balayée du défilé de Telnitz, chercha une issue sur les derriéres du corps de Bernadotte par la vallée de Kobelnitz, ot elle rencontra une multitude de fuyards que Vattaque de Friant avait rejetés sur la gauche. Leur terreur était 4 son comble. Ils se précipitérent sur le lac de Sokolnitz, que le froid de décembre avait glacé. Mais un petit nombre seulement eut le bonheur d’atteindre la rive opposée. La glace rompit sous le poids de cette masse, et 6,000 Russes trouvérent la mort dans les eaux. Le général Przybyzewski aima mieux se rendre avec 6,000 autres que de partager la destin¢ée de ses compagnons d'infortune, et livra toute son artillerie a la division Saint-Hilaire. Son collegue Buxhowden, resté sur la droite de Sokolnitz avec les débris des corps de Langeron, de Doctorof et de Kienmayer, prit une direction opposée, et chercha 4 gagner les hauteurs d’Augerd sous la protection de sa cavalerie et d'un régiment qui défendait encore le village de ~Telnitz. Mais Napoléon, qui n’avait plus d’autre ennemi A réduire, avait lancé sur Augerd la division Vandamme, la brigade Levasseur et vingt bataillons de réserve , formés de sa garde a pied et des grenadiers d’Oudinot. [I] y marcha lui-méme avec l’artillerie légére de sa garde. Vandamme attaqua le corps de Langeron au moment oi il défilait dans Augerd , s’empara de ce village, prit ce général avec quatre mille de ses soldats et son artillerie. Buxhowden, qui marchait avec lui, ne put se sauver qu’avec deux batuaillons qu’il ramena a Austerlitz par un long détour. Quatre autres, qui s’échappaient par le lac glacé d’Augerd avec cinquanteneuf canons et autant de caissons, y furent engloutis avec ce matériel immense et tous les fuyards qui les avaient suivis.
Il ne restait plus que Doctorof et Kienmayer a détruire. Ces deux corps cherchaient une retraite par l’étroite chaussée qui sépare les lacs d’Augerd et de Monitz, et Kienmayer s’était porlé avec un régiment de hussards sur les hauteurs de Satschau pour défendre la téte de ce défilé. Heureusement pour lui, Vandamme ne prit point cette direction, et ne songea qu’a attaquer la queue de cette colonne. Ii enleva le village de Telnitz, et refoula la cavalerie ennemie sur le défilé pendant que Napoléon la foudroyait sur les {lancs des feux de son artillerie. Cette cohue de cavaliers autrichiens
DICT. DE LA CONVERS, — T. Ul.
porta le désordre dans V’infanterie russe, qu'elle refoulait d son tour sur la digue. Un grand nombre de fantassins périrent encore dans les deux lacs que traversait la chaussée. Mais une batterie habilement placée par Doctorof, ripostant 4 celle de Napoléon, permit a la cavalerie autrichienne de se reconnaitre. Elle se dévoua pour assurer la retraite des 8,000 Russes qui restaient & ce général, et qui, gagnant Roscowitz a la faveur de la nuit, rejoignirent enfin & Austerlitz les débris de l'armée d’ Alexandre,
Telle fut cette journée mémorable, dans laquelle les alliés perdirent 40,000 hommes, 120 piéces de canon, 45 drapeaax et une innombrable quantité de bagages. Toutes leurs troupes y furent engayées, tandis que 20,000 Frangais ne brdlérent pas une amorce. Ce ne fut qu’avec 50,000 combattants que Napoléon remporta cette victoire. « Je suis content de vous, » dit-il & ses soldats dans une proclamation aussi célébre que la journée, et qui finissait par ces mots, que répétent encore avec enthousiasme les Frangais qui ont eu la gloire d’y assister : [/ vous suffira de dire: J’étais a la bataille @ Austerlitz, pour qu'on vous réponde : Voila un brave! Cette victoire, signalée par une foule de traits héroiques, qu il serait trop long de rappeler ici, ne fut achetée que par le sang de 2,000 morts et de 5,000 blessés. Valhubert fut le seul général frangais qui y perdit la vie. Alexandre et Francois II étaient atterrés de leur défaite. Le prince de Lichtenstein vint demander une entrevue 4 Napoleon au nom de son souverain. Le vainqueur l’accorda, et l’entrevue eut lieu en plein air, prés d’un feu de bivouac, 4 trois lieues en avant d’Austerlitz. L’héritier de Charles-Quint implora la clémence d’un soldat parvenu, pour lui et pour son allié, que Varmée francaise avait déjé cerné dans son quartier général de Holitsch. « Je consens a le laisser passer, répondit le vainqueur, mais il faut qu’il évacue l’Allemagne et les Polognes autrichienne et prussienne. » Frangois IT le promit au nom d’Alexandre, et l'aide de camp général Savary retourna vers le tsar pour s’assurer de ses intentions, « Cet homme me fait faire une faute , observa Napoléon aprés avoir quitté ’empereur d’Autriche. J’aurais pu prendre le reste des deux armées; mais enfin quelques larmes de moins seront versées. » I] ajouta quelque temps aprés en racontant cette entrevue : « Je fus vaincu par la douleur de mon ennemi, c’était le roi Priam. » Parole fatale, qui fut vérifiée plus tard par le mariage impolitique de la fille du roi Priam avec le nouvel Achille!
Le tsar accepta les conditions qui lui furent imposées; le maréchal Davout, dont les divisions établies & Josephsdorf fermaient la retraite aux Russes, ouvrit ses rangs pour les laisser passer, Le traité de Presbourg fut le résultat de cette victoire. ViENNET, de l’Académie francaise.
AUSTIN, ou plutot San-Felipe d’ Austin, capitale du Texas (Etats-Unis), sur le Colorado et 4 320 kil, de la mer, fut fondée en 1824 par un citoyen américain, Stephen Austin, qui avait obtenu sur son emplacement une vaste Concession de terres. Dans la saison des hautes eaux, c’esta-dire en hiver, le Colorado peut étre remonté jusque dans cette ville par les vapeurs de l’Océan.
AUSTRAL (aus/ralis) , épithéte par laquelle on désigne tout ce qui vient du sud ou du midi, tout ce qui appartient a cette partie du monde. On dit: ’hémisphére austral, le pole ausfral, etc. — On a donné le nom de continent austral tantot a la Nouvelle-Hollande, tantét aux terres antarctiques, quelquefois désignées aussi sous le noin de terres australes.
AUSTRAL (Océan), Voyez Sup (Mer du).
AUSTRALASIE, une des trois grandes divisions de VOcéanie, appelée aussi Mélanésie, a pour limites la Ma- Jaisie au nord-ouest, la mer des Indes et l’océan Pacifique ; elle renferme environ 2,500,000 habitants.
AUSTRALIE, OCEANIE ou POLYNESIE. La plus pelite des cing parties du monde, d’une superficie totale Ae
88,000 myriamétres carrés , se compose d’une foule Wiles dispersées dans le Grand-Océan, et dune terre ferme, le continent austral ou VAustralie propre, située entre le Grand-Océan et la mer des Indes. Tandis que le continent situé au sud-est de l’archipel Indien, des deux cdtés du tropique, appartient encore tout a fait & ’hémispheére oriental, les groupes du monde insulaire australien s’étendent surtout dans I’hémisphére oriental, du 30° de latitude septentrionale au 50° de latitude méridionale , et depuis le voisinage de V'Inde orientale jusqu’aux approches de |’Amérique du Sud. Les cartes géographiques n’indiquent pasmoins de sept cents de ces tles ; et cependant, si on en défalque la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande, elles ne présentent guére qu’une superficie totale de 2,750 myriamétres carrés. Que si méme on en retranche encore les groupes plus compactes situés plus & Pouest et plus rapprochés de la terre ferme, il ne restera guére du chiffre que nous venons d’indiquer que 1,100 myriamétres de superficie pour les six cents tles environ des archipels de l’Est.
On divise généralement aujourd’hui ce monde insulaire en trois parties, la Micronesie, la Poiynésie et la Mélanésie.
La Micronésie comprend différents archipels résultant de la juxtaposition d@’une multitude de petites iles, par exemple les archipels des Larrons ou des fies Mariannes, des iles Pelew, des Carolines, des groupes Radak et Ralik, désignés aussi tous deux sous le nom d@’archipel de Lord-Mulgrave, et s’étend a lest depuis les tles Philippines jusqu’au 163° de longitude occidentale, par conséquent sur une longueur de 50° au nord de l’équateur.
La Mélanésie, comprenant les tles habitées par la race noire des Papouas ou Négres australiens, et située, en y comprenant la Nouvelle-Guinée et ses dépendances, partie au nord et partie au nord-est du continent, s’étend jusqu’au 173° de longitude occidentale, et comprend les groupes de la Nouvelle-Guinée, de la Nouvelle-Irlande, la Louisiade, les fles Salomon, les Nouvelles-Hébrides, le groupe Nitendi, les files Banks, les fles Loyalty et la Nouvelle-Calédonie.
A Pest de la Mélanésie s’étendent avec des proportions immenses les groupes de la Polynésie. L’agglomération des petites tiles la plus compacte est située entre le 8° et le 23° de latitude méridionale. On y trouve les iles Fidji ou Vitii, Varchipel de Tonga ou des Amis, les iles Samoa ou des navigateurs , le groupe d’Ellis, le groupe du Phénix, les tles Tarawa ou Gilbert, les tles Cook, les iles de Taiti ou de la Société, Varchipel Paumotou (c’est-a-dire nuage @iles) ou les files Basses, Varchipel de Mendanas ou de Noukahiva (iles Marquises ou Washington), et Vile de Paques, située tout 4 Pextrémité a Vest. Séparé par de vastes masses d’eau, le groupe des Hawai ou iles Sandwich s’étend du 19° au 22° de latitude septentrionale, tandis qu’entre le 34° et le 47° de latitude méridionale, Vile Jumelle , la Nouvelle-Zélande, avec les iles Chatham et Auckland, forment jusqu’a un certain point un centre a part.
A ces trois parties du monde austral il convient d’en ajouter encore une quatriéme, A savoir, le continent luiméme.
Tandis qu’a l'exception des tles Sandwich dans l’hémisphére septentrional, et de la Nouvelle-Zélande dans l’hé- Maisphére méridional, tout le monde insulaire austral est situé en deca du tropique, la plus grande moitié du continent (qui s’étend sur l’hémisphére méridional et, en y comprenant la terre de Van-Diémen, se prolonge du 10° au 45° de latitude méridionale, depuis le cap York jusqu’au cap du Sud, et du 132° au 174° de longitude orientale, depuis Steep-Point jusqu’au cap Byron), est située au dela du tropique. Son circuit de cdtes, qui se développe sous la forme d’un ovale déprimé du c6té qui regarde le sud, n’occupe que 1,435 myriamétres sur une superficie de 70,400 myriametres carrés, offrant par conséquent a cet égard le rapport de 14 19, Les cétes du continent affectent des formes assez
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simples; placées eitre les énormes masses d’eau du Grand- Océan et de la mer des Indes, elles ne présentent que des échancrures peu considérables. Ce sont: au nord, le détroit de Torrés, le golfe de Carpentarie et de Cambridge; a Youest les haies d’Exmouth, de Shark et des Géographes; au sud le golfe Austral, les baies de Spencer et de Vincent et le détroit de Bass, tandis qu’ lest la mer de la Nouvelle-Zélande et la mer de Corail n’offrent que de petites anses. De cette configuration particuliére des cétes du continent austral ij résulte aussi que le nombre des presqu’iles y est trés-petit ; car on ne saurait guére mentionner que celles de Carpentaria, de Péron et d’York. De méme que les archipels les plus voisins offrent des développements moindres, ceux que forment les tles Melville et Dampier au nord-ouest, les iles Kangourou, King et Fourreaux ainsi que la terre de Van-Diémen au sud, ceux de Howe et de Norfolk a Vest, sont les seuls qu’on puisse citer. Ce développement moindre des parties continentales annonce la prédominance de la nature océanienne. L’Australie, en effet, est a la téte des continents océaniens, de méme que |’Afrique ouvre la série des parties du monde continental. Elle apparait inculte et uniforme dans le domaine de l’hémisphére aquatique, comme l’opposé de PEurope son antipode, et I’élément continental ainsi que l’élément océanien s’y réunissent pour favoriser ia civilisation la plus perfectionnée.
La découverte de |’Australie et de son monde d’iles eut lieu tard et lentement (consultez Burney, A History of the Discoveries in the South Sea (5 vol, ; Londres, 1803-1807 ). En effet, grace 4 la position isolée de ce continent au fond d'une mer lointaine et a la dissémination extréme de ses fles dans cette méme mer, |’Australie resta longtemps cachée aux regards des Européens. Magellan, qui dans son grand voyage de circumnavigation toucha aux iles Mariannes, jeta le premier quelques lumiéres sur ces fles et leurs parages. Drake, Cavendish, Chidley, Hawkins, Dampier, lors de leurs courageuses expéditions autour du monde, abordérent dans quelques groupes. Le voyage de circumnayigation d’Arson (1741-1744) imprima une nouvelle activité aux recherches et aux travaux de découvertes dans l’océan Pacifique. C’est ainsi qu’on voit Carteret et Wallis en 1767, Bougainville en 1766-1769, Dixon en 1785-1788, et beaucoup d’autres encore, suivre ses traces. Depuis Cook, dont les voyages, exécutés de 1770 & 1779 en compagnie de Banks et des deux Forster, font époque dans Vhistoire de la géographie en général, et plus particulitrement de I’Australie, toutes les nations maritimes de l’Europe ont rivalisé pour compléter par de grandes expéditions la découverte de la cinquiéme partie de la terre et Il’hydrographie de l’océan Pacifique. C’est ainsi que sous ce rapport les Frangais peuvent rappeler les glorieuses expéditions de Pages (1788- 1790), Marchand (1790-92), Entrecasteaux (1791-94), Péron (1800-04), Freycinet (1817-20), Duperrey (1822-25), Dumont d’Urville (1826-29 ef 1837-40), etc. Parmi les nombreuses expéditions du méme genre entreprises par les Anglais, on peut citer celles d’Hamilton (1790-92), Vancouver (1790-95) , Bligh, Broughton (1795-98), Flinders (1802-03), Campbell (1806-12), Porter (1812-14), Weddell (1822-24), Dillon (1824-28), Webster (1828- 1830), Belcher (1836-42), Beechey (1818 et 1825-28), Simson (1836-39), les batiments /’Aventure et I’ Aigle, capit. Fitz Roy (1826-30), etc. ; la Russie peut A bon droit rappeler aussi les voyages de Krusenstern (1803-6), de Kotzebue et Chamisso (1815-18 et 1823-26 ), de Lutke ( 1826-29). I] n’y a pas jusqu’a la Prusse dont les vaisseaux le Mendor et la Princesse Louise exécuterent des voyages de circumnavigation qui ont fourni aux sciences de précieux renseignements. Une expédition du méme genre, exécutée de 1845 A 1847 par Steen-Bille, donne a Ja marine danoise un rang distingué dans cet ensemble de echerches et d’efforts scientifiques. Tl faut encore cifer une expédition entreprise de 1838 & 1842 sous
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les ordres du capitaine Wilkes, de la marine des Etats-Unis @ Amérique, parmi celles qui ont eu les résultats les plus importants. On les trouvera consignés dans l’ouvrage intitulé : Narrative of the United States exploring Expedifion (5 vol. avec atlas; Londres, 1845).
Ce n’est qu’aprés que la puissance hollandaise se fut fondée et consolidée dans Varchipel de Il’ Inde orientale, qu'il fut possible de connaitre exactement le continent austral. C'est de 14, comme aussi par suite des erreurs de calcul commises dans leur navigation par les vaisseaux doublaut !’extrémité sud de Afrique pour gagner les grandes Indes, ou encore y arrivant de louest, que la Nouvelle-Hollande se trouva, au commencement du dix-septiéme siécle, attaquée de deux cdtés Ala fois, au nord et a louest. Une fois que les Hollandais eurent découvert la Nouvelle-Guinée, il était naturel qu'ils avangassent toujours davantage vers le sud. En 1606 ils découvrirent la Nouvelle-Hollande par le navire Duythen, parti d@ Amboine. Immédiatement aprés , un hasard amena le nayigateur espagnol Torrés dans les mémes parages; mais ce ne fut qu’aprés la conquéte de Manille par les Anglais, en 1762, que ses rapports furent publiés et qu’on honora sa mémoire en appelant de son nom le détroit de Torrés. Les Hollandais continuérent leurs découvertes, en 1623, par l’envoi des navires Pera et Arnheim, qui donnérent A I’étendue de céses quwils découvrirent au nord le nem de Carpentaria, en ’honneur de C. Carpenter, alors gouverneur général des Indes hollandaises; puis, en 1636, par une nouvelle expédition qu’envoya le gouverneur général Van-Diémen, et qui donna aux terres qu’elle découvrit les noms de Terre de Van-Diémen et de Terre d’ Arnheim. La découverte de la céte occidentale, qui eut lieu presque en méme temps, fut l’effet du hasard et de la force des courants dans la mer des Indes qui en 1616 y conduisirent le navire Eendracht, en 1619 le navigateur Edel, et plus tard De Witt : de la les noms de Terres de De Witt, d’Eendracht et d’Edel, donnés A la cédte occidentale. Les Hollandais découvrirent de la méme maniére la céte méridionale. En 1622 le vaisseau le Leewwin en apercut l’extrémité sud-ouest, en 1629 Peter Nuyts parcourut les cdtes du golfe austral 4 Youest : aussi a-t-on donné a cette étendue de terres les noms de Terres de Leeuwin et de Nuyts. Dans les derniéres années de |’administration du gouverneur général Van-Diémen, le Hollandais Abel Tasman continua dans plusieurs expéditions et avec le zéle le plus glorieux les découvertes de ses prédécesseurs. I] releya la plus grande partie de la cote occidentale, découvrit en 1642 l'ile 4 laquelle il donna le nom de Terre de Van-Diémen, dissipa les illusions d’aprés lesquelles on regardait )’Australie comme Vextrémité septentrionale d’un grand continent polaire antarctique, et donna le nom de Nouvelle-Hollande 4 l’espace de terre situé entre la Terre de Van-Diémen et la Terre de De Witt. A la mort de Van-Diémen, arrivée en 1645, les découvertes des Hollandais dans ces parages cessérent presque complétement; et jusqu’a l’arrivée de Cook en 1770 il y eut dans les explorations de |’Australie un temps d’arrét qui ne fut interrompu que par le Hollandais Vlaming, en 1696, et par Dampier, célébre navigateur francais, en 1699. Cook arracha Australie, et en général tout l’hémisphére océanien, a l’obscurité oii il était resté jusque alors. En 1770 il aborda la cote de Botany-Bay, et en méme temps, par conséquent, lest du continent, et lui donna le nom de Nouvelle-Galles du Sud, De la création de la colonie de Sidney, par le gouverneur Philipp, en 1788, date pour I’ Australie une nouvelle période d’explorations, Les recherches eurent d’abord plutot pour objet Vintérieur des terres ; mais bientot on reprit le travail du relévement des cétes. Les navigateurs Flinders, Grant et Bass se distinguérent a la fin du dix-huititme et au commencement du dix-neuviéme siécle par linfatigable activité qu’ils déployérent pour atteindie ce but; les noms de Zerre de Flinders, Terre de
Grant et Detroit de Bass éterniseront le souvenir des services rendus par eux a la géographie. En 1801 le navigateur francais Baudin contribua aussi 4 mieux faire connaitre ces contrées ; mais homme qui sous ce rapport a le plus mérité de la science est |’Anglais King. Cet habile navigateur, dans les diverses expéditions qu'il entreprit successivement de 1817 @ 1822, opéra avec la plus grande exactitude le relévement de presque toutes les cotes de l'Australie, Ce que ses explorations avaient encore laissé d’obscur ou d’incomplet fut élucidé et achevé de 1837 & 1843 par Stokes ( Discoveries in Australia; Londres, 1846).
En méme temps la connaissance de l’intérieur du continent , contrée déserte et ot tout inspire l’effroi, était enrichie par les rapports de hardis aventuriers, et aussi par des expéditions scientifiques spécialement entreprises a cet effet. A bien dire, le premier voyage de découvertes lenté a lintérieur est celui qu’entreprit le géométre Oxley, qui partit de Bathurst en 1817 pour les marais du Lachlan et s’en revint parla vallée de Wellington ; puis, en 1818, pour les marais du Maquarie, et a ]’est pour Port-Maquarie. En 1823 Currie, parti de Camden, parvint au sud jusqu’aux dunes de Brisbane ; et en 1824 Hume et Hovell, partis de Morumbidjee, atteignirent Port-Philippe, aprés avoir traversé de fertiles contrées. Dans l’intervalle de 1823 a 1829 Allan Cunningham entreprit des rives du Maquarie quatre voyages dans la direction du nord, ou il atteignit le fleuve Brisbane. Dans la direction du nord-ouest, Sturt parvint deux fois, en 1828 et 1829, jusqu’au Darling, aprés avoir traversé les marais du Ma-. quarie. Le méme explorateur entreprit d'autres expéditions dans les années suivantes, en partant de la Nouvelle-Galles du Sud pour pénétrer dans lintérieur. En 1836 et 1838 eurent lieu dans la méme direction les expéditions de Leigh. et de Mitchell. En 1837 et 1839 les recherches auxquelles se livra Grey firent mieux connaitre l’ouest et le nord-ouest de l’ Australie, tandis qu’en 1846 Gregory et Helpmans, partis de la colonie de |’Australie occidentale , et en 1840 et 1841 Eyre, parti d’Adélaide , s'efforcaient Jes uns et les autres de pénétrer dans lintérieur du continent. En 1844 , le méme capi/aine Sturt entreprit d’Adélaide un nouveau voyage de découvertes. Kennedy, qui s’était proposé d’explorer la contrée située entre Rockingham-Bay et le cap d’York,. mais qui périt assassiné en route, n’atteignit que partiellement son but. Les essais tentés par Mitchell et par Leichardt, intrépide explorateur allemand, a Veffet d alteindre le golfe de Carpentarie en partant de Sidney, eurent un plus heureux résultat. Ce dernier voyageur eutreprit, en 1849, un nouveau voyage a lintérieur: il se perdit, et en 1858 M. Gregory préjara une expédition a sa recherche. Ce dernier voyageur caractérisait Vintérieur de l’Australie « une mer desséchée, ni eau ni verdure, un désert. »
En méme temps, John Stuart, compagnon de Sturt en 1845, entreprit de traverser le continent du sud au nord ; obligé deux fois de rebrousser chemin par suite d’un obstacle inattendu, il ne perdit pas courage et parvint & son but le 24 juillet 1862. C’est le plus important et le ;lus long voyage qui ait été fait en Australie. Citons encore les noms dautres hardis explorateurs, MM. Burk> et Wills (1860-1861) qui traversérent le contin nt de Melbourne au go'fe de Carpentarie; M’Kinlay (1861 et 1866), Warburton (1867), etc. i
Les différents noms imposés aux diverses cétes du continent austral au fur ef 4 mesure qu’on les découvrait, n'ont pas té genéralement admis. Il conviendrait mieux dés lors adopter une division conforme ala nature et de partager |’ Australie en Australie septentrionale, méridionale , orientaleet occidentale.L’ Australie septentrionale comprend I Australie intertropicale située au nord du tropique, et lAustralie méridionale les terres avoisinant !e golfe Spencer et legolfe Vincent, d’oii résulte la séparation du pays en parties orientale et occidentale. Une telle diviskn a d’aiteurs pour
base la configuration méme du sol de tout le continent austral. Une succession non interrompue de montagnes et de plateaux de nature rocheuse forme comme une espéce de ceinture tout autour du pays. Leur élévation varie entre quelques centaines et quelques milliers de pieds. Sur quelques points ils se rapprochent de la céte, ot ils forment vers la mer des crétes nues, coupées a pic et profondément échancrées; tandis que sur d’autres, au nord notamment, ils se trouvent a une distance des cétes de cing a vingt milles géographiques. Comme toutes ces élévations du sol sont de simples ondulations et qu'on ne rencontre nulle part de sou- Kvements abrupts et a vic, il n’y a pas dans tout le continent austral de contrée qu’on puisse considérer comme participant réellement de la nature alpestre. Des recherches géologiques toutes récentes ont démontré que la Nouvelle- Hollande contient quatre régions montagneuses s'élevant en maniére d'iles, de configuration identique, avec des plateaux, se développant faiblement les unes au-dessus des autres. I] est possible qu’a Pépoque tertiaire elles se soient soulevées du fond de la mer comme quatre groupes diles, tandis que l'intérieur du continent, ou domine une configuration profondément encaissée du sol, s’opposant a létablissement de toute culture supérieure, est sujet en outre aux inondations de la mer, De la structure particuliére du sol résulte une contormation imparfa ‘le et malheureuse des cours d'eau, qui presque toujours n’ont ni tracé précis ni voies assez larges quand ils arrivent 4 une certaine distance de leurs sources , et dont le plus souvent les embouchures forment d@immenses golfes s’étendant dans les formations tertiaires qui se trouvent la, ou bien se perdent dans des lacs et des Marais Wun acces trésaliflicile par miner. Ces quatre plateaux en forme d’iles se retrouvent également dans les autres parties du continent austral dont il a été question tout a Pheure.
On ne connait bien que depuis peu la céte de l’Axstralie seplentrionale. La lisiére nord-est de cette contrée ofire un sol élevé, traversé par des chaines de montagnes (le Dryander, entre autres, atteint une élévation de 1400 Métres ), couvert de belles foréts, mieux arrosé que ne le sont généralement les cOtes de l’Australie, mais d’un acces extrémement difficile, a cause des énormes rochers qui eeignent toute la cole. Au nord on rencontre d’épaisses foréts et un sol généralement plat, stérile et pauvre en cours @eau. Le nord-ouest, enfin, ou est située la colonie anglaise de Northaustralia, commence par des montagnes sablonneuses , nues, aux formes abruptes et bizarres, et constituant un plateau qui s’éléve a GOO metres an-dessus du niveau de la mer. Desanses et des ports profonds y échancrent les cStes, en vue desquelles s’élevent du fond de la mer de pombreuses iles et une foule decueils. Plus lon, a louest, les cdtes ne tardent pas a devenir plates, sablonneuses, désertes, pauvres en vegélaux et inhabitables, caractére que partage presque toute la cote nord-ouest. Dans la partie méridionale de Australie occidentale, une serie de montagnes de formation granitique se succédent a quelque distance de la chte, qu’eiles snivent parallélement. On les appelle la chaine de Darling. Interrompues par la riviére des Cygnes, elles se transforinent a l'est en un plateau bas, trés-boise, quise pro- Jonge jusqu’a la cOte meridionale, tantol en terrasses rocheuses et escarpees, fantét en plaines doucement inclinees. Cette ete perd bientot son caractére morne et desert quand on atfeint Australie méridionule. Les rivages deviennent alors fort clevés, trés-échancrés et riches en ports. On y trouve des chaines de montagnes dont certains pics (le Losfy et le Brown) alt ignent une hauteur de 700 & 1,000 métres, et of Yonaréceinment découvert d‘iinportants gisements de cuivre. Au sud-eot, «0 pusqu’a Vembouchure du Murray. on rencontre un riche vi ‘ertile lerriloire. La partie méridionale de “Australie orientale, \a Nouvelle-Galles du Sud, est la fegien wi. plus conaue, la plus habitée, et, a ce qu'il parait, la
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plus heureusement constituée de tout le continent central. La s’éléve, a partir du cap Wilson, situé au sud, un so] montagneux de médiocre largeur, mais de configuration extrémement variable, se prolongeant au nord jusqu’aux environs de la baie d’Hervey , tant6t se rapprochant de la cote, tantdt s’en éloignant, en y formant quelques plaines fertiles , telles, par exemple, que celle de Cumberland et celle de la baie de Moreton, La partie sud, dont le sol riche en paturages est éminemment favorable 4 Véléve des bestiaux, est formée par les hautes terres des montagnes Noires, dont les contre-forts forment des chaines plus abruptes, plus élevées et suivant pour la plupart la direction du méridien : par exemple, a l'ouest le Monarou et le Warragong, qui atteint une hauteur de 3,000 a 3,300 métres , le point vraisemblablement le plus élevé qu’il y ait dans toute |’Australie, et encore le mont Argyle. Le plateau morne et désert des montagnes Bleues en forme la prolongation méridionale juse qu’a la chaine de Liverpool, qui court de lest 4 Pouest, et a laquelle se rattachent au nord les plaines de Liverpool, encaissées 4 louest par les chaines de Wallambangle, et au nord par la chaine d’'Hardwick. Ces chaines de plateaux ont un axe de granit, ¢a et la avec d’immenses masses de basalte, de grunstein et autres pierres volcaniques , flanqué des deux cétés d’épaisses couches de formation paléozoique , le plus souvent de grés, mais quelquefois aussi de pierre calcaire et de houille. Des fleuves peu importants, comme le Shoalhafen , PHawkesbury, Hastings, Hunter et le Brisbane, prennent leur source dans ce pays de montagnes, qui a l’est est trés-escarpé et s’abaisse abruptement sans presque aucune transition, et souvent au milieu de vallées transversales de la nature la plus sauvage ; tandis que le versant occidental du pays de montagnes est plus avantageusement conformé , attendu qu'il cons.itue une succession de terrasses offrant de belles et fertiles plaines appartenant aux meilleures parties de tout le continent. Dans ce nombre nous devons surtout mentionner les plaines de Bathurst sur le Maquarie, et de Yass sur le Morumbidgee. Malheureusement elles sont fort peu étendues, et forment de petites zones transitoires pour aboutir & une grande et inhabitable vallée,dont le sol va toujours s’aplanissant davantage a louest et parait se déprimer tout a coup en rebords escarpés pour former la céte déserte du sud. Composée d’une terre rougeatre et sablonneuse, cette vallée est couverte de broussailles basses et, sur de vastes élendues, de plantes salines; puis, au temps des pluies, elle change son caractére de désert pour se transformer en immenses et impraticables marécages. Des chaines de montagnes peu élevées, mais sans liaison aucune entre elles , s’y montrent dans les directions les plus opposées. C’est au sud seulement que s’éléve isolément un petit pays de montagnes avec de belles vallées bien arrosées. Ce sont les monts Grampian du sud. Ce bas pays contient un systéme de fleuves qui est bien le plus incomplet de tout ceux que Ton connaisse. Dans la partie septentrionale du pays de montagnes prend sa source le Darling,¢ ‘de méme que ses afiluents le Karaule, le Kindour etle Marie, ne tarde pas a perdre dans d’immenses marais tout C.....0 précis, et n’est plus désigné que per presomption comme lun des afluents du Murray, le principal fleuve du sud. Celui-ci prend sa source dans les chaines neigeuses du Warragong, recoit a droite le Morumbidgee et le Lachlan réunis, forme également des marais, mnais pas aussi considérables que ceux du Darling, el a son embouchiure dans le lac peu profond d’Alexandr'na, situé au milieu d'une riche contrée et communiquant avec la mer par un chenal étroit et inaccessible, Les tes de P'Ausiralie sont dispersées sans doute sur un incommensurable espace de Pocéan Pacifique; cependant elles possédent systématiquement la méme configuration que presentent les chaines de soulevement des continents. Les gronpes principaux sont manifestement des groupes He néaires. affectant en général deux directions principales,
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celle du nord-est et celle du nord-ouest. A la premiére de ces directions appartiennent les fles Fidji, Tonga et Kermadec, la Nouvelle-Zélande, les tles des Larrons et les iles Pelew. Tous les autres architpels s’étendent dans la direction nord-ouest. La série de chaines Wiles correspond aux chaines de montagnes des continents voisins. Les Cord Heres, sur la cote occidentale de l’Amérique du Nord, su vent la méme direction que la chaine de |’Archipel (Hawa, Les montagnes des cétes de PAustralie propre s’ctendent parallélement aux Nouvelles-Hébrides et aux iles Salomon Tous ces groupes d’iles semblent étre les sommets de grandes chaines de montagnes dont les parties inferieures sont couvertes d’eau. Les iles de l’Australie, en ce qui regarde leur structure, sont d'origine soit continentale, soit volcanique, ou bien de formation madréporique. Depuis Forster, Pusage s’est établi de désigner les premieres par l’épithéte de hau/es, et les derniéres par celle de basses, toutes deux dérivées de Paspect sous lequel elles se présentent en mer aux yeuy du navigateur. Toutes les iles de la Polynésie et de la Micronésie ainsi que la plus grande partie de la Mélanésie appartien-
nent ala formation volcanique ( basaltique) ou madréporique. —
Le groupe nombreux des iles Paumotou, les Carolines et une foule diles disséminées dans Océan, sont des rochers de corail reposant sur des cratéres sous-marins éteints. Ainsi s’explique le phénoméne que présentent un grand nombre @entre elles, qui, tout en offrant a Pextérieur une configuration arrondie, contiennent a Vintérieur, au licu de soulevements dusol, un lac communiquant avec Ja mer par quelque étroit chenal. Les grandes et hautes iles sont entourées de plusieurs rangées de petites iles de corail. Les iles volcaniques, dont la configuration est tantét celle dun simple céne volcanique, et qui tantot offrent des montagnes aux flancs violemment déchirés, avec des pies élevés et de profondes fondriéres, couvrent une superficie de plus de 550 myriamétres carrés, et indiquent que la mer du Sud fut autrefois le théatre dune énorme quantité de volcans sousmarins ou surmarins. Toutefois, il en est peu aujour- @hui qui soient encore en activité. On trouve des voleans Jancant, soit des flammes, soit de la fumée, en Polynésie, dans les tiles Hawai, et dans les iles Tafoa et Amargua du groupe de Tonga, ou une éruption violente a eu lieu le 9 juillet 1847, et au nord de la Nouvelle-Zélande. Dans la Micronésie on remarque deux ou trois volcans dans la part e septentrionale de l’archipel des Larrons, dans les iles de PAssomption, Pagon et Gougouan. Dans la Mélanésie on trouve les tiles volcaniques de Tanna et d’Ambrym dans les Nouvelles-Hébrides, de Tinakoro dans le groupe de Van‘horo, puis quelques volcans dans les iles Salomon et sur la‘cote de la Nouvelle-Bretagne, etc. Parmi les volcans du groupe @Havai, le Mauna-Loa atteint une élévation de 13,760 pieds, le Kea |4,950, ’Houalalai 10,000, le Kaouai 8,000. A Taiti le vo'can éteint de Tobreona s’éléve a 11,000 pieds. Des fles d'origine volcanique se trouvent disséminées au milieu de groupes de corail. La Nouvelle-Zélande, la Nouvelle- Guinée et Jes iles rocheuses , longues, élroites et profondément échancrées des chaines qui s’étendent parallélement au centinent austral, ont le caractére géologique mixte des continents. Dans la Nouvelle-Zélande, ot le mont Egmont s’éleve a 14,000 pieds, les couches de gangue que des masses volcaniques ont soulevées de leur position originairement horizontale, les crateéres éteints , les sources chaudes, les stufas , les solfatares, annoncent la présence de volcans, soit éteints, soit encore en activité. On peut dire, en géneral, que la Nouvelle-Zélande, aussi bien par sa faune et sa flore actuelles et passes que par sa structure géologique, semble former une province g¢ographique a part, tandis que fa plupart des files de Ja Meélanésie se rapprochent par leur caraclére g:ologique de l’Australie propre et de la Nouvelle- Guinée.
On peut dire du climat de PAustralie, en général , que
cest un climat océanien, otila juxtaposition des extrémes produit une certaine uniformité, Toutetois le climat qui domine sur le continent differe de celui des tles. L’immense développement de la masse terrestre du continent austral suppose de nombreuses differences, quoique Vinfluence océauienne y ail tant de puissance que toute la terre ferme se trouve située dans la zone des pluies et n’abandonne a Ie température variable que quelques points les plus élevés dese montagnes, Au nord d'une ligne coupant la cote occidentale par 22° et la cote orientale par 34° de latitude méridionale, s‘étend la region de la végetation trop'cale , dont la partie septentrionale offre un caractére encore plus exclusivement tropical, parce qu'il n'y existe que deux saisons, La saison des pluies y commence en octobre, et est suivie en mai Wune saison séche, plus saine, mais souvent aussi accompagnée d’un exces de sécheresse. Sur la cote orientale les
quatre saisons se succédent reguliérement. Le printemps
commence en septembre , Pété en decembre , Pautomne en mars, et Phiver a la fin de mat. Le printemps et Pautomne sont caractérises par des pluies trequentes, été et Vhiver par une sécheresse a laquelle ne remed ent ni la rosée ni méme d’abondantes puies. Le mois de juillet est le plus fro'd de lannée, et le mois de janvier le plus chaud, L’eté est malsain, a cause de ses chaleurs étoulfantes ; Vhiver australien, au cuntraire, est vanlé par les Euro, éens, a cause de sa fratcheur agreable, el passe pour la saison la plus saine de toutes. Pendant que celte difference des saisons fait du nord-est une zone tropicale ayant pour représentant végétal le palmer, et etablit une zone sous-tropicale située plus au sud-est, caraclerisee par la reussite des arbres a fruit et des ceréales de (Europe et des tropiques, cest-a-dire du riz et du mats, la partie méridionale de P Australie appartient & un autre climat, ou a la vérite la neige fond Wordinaire a une élevation ne depassant pas le niveau de la mer, mais qui, en raison de sa situation oceanienne, a une température insula re moindre et caracterisee par la réussite de la vigne et des ceréates parlicuiieres a Europe.
La minime variation de climature, de méme que l'unifermite de la constitution, tant interne qu’externe, du sol, se reproduisent dans le monde an mal et végélal, et jusque dans Phoimime méme. Ce n’est pas que la nature en Australie manque de tormes particuliéres ; elle s’y offre, au contraire, & nous avec un type australien tout particulier, se revélant par les phenomenes les plus bizarres et les pius frappants, 4 Pexception des fertiles vallées formees par les fleuves dang les plateaux de PAustral e orientale, et aussi de la végétalion tropicale du nord existant dams quelques contrées placées dans les conditions les plus diverses, op ne voit deininer sur une large élendue du sol qwune seule espéce d’animaux , qu'une seule espece de végetaux, uniformité qui iimpriine aux paysages le caractére monotone des steppes, Sur les plateaux, des plaines couvertes Wun gazon toujours de la méine espece sont ombragees par des arbres d'une seule et méime fainille, et, en raison de Vabsence absolue de buissons et de broussa Iles ou de plantes herbacces, presentent Page pect Wune claire foret seniblabie aun pare, tandis que dang les profonces vallees de Pinterieur on remarque Pabsence de foréts de ce genre. Elles y sont remplacees par des plantes herbacées et des buissons appartenant toujours a la méme espéce, Si cette uniformite du monde végetal parait plus vis bl. en raison de la predominance de quatre grandes familles seulement, on la retrouve encore plus frappante dans le régne aniinal, en raison de la predominance du genre des marsupiaur. Ce qui frappe surtout ?Europeen en Australie, cest de rencontrer des arbres aux feuiles coriaces, lancéolees et epineuses, et qui avec les sarsons chanzent nop pas de fenillage, mais @ecoree; ensuite absence de truits comeslibles , Vabondance de fleurs, be les, riches en miel et n’exhalant pas d’odeur, d-s roseany qui ressemblenta des arbres, et des graminées de la hauteur d'un tomine; de
méme dans le régne animal, |’immense variété d’étres imparfaitement organisés, et surtout les apparitions anormales de cygnes noirs, d’aigles blancs, d’oiseaux pourvus de poils en guise de plumes, d’ornithorinques , de kangourous, etc. Des formes nouvelles ont aussi été introduites, grace a la colonisation européenne, accueillies volontiers par la nature et propagées avec beaucoup de succés. Nous voulons parler de la culture des céréales et des plantes légumineuses d’Europe, et de l’introduction de diverses espéces d’animaux qui jusqu’alors y manquaient complétement. Le mouton et le porc, entre autres, ne sont pas les moins importants.
Si les files australiennes n’effrent que peu de diversités dans leurs espéces d’animaux erde véyétaux, les formes de ces espéces ressemblent du moins a celles qui existent dans d’autres parties de la terre, et different bien moins de ce qu’on y connait que les espéces appartenant au continent australien, lequel, sous ce rapport, offre des différences essentielles. D’ailleurs , dans les localités les plus favorisées des fles et du continent, Vinfluence océanienne a pour caractére constant et uniforme la luxuriante magnificence de la végétation. Quand on avance dayantage a lest, la pénurie d’espéces animales et végétales devient toujours plus grande, et il enest deméme de la moindre hauteur du sol desiles. En effet, les fles basses manquent de foréts, et le cocotier ainsi que arbre A pain sont les seuls produits qui y témoignent d’une végétation supérieure. La Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Zélande, les iles Sandwich et autres iles au sol élevé possédent, au contraire, en abondance de hautes et immenses foréts (le bois de sandal y est l’espéce la plus généralement dominante ), ct les iles yoisines de !’Archipel de I’Inde orientale participent encore du caractére luxuriant et gigantesque de sa végétation. La Nouvelle-Zélande , en tant que région botanique particuliére, est caractérisée par |’absence des gramiliées, par la prédominance des Iégumineuses les plus diverses et autres cryptogames, ainsi que des taxus. Les plantes d’origine européenne, telles que les céréales, la vigne, les fruits, les légumes, etc., la canne a sucre et les animaux domestiques introduits dans plusieurs de ces iles , comme les iles Mariannes, les iles Sandwich et les {les de la Société, y ont parfaitement réussi. Ces conditions si favorables de climature sont, en dépit de |’éloignement de Ja zone tropicale, ou 4 cause de la situation équatoriale de ces les, une suite naturelle de influence océanienne qui y domine. C’est elle qui provoque dans le voisinage de |’Inde orientale un printemps presque perpétuel, et qui produit jusque dans la Nouvelle-Zélande les formes végétales des tropiques , sans que jamais la neige y apparaisse dans les contrées placées au niveau de la mer, quoique |’extrémité méridionale de cette ile atteigne déja le 47° de latitude sud.
L’uniformité de la nature océanienne de l’Australie se reproduit jusque dans ses habitants , encore bien qu’avec le temps il doive yrésulter de linfluence européenne un type plus actif, plus remuant, de méme que déja le sol s’y trouve plus propre a receyoir des formes européennes et 4 les faire fructilier, D’aprés un calcul approxiinatif, on peut évaluer le chiffre total de la population des iles et du continent a 2,400,000 dames, chiffre qui semble tout 4 fait insignifiant, comparativementa Europe, celle-ci possédant une population 118 fois plus nombreuse et comptant 1423 habitants par mille géogr. carré, tandis qu’on n’en trouve en Australie sur le mémie espace que 124 13. A exception d’un cinquiéme environ de la population, qui se rattache dla race caucasienne, et provient de colons européens, le reste des habitants de I’ Australie appartient, sauf de minimes mais assez nombreuses différences naturelles, adeux familles de peuples, les négres Australiens, au teint noir foncé, appelés negritos ou papouas, et les Australiens, ou Malais-Polynésiens, deux groupes différant suflisamment 4 premiére yue sous le rapport de la conformation du corps de méme que sous celui des murs, Le premier domine a l’ouest, le second A Vest: mais l'un et
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lautre se trouvent souvent juxtaposés dans une méme fle, ou ils finissent par se confondre. Au premier aspect les negres Australiens , 4 cause de leur peau noirdtre ou méme du
noir Je plus foncé, de leur cheyelure, plus souvent crépue que lisse, ressemblent aux négres d’Afrique; mais ils en différent essentiellement par la conformation de leur crane et de tout leur corps. Ils étaient jadis répandus dans les différentes fles de Vocéan Indien, habitées aujourd’hui par des peuplades malaises ; cependant, a l'exception de quelques misérables débris qui s’y sont conservés dans l’intérieur des terres dans un état de sauvage dégradation , ils y ont presque entitrement disparu. A Vest de la Nouvelle-Guinée, siége principal de la race, ils habitent les files Salomon, la Louisiade, les Nouvelles-Hébrides, la Nouvelle-Calédonie et tout le continent austral. Dans les Nouvelles-Hébrides et en Nouvelle-Calédonie, on rencontre aussi juxtaposés des Malais Polynésiens, qui dans les {les Fidji ont ennobli la race des Papouas. On congoit aisément, en raison de la vaste étendue du continent et des groupes d’iles, qu’ils soient divisés en diverses tribus différant entre elles par la langue, la religion et I’état de civilisation. Toutefois, on ne posséde encore sur ces contrées que des notions trop insuffisantes pour pouvoir y établir des classifications bien distinctes, quoique les nombreuses observations faites dans ces derniers temps par les voyageurs et. par les missionnaires autorisent 4 dire que les langues y ont toutes les mémes racines et ne different entre elles que par l'emploi arbitraire d‘un nombre immense de synonymes.
Ainsi que dans toute |’Océanie, la végétation fut portée d’une ile 4 l’autre par les vents et par Ja mer, avant méme davoir perdu en quelque sorte son humidité native; de méme l’homme, poussé par les vents dans sa pirogue, passa de groupe en groupe, depuis les parages voisins de I’Inde jusqu’a Vile de Paques, isolée tout a l’extrémité de Pocéan Austral. C’est de la sorte, sans doute, que la race des Négritos s’est répandue dans Ja plus grande partie des groupes de l’est aujourd’hui habités , jusqu’é ce que des peuplades malaises, parties peut-étre des Moluques, se soient plus tard répandues successivement dr’ile en ile, non pas seulement 4 louest dans les tles de la Sonde , aux Philippines , etc., mais encore A l’est dans la Micronésie et la Polynésie, et qu’elles y aient absorbé la race aborigéne des Papouas , mais non sans mélange ni détérioration de leur type primitif. Des recherches récentes ont démontré de la maniére la plus irréfragable que ce furent les iles Samoa qui les premiéres recurent leur population malaise polynésienne, et que de la cette race alla occuper les autres iles de Vest. Quand des Polynésiens habitent la méme ile que des Négritos, la race noire subit toujours le rdle de subordonnée. C’est 1a d’ailleurs que les navigateurs européens rencontrérent des populations dont les moeurs naives, faciles, douces, rappelatent jusqu’a un certain point les premiers ages de l’humanité, encore bien qu’elles fussent loin d’étre innocentes; qui étaient déja parvenues A un état de civilisation fort remarquable, familiarisées avec l’agriculture , Vindustrie, le commerce , accessibles dés lors a la connaissance de l’Evang'le. Cependant il se trouvait aussi parmi elles des tribus grossiéres et sauvages, des cannibales offrant exemple de tous les vices , qui opposérent une opiniatre résistance aux progrés des Européens, et firent de nombreuses victimes parmi les navigateurs assez hardis pour aborder leurs cétes inhospitaliéres,
Tous les Polynésiens parlent la méme langue, laquelle ne comprend qu'un petit nombre de dialectes et forme un rameau de la grande famille des langues malaise et polynésienne. Consultez G. de Humboldt, Zssai sur la Langué Kawi (3 vol., Berlin, 1836-1840), et Hale, United States erploring E. rpedition ; Etnography and philology (Philadelphie, 1848). Si en Amérique les abongenes disparaisx sent de plus en plus sous le souffle de la civilisation euro-
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péenne, le méme sort paralt destiné aux Australiens et aux Polynésiens. Déja la population indigéne de la terre de Van- Diémen, autrefois trés-considérable, est & peu prés complétement anéantie , et cette méme race disparalt rapidement dans les autres colonies de Australie. Si la disparition successive des aborigtnes peut étre surtout attribuée 4 Vaction des colons dans les contrées ci-dessus mentionnées, on ne saurait expliquer de méme la rapide diminution de la population A la Nouvelle-Zélande et dans le reste des tles. C'est ainsi qu’d V’arrivée des missionnaires européens dans ces parages, les Maoris de la Nouvelle-Zélande étaient évalués dun chiffre d’au moins 120,000 Ames, tandis qu’en 1864 ils atteignaient a grand’peine celui de 55,000. C’est encore ainsi qu’au lieu des 200,000 habitants que Cook trouva en 1779 aux iles Sandwich, on n’en comple guére (en 1861) que 65,000. La population va décroissant de méme dans toutes les autres iles depuis que les meeurs et les idées de leurs habitants ont été subitement modifiées par le christianisme et par la civilisation européenne.
L’état politique du continent australien et des iles qui l’avoisinent est encore en yoie de développement. Toutefois le tableau qwils présentent offre déja quelque chose de si caractéristique et de si intéressant, qu’il n’y a rien de prématuré a dire que dés 4 présent on voit 1a les résultats les plus magnifiques du systéme européen de colonisation. L’histoire des colonies de Australie date de soixante ans a peine; aussi, quand on compare la rapidité de leurs progrés et leur prospérité actuelle avec le développement de la puissance américaine, on ne peut s’empécher de reconnaitre que tout Vavantage est en leur faveur. Ce fut lillustre Pitt qui le premier eut Pidée de fonder une colonie spécialement destinée a recueillir et 4 moraliser les condamnés; et Banks désigna a cet effet les environs de Botany-Bay, dans la Nouvelle-Galles du Sud. En mai 1787 le capitaine de vaisseau Philipp, fils @un Allemand de Francfort-sur-le-Mein , désigné pour remplir cette mission, mit a la voile avec une flotte de onze bitiments portant, indépendamment des fonctionnaires d@’administration, environ deux cents soldats de marine et sept cent soixante-seize condamnés, avec les approvisionnements nécessaires. Le 26 janvier 1788 Philipp posa la premiére pierre de la ville de Sidney, centre de la colonie de la Nouyelle-Galles du Sud (voyez Stpney et NOUYELLE-GALLEs DU Sup), dans un pays dont les contours n’étaient pas méme encore connus. L’émigration volontaire fut pendant longtemps trés-faible et insuffisante, de sorte que la colonie ne pouvait se soutenir qu’artificiellement, en tirant de loin la plupart des objets les plus indispensables , tandis qu’a Vintérieur accumulation des criminels était une puissante cause de contagion morale pour le petit nombre de colons qui s’y étaient établis. Le développement de la colonie prit un nouvel essor quand, sous l’administration de Maquarie, qui dura douze années (de 1810 4 1822), on eut pu triompher des causes intérieures de discorde. Une sécheresse, qui, en 1813, menaca les troupeaux détermina de hardis aventuriers a franchir les montagnes Bleues ; et les trois colons Wentworth, Lawson et Blackland furent richement récompensés de leurs peines et des dangers qu’ils avaient courus , en découvrant dans les terrasses occidentales de cette claine de montagnes les plus magnifiques paturages. Le torrent de l’émigration s’accrut encore quand on fonda, en 1815, l’établissement de Bathurst, et qu’une belle route y conduisit de Sidney 4 travers la montagne. Avec le mouvement toujours plus prononcé de l’émigration, on ne put toutefois éviter qu’il ne se format dans la population libre deux partis, celui des exclusionistes, composé des grands propriétaires et des fonctionnaires publics, et celui des émancipationistes, formé par les déportés; division qui exer¢a ef exerce encore aujourd'hui, tant sous le rapport social que sous le rapport politique, une influence décisive sur lhistoire de Ja colonic. La mise en culture des terres n’en prit
pas moins de rapides développements. Comme a l’époque de la fondation de la colonie cette contrée n’avait été choisie qu’a cause de !a bonté et de la stireté de ses ports, et que le peu de fertilité naturelle du sol ne permettail pas a l’agriculture d’y prospérer, il n’y eut que Péleve du bétail et notamment celle de la race ovine, due plus particulierement aux industrieux efforts du colon Mac-Arthur, qui devint la base de la prospérité de l’Australie tout entire. En 1796 ce colon fit venir du Cap les premiers mérinos qu’on ait vus dans la colonie; et depuis cette époque , ils s’y sont tellement multipliés qu’en 1824 on en comptait deja 170,000 tétes. En 1849 le nombre des moutons dépassait 5 millions, en 1870 ily en avait plus de 41 millions, fournis- ‘sant par an A l’exportation pour 300 millions de fr. de laine. Les paturages pour les troupeaux venant a manquer, force fut de faire de nouvelles découvertes et de fonder de nouveaux établissements. Tandis que la Terre de Van-Diémen, a Forigine (1803) simple dépot de criminels, devenait avec une étonnante rapidité une florissante colonie, ob Von compte (février 1870) 99,328 habitants, od s’élévent des villes importantes, telles que Hobarttown et Launcestown et dont les exportations annuelles, consistant surtout en laines, dépassent le chiffre de 25 millions de fr. , le gouverneur Stirling fondait, en 1829, dans la partie sud-ouest du continent, au milieu des plaines arrosées par la riviére des Cygnes, la colonie de Australie occidentale, dont te développement parait toutefois avoir 4 luiter contre de nombreux obstacles. En 1850 on n’estimait la population de cette province, consacrée du reste a la déportation , qu’a 6,000 ames; elle était, en 1869, de 22,733.
Dés 1833 des établissements étaient fondés sur les bords du golfe Saint-Vincent dans J’Australie méridionale, et année suivante ils recevaient organisation réguliére d’une colonie. Cependant cette nouvelle colonie ne date, a bien dire, que de l'année 1837, époque ou fut bati son chef-lieu, Adélaide. Un climat sain, une grande et heureuse diversité dans le caractére géographique du pays, de belles foréts, de magnifiques paturages, un sol propre a la culture, de riches mines d’or et de cuivre, tels sont les ayantages qui se réunissent pour assurer a cette colonie un brillant avenir. Les habitants , qui en 1846 s’élevaient déja au nombre de 22,390, étaient en 1871 plus de 185,000; ils font un commerce actif avec les produits de leurs champs, de leurs troupeaux el méme de quelques fabriques assez importantes.
Un an aprés la fondation d’Adélaide, une nouvelle ville, Port-Lincoln, était fondée sur les bords du golfe Spencer , et d’autres établissements s’élevaient sur la baie de Rivoli. En méme temps on créait au sud-est de l’embouchure de la Murray le district de Port-Philip, qui fut s¢paré dela Nouvelle-Galles du Sud en 1851 sous le nom de Victoria; cette colonie, l’une des plus riches et des plus florissantes de l’Australie, avec Melbourne pour capilale, comptait, en 1871, 729,654 habitants, et le chiffre de ses exportations s’élevait alors a 400 millions de francs. A la fin de 1859 op détacha de la Nouvelle-Galles du Sud toute la partie septentrionale comprise entre 138° et 153° de longit. nord, pour en former une colonie nouvelle qu’on appela Queensland (Terre de la Reine). C’est un immense territoire, égal en étendue au cinquiéme de |’Europe, et qui n’est habité que par 107,427 colons.
Un nouvel essai d’établissement fut tenté en 1838 dans
TAustralie du Nord, malgré Vinsuccés d’une précédente
tentative, faite en 1829 ; il est situé dans la presqu’tle de Cobourg, a Port-Essington.
En 1840 le gouvernement anglais s’étant vu dans la ‘nécessité de prendre également possession de la Nouvelle- Zélande, et plus tard aussi des iles Auckland, et de s’en attribuer la souveraineté, les colonies australiennes des Anglais sé trouvent aujourd’l:w partagées en huit groupes distincts, occupant ensemble une superficie de 20,000
milles géographiques carrés, et contenant une population de plus de 1,800.000 ames, a savoir:
1° Vouvelle Galles du sui, chef-lieu Sidney ;
2° Nourelle-Zélande, chef-lieu Wellington ;
3° Queens/and, chef-lieu Brisbane ;
4° Australie méridionale, chef-lieu Adélaide ;
5° Tasmunie ou Van Diémen, chef-lieu Hobart-Town;
6° Vic/oria, chof-lieu Melbourne ;
7° Austrulie septentrionale, chef-lieu Victoria ;
8° Aus/ralie occid: niale, chef-lieu Perth.
Ces colonies ont chacune leur gouverneur particulier, qui les administre avec l’assistance d’un conseil législatif et d’un conseil exécutif. Des assemblées représentalives, produit de l’élection populaire , leur sont assurées. Quant aux colons mémes, ce sont des émigrés volontaires. On ne trouve de condamnés libérés qu’a la Nouvelle-Galles du Sud. Quoique depuis 1840 on ne transporte plus les criminels que dans l’Australie occidentale, une profonde ligne de démarcation y existe toujours entre les émigrés volontaires et les anciens condamnés. Les ressources immenses qu’ofirait cette contrée y appelérent un grand nombre d’émigrants. En 1868 il en arrivait plus de 30,000 pour l’Australie tout entitre. Des 1848 un comilé d’émigration pour YAustralie occidentale s’etait forme en Allemagne, a Berlin méme, et en 1849 il y a envoya une colonie sous la direction d’O. Schomburgk. Jusqu’alors l’éléve du bétail avait été la grande ressource des colons; venaient ensuite quelques produits delagriculture et méme de |’exploration des mers : on vit naltre dans les grands centres de population les premiers germes d’une industrie manufacturiére, notamment pour la laine et pour le lin (en Nouvelle-Zélande), aux riches développements de laquelle, en raison de l’abondance de la houille, il ne manquait plus que des bras et des débouchés. La découverte de mines d’or en 1851 accéléra d’un maniére extraordinaire ce mouvement d’émigration, qui prit des proportions excessives. BientOt les mineurs manquérent du nécessaire; les objets de consommation atteignirent des prix exorbitants. Tous n’étaient pas pourtant également bien partagés. Si quelques-uns faisaient fortune en quelques jours, d’autres remuaient des monceaux de terre sans trouver assez de matiére précieuse pour payer les objets de premiére nécessité. Des masses de Chinois vinrents’y établir et excitérent la crainte et la jalousie des émigrés européens. On estime la valeur de lor exporté d’Australie de 1851 a 1859 a 2,332,000,000 de fr. En 1860, 87,394 européens, et 20,128 Chinois furent employés dans les districts des mines d’or de l’Australie, et la valeur de l’or exportée dépassait 200,000,000 de fr. Les légumes, la vigne, les fruits, les animaux domestiques de l'Europe furent importés en Australie et s’y propagérent. La civilisation s’y introduisit partout, 4 mesure que les indigénes disparaissaient. Des villes européennes s’y élevérent et ’on compta plus de 100,000 Ames a Melbourne. Des troubles eclaterent en 1855, a Ballarat, qui alla jusqu’& déclarer son indépendance. Ces troubles furent réprimés; mais la colonie étendit considérablement les pouvoirs constitutionnels de son gouvernement.
Il y a soixante ans la mer du Sud était encore une région myslérieuse, ot de hardis mais rares navigateurs ne rencontraient que des peuplades sauvages. Aujourd’hui elle est déja transformée en un riche marché ouvert aux négociants de tous les pays. Depuis la prospérilé de la Cali-
de bateaux a vapeur, et le commeree le plus actif s’y est établi avec l’Asie orientale, Inde et ’Kurope. Le commerce des fourrures dans I’ Amérique septentrionale russe et la péche de la baleine dans les eaux arctiques et antarctiques occupent un grand nombre de batiments européens et américains. Plusieurs groupes d'lles, tels que l’archipel d’Hawai, les tles dela Société, les tles Marquises et la Nouvelle-Zelande. offrent par conséquent déja d’importante
fornie et de l’Australie, on y a organisé des lignes réguliéres