AUSTRALIE — AUSTRASIE
stations au commerce et a la navigation 4 vapeur. Aussi les Frangais ont-ils jugé utile de prendre possession, en 1842, des iles Marquises et de Taili, puis de s’établir a la Nouvelle-Calédonie en 1854. Les races autochtones que les navigateurs ont trouvées dans ces iles ne vivent plus déja dans leur état primitif. Les fles Sandwich forment un Etat florissant, et d’autres tles encore jouissent de gouvernements organisés sous l'influence européenne.
AUSTRALIE MERIDIONALE, colonie anglaise de l’Australie, bornée au nord par I’Australie du nord, a ’est par Queensland, la Nouvelle-Galles du Sud et Victoria, av sud par !’Océan, a l’ouest par l’Australie occidentale. Elle a pour chef-lieu Adélaide. Les premiers colons s'y établi rent en 1835; mais ce n’est qu’en 1851 qu’elle a Glé séparée de la Nouvelle-Galles du Sud. Sa constitution comme Etat politique date du 27 octobre 1856; elle a deux chambres électives, un conseil exécutif, et un gouverneur qui dépend de la métropole. La superficie de cette province est éva luée a 99,000 kilom. carrés ; sa population, qui n’était, en 1844, que de 17,366 habitants s’est élevée, en 1871, 8 185,626, Anglais, Irlandais et Allemands pour la plupart ; le nombre des indigénes n’atteignait pas 4 3,400. Une faible partie de l’Australie du sud a été explorée; l’agriculture y a fait de grands progrés et ses produits avec ceux des mines de cuivre forment ses principales exportations, dont le chiffre était, en 12869, de 74,825,875 fr. En 1870, il y avait deux chemins de fer en exploitation (193 kilom.).
AUSTRALIE OCCIDENTALE, colonie anglaise de l’Australie, embrasse presque la moitié de ce continent sur une étendue de 2,060 kil. du nord au sud et de 1,290 de Vest a l’ouest. C’est dans le sud-ouest, le long de la mer, que les colons se sont établis en 1829; ils fondérent quelques villes, Perth, chef-lieu du territoire, York , Augusta, Albany et Freemantle. Toutefois, la population s’accrut lentement a cause de la rareté des cours d’eau, et en 1870 elle ne comptait que 24,785 habitants d’origine européenne. Les principaux produils d’exportation sont les laines, le cuivre et le plomb; on en taxait la valeur a 5,024,625 fr. en 1870. L’administration se compose d’un gouverneur assisté d’un conseil exécutif et d’un conseil législatif, dont les membres sont nommés par la couronne. C’est la seule colonie du continent ot Angleterre continue de transporter des criminels (1,470 en 1870).
AUSTRALIE SEPTENTRIONALE,) vaste territoire de Australie, peuplé de quelques milliers d’émigrants qui sont disséminés sur quelques points de la céte.
AUSTRASIE. Lorsqu’en 511 les quatre fils que laissa Clovis, Thierry ** (ou Théodoric), Clodomir, Childebert et Clotaire 1°", firent le partage des Etats et des immenses conquétes de leur pére, Thierry, quoique né d'une concubine avant le mariage de Clovis avec Clotilde, fut appelé par le voeu des Francs a régner sur l’Austrasie ou France orientale. Ce fut A Metz que Thierry I** établit le siége de son nouveau royaume. Il comprenait, outre les provinces d’au dela du Rhin (Ja France rhénane ), tous les pays situés entre le Rhin, la Meuse et l’Escaut. Plusieurs villes de Champagne, telles que Reims, Chalons, Troyes, etc., faisaient également partie de l’Austrasie. Enfin, Thierry joignait & ces possessions l’Auvergne, le Gévaudan, partie du Rouergue, du Limousin et du Vivarais, Cahors, Albi, Uzés, etc., qu’il avait eus par préciput de son pére. Il agrandit encore ses domaines par la conquéte de la Thuringe, et mourut en 534, 4gé de cinquante et un ans.
Son fils Théodebert lui succéda; aussi habile politique que grand capitaine, il battit successivement les Grecs et les Ostrogoths qui avaient recherché son alliance, et mourut en 548. Le respect et admiration des Frances pour ce monarque, le plus accompli des descendants de Clovis, avaient
étoulfé de son vivant les murmures qu’excitaient sourdement les imopots excessifs dont Parthénius, son ministre, les avait
AUSTKASIE — AUSTREGUES
accablés, Mais dés que Théodebert eut fermé les yeux, Parthénius fut lapidé par le peuple dans Tréves. Théodebalde succéda a son pére Theodebert. Justinien et les Ostrogoths recherchérent également, mais en vain, son alliance. En 522 Jes deux tréres Bucelin et Léutharis, ses généraux, conduisirent 70,000 hommes en tale. Narsés ne put @abord s’opposer a leur marche sur Rome; mais bientdt ils divistrent leurs forces, et furent accablés sé¢parement. Théodebalde mourut sans enfants. Ce fut Clotaire I, roi de Soissons, son grand-oncle, qui recueillit sa succession, Celui-ci mourut en 561, maitre depuis trois ans de toute la monarchie frangaise.
Sigebert 1°, quatriéme fils de Clotaire, eut dans le nouveau partage de Pempire des Francs le royauine d’Austrasie, Gogon fut Vintendant de sa maison royale ou son tmaire du palais, dignité qui devait bient6t supplanter le pouvoir du prince. Sigebert épousa la trop fameuse Brunehaut, et fut assassiné en 575, p:r deux domestiques de Frédégonde, quand il avait déja conquis presque toute la Neustrie. Sous ee prince commenga la longue lutte de PAustrasie et de la Neustrie, représentée par la rivalité de deux femmes, Frédégonde et Brunehaut, et causée par le caractére et les intéréts différents des deux peuples. La Neustrie, en effet, étant plus romaine, tendait davantage a reconstruire l’administration impériale; PAustrasie, au contraire, conserva plus longtemps la séve barbare , car sa population était sans cesse renouvelée par les peuplades qui franchissaient le Rhin; elle resta done plus germanique : aussi devait-elle fatalement ’emporter sur la Neustrie, comme les Francs I’ayaient emporté déja sur les Visigoths et les Gaulois civilisés.
Childebert, roi d’Austrasie, n’avait que cing ans lorsque la fin tragique de son pére l’appela au trone. II fit quatre expéditions en Lombardie, malgré les ennemis que Frédégonde lui suscitait de tous les cétés, et mourut en 596. La législation austrasienne est redevable de plusieurs lois a ce prince actif et belliqueux. Théodebert II, son fils ainé, n’avait que dix ans quand il lui succéda, sous la régence de son aleule Brunehaut, qu’il chassa en 599, par le conseil des grands de son royaume : celle-ci, le poursuivant dés lors d@une haine implacable, arma contre lui son frére Thierryll, roi d’Orléans et de Bourgogne, qui le défit a Toul et 4 Tolbiac. Théodebert tomba au pouvoir de Brunehaut, qui .ai fit @’abord couper les cheveux en signe de dégradation , et s’en débarrassa plus tard en l’enyoyant au supplice. De quatre fils qu’il laissa, Sigebert, que quelques auteurs considérent comme la tige de la maison de Habsbourg, Gontran, Lothaire et Mérovée, aucun ne recueillit une portion de son immense héritage. Le dernier, par ordre de Thierry, eut la téte brisée contre une pierre. Thierry prit alors le titre de roi de Bourgogne et d’Austrasie. I] mourut quelque temps aprés, et Clotaire [1 se trouva maitre de toute la France aprés le supplice de Sigebert, fils de Thierry, que Brunehaut lui avait suscité pour rival. L’Austrasie conserva ses maires particuliers.
Dagobert, fils ainé de Clofaire If, placé par lui sur le tréne d’Austrasie en 622, succéda a son vaste royaume en 628, et mourut en 638, laissant 4 Sigebert II la couronne d’Austrasie, qu’il lui avait cédée des l'année 633. Dirigé par les conseils de saint Arnoul, évéque de Metz, du duc Adalgise, de Pépin le Vieux, maire du palais, et de Cunibert, évéque de Cologne, Sigebert fit chérir la sagesse et la douceur de son gouvernement sous ces habiles et vertueux ministres. Uniquement occupé du bonheur de son peuple, il cultiva l’amitié de ses voisins, et évita tout sujet de dissentiment et de querelle. Radulfe, gouverneur de la Thuringe, fut le senl qui, par sa révolte ouverte, lui mil les armes a Ja main. Cette guerre ne fut pas heureuse pour Sigebert, et se termina par une paix chérement achetée. Ce prince mourat le 1° février 655. Le maire du palais Grimoald se crut alors assez fort pour envoyer en Irlande le jeune fils du roi
weLi. LE LA CONVERS. — T. Ji,
et placer la Couronne sur la téte de son propre fils; mais sept tnois aprés fe nouveau roi fut renversé par les Neustriens, ef Grimoald paya de sa téte son ambition prématurée. Childéric 1, second fils de Clovis IL, roi de Neuatrie, fut prociameé roi d’Austrasie, sous la tutelle du maire Wuitoald, bn 670 il fut accepté pour roi par les Neustriens aprés la chute 7’ Ebrotn, et fut assassiné trois ans aprés par un jeune seigneur qu'il avait fait fouetter comme un esclave.
Dagobert I, ce fils de Sigebert 11 que le perfide Grimoald avait fait confiner en Irlande, est proclamé roi d’Austrasie en 674. Wultoald conserve sen autorité comme maire du palais. Le régne de Dagobert II, qui ne dura que quatre ans, ne fut remarquable que par les ravages et les profanations qui souillérent sa lutte avec Thierry LIL, roi de Neustrie. Il avait environ vingt-sept ans lorsqu’il fut assassiné, en 679. Aprés sa mort le trone d’Austrasie demeura vacant pendant quarante et un ans. Pépin d’Héristal et aprés lui Charl es- Martel, son fils, gouvernérent ce royauine comme maires du palais et ducs des Francais. Thierry 1V, dit de Chelles, ( 720-737 ) et Childérie 111 (742-752), régnérent nominalement sur l’Austrasie, sous lautorité effective de Carloman et de Pépin le Bref. Carloman, frére puiné de Pépin le Bref, chef de la seconde race, hérita du royaume d’Austrasie, qu’il gouverna pendant trois ans ( 768-771 ). Ses enfants, Pépin et Siagre, ne lui succédérent point, et en 772 Charlemagne, son frére ainé, réunit |’Austrasie aux autres portions de la monarchie frangaise. Le nom méme d’Austrasie cessa d’exister lorsqu’en 843, par le partage fait entre l'empereur Lothaire et ses fréres, une portion considérable de cet ancien royaume fut incorporée a la Germanie. Le reste est demeuré a la France propre, ci-devant neustrienne. =
AUSTREGUES. L’absence d’une forte et solide organisation judiciaire en Allemagne, absence principalement attribuée a la faiblesse de la puissance impériale, engagea les princes, les prélats, les villes et les chevaliers 4 former pour leur sdreté commune de nombreuses unions, ayant pour but d’instituer des tribunaux chargés de vider les différends qui surviendraient entre les contractants , et de les juger, soit comme amiables compositeurs, soit comme arbitres-juges. Ces arbitres furent nommés a@ustrégues. Les électeurs en établirent entre eux dés Yan 1424. Lorsque enfin la proclamation d’une paix perpétuelle mit, en 1495, un terme a toutes les querelles intestines, {institution d’un tribunal supréme chargé de juger tout différend entre les meiibres immédiats de empire en dut naturellement étre la conséquence; l’établissement de la chambre impériale remonte A la méme époque. Les Etats conservérent toutefois les austrégues qu’ils s’étaient précédemment choisis, et le droit pour l’avenir d’en désigner d’autres. Il se trouva donc dés lors tout a la fois des austrégues \également constitués ( c’est-a-dire dont la juridiction comprenait tous les princes et seigneurs immeédiats de l’empire ), et des austrégues exceptionnels, ne tenant leurs pouvoirs que de conventions particuliéres , et privilégiés , car l’empereur accordait aux villes impériales et ala plupart des sujets de empire le droit d’en constituer,
Lors de l’établissement de la Confédération du Rhin, il avait été convenu que la décision des cas litigieux qui se présenteraient entre les parties contractantes serait conférée & une commission fédérale; cette commission ne fut jamais organisée. Depuis la formation de fa Confédération germanique, des pouvoirs judiciaires ont été également conférés a la diéte & Veffet de juger toute contestation survenant entre les Etats membres de la confédération. La diéte doit d’abord chercher a concilier les parties, et si elle ne le peut pas, une instance austrégale, constituée d’aprés toutes les formalités judiciaires , rend une cécision, qui a force de chose jugée. Dés l’époque du congrés de Vienne , l’Autriche et la Prusse ustrent de toute leur influence pour faire créer
un tribunal permanent; mais les autres Etats se prononctrent pour |’établissement de commissions spéciales. Les décisions de la didte, en date du 16 juin 1817 et du 3 aott {820 , ainsi que l’acte final des conférences ministérielles de Vienne, en date du 15 mai 1820, ont fixé le mode a suivre pour la formation de ces commissions arbitrales , et les formalités qu’elles doivent accomplir pour rendre leurs sentences.
L’acte final du congrés de Vienne étend cette juridiction austrégale aux simples particuliers quand leurs réclamations demeurent inutiles, parce que leurs prétentions s’adressent a différents membres de la confédération qui se les renvoient les uns aux autres. Divers décrets de la diéte tracent d’une maniére encore plus précise les formalités 4 suivre dans les instances austrégales et les détails de procédure qu’on y doit observer. I] a été en outre institué un tribunal spécial pour le jugement subsidiaire des difficultés entre les gouvernements et leurs chambres représentatives , tribunal 4 la juridiction duquel les membres de la confédération peuvent également soumettre leurs différends particuliers.
AUTEL ( du latin altare, alta ara, aire, plate-forme ¢élevée ). La reconnaissance de l'homme pour son Créateur donna naissance aux sacrifices. On les trouve établis dés les premiers 4ges du monde. Abel offrait & Dieu les premiers nés de son troupeau, Cain les prémices de ses fruits ; ils les lui présentaient sur un tertre de gazon , sur une simple pierre, et ces monuments devenaient sacrés, car on pensait que Dieu s’y était montré pour agréer les offrandes. Si Pon échappait & quelque danger, si l’on terminait heureusement une entreprise lointaine, le premier soin était d’élever un autel. On agissait de méme dans toutes les transactions importantes , afin que la présence de Dieu entre les deux parties rendit leurs serments inviolables. Abraham achéte un champ pour servir de sépulture a sa famille, et il éléve la pierre du serment. Jacob passe le gué de Jaboc, et il construit un autel grossier qui rappellera a ses enfants la miséricorde du Seigneur.
Mais quand les hommes attachérent un sentiment de préférence a certaines pierres, 4 certains métaux, la religion s’accommoda a leur faiblesse. Les rois habitant des palais de marbre, on ne crut pas devoir laisser a la Divinité des toits couverts de chaume et des autels de gazon. Dieu ordonna a Salomon de lui batir un temple qui surpassat en beauté tous les temples de univers,
Avant la loi de Moise, les descendants d’Abraham suiyaient son exemple; ils sacrifiaient 4 Dieu sur des autels qu’ils élevaient, tantot dans un lieu, tantot dans un autre. La loi de Moise interdit ces sacrifices particuliers: elle veut que Dieu ne posséde qu’un seul temple. Malgré les preuves éclatantes de la puiasance et de la bonté du Trés-Haut, les Juifs avaient un irrésistible penchant pour l’idolatrie. Souvent ils allaient sacrifier dans les hauts lieu x. Consacrer an seul temple 4 Jéhova était ramener le peuple israélite & Punité ; attacher une seule famille au ministére des autels , cétait couper court d’avance aux sectes et aux hérésies. II n’y avait dans le temple que deux autels: Yun était (airain et servait aux holocaustes; l’autre était d’or, et servait 4 brdler des parfums. On appelait holocauste le sacrifice dans lequel la victime était enti¢rement consumée sans qu’on en réservat rien pour les prétres, C’était une reconnaissance publique de la majesté divine, devant qui tout s’anéantit, Quant 4 lusage des parfums, c’était un symbole de la pureté qui doit régner dans les pritres, afin qu’elles soient igréables a Dieu.
Les autels égyptiens sont des monolithes de forme conique tronquée , de quatre pieds de hauteur, mais fort évasés ensuite A la partie supérieure, qui est ordinairement creusée en entonnoir, terminé par une ouverture qui traverse la pierre dans toute sa longueur; la partie supérieure du contour pose sur une pointe de quelques pouces, On connait des
AUSTREGUES — AUTEL
autels égyptiens en basalte vert et en granif : le Musée Impérial en posstde un de la premiére matiére; son poli est parfait, et des inscriptions hiéroglyphiques le décorent, Caylus donne Ia figure d’un autre autel, dont les inscriptions hiéroglyphiques portent le nom du roi Psammétique. I] est rare de trouver un monument égyptien d’un certain volume dénué d’inscriptions ou de sculptures symboliques. Ce peuple était essentiellement écrivain ; il voyait toujours devant lui les temps futurs, et semblait s’attacher a leur arriver tout entier. L’indifférence des Grecs et des Romains pour les productions des aris de l’Egypte l’a en quelque sorte conservée dans son intégrité & nos études et A notre admiration.
Chez les Grecs et chez les Romains dans le principe les autels furent aussi simples que chez les premiers Hébreux ; on conserva méme presque toujours cette simplicité dans les autels consacrés aux dieux des champs: c’était assez souvent une pierre antique, que les laboureurs entouraient de guirlandes de fleurs, quelquefois un tronc d’arbre ot se rattachaient d'anciennes traditions. On y répandait du lait en ’honneur de la déesse Palés, amie des troupeaux; on y portait les premiers fruits de l’automne, pour honorer le dieu des yérgers. Cette pierre des premiers autels votifs fut ensuite plus ou moins taillée, plus ou moins ornée , et porta une inscription indiquant les motifs et l’époque de sa consécration, avec le nom de la divinité et celui du dévot qui l’avait élevée, On en trouve beaucoup laissées par les Grecs et les Romains, et il ne faut pas les confondre avec les piédestaux de statues également consacrées par le zéle ou l’intérét des particuliers ; les inscriptions votives se ressemblent beaucoup sur ces deux espéces de monuments, mais on remarque assez ordinairement sur les piédestaux des restes de soudure de la statue qu’ils portaient.
Les autels grecs , d’abord de bois, bientdt aprés de pierre, et quelquefois de méta!, sont en général remarquables par le gout qui a présidé a leur exécution. Placés dans le temple, ils sont de diverses formes, carrés, ronds ou triangulaires, de brique ou de pierre; ils ne doivent pas étre trop élevés, afin de ne pas cacher la statue du dieu. Les autels destinés aux libations sont creux, les autres massifs; on les orne de feuilles et de fleurs d’olivier pour Minerve, de myrte pour Vénus, de pin pour Pan; les sculpteurs imitent ensuite ces ornements , et la différence des feuilles, des fleurs ou des fruits qui les composent indique exactement le dieu auquel ils ont été consacrés. On y voit aussi figurer des tétes de victimes , des patéres, des vases et autres ornements religieux, et, sur les plus élégants , des bas-reliefs dont le sujet est relatif aux sacrifices; des inscriptions s'y lisent aussi fort souvent : elles rappellent le nom de celui qui les a élevés, les motifs de cette dévotion, et la divinité qui en est objet; le dialecte dans lequel elles sont écrites indique Vorigine du monument.
Ce que nous yenons de dire des autels grecs s’applique en général aux autels romains : les inscriptions latines caractérisent ces derniers; il ne faut dailleurs pas oublier que les Romains n’employérent que des artistes grecs, et le goat de ceux-ci préside & tous leurs ouvrages. Selon Vitruve , les autels devaient étre tournés vers lorient. Il parait que cette prescription était observée surtout pour les autels de forme carrée, qui étaient souvent adossés au piédestal d’une statue. Les autels se plagaient ou dans les temples, ou dans les péristyles, ou souvent méme en plein air, Dans les grands temples de Rome il y avait ordinairement trois autels, un dans le sanctuaire et au pied de la statue du dieu, l'autre & la porte du temple; le troisitme était un autel appelé anclabris, sur lequel on portait: les offrandes et les vases sacrés, D'autres autels étaient hors de Venceinte des temples,
Les anciens professaient un incroyable respect pour les autels. Ils pensaient que les dieux y résidaient, de méme que dans les statues qui leur étaient consacrées, Ainsi, lorsqu’ua