AUTEUR — AUTEURS DRAMATIQUES
obtint plus de 800,000 fr. de ses ouvrages. L’antiquaire Stow ne relira des siens qu’une autorisation de mendier. Diderot vendit 600 livres ses Pensees philosophiques; la direction de la grande Encyclopédie lui rapporta 1,000 livres de rentes. Byron regut prés de 20,000 liv. sterl. de ses oeuvres. Chateaubriand obtint de son vivant 250,000 fr. comptant, plus 12,000 fr. de rente viazere, pour son manuscrit des Mémoires d’outre-lombe. Béranger avait cédé ses chansons pour une rente viagére de 800 fr qni fut sucressivement augmentée et portée a plus de 3,600 fr. Nos auteurs en général entendent mieux aujourd'hui les affaires ; quelques-uns ont gagné de l’aisance et méime de la fortune avec Icur plume; beancoup d’autres trouvent a peine de quoi vivre dans des travaux qui ne sont qu utiles, tandis que des brochures politiques ou des romans plus ou moins camélias rapportent des sommes incroyables. ]
AUTEURS DRAMATIQUES. Les produits de la littérature thédlrale ont aussi épronvé une hausse remarquable, et nous wexaminerons pas ici si cette hausse est habituellement justifiée par le mérite des @uvres. La vogue a souvent des caprices, et un mauvais draime du boule. vard fait quelquefois plus d'argent qu’une cormédie bien faite et bien jouse, Nous ne nous occuperons pas non plus de rechercher si ces avantages n’ont pas été restreints, en grande partie, a on petit nombre d’élns ; si l’'annonce, le savoir-faire, la camaraderie, la coterie, n’ont pas monopolisé les suceés dans quelques mains privilégiees ; qu’il nous suflise de faire lhistorique des droits payés par nos thédtres aux auteurs dramatiques.
Dans le siécle de Louis XIV et méme dans Ie siécle dernier, les ouvrages dramatiques étaient d'un faible rapport. Corneille mourut pauvre; Racine, quoique historiographe et pensionné, n’avail que de laisance; nous n’avons Jamais entendu dire qu> Moliére edt acheté des terres, et si Regnard en posséda une, ce ful comme trésorier de France et non comine notre second poéte comijue, L’auteur n’avait alors de propriété réelle que celle de son manuscrit. L’impression ne Javait pas plus t0t rendu public, quen vertu un certain droit d’aubaine, non motivé, tous les theatres etaient autorisés & le joner sans sa permission et sans lui rien payer. Aussi l'homme de lettres ne pouvaiteil guére traiter avec les administrateurs dramatiques que pour son cuvre inédite, [| stipulait alors un prix pour chaque représentation; encore le compromis s’arréiait-il & un chiffre assez limité.
A la Comedie-Frangaise, par exemple, ce chiffre était invariable tant que les représentations de la piece atteignaient un quantum de recettes déterminé; mais si une seule fois la recette descendait au-dessous de ce taux, la piéce tombait dans ce qu’on appelait les régles ; et auteur de tout onvrage tombé dans les rézles était exproprié, dépossédé sans compensation aucune. La recetle edt-elle remonte le lendemain a un chiffre considérable, il n‘avait droit a auenn dédommagement ; la confiscation dont il était victime le frappait @ perpetuité. Les thédtres de province y mettaien' encore moins de tagons: ils ne payaient rien, absolument rien, aux auteurs, soit qu ils obtinssent des copies des pieces jouées dans la capicale, soit qu'ils les montassent a Vaide des brochures imprimées,
L’auteurde Figaro, homme de talent, qui savait compter aussi bien qu’écrire, avait eu beaucoup a souffrir da cet abus A son entrée dans la carridre. Ii mérita la reconnaissance de ses confréres en sollicitant et obtenant la loi de 1791, qui défend de jouer un ouvrage sans la permission écrite de lauteur, & peine de la confiscation totale de la recetie pour chaque infraction. Il fut secondé dans cette croisade littéraire auprés de la Constituante par Mercier, auteur du Tableau de Paris, et par plusieurs autres éerivains en renom,
Ce principe poss, il s’agissait de le féconder, 4 fallait
AUTEURS DRAMATIQUES — AUTHENTICITE
en assurer l’exécution. Beaumarchais Ventreprit, et le succes couronna ses elforts. Tous les auteurs contemporains, réunis a son hotel prés de la Bastille, prirent entre eux lengagement de réygler désormais leurs intéréts en commun. Ils arrétérent des tarifs fixant les droits de représentation tant A Paris que dans les départements. Ils les divisérent en catégories de genres et de population. [ls fondérent deux agences centrales chargées de percevoir les droits et de traiter les affaires sociales. Enfin deux comités nommés par les auteurs veillérent & ensemble des travaux. IIs s’assemblaient de temps A autre, et convoquaient au besoin des réunions générales.
L’état de choses créé par Beaumarchais dura jusqu’en 1829. A cetle époque notre écrivain dramatique le plus fécond, M. Scribe, eut heureuse idée de rendre permanents les comités ainsi que Jes assemblées générales, et de placer les deux agences sous la surveillance Wun seul pouvoir agissant avec plus d’unité. Son appel fut entendu, et la commission actuelle des auteurs fut définitivement fondée,
Elle subsista sur ces bases jusqu’en 1837. Toutetois, plusieurs de ses membres n’avaient pas été sans s’apercevoir que son organisation recélait un grand inconvénient, celui de n’établir d’autre lien entre les auteurs qu’une association volontaire , fondée sur la délibération dune assemblée dont chacun pouvait non-seulement décliner la compétence , mais se dégager méme a son gré quand la [antaisie lui en viendrait. L’un des membres de la commission alors en exercice, M. Ferdinand Langlé, proposa de constituer Passociation des auteurs dramatiques en société civile, conformément aux dispositions du Code Napoléon. Cette pensée fut unanimement accueillie; et l’acte , soumis a un conseil judiciaire, fut signé de tous les auteurs dramatiques.
D’aprés cet acte, la commission dramatique , composée de quinze membres, forme le conseil supréme de la société quelle administre. Les membres en sont nommés pour trois ans, A la majorité des voix , par l’assemblée générale annuelle. Les membres sortants ne peuvent étre réélus qu’aprés un an d'intervalle. Les attributions de la commission consistent : 1° dans le droit de passer des traités avec tous les théatres de France; 2° dans l’administration des finances sociales; 3° dans la surveillance et la direction des recouvrements ; 4° dans la distribution des secours et pensions aux sociétaires malheureux, aux infirmies, aux vieillards, aux veuves ct aux orphelins. Ces seconrs ei pensions se sont élevés a 7,975 fr, en 1855-1856. La méme année il avait été percu par la société 1,327,871 fr. 20 c. de droits
vauteurs.
Voici les tarifs accordés par différents théatres : au grand Opéra, 500 fr., partagés entre le poéte et le musicien, sont alloués a une (euvre chantante de trois actes et au-dessus pour chacune des quarante premiéres représentations, et 100 fr.pour chacune des suivantes indétiniment. Les opéras en deux ctes et un acte sont payés 170 fr. aux quaranle premi représentations, et ensuile 50 fr. fl en est de mém, ir jes ballets, en trois et deux actes. Ceux Wun acte neprélévent que le tiers de cette somme. A lOpéra-Comique est W’aprés la recette que sont etablis les droits proportionnels des auteurs, fixés pour les grands ouvrages au douziéme de cette recette bru/e; pour les autres, suivant le nombre d’actes, au seizieéme et au vingt-quatri¢tme Aux quatre théatres de vandevilles, c'est donze pour cent repartis entre Jes piéces plus ou moins nombreuses, plus ou moins étendues, qui composent le spectacle, Aux thédtres de drames, cest dix pour cent. Méme prix a ?Odéon; douze pour cent au Theatre Lyrique; quatorze pour cent au Théatre Frangais. Les pelits théatres ont passédivers marchés ins'guiliants; et pourtant telle est la fecondilé dramatique de notre époque aw’il n’y a pas de théatre de boulevard, pas de spectacle forain qui ne voie la foule des auteurs se presser aux portes de son comité de lecture,
Quant aux théalres de départements, ils sont toujours divisés, suivant l’ancien tavif de 1791, en cing Classes, dont la premiére, qui comprend ceux de nos grandes villes, telles que Lyon, Bordeaux, Marseille, Rouen, ele., paye, suivant le nombre d’actes, depuis 36 fr. jusqu’a 18 fr. par representation, tandis que daus la cinquiéime et derniere catégorie ces prix descendent a 4 et née a 2 fr. Ces drvits sont pergus par les agents de la soviélé,
On concevra , d’aprés cvs détails, que tel auteur de nos jours ail touche annuellement des sommes que ceux deg époques précédentes auraient regardées comme fabuleuses, Cela rend croyab'e Je mot altri} ue a un ministre, qui se serail écrié naivement, en apprenant avec surprise quel pouvail étre le produit d'une bluette ; « si j’avais su cela lorsque je travaillais chez mon notaire, j’aurais fait dee vaudevilles le dimanche. » Grace a ces produ, , grace egalement a la sollicitude de la commission des auteurs dramas tiques, il nest pas a craindre que nous voyions a Pari+ ce qwon a vu une fois a Londres, un écrivain se p omener dans les rues de la capitale avec cet écriteau : « Un auteur de plus de cent piéces de theatre se voit contrat d’ime plorer Phumanité de ses concitovens. »
{ Avant la loi du 8 mars 1854 le temps pendant lequel la veuve et les enfants dun auteur dramatique jouissaieat du produit de la representation de ses wuvres etait limite & cing ans. Depuis cetle loi, ce temps a la méine durée que la propriété littéraire, cest-a-dire la vie entiére de la veuve; trente ans aprés la mort de Vauteur ou desa veuve mariée sous le régime de la communauté pour les enfants, dix ans pour les aulres herters. La someté des auteurs dramatiques a méme stipulé avec des directeurs de theatres des droits perpétuels pour les héritiers des auteurs ou compositeurs, qu’ils soieat frangais ou etrangers, ou a leur défaut pour la caisse de secours de la sociéie. Entin, des traités internationanx oof garanti ie payement de droits d@auteur dans les pays étrangers Zoi
AUTHENTICITE, caractére a l'aide duquel un acte fait pleine foi de ce qu’il énonce et contient. L’acte authentique est celui qui a été fait par des officiers publics ayant le droit Winstrumenter dans le lieu ou Pacte a été rédigé et avec les solennites requises ( Code Civil, art. 1317).
On distingue sept espéces dactes authentiques : t° les actes du pouvoir législatif; 2° ceux de Pautorité administrative; 3° les actes Judiciaires, cest-a-dire les Jugements et tous les actes de procédure faits par luissiers et autres officiers ministériels; 4° les actes notariés; 5° ceux de Vétat civil; 6° les procés-verbauy des gardes forestiers ou des pré posés de l'adiministration des douanes, des contributions indirectes, etc., anxquels la loi a donné te droit d étre crus jusqu’a inscription de fanny ; 7° les registres de certaines administrations publiques, comme ceux des conser ateurs des hypotheques.
Un acte perd tout caractére dauthenticité par Pineompétence ou Vincapacité de Vofflicier, si, par exemple, il la rédigé en dehors de son ressort, ou Sil a vté suspendu de ses fonctions, ou bien encore par un vice de forme. Mais dans ces differents cas, Sil a ete signe par les porties, il a la force d'un acte sous seing prive. Un des principauy effets de Pauthenticite est de faire foi a Vegard des tiers lout aussé bien que des parties inémes, effet que Wout point les actes sous seing privée. Celui qu’ veut donier les faits contenug dans un acte authentique na dautre ressource que li nse cription de fauy.
Les actes authentiques sont exécutoires sans avoir besoin daucune autre formalite, et les olficiers publies sont tenug de préter |-ur ministere sur le vu de Pacte lui-néme; est a ces sortes dactes que s‘appliquail autrefos la locution @exeécufion parce, qui west guere plus dusage aujoure @hui. En cas d inscription de faux seulement, les tribunaux peuvent suspendre cette excculion.
AUTHENTIQUEE (Femme). Voyes Apvtténe.
AUTHENTIQUES ( Droit romain). On appelle ainsi des extraits des Novelles par lesquels des lois du Code sont ou modifiées ou abrogées. Ils furent tirés au moyen 4ge d’un manuscrit des Novelles (libro authentico), par les premiers compilateurs du Code Justinien, qui les ajoutérent aux passages modifiés de ce code, et ils sont restés dans les éditions postérieures du Corpus Juris. Treize ordonnances rendues par les empereurs Frédéric I°* et II en Italie, et que ces princes avaient envoyées aux jurisconsultes de Bologne, avec ordre de les intercaler dans le Code Justinien aux endroits convenables, y sont demeurées de la sorte, et ont acquis force de loi.
AUTHENTIQUES ( Musique). Ce sont quatre modes ou tons de plain-chant qui s*élévent d’une quarte au-dessus de leurs dominantes, lesquelles sont toujours d’une quinte au-dessus de leurs finales, et différant en cela du mode plagal, qui tombe toujours une quarte au-dessous de la finale. Ainsi, quand une octave est divisée arithmétiquement d’aprés les nombres 2, 3, 4, c’est-a-dire , quand la quinte est au grave et la quarte a l’aigu, le mode ou ton est dit authentigue, pour le différencier du ton plagal, dans lequel octave est harmoniquement divisée par les nombres 3, 4, 6, ce qui fait passer la quarte au grave et la quinte 4 l’aign. Les anciens auteurs de musique appelaient impairs les tons authentiques. — L’Iglise a encore quatre tons authentiques, le premier, le troisiéme, le cinquiéme et le septitme. Authentique a ici le sens d’approuvé, parce que ce furent les quatre tons approuvés et choisis par saint Ambroise, le premier auteur de plain-chant.
AUTICHAMP (Famille b’). Elle descend d’Artaud IV, seigneur de Beaumont, qui vivait en 1324, et ellea fourni A notre histoire nationale plusieurs illustrations : Francois v’Avticuamp, seigneur de la Freyte, qui combattit vaillamment 4 Verneuil, en 1424; André p’Auticuamp, qui mourut en brave 4 la bataille de Montlhéry, en 1464; Claude v’AvuticuampP, qui suivil en Italie le roi Charles VIII; Charles v’Auticuamp, qui se distingua au siége de Lérida, a la bataille de Lens et dans les campagnes de Catalogne antérieures 4 la paix de Westphalie, et qui mourut en 1629; Louis-Joseph v’Auticnamp, colonel du régiment a@'Enghien, tué a la bataille de Lawfeld le 2 juillet 1747.
Jean-Thérese- Louis de Beaumont, marquis v’AvuticHAMP, né en 1738, a Angers, était le fils du précédent. remplit pendant la guerre de Sept-Ans les fonctions d’aide de camp auprés du maréchal de Broglie, et fut promu en 1779 au grade de maréchal de camp. Au moment de la réyolution, il se prononga de la maniére la plus énergique en faveur de la cause royale, émigra avec le prince de Condé, dans l'armée duquel il commanda en 1792 un corps de cavalerie, et passa en 1797 au service de Russie. En 1799 il avait été chargé de conduire 4 Souwarof un corps de cavalerie de réserve; mais Masséna l’empécha d’opérer sa jonction avec le général russe. A la Restauration, Louis XVIII le créa pair de France et lui donna le gouvernement du Louvre, Démissionnaire par refus de serment en 1830, il mourut le 12 janvier 1831.
Son frére consanguin, Antoine-Joseph-Eulalie de Beaumont, comte b’Auticuamp, né a Angers, le 10 d¢cembre 1744, comme lui aide de camp du maréchal de Broglie, se distingua en 1769 dans la campagne de Corse, accompagna La Fayette en Amérique , fut appelé, en qualité de maréchal de camp, 4 prendre en 1782 le commandement supérieur de Saint-Domingue, d’ou il revint en France en 1788. Peu aprés il abandonnait la France pour aller servir dans Varmée de Condé. Cependant en 1799 i] obtint sa radiation de la liste des émigrés, et rentra en France, ot il vécut désormais dans la vie privée jusqu’en 1815, époque on il fut nommé gouverneur du chateau de Saint-Germain, I en remplissait les fonctions lorsqu’il mourut, le 10 avril 1822.
AUTHENTIQUEE — AUTOBIOGRAPHIE
Son fils ainé, Marie-Jean-Joseph de Beaumont, vicomte p’AuTicHamP, né en 1768, émigra en 1790 comme capitaine de dragons, et prit part & toutes les luttes de l’émigration, mais rentra en France en 1800. Pendant les Cent- Jours, le duc d’Angouléme le chargea d’une mission pour Londres. Plus tard il fut nommé commandant de la diyision militaire 4 Bordeaux, et mourut en 1828.
Charles de Beaumont, comte p’AvuTicHAMP, frére du précédent, né en 1769, se distingua de 1792 a 1799 parmi les chefs les plus actifs de insurrection vendéenne, puis finit par reconnaitre le nouvel ordre de choses établi en France, et accepta du service de Bonaparte. Promu par la Restauration au grade de lieutenant général et eréé pair de France, il chercha 4 lépoque des Cent-Jours 4 provoquer une insurrection royaliste dans Anjou. En 1823 il fut chargé du comimandement de la premiere division de l’armée frangaise qui envahit PEspagne. Aprés la révolution de Juillet 1830 il tenta de soulever la Vendée, et fut pour ce fait condamné
mort par contumace en 1833. Amnistié, il resta dans la retraite et mourut en octobre 1859, a la Rochefaton.
AUTOBIOGRAPHIE (du grec attog, soi-méme ; Bios, vie ; yeapw, j’écris ), récit qu’un personnage, historique ou non, fait de ses pensées, de ses sensations et des événements. qui ont influé sur son existence. « L’autobiographie, dit M. L. Spach, est une confession, un développement psychologique, un drame intérieur mis 4 nu. L’auteur de mémoires n’est pas tenu de rendre compte de ce qui se passe au fond de son Ame; il n’a promis au lecteur que des notes, des explications ; il écrit le commentaire de V'histoire ; Vautobiographe fait le roman du ceur. »
A la téte des autobiographes figure saint Augustin. L’Allemagne est riche en peintures de ce genre. Goethe, dans son. roman de Wilhelm Meister, a inséré, sous le titre de Con- Sessions d’une belle dme, quelques passages empreints d’une haute philosophie et d’un pur sentiment chrétien : Cest V’autobiographie de M"* de Klettenberg. La biographie du théologien Semler appartient 4 ce genre d’écrits.
Des mémoires peuvent devenir partiellement des autobiographies. M™° Roland est autobiographe quand elle raconte ses souvenirs d’enfance, ses impressions de vierge et de jeune mariée. Dans la seconde partie de son livre, elle s’éléve aux hauteurs de l'histoire quand elle décrit la lutte de la Gironde avec la Montagne. Silvio P ellico pourrait réclamer parmi les autobiographies une place éminente pour le Mie Prigioni.
A autre extrémité de l’échelle vous rencontrez le récit des tentatives galantes, du scandale, du vice, du crime, le Vénitien Casanova, le coureur d’ayentures par excellence, et Trelawney, |’auteur des Mémoires d’un Cadet de Famille, gentilhomme ami de Byron, pirate, massacreur, incendiaire. Il y aurait injustice a jeter en pareille compagnie J.-J. Rousseau, quoiqwil y ait de bien vilains traits dans ses Confessions. On se licurte 4 moins de pages honteuses dans Alfieri, mais il y a en revanche autant de bizarreries et plus d’humeur orgueilleuse et farouche. G oldoni est bavard et (roid. Dans Coley Cibber nous ne voyons qu'un comédien ridiculement et méchamment vaniteux. Go the se drape trop souvent en artiste, écrivant sur le piédestal de sa statue comme sur la premiére page de ses mémoires ; Fiction et Véerilé!
Bouilly, Arnaultet M. de Lamartine ont écrit leurs autobiographies ; le premier en vieille commére, bonne quoique médisante ; le second, en faux bon-homme ne disant que ce qui lui convient et apres Vavoir arrangé ; le troisiéme, en vieux fat, contant avec amour ses bonnes fortunes de jeunesse, Chateaubriand, trouvant qu'il est bien cominode d’étre mort pour parler de soi et des autres a son aise, a écrit ses Mémoires d'outre-lombe. Le duc de Raguse n’a pas moins maltraité ses conlemporains a son avantage. Enfin Béranger a laissé sa Biographie posthume, Les