‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 159 sur 488 · AUTODIDACTE — AUTOGRAPHIE · texte numérisé non relu

AUTODIDACTE — AUTOGRAPHIE

Nous nous bornerons a citer I'Iconographie Universelle, oui le fac-simile du personnage illustre est placé a la suite de sa notice biographique et de son portrait. C’est surtout dans l’Jsographie des Hommes célebres, publiée en 31 livraisons in-4°, de 1827 & 1830, que l’on trouve la plus curieuse et la plus nombreuse collection de fac-simile, de lettres autographes et de signatures. Elle n’en contient pas moins de sept cents, dont les originaux ont été empruntés a la Bibliothéque Impériale, a celles de Vienne, Prague, Munich, etc., aux Archives de l’empire, a celles de divers ministéres , et a des cabinets particuliers, Des collections — dautographes lithographiés ont paru aussi en Angleterre et en Allemagne, mais elles ne sont ni aussi completes, ni aussi méthodiques , ni aussi bien exécutées.

La Bibliothéque Impériale de Paris posséde une immense collection de manuscrits, lettres et signatures ‘autographes de rois, princes, ministres, guerriers, savants et persona illustres, tant francais qu’étrangers, depuis le trei-

ne siécle jusqu’a nos jours. On y distingue les volumineuses correspondances de Marguerite de Valois, reine de Navarre; des ducs de Guise, du connétable de Montmorency, du maréchal de Saulx-Tavannes, des cardinaux du Bellay, de Richelieu, de Retz et de Noailles, de Peiresc, de Bouillaud ; les recueils des lettres de Frangois I*', d’Henri IV, de Louis XfV ; le manuscrit original de Télémaque par Fénélon. On y trouve aussi un choix de signatures (hommes célébres dans tous les genres, apposées au bas de quittances et autres piéces sur parchemin, parmi lesquelles on en remarque trois ou quatre signées de Moliére, et découvertes depuis peu d’années. C’est tout ce qui reste de l’écriture de notre plus illustre auteur comique. Plusieurs milliers pesant de parchemins de méme nature ont été, a diverses reprises, vendus assez inconsidérément et a trop bas prix 4 des marchands qui, aprés en avoir fait un nouveau triage, ont revendu en détail les piéces les plus rares et les plus intéressantes 4 des amateurs. Le reste est passé chez les relieurs, chez les fabricants de co!le, Les autographes abondent aussi aux archives du Palais-de-Justice et des différents ministéres , plus encore aux Archives de empire, ob Pon conserve entre autres piéces rares et curieuses une charte de saint Louis, loriginal du procés-verbal du fameux serment prononcé au jeu de paume a Versailles , en 1789, et signé par la grande majorité des députés aux états généraux. On y garde aussi les signatures de tous les membres de la Convention nationale et de diverses autres assemblées législatives. Quelques richesses que posséde la France en autographes, elle est surpassée, non pas pour le nombre, mais pour l’antiquité et la rareté, par I'Italie et par PEspagne, s’il est vrai que la bibliothéque de Florence conserve l’Evangile de saint Jean écrit de sa main, et que plusieurs manuscrits autographes de saint Augustin existent A la bibliothéque de lEscurial.

Parmi les collections les plus importantes de lettres et signatures autographes qui ont été réunies , on cite celles de M. Guizot, du prince de Metternich , de M. Fossé d’Arcosse, dn marquis de Biencourt, du marquis de Flers, du marquis de Chateaugiron, du baron de Trémond, de M. Corby, de

-M. Jolyet, & Dijon; de sir Thomas Philipps, & Londres; de

M. Dawson-Turner A Yarmouth; du comte de Corsilla, a Turin; du comte Gilbert Borromeo, A Milan; de M, Falcken~ stein, 4 Dresde; de MM. Fuchs et Franck, & Vienne ; celles de Guilbert-Pixérécourt, d’Augnis, de Villenave, de Parison, de Renouard, de Duchesne ainé, de M. Feuillet de Conches, La plupart ont été dispersées. H. Aupirrner. AUTOGRAPHIE. Ayant écrit avec une encre grasse sur un papier préparé au moyen d’une composition d’amidon, de gomme et d’alun (et qu’on nomme papier autographique), on mouille avec de l'eau tiéde le dos de la feuille, dont on applique ensuite la face écrite sur une pierre lithographique ; on recouvre le tout de plusieurs feuilles de

AUTOGRAPHIE — AUTOPLASTIE

papier mou, et l’on fait passer dessus le rateau de la presse ; les caractéres sont alors transportés sur la pierre, et le tirage s’opére comme dans la lithograp hie. Ce procédé a recu le nom d’autographie (d’airés, soi-méme , et yeépuw , j’écris), parce qu'il permet a chacun @écrire luiméme et d’obtenir des épreuves au moyen dun simple transport, tandis que, dans la lithographie ordinaire, il faut que l’écrivain soit exercé & tracer sur la pierre des caractéres renversés. L’autographie est employée particuliérement pour les mémoires, circulaires, formules d’actes judiciaires, factures, quittances de loyers, avis, facsimilés, etc.; enfin pour tout ce qu’on appelle owvrages de ville.

AUTOLYCUS, astronome et mathématicien grec, natif de Pitane en Eolie, florissait vers ’an 330 avant J.-C., et écrivit des traités sur le mouvement de la sphére et sur le lever et le coucher des étoiles fixes. Ces deux ouvrages ont été imprimés dans les Propositiones doctrine sphericx de Dasypodius ( Strasbourg, 1572). Jean Auria les publia de nouveau, lun en 1578, et autre en 1588. Enfin la traduction latine du livre De Ortu et Occasu Siderum, etc., se trouve aussi dans la Synopsis mathematica du pére Mersenne.

AUTOMATES (du grec atts, soi-méme, et paw, youloir). On peut donner ce nom a toute machine qui fonctionne par elle-méme : 4 proprement parler, une montre, wn tourne-broche, sont des automates. Les plus extraordinaires sont: le canard de Vaucanson, les tétes parlantes de l’'abbé Mical, les musiciens de Maelzel, etc. Nous avons déja consacré un article aux amdroides.

En 1741, Vaucanson exposa un canard mécanique qui se mouvait , mangeait , buvait et digérait comme un canard ordinaire; il allongeait le cou pour aller prendre le grain dans la main, et il l’avalait avec la gloutonnerie qui est naturelle A ces sortes d’oiseaux. Quant a la construction de ses ailes, elles étaient, os pour os, cavité pour cavité , charniére pour charniére , etc., une imitation parfaite de Vanimal vivant. Le mécanisme était trés-bien entendu, et si bien exécuté que cet automate se dressait sur ses pattes , portait sa téte a droite et a gauche, se déplacait, barbottait dans l’eau, croassait comme un canard ordinaire. Nous allions oublier de dire que ce canard rendait les aliments par les yoies ordinaires, quelque temps aprés les avoir pris : on ne dit pas si 'espéce de digestion qui s’opérait dans son estomac était effet dun agent chimique ou d’une trituration purement mécanique. On ignore ce qu’est devenu cet automate.

Sur la fin de sa vie, Vaucanson s’était occupé d’un automate dans Vintérieur duquel on aurait vu tout le mécanisme de la circulation du sang. Le systéme vasculaire devait étre en gomme élastique; mais, comme on ne connaissait pas encore la maniére de dissoudre et de faconner cette matiére , il avait été décidé qu’un anatomiste se transporterait 4 la Guyane pour présider a ce travail. Le roi Louis XVI, qui s’intéressait 4 cette invention, avait ordonné le voyage; mais les lenteurs qu’éprouva l’opération dégofiterent Vaucanson.

Labbé Mical construisit aussi, vers la fin du siécle dernier, plusieurs automates dont on parla beaucoup dans le temps ; il fit un groupe de figures qui jouaient de différents instruments de musique et formaient un concert. En 1780 et 1783 il présenta a l’Académie des Sciences deux tétes humaines qui articulaient des syllabes; suivant Vicq-d’Azyr, qui fit un rapport sur ces machines, Mical avait atteint en partie le but qu’il s’était proposé, mais il avouait que les sons rendus par ces tétes n’étaient que des imitations ¢résimparfaites de la voix humaine. Le mécanisme de ces automates n’a pas été décrit exactement : nous savons vaguement que les tétes posaient sur des bottes , dans |’intérieur desquelles on avait disposé des glottes artificielles qui rendaient des sons plus ou moins graves; on faisait parler

DICT. DE LA CONVERS, —T, i,

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ces glottes au moyen d’un clavier ; de fagon que si le mécanisme avait été assez parfait, il edit été possible de fajye répéter a tétes un livre tout entier.

Dans les fameuses horloges de Lyon et de Strasbourg, les heures étaient annoncées par le chant d’un coq.

La plupart des automates dont il est fait mention dans !’histoire étaient des tours de charlatans, comme, par exemple, le joueur d’échecs, qui fit tant de bruit sur la fin @a siécle dernier (voyez t. I®', p. 556). Que dire de cet automate qui répondait en grec, en latin ou en hébreu, aux personnes qui lui parlaient a Poreille? TEYSSEDRE,

AUTOMEDON, fils de Diorés, alla au sié¢ge de Troie avec douze vaisseaux. II fut successivement Scuyer d’ Achille et de son fils Pyrrhus, et s’acquit dans l’exercice de cette fonction une si grande réputation que son nom est encore donné aujourd'hui & ceux que lon veut désigner comme habiles dans V’art de conduire un char ou un coursier.

AUTOMNE. Voyez Satsons.

AUTONOMIE, MONNAIES AUTONOMES (du grec avtécs, soi-méme; vou.oc, loi). L’autonomie était le droit d’étre gouverné par ses propres lois. Ce mot désignait sous les Romains l'état des villes grecques et des cités conquises qui jouissaient de ce privilége, et y joignaient ordinairement le droit de battre monnaie, qui a été de tout temps l’apanage

de l’autorité supréme. Ces villes mettaient leur nom sur leurs monnaies. Ainsi ces mots : AOH, OEZXZAAQN, EPHSION indiquent les monnaies des Athéniens, des Thessaliens et des Ephésiens. Les habitants de l’Asie continuérent a frapper des astophores et ceux de |’ Attique des tétradrachmes : les empereurs ne leur étérent pas le droit d’autonomie. Leurs monnaies, qui n’avaient.point de rapport avec celles de l’empire romain, sont dites autonomes ; quelques-unes portent Pimage de l’empereur ou de quelqu’un de sa famille ; Eckkel appelle ces derniéres °//icieuses. Cependant Rome était jalouse de son autorité : elle ne tit que de faibles concession aux villes dont elle respecta le plus ’autonomie; le droit de frapper des monnaies d’argent ne fut laissé qu’a des villes considérables, telles qu’Alexandrie d’Egypte, Antioche de Syrie, Césarée de Cappadoce, et autres. La permission de Yempereur était indispensable pour que les colonies romaines pussent frapper des monnaies, et alors elle était indiquée par cette econ : PERM. AUG. ou PROCOS.

ss CHAMPOLLION-FIGEAC.

AUTOPLASTIE. On donne ce nom a une opération chirurgicale 4 Paide de laquelle on fait une partie aux dépens dune autre partie du méme individu; en d’autres termes, c’est lart de restaurer des parties détruites, au moyen d’autres parties voisines ou éloignées qu’on emprunte au méme individu et qu’on fait adhérer par une véritable greffe animale. L’origine de cet art se perd dans les temps les plus reculés. On prétend que les Indiens l’avaient porté a un trés-haut degré de perfection : habitude de punir, dans I’Inde, les criminels par la perte du nez, des lévres et des oreilles, explique les opérations qu’on y a vantées a cet égard, d’autant plus que dans le principe la loi autorisait ceux qu’elle frappait ainsia employer tous les moyens qu’ils jugeaient convenables pour rendre leur difformité moins hideuse. La tradition rapporte qu’on imagina d’abord de réappliquer le nez que Vexécuteur venait de trancher; mais le succes était si complet que la lo‘ dut ordonner que le nez serait jeté au feu, et que c’est alors qu’on eut recours a la transplantation de la peau ‘a front. Celse parle d’une autoplastie nasale et labiale. Galien traite des mémes restaurations et de celle du prépuce; Paul d’Egine s’occupe aussi de cette dernitre autoplastie. Vers le seiziéme sidcle, Lanfranc de Milan, qui exergait la chirurgie 4 Paris, exécuta lautoplastie nasale. On dit que dés le quinziéme siécle cet art, qui avait recu le nom de chirurgia curtorum, était exercé avec distinction en Calabre par ta famille des Branca, Qui formait des nez aux dépens de la peau des bras; c’est

méme de cette famille qu’on fait descendre le célébre Gaspard Tagliacozzo, qui passe pour le plus heureux autoplaste du seiziéme siécle et dont Pouvrage laisse trés-peu a désirer pour la plupart des opérations autoplastiques. Au commencement du dix-neuviéme siécle , Part des restaurations, qui était tombé en désuétude, recut une heureuse impulsion de Carpue, chirurgien anglais, et aujourd’hui, grace aux travaux de Graefe, Dzondi, Delpech, Cooper, Dupuytren, Roux, Dieffenbach, Lisfranc, Blandin, Lallemand et Velpeau, l’autoplastie a recu de tels perfectionnements qu’elle constitue une science nouvelle, et l’on peut dire qu’il n’y a pas de vices de conformation, naturels ou acquis, autrefois incurables, auxquels on n’ose remédier aujourd’hui a Vaide de son intervention.

L’autoplastie a recu des désignations particuliéres suivant ja partie du corps ot on l’applique : ainsi elle est appelée blépharoplastie aux paupiéres , otoplastie aux oreilles, rhinoplastie au nez, hkératoplastie aux cornées, chéiloplastie aux lévres , génoplastie aux joues , staphyloplastie au voile du palais, palatoplastie a la voute palatine , bronchoplastie au larynx, ete.

On appelle méthode italienne, parce qu'elle fut inventée, perfectionnée et décrite en Italie au seiziéme siécle, celle dont les procédés opératoires consistent a prendre un lambeau

sur une région éloignée, comme le bras, l’avant-bras, la

main, pour étre appliqué sur le vice de conformation existant, soit ala face, soit ailleurs; et on désigne sous le nom de méthode indienne, parce que de temps immémorial elle est pratiquée aux Indes et dans les principaux pays de ’Orient, les procédés opératoires qui consistent a tailler dans le voisinage de la difformité un Jambeau pédiculé qu’on renyerse en tordant le pédicule et qu’on fixe sur le lieu a restaurer, de maniére 4 mettre ses bords saignants en contact avec les bords ravivés de la difformité; enfin par la méthode frangaise on se borne a décoller les parties tout autour de Vancienne solution de continuité, afin de pouvoir les allonger, les rapprocher, les découper et les mettre en contact par leur bord libre, sans les renverser ni les tordre. Les divers procédés opératoires que lon emploie dans ces trois méthodes d’autoplastie témoignent des ressources immenses qu’offre cette a nouvelle de la chirurgie. Toutefois, s'il est vrai que l’autoplastie rende d’immenses services a la pratique chirurgicale, il est vrai aussi qu'elle occasionne quelquefois des accidents graves et méme la mort. Son exécution exige Ja plus grande prévoyance , jointe A une extréme habileté; et souvent lorsqu’elle échoue elle ajoute 4 la difformité primitive. D* Alex. Duckerr.

AUTOPSIE ( du grec adré¢ et Src, vision, signifie action de voir par soi-méme). Ce mot, synonyme de nécropsie, nécroscopie, est vicieusement consacré a exprimer linspection méthodique des cadayres, dans le but de découvrir les causes de la mort. L’art des autopsies est basé sur une proforde connaissance de l’anatomie normale et pathologique; c’est de lui que découlent les notions médicales les plus positives et les plus fécondes en résultats pratiques ; mais une de ses applications les plus délicates git dans les jumiéres qu’il peut fournir aux magistrats pour l’application des lois criminelles. L’infanticide, les divers genres d’homicide et de suicide ne penvent le plus souvent étre constatés que par Vautopsie de la victime. Cette branche de la médecine légale, qui rend Vhomme de l'art arbitre de la vie et de la mort de ses semblables, comporte une foule de préceptes minutieux qu’il est indispensable de puiser dans les traités spéciaux.

Les autopsies ont lieu par autorité de justice on sur la demande des familles. Les premidres sont faites par des hommes de l’art commis & cet effet, en présence de magistrats qui en constatent les résultats. Les secondes ont lieu Je plus souvent avant ’inhumation; il importe qu'elles ne précedent pas la constatation régulitre du déces. Si l'au-

AUTOPLASTIE — AUTORITE

topsie est réclamée aprés V’inhumation, il faut obtenir de Pautorité municipale les permissions nécessaires pour l’exhumation et l’autopsie.

AUTORISATION, acte par lequel certaines personnes ou certaines corporations sont relevées de Vincapacité dans laquelle les tenait la loi générale, et sont rendues habiles a contracter et a plaider. L’autorisation est nécessaire aux femmes mariées, aux mineurs, aux tuteurs, aux syndics, aux communes, aux hospices,

Les femmes mariées ont besoin de l’autorisation maritale pour ester en justice, vendre, donner, hypothéquer, acquérir a titre gratuit ou onéreux; elle est donnée par le tribunal sur le refus ou en l’absence du mari. Les mineurs émancipés doivent également étre autorisés de leur conseil de famille pour emprunter, vendre , aliéner. Le tuteur a besoin de Pautorisation du conseil de famille pour aliéner ou hypothéquer les biens du mineur, pour introduire une action en justice relativement 4 ses droits immobiliers, pour transiger en son nom, accepter une succession qui lui serait échue, une donation qui lui serait faite. Les syndics doivent produire celle de leur communauté ou compagnie quand il s’agit d’un acte qui dépasse les limites de l’administration. Il est des actes pour lesquels les administrateurs des hospices , des communes, maisons de charité , fabriques , efc., ont besoin de l’autorisation des sous-préfets, de celle des préfets, méme de celle du gouvernement en quelques cas : ils en ont également besoin pour plaider. Les créanciers des communes ne peuvent leur intenter aucune action sans y étre autorisés. .

Enfin les agents du gouvernement ne peuvent étre poursuivis en justice pour des crimes ou des délits commis dans Vexercice de Jeurs fonctions qu’en vertu d’une décision ou autorisation du conseil d’Etat.

AUTORITE. L’autorité, dans Vacception la plus générale du mot, est ce qui confére le pouvoir de commander a un autre et de le contraindre 4 certaines actions. Deux choses peuvent conférer ce pouvoir : la force ou le droit; ce qui donne lieu & distinguer d’abord deux espéces d’autorités, Vautorité de droit et celle de fait.

L’autorité de droit est celle, par exemple, que Dieu a sur les hommes, parce qu’étant la sagesse et la bonté méme, et ayant réglé leur destinée d’aprés les lois de cette sagesse élernelle , il peut légitimement exiger d’eux l’exécution de ces lois, et leur imposer tous les actes qui sont nécessaires pour conduire homme a Paccomplissement de sa destinée. »

L’autorité de fait est celle, par exemple, qu’exerce un conquérant sur un peuple qu’il a soumis par la force des armes , et auquel il impose violemment toutes les charges et toutes les institutions qu'il lui plait.

L’autorité envisagée sous un autre point de vue, d’aprés la maniére dont elle est exercée, donne encore lieu a distinguer deux sortes d’autorités :autorité absolue et Vautorité limitée.

“L’autorité absolue est le pouvoir d’ordonner tout ce qu'il plait 4 celui auquel on commande. Dieu seul posséde l’autorité absolue de droit et de fait : lui seul, en effet , a le droit @exiger de ’homme tout ce qu’il veut, parce qu’il ne peut rien vouloir que de bon et de sage. Nul homme, au contraire, ne peut ayoir l’autorité absolue de droit sur ses semblables ; car puisque c’est ia nature seule qui a réglé la destinée de Phomme, nul n’a le droit de changer, selon sa volonté et & son caprice, la destination de ses semblables, et de les détourner du but auquel la nature les a tous également appelés, Ainsi, la nature nous ayant accordé des facultés pour en faire un libre usage et Jes développer autant qu'il est en nous, pour atteindre Ja fin A laquelle elles sont propres , nul n’a le droit de mettre des entraves au libre usage et au développement de ces facult¢s. L’autorité absolue ne peut done pas evister de droit parmi Jes hommes; elle ne peut exister que

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