AUTORITE — AUTOS
humain, que ces hommes n'ont pu se tromper et n’ont point voulu nous tromper. Le crédit que nous leur accordons alors repose donc en dernier lier sur le crédit que nous accordons 4 notre propre raison; nous examinons ce qu’ils nous rapportent, nous vérifions par nous-mémes leurs titres a notre confiance, et quand nous les admettons, ce n’est qu’a nous seuls que nous ajoutons foi, car tous ces témoignages n’ont pour nous de valeur qu’aprés avoir été éprouvés dans le creuset de notre raison individuelle,
Il est nécessaire d’ajouter ici qu’une pareille confiance n’est légitime que quand il s’agit de faits; mais dés qu’il est question de yérités que nous pouvons connaltre par nousmémes et qui tombent ou peuvent tomber sous le raisonnement de chacun, les autorités les plus respectables ne sauraient avoir assez de poids pour balancer le témoignage de notre propre intelligence; et quand neous avons mirement pesé les raisons que notre réflexion nous suggére, les raisons opposées seraient-elles apportées par les hommes du génie le plus élevé, si elles nous paraissent évidemment inférieures aux ndtres, nous ne devons point hésiter a nous en fenir 4 nos propres lumiéres; car un homme peut avoir trouvé la vérité sur beaucoup de points , et étre précisément tombé dans lerreur a l’égard de celui-la. Quoique personne avant Newton n’edt exp!’ qué comme lui le systéme du monde, et que des explications opposées eussent été données par des hommes du plus grand génie, Newton ne s’arréta pas devant des noms, et il n’y eut point d’autorité si imposante qui pit prévaloir contre la clarté des idées et l’évidence des démonstrations rigoureuses que lui suggéra sa propre raison. C.-M. Parre.
AUTOS, c’est-a-dire acfes. A l’origine on appelait ainsi en Espagne toutes les procédures judiciaires et toutes les cérémonies publiques. Par la suite on se servit de ce mot pour désigner toutes les espéces de représentations dramatiques, et plus particuligrement les mystéres ou piéces spirituelles. Plus tard encore, vers ’époque de Lope de Vega, on le réserva exclusivement aux drames spirituels qu’on représentait publiquement pour ajouter 4 Téclat de certaines grandes fétes religieuses, se rattachant pour la plupart a des processions, et qui d’ordinaire consistaient en représentations allégoriques, mystiques, symboliques, d’une étendue moindre que les comedias. C’est par ce caractére symbolique, ou allégorique, ayant toujours quelque rapport direct avec un mystére de la foi , que les auéos, a proprement parler, différaient des comedias divinas. Comme celles-ci eurent pour point de départ les mystéres ecclésiastiques ou piéces de miracles, de méme les auéos furent une transformation des moralités. Ils apparaissent dés la premiére moitié du seiziéme siécle sous cette forme précise, essentiellement différente des autres espéces de représentations dramatiques, et n’atteignent leur plus complet développement, lapogée de leur perfection, qu’a l’époque de Lope de Vega, et plus particuli¢rement par les ceuvres de ce potéte, qui n’en composa pas moins de quatre cents, dit-on.
Quand les autos furent parvenus a cette forme épurée , la représentation en fut toujours précédée, comme celle des comedias, par un prélude (low) et par un entr’acte ( entremés ), le plus souvent du genre comique, et méme du genre de la farce. Venait ensuite action allégorique et religieuse proprement dite (auto), a laquelle, du reste, le plus souvent I’élément comique ne faisait pas défaut non plus; ce n’étaient méme quelquefois que des parodies spirituelles (a la divino) de sujets mondains parfaitement connus dont une application ingénieuse et la solution presque épigrammatique constituaient le charme le plus vif. A cet égard done les autos ne reniaient point leur origine, qui était les farces populaires représentées dans les églises : aussi, dans le principe, les intitulait-on souvent tout simplement Farsas, par exemple : Farsas del Sacramento.
Les principales espéces d’aufos sont les autos sacramens