AUTOS — AUTREAU
tales qu’on représentait le jour de la Féte-Dieu ( Fiesta del Corpus) , et dont le caractére le plus saillant consiste en scenes ailégoriques ayant trait & la solennité du jour. Ls n’étaient point divisés en actes ou jornadas, mais leur longueur dépassait celle dune jornada des comedias. La représentation en avait lieu dans les rues et les places publiques, sur des échafaudages temporaires élevés a cet effet et formant autant de reposoirs pour les processions du saint Sacrement, toujours faites avec une pompe éblouissante. D’ordinaire les acteurs des auéos suivaient la procession en voiture (de lA la dénomination de Fiesta de los Carros, qu’on donnait aussi a ces fétes), Le peuple qui accourait en foule a ces représentations , auxquelles, a Madrid, le roi assistait en personne avec toute sa cour, les écoutait avec la méme piété que les cérémonies saintes. Ces espéces d@autos furent portés a leur plus haut degré de perfection par Calderon, qui pendant trente-sept années successives en composa non-seulement pour les fétes du saint Sacrement célébrées 8 Madrid, mais pendant quelque temps aussi pour les villes de Toléde, Séville et Grenade, et qui fit preuve dans cette espéce de drames d’une extréme habileté. Eneffet, pour ce qui est dela profondeur de la composition, des ressources de Vinvention, des finesses de l’exécution et de 'enthousiasine mystique, il surpassa en ce genre tous les autres poétes espagnols, et il se surpassa lui-méme, attendu que ses autos, auxquels il attachait @ailleurs une grande importance, emportent pour art et le fini sur tous ses drames mondains. [1 alla jusqu’a écrire en forme d’autos plusieurs de ces derniers, entre autres le Peintre de sa propre honte et la Vie est un réve.
Une autre espéce d autos était ce que l’on appelait Autos al nacimiento; ils servaient 4 célébrer la naissance du Christ, et étaient représentés lors des fétes de Noél. I faut également en rechercher |’origine dans les fétes que l’Eglise primitive célébrait 4 Poccasion de la Nativité du Christ ( Ludi natales ), et les églogues ou noels de ’Espagnol Encina et du Portugais Gil Vicente peuvent ¢tre considérés comme les premiers essais tentés dans ces deux pays pour donner au drame une contexture plus confurme a l’art. L’Adoration des Bergers, la Fuite en Egypte, ou quelque autre circonstance se rattachant aux souvenirs que rappelle cette féte, en composent le sujet. Aussi la mére de Dieu et saint Joseph en sont-ils d’ordinaire les principaux personnages, et les personnages allégoriques n’y jouent qu’un rdle secondaire. Ces autos étaient joués tantot en plein air, tantot dans les églises et les sacristies; plus tard, on les représenta aussi dans les salles de spectacles, Quelques-uns sont divisés en trois jornadas; la plupart portent l’empreinte naiye ei enfantine de leur premiere origine.
Une troisiéme espéce d’awéos était enfin ceux qui avaient pour but de célébrer certaines solennités spéciales, par exemple, la fete de saint Jacques, patron de |’Espagne. Quelquefois méme des autos furent composés dans un but politique, par exemple pour cé¢lébrer le mariage de Philippe III avec larchiduchesse Marguerite, la conclusion d’une paix entre la France et l’Espagne, etc.
La forme métrique des aufos est d’ailleurs tout a fait analogue a celle des comedias. Pour se faire une juste idée du degré de perfection auquel était parvenue leur composition et de Pextréme variété qui les caractérise, il faut surtout lire ceux de Calderon, dont il a été fait une édition spéciale (6 vol., Madrid, 1717 ; 2° éditian, 1759-1760 ). Vers le milieu du dix-huitiéme siécle, ils furent interdits par ordre royal, comme constituant une indécente profanation des plus saints mystéres; et depuis ils sont tombés en désuétude, tout au moins comme genre permanent du drame espagnol.
AUTOUR (astur), genre d’oiseau de proie, de la famille des diurnes, de latribudes faucons, et qui se reconnait aux caractéres suivants : ailes plus courtes que la queue;
bec court, mais fort, courbé dés la base, convexe en dessus; tarses allongés, plus ou moins gréles ; doigts longs, armés d’ongles vigoureux. La briéveté de leurs ailes ne leur permet pas de voler aussi haut ni aussi longtemps que les vautours , les faucons proprement dits et les aigles : aussi pour saisir leur proie joignent-ils la ruse a la force, et c’est toujours de coté quils se précipitent sur les oiseaux qui passent a leur portée, au lieu de fondre sur eux perpendiculairement, comme la plupart des oiseaux de proie; lorsqwils prennent du repos, ils se placent vers le milieu des arbres touffus, d’ot ils guettent les oiseaux et les petils quadrupédes. Nous en avons deux especes en France : Vautour ordinaire et Vépervier.
autour ordinaire, long de 50 a 55 centimétres pour le male, et de prés de 65 centimétres pour la femele, est brun en dessus, avec des sourcils blanchatres, blanc dessous, rayéen travers de brun dans lage adulte, moucheté en long dans le premier age ; il a la queue cendrée avec quatre ou cing bandes brunes. Cet oiseau, qui se trouve communément en France, ot il passe toute ’année, est également fort commun en Allemagne, en Russie, en Suisse, en Irlande, plus rare en Hollande et en Angleterre. Il habite de préférence les montagnes boisées; les jeunes pigeons et autres volailles, les levrauts, les écureuils, les souris, les taupes, etc., forment sa nourriture. Son cri est rauque et fréquent. I] vit par paire, comme le font, en général, les oiseaux de proie; il construit sur les plus grands arbres un nid dans lequel fa femelle dépose quatre 4 cing ceufs d’un blanc bleudtre, avec des raies et des taches brunes.
La famille des falconidés renferme un genre qui tient en quelque sorte le milieu entre Vaigle et Pautour. Voyez At- GLE-AUTOUR. DEMEZIL.
-AUTRAN (Josern), poéte frangais , né a Marseille en 1812, débuta en 1832 par une ode a M. de Lamartine intitulée le Départ pour lV Orient. 11 donna ensuite la Mer (1835), recueil de poésies complété par les Pcémes de la mer (1852). En 1838 il fit paraitre Ludibria ventis, en vers; en 1841, Italie et Semaine sainie a Rome, en prose; en 1842, Milianah, épisode des guerres d’Afrique, en vers.
| La Fille d Eschyle, étude antique en cing actes et en vers
jouée 4 ’Odéon en 1848, recut un prix de 3,000 fr. de l’Académie francaise. Depuis, M. Aulran a encore donné Zaboureurs et soldats (1854); la Vie rurale, tableaux ef écits (1856), couronné d’un prix de 2,000 fr. par l’Acade: mie francaise; Epilres rustigues (1861); le Poéme des beaux jours (1862), le Cyclope (1863). Cet élégant écrivain a été élu membre de |’Académie francaise en 1868.
AUTREAU (Jacques p’), auteur dramatique, néa Paris en 1656, exerga d’abord la peinture. On a conservé le souvenir de deux de ses tableaux représentant La Mo//le Danchel et Fontenelle écoutant une lecture, et Diogéne, la lanterne & la main, cherchant un homie el le trouvant dans le cardinal de Fleury. D’Autreau avait prés de soixante ans lorsqu’il s’adonna au théatre. Quoique d’un caractére sombre et mélancolique, il a fait des comédies qui ont fait rire. Leur défaut est une trop grande simplicité d’intrigue; mais il a des scénes d’un bon comique; son dialogue est naturel; son style, quoique négligé, se distingue par une heureuse facilité.
Il donna au Théatre-Italien le Port a V Anglais, comédie en prose; c’est la premiére piéce dans laquelle les comédiens italiens aient parlé francais (le succés de cet ouvrage retint en-France.ces acteurs décidés a s’en retourner dans leur patrie) , et Démocrite prétendu fou, comédie en trois actes eten vers. I! fit pour ’Opéra Plaiée, ou la Naissance de la Comédie, dont la musique est de Rameau. Le Théatre- Francais représenta plusieurs de ses piéces , qui sont a peu prés oubliées : Clorinde, tragédie en cing actes ; le Chevalier Bayard , également en cing actes, et la Magre de l’Amour, pastorale en un acte et en vers. On lui doit en
outre Les Amants ignorunts ; L’Amante romanesque et capricieuse ; La fille inquiéte, ow le Besoin @aimer ; Panurge a marier, etc. D’Autreau occupe une place dans les fameux couplets attribués a J.-B. Rousseau; il y est appelé le peintre Autreau, toujours ivre. Il s’en vengea par la chanson :
Or, écoutez, petits et grands, L’histoire d’un ingrat enfant , ete.
Jacques d’Autreau mourut en 1745, a I’hdpital des Incuvables de Paris. Ses ceuvres dramatiques ont été publiées en 1749 avec une préface de Pesselier, CHAMPAGNAC.
AUTRICHE (Archiduché d’), Pune des principales parties del’empire d’Autriche, borné par la Bohéme, la Moravie, la Hongrie, la Styrie, I’Illyrie , le Tyrol et la Baviére, présente une superficie de 390 myriamétres carrés, avec une population, en 1870, de 2,727,227 ames. Au point de vue politique il est partagé : 1° en pays au-dessus de |’Ens ou Basse-Autriche, subdivisé en cercles au-dessous et audessus du Wienerwald , cercles au-dessous et au-dessus du Mannhartsberg; et 2° en pays au-dessus de l’Ens ou Haute-Autriche, comprenant les cercles de Muhl, de Hausruck, de Traun, de l’{nn et de Salzbourg.
AUTRICHE (Empire d’). Ce vaste empire est borné par la Saxe, la Prusse, la Russie, la Moldavie et la Valachie, la Servie, la Turquie, le Montenegro , la mer Adrialique, le royaume d’Italie, la Suisse et la Bayiére. Il se partage en deux grandes divisions politiques, l Awtriche cisleithane ou allemande, et l’Au/riche transleithane ou Hongrie. Ilya en tout 18 provinces, ainsi distribuées: 1° dans la monarchie autrichienne, la Basse-Autriche, la Haute- Autriche, Salzbourg, la Styrie, la Carinthie, la Carniole, les Coles ou l’Illyrie, le Tyrol et le Voralberg, la Bohéme, la Moravie, la Silésie, la Galicie, la Bukowine, la Dalmatie; 2° dans le royaume de Hongrie, la Hongrie, la Croatie et l’Esclayonie, la Transylvanie et les Frontiéres militaires. Ces différentes provinces sont subdivisées en cercles , comitats ou districts, selon leur nationalité. Celles qui faisaient partie de l’ancienne Confédération Germanique étaient Worigine exclusivement allemande. L’empire d’Autriche mesure une superficie totale de 585,165 kil. carrés; sa population, au 31 décembre 1869, s’élevail 4 35,943,592 habitants. Le recensement de 1857 en avait accusé plus de 37 millions; mais la cession des provinces d’Italie , faite a la suite des guerres de 1859 et de 1866, a fail perdre a Yempire prés de 5 millions de sujets.
La plupart des Etats autrichiens sont des pays de montagnes, et traversés par trois grandes chaines, les Alpes, les Karpathes et les Sudétes, dont les crétes principales se composent de montagnes primitives, Les Alpes s’étendent depuis Bernhardin jusqu’au Danube, atteignent dans le Tyrol les points les plus élevés qu’offre toute la monarchie, lV Orteles et le Grossglockner , puis perdent de leur hauleur &@ mesure qu’elles s’avancent vers l’est. Le mont Leitha, dont l’élévation est 4 peine de 1,000 métres, les relie aux Karpathes, qui s’élévent de la rive gauche du Danube dans les masses granitiques colossales de la chaine de Tatra, atteignant une hauteur de 2,672 métres au pic de Lomnitz, et de 2,720 métres au mont Bucsés, prés de Kronstadt. Les Alpes sont accompagnées au nord et au sud de chaines calcaires , suivant toutes une direction paralléle, et dont les unes atteignent une hauteur de 3,074 métres, avec Je Dachstein sur les frontitres de Saltzbourg, de Styrie et dAutriche, et dont les autres, les chaines méridionales, qui remplissent avec leurs ramifications presque toute !’Illyrie et la Dalmatie, atteignent leur point culminant au mont Terglou, dont la hauteur est de 2,931 métres. Les Karpathes , qui dans leur développement décrivent un are, sont entourés au nord de grandes masses de grés qui remplissent aussi presque toute la Transylyanie. Aux Karpathes se