‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 17 sur 488 · ARMADA — ARMAGNAC · texte numérisé non relu

ARMADA — ARMAGNAC

ratifs militaires avaient en outre été faits dans les ports de Flandre, et une armée de 14,000 hommes de troupes de débarquement avait été réunie dans les Pays-Bas, préte a s’embarquer au premier signal sur des bateaux plats, construits a cet effet. A l’élite de la noblesse et des princes d’Italie et d’Espagne, jaloux de figurer au nombre des conquérants de l’Angleterre , étaient venus se joindre une centaine d’aventuriers anglais , commandés par un misérable , banni pour avoir vendu une forteresse hollandaise aux Espagnols. On se promettail de tirer bon parti des intell'gences locales que ces malheureux mettaient a la disposition de Ventreprise.

Il semblait done que la Grande-Bretagne ne fat pas de force A lutter contre un ennemi aussi puissant; mais la grande Elisabeth était a la hauteur du danger qui la menagait. L’Angleterre ne comptait pas en tout plus de 14,000 matelots, et la marine de ’Etat ne se composait que de vingt-huit batiments de trés-minimes dimensions; mais les marins anglais ¢taient a tous égards infiniment supérieurs 4 ceux contre lesquels ils ayaient a lutter. L’attachement enthousiaste de la nation pour ses libertés politiques et religieuses produisit dailleurs des prodiges. Londres fournit a elle seule cinquante batiments armés en guerre et 10,000 hommes; et une foule d’autres villes imitérent

ce patriotique exemple. La noblesse et la haute bourgeoisie, dans les rangs desquelles se trouvaient cependant plusieurs catholiques de distinction, rivalisérent d’efforts et de sacrifices pour déjouer la conspiration tramée contre l’existence politique de leur pays; elles firent construire , équipérent et armérent a leurs frais plus de quarante batiments de guerre, et tout argent que le gouvernement de la reine demandapar voie d’emprunt lui fut accordé avec empressement. Le commandement en chef des forces navales fut confié a lord Howard d@’Effingham; le gros de la flotte fut stationné a Plymouth, et une escadrille de quarante batiments I¢gers, commandeée par lord Seymour, alla croiser 4 la hauteur de Dunkerque. Une armée forte de 20,000 hommes fut ensuite échelonnée le long des cétes, et un corps d’égale force, avec 1,000 chevaux, concentré a Tilbury, aux ordres du comte de Leicester, pour la défense dela capitale. Le corps d’armée principal, ne présentant pas un effectif moindre - de 40,000 hommes, fut placé sous les ordres de lord Hunsdon, et chargé de veiller 4 la streté personnelle de la reine. Le 29 mai 1588 la flotte espagnole appareilla de Lisbonne; le 19 juillet elle entra dans les eaux du canal Saint- Georges, évoluant en forme de croissant, et n’occupant pas moins de sept milles dune de ses extrémités a Pautre. Apprenant son approche, Effingham ordonna 4 la flotte sous ses ordres d’éviter tout engagement mélé, et d’escarmoucher contre les plus lourds batiments de l’ennemi; mancuyre qui fut exécutée six jours durant. L’Armada ayant atteint Calais y jeta Pancre pour y altendre l’armée du prince de Parme, lequel ne consentit a quilter les ports de Flandre que lorsqwil lui fut démontré que les Espagnols étaient mailres de la mer. Tandis que cette flotte était groupée sans ordre dans les eaux de Calais, amiral anglais, usant d’un heureux stratageéme, lacha sur elle plusieurs pelils navires charges de matiéres enflammées. Les Espagnols en éprouyveérent une telle épouvante, qu’ils coupérent aussilot leurs cables, el que chaque vaisseau se prit 4 fuir dans la premiere direction venue. Les Anglais se lancérent alors a la poursuite de Vennemi, et lui coulérent 4 fond plusieurs batiments. Le lendemain une violente tempéte assaillit ? /nvincible Armada, quand elle eut dépassé les Orcades; et la majeure partie des vaisseaux qui avaient échappé au désastre naval de la veille furent rejetés par la fureur des vents sur les cétes occidentales de l’Ecosse et sur celles de ’'Irlande, ou ils se briserent misérablement.

Ainsi se termina une expédition destinée a asservir |’Angleterre. De ce jour-la c’en fut fait de la suprématie que

Espagne avait jusque alors exercée sur les mers; de ce jour aussi date la prépondérance maritime de l’Angleterre.

ARMADILLE. Voyes Tatov.

Des débris fossiles d’animaux de cette espece ont été trouvés dans Amérique du sud et forment le genre Glyplodon.

On nomme aussi armadille un genre de crustacés de Vordre des isspodes, Leurs mours sont a peu pres les mémes que celles des cloportes; ils se tiennent dans les lieux humides. On en connail c'vquante espeéces, dont une particulivre a l’Italie est employée en médecine.

ARMAGH, comté d'Irlande, dans Ulster, compte 171,355 habitants sur une superficie de 1,325 kil. carrés, la plupart en terres de labour. Le sol est ondulé et traversé par une chaine de collines, dont la plus élevée est le Slieve Gullion (575 métres). Il présente en général un aspect pittoresque et sauvage. De nombreuses rivieres Parrosent ainsi que plusieurs lacs, entre autres le lac Neagh. Le lin est la production principale du pays; on exporte aussi des grains, du bétail, de la laine et des cuirs.

Armagh, chef-licu de ce comté, est une vieille ville agréablement siluée sur les pentes d’une colline que baigne le Callen. Elle est la résidence d’un archevéque catholique et d’un archevéque anglican, primat de ’Irlande. Outre le palais de ce dernier prélat, elle posstde un élégant hdétel de ville et une belle cathédrale. Armagh était au moyen age la métropole littéraire de ’Irlande. Il y a 7,866 dmes.

ARMAGNAGC, nom dune ancienne province du midi de la France, primitivement comprise dans le duché de Gascogne, et formant aujourd’hui le département du Gers, ainsi qu’une partie de Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et Haute-Garonne. Elle s’étendait du pied des Pyrénées aux rives de la Garonne, et était divisée en Haut et Bas Armagnac. Son sol, d’une rare fertilité, propre surtout a l’éducation des bestiaux ainsi qu’a la culture des grains et de la vigne, qui y donnent des produits trés-estimés , est morcelé a Pinfini, et appartient en grande partie 4 une noblesse aussi pauvre que nombreuse. La principale industrie des populations consiste dans la distillation des eaux-de-vie, et les produits des distilleries de Armagnac figurent avantageusement dans le commerce entre ceux des distilleries de la Saintonge et de Cognac. Courageux , énergiques, de mceurs simples et douces, les habitants de ces contrées, malheureusement encore trop enclins a la superstition et a végéter dans ignorance, étaient autrefois trés-recherchés pour le service militaire. La province d’Armagnac portait alors le titre de comté ; Lectoure était sa capitale.

Au temps du roi Charles ViI les Armagnacs formérent le noyau de ces bandes d’aventuriers armés commandées, entre autres chefs, par le comte d’Armagnac, qui exercé-

pendant longtemps en France les plus horribles dévasns. Pour débarrasser d’eux le pays, aprés la soumission de Jean IV d’Armagnac, et aussi dans l’espoir de se donner Je Rhin pour frontiéres naturelles, Charles VIT, a l’invitation de l’empereur Frédéric 111 et des seigneurs de |’Alsace et de la Souabe, qui comptaient par 1a réussir 4 replacer la Suisse sous le joug impérial, envoya deux armées de ces Armagnacs, l'une, forte de 20,000 hommes, contre les villes de Metz, de Toul, de Verdun, et contre l’Alsace; Yautre, forte de 30,000 hommes, et commandée par Je dauphin en personne, contre le Sundgau et le pays de Montbelliard. Mais les Suisses triomphérent glorieusement de ces bandes d’aventuriers, dans la journée du 26 aodt 1444, a la célébre bataille de Saint-Jacques sur le Bois, ou une poignée de braves surent périr pour sauver leur patrie. L’année suivante les populations de |’Alsace réussirent également 4 se débarrasser des bandes indisciplinées des Armagnacs, tantét en les forgant par des victoires 4 battre en retraite , tantot en les y déterminant par des négociations; enfin Charles VII congédia le reste.

ARMAGNAC (Maison pn’). Guillaume Gercie, comte

Page 1