AVARIE — AVEIRO
livrerait les marchandises et recevrait son fret s’interdirait tout droit d’action d’avarie contre les affréteurs.
AVATAR, mot sanscrit qui exprime la descente sur Ja terre, sous une forme tangible, d’une divinité hindoue. Tl est dans cette acception & peu prés synonyme du terme chrétien d'incarnation. Les plus célébres avatars sont ceux de Vichnou. Cette doctrine touche de fort prés a celle de la transmigration des dames.
AWVAUX (C1aupe pe MESMES, comte pb’), conseiier au grand conseil, maitre des requétes, conseiller d’Etat, appartenant & une des famnilles les plus illustres de la magistrature, acquit une grande réputation dans les différentes ambassades ot i] représenta la France : d’abord a Venise, en 1627, puis en Danemark , en Suéde et en Pologne. Il fut un des négociateurs de la paix de Westphalie, qui mit fina la guerre de Trente Ans. Aprés avoir rempli plusieurs années les fonctions de plénipotentiaire 4 La Haye et 4 Munster, les intrigues de Servien, son collégue, de qui il avait éprouvé plus d'un désagrément, le firent rappeler tout & coup, au moment ou la paix allait ¢tre signée. Aprés un court exil dans ses terres, Mazarin lui rendit les fonctions de surintendant des finances. D’Avaux mourut en 1650, agé de cinquante-cing ans. On a publié de lui des Lettres et des Mémoires sous le titre de Négociations (1752).
AVAUX (J.-ANToINE DE MESMES, comte pb’), neveu du précédent , conseiller au parlement , suivit aussi la carriére diplomatique. Il fut d’abord ambassadeur & Venise, et alla ensuite comme plénipotentiaire & Nimégue, ot il s’attacha a Croissy, frére de Colbert, qui le fit secrétaire d’Etat des affaires étrangéres a la disgrace de Pomponne. D’Avaux, quelque temps aprés la paix de Nimégue, fut ambassadeur en Hollande. il avait de l'adresse, de Vinsinuation, de la douceur, et il était toujours bien informé. Il eut dés les premiers temps des renseignements sur le projet de la révolu-
tion d’Angleterre de 1688, lorsque tout était encore secret, et il avertit Louis XIV. Mais on aima mieux croire Barillon, ambassadeur en Angleterre , qui, trompé par Sunderland et les autres ministres du roi Jacques I, affiliés 4 la conjuration, rassura toujours la cour de Versailles, et lui persuada que ses soupgons étaient chimériques. Quand la révolution fut accomplie, d’Avaux quitta la Hollande et passa en Irfande, en qualité d’ambassadeur auprés du roi Jacques II, qui, malgré ses avis, s’opinidtrait 4 donner dans tous les piéges qui lui étaient tendus. De 1a il fut nommé ambassadeur en Suéde, ow il réussit trés-bien. En 1705, aux approches de la guerre de la succession, il fut renvoyé en Hollande, pour tacher de prévenir, sil était possible, la rupture imminente ; mais ascendant du roi Guillaume l’emporta. D’Avaux mourut en 1709, aprés avoir été opéré de la pierre. ARTAUD.
AVEDIRK, patriarche des Arméniens schismatiques, hé- ‘os dune des nombreuses versions dont le probléme histotique du Masque de Fer a été le sujet. Celle, du reste, A laquelle il a donné lieu ne saurait soutenir un instant )’6preuve d’un examen sérieux.
Avedik , parvenu au patriarcat par la protection du muphti, avait excité en 1701 une violente persécution contre les catholiques; Ferriol, ambassadeur de France prés la Sublime-Porte , Pavait fait déposer, exiler et renfermer plusieurs fois, eten dernier lieu dans les premiers mois de 1706. On le conduisait 4 Chio lorsque les jésuites le firent enlever et embarquer sur un batiment francais qui devait le transporter & Marseille, et le remettre entre les mains de Montimort. Cet enlévement avait été concu et dirigé par le pére Braconnier, jésuite 4 Constantinople, et le pére Tarillon , jésuite a Chio. I] ne pouvait rester ignoré. Le ministére ottoman envoya le capidyi-bachi a Chio pour obtenir des renseignements du vice-consul francais, M. Bonnal, qui nia tout. Le grand seigneur prétendit alors rendre l’ambassadeur frangais responsable de cet attentat, L’ambassadeur
eut de fréquentes conférences & ce sujet avec le grand vizir, et finit par prendre engagement d’écrire 4 sa cour, et de supplier le roi son maftre d’écrire au roi d’Espagne pour que ce prince fit sortir Avedik de la prison de Messine, oti il était détenu, et lui permit de retourner a Constantinople.
Tel était état des négociations en 1707, Nouvelles réclamations en 1710 et 1713. A cette derniére époque , Desalleurs , ambassadeur de France 4 Constantinople, parvint a assoupir cette affaire, et il n’en fut plus question.
Il suffit, du reste, pour se convaincre qu’Avedik n’était point Homme au masque de fer, de comparer les dates : le prisonnier mystérieux est mort en 1703, eta été enterré dans le cimetiére de la paroisse Saint-Paul, a Paris, le 19 novembre de la méme année; Avedik était encore dans les prisons de Messine en 1707. Durey (de l'Yonne),.
AVEIRO ( Averium, Talabrica), ville de Portugal, située dans la province de Beira, & 55 kilom. nord-nord-ouest de Coimbre, sur la rive gauche de l’estuaire de la Vouga, avec une population de 5,000 4mes, un évéché suffragant de Braga, de riches exploitations de marais salants, d’abondantes péches de sardines, et d’huitres réputées les meilleures du Portugal, un port vaste et sdr, mais ensablé et ayant une entrée peu profonde, et un commerce actif en huile, vin, huitres, sardines, autres poissons, oranges ef sel marin. Au seiziéme siécle Aveiro ful érigé en duché avec son ferritoire par le roi Jean III, et demeura a ce titre jusqu’en 1720 dans ja maison de Lancastro. Le dernier duc d’Aveiro, accusé d’avoir trempé dans une conspiration contre Joseph !**, perdit la vie dans les tourments en 1759.
AVEIRO (Dom JosepH MASCARENHAS, duc p’), titre passé dans sa famille depuis 1720 par héritagé, a i°extinction de ladescendance male et directe de la maison de Lancastro, était, il y aun sidcle, un des seigneurs qui faisaient le plus figure a la cour de Lisbonne. II avait été grand maitre de la maison du roi et avait joui d’un crédit sans bornes pendant tout le régne de Jean Y. L’avénement de Joseph Emanuel, et surtout l’arrivée du marquis de Pombal aux affaires, modifiérent complétement sa position; et bientot les sarcasmes piquants qu’en toutes occasions il langait au tout-puissant ministre, le firent regarder comme un des chefs des mécontents. Les jésuites, dont le créditavait beaucoup baissé, se rattachérent a la petite coterie de courtisans frondeurs dont Aveiro était l’4me. C’est dans ces circonstances que Joseph Emanuel, revenant un soir (3 septembre 1758) incognito de chez sa maitresse, la marquise de Tavora, deux coups de feu furent tirés sur son carrosse; et le roi recut une blessure légére a l’épaule. L’attentat était constant, mais quels en étaient les auteurs? C’est 1a une question sur laquelle régne encore aujourd’hui une profonde incertitude. Un fait certain, c’est que Pombal vit la une occasion de perdre dans l’esprit de son maitre les jésuites ( voyez MALA- GripA ), et en méme temps de se débarrasser de quelques courtisans qui lui portaient ombrage. Par l’imprudence de ses propos, Aveiro, plus que tout autre, semblait autoriser les soupcons qu’on jeta aussitét sur lui; cependant, prévenu a temps, il refusa de se sauver. Puis, i! opposa la résistance la plus désespérée aux individus chargés de Parréter. On ne peut s’empécher de frémir d@horreur en lisant les détails de l’atroce supplice qui lui fut infligé, le 13 Janvier 1759 (il était alors 4gé de cinquante et unans), ainsi qu’aux individus déclarés ses complices, entre autres le marquis de Tavora, le mari de la maftresse du roi, ses deux fils et sa vieille mére. Enfermés, pendant l’instruction du proces, dans les loges des bétes féroces, au chateau de Belem, on les rouva vifs, puis leurs corps disloqués, mais respirant encore, furent livrés aux flammes. Ceux qu’on voulut traiter avec plus de mansuétude, furent préalablement étranglés. Mais les cendres des uns et des autres furent jetées & la mer, avec une solennité a laquelle on s’efforea d’attacher l’expression de l’exération publique. La vieille marquise ne fut que décapitée ;
quant 4 sa belle-fille, on la relégua dans un couyent. En outre, les Jésuites furent bannis du royaume.
Du reste, la procédure relative a cette affaire fut conduite de la maniére la plus arbitraire, et tout porte a penser que la plupart des prévenus étaient complétement innocents des
| faits mis a leur charge; une profonde obscurité régna tou-
‘jours sur l’accusation dont ils furent Vobjet. C’était bien moins des accusés qu’il s'agissail de ‘uger , que des adversaires dont on voulait se défaire a tout prix.
Sous le régne de Marie Ie ce proces fut révisé, et un arrét en date du 23 mai 1781 cassa celui qui avait été précédemment rendu 4 l’égard de six personnes, dont, en conséquence, la réhabilitation fut prononcée. Mais elle n’a jamais eu lieu, et l’on s’est débarrassé, il n’y a pas longues années, avec une petite rente viagére, des réclamations d’un des descendants de la victime de cette tragédie judiciaire.
AVELINE, nom d’une espéce particuliére de noisette tirant sur le violet, et plus grosse que la noisette ordinaire. Les avelines, trés-recherchées des confiseurs, entrent dans une foule de préparations culinaires, et sont plus nourrissantes que les noix; mais la digestion en est difficile. Elles contiennent une certaine quantité d’huile et de sel volatil. Cultivé avec succés dans nos jardins, l’avelinier (corylus avellana, Linné) croit spontanément, ainsi que les autres especes de noisetiers, dans nos foréts.
AVELLANEDA (Atonzo-FernanveEz), pseudonyme sous lequel s’est caché l’auteur d’une suite 4 Don Quichotie qui parut du vivant méme de Cervantes et avant qu’il edt pu donner la fin de son roman. Cette suite a été jugéesévérement par Clemencin, Pellicer, Eximeno, Mayans y Siscar, Navarrete, Sismondi, Ticknor, Nodier, Villemain, MM. Viardotetde Puibusque. Don Augustin Montiano y Luyando, Lesage qui le traduisit, M. Biedermann, et M. Germond Delavigne, qui l’a traduit de nouveau en 1853, sont d’un autre avis. L’auteur prend le tilre de « licenciado, natural de la villa de Tordesillas. » M. Germond Delavigne I’attribue aux fréres Argensola, M. Philaréte Chasles a Luis Alliaga, confesseur du roi, qui avait pu fournir plus d’un trait 4 Sancho et au chevalier de la triste figure. L. L.
AVELLINO, ville d’Italie, chef-lieu de la province du méme nom (ancienne principauté Ultérieure), est une ville de 24,000 habitants, située sur la route de Naples a Bari, 4 45 kilometres est de cette premiére ville, au pied du mont Vergéne ; siége d’un évéché suffragant de Bénévent, d’une cour criminelle, d’un tribunal civil, d’un collége; place fortifiée, célebre par les événements de la révolution de 1820. Assez mal batie d’ailleurs, elle a a diverses reprises beaucoup souffert de tremblements de terre, et a gardé notamment le souvenir de ceux de 1696, de 1731 et de 1805; mais la situation en est ravissante. Sur la place publique, servant de marché, s’éléve un assez bel obélisque. Elle appartenait 4 la maison de Carraccioli, dont l'un des membres porte le titre de prince d’Avellino. La fabrication de draps communs, de macaroni, le commerce des grains, et la teinture, que favorise singuliérement Ja nature de l’eau qu’on y trouve, forment les branches principales de Vindustrie des habitants. Les environs sont renommeés pour la production des chataignes et des noisetles, et souvent ces fruits tiennent lieu de pain au paysan. Il est question dans Pline des nuces avellane, alors déja célébres, Non loin d’Avellino et de Bénévent, prés du bourg d’Arpaja, se trouve un défilé demeuré célébre dans Vhistoire des guerres de Rome contre les Samniles, sous le nom de Fourches Caudines.
AVELLINO (Francesco), archéologue, né le 14 aot 1788, 4 Naples, ob son pere était archilecte, se consacra d’abord a Vétude du droit. Le godt des antiquités le conduisit 4 Rome, ou il se lia avec Zoéga, Marini et Seroux d’Agincourt. A son retour 4 Naples, il obtint d’abord un emploi public; mais bientdt il accepta la chaire de littéra-