‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 177 sur 488 · AVENTURINE — AVESNES · texte numérisé non relu

AVENTURINE — AVESNES

Venise, et l'art de ka produire semblait devoir rester entierement le secret de ce pays. Cependant les essais de Lepaillif le conduisirent & une analyse assez exacte de l’aventurine artificielle, et depuis le probléme a été complétement résolu par MM. Frémy et Clémandot. En chauffant pendant douze heures un mélange de 300 parties de verre pilé, de 40 parties de protoxyde de cuivre et de 80 parties d’oxyde de fer des battitures, et en soumettant ensuite ce mélange d un refroidissement trés-lent, les deux chimistes que nous venons de nommer ont obtenu de beaux échantillons d’aventurine.

L’aventurine naturelle est une variété de quartz grenu, colorée le plus souvent en rouge ou en jaune, et dans laquelle de petites parcelles minérales ou des paillettes de mica forment des points brillants dont la pierre est parsemée; le quartz grenu est quelquefois remplacé par du feldspath.

AVENZOAR ( Asou-Merwan-Ben-ABDEL~MALEK-BEN Zoar, dont on a fait), célébre médecin arabe, naquit & Penaflor, prés de Séville, en 1070. Il était juif de religion. I entra au service de Yousef-Ben-Tachefyn, prince de Maroc.

Le plus grand titre de gloire d’Avenzoar est d’avoir eu pour éléve Averrhoés, qui, tout détracteur qu’il est des autres médecins, parle toujours de son maitre avee vénération et méme avec enthousiasme. « Pour parvenir, dit-il, 4 une connaissance profonde de la médecine, il faut lire avec soin les ouvrages d’Avenzoar, qui en sont le vrai trésor. Il a connu toutce qu’il est permis 4lhomme de connaitre dans ces matiéres, et c'est a sa famille que l’on doit la vraie science médicale. » Avenzoar mourut a l’age de quatrevingt-douze ans, Van 557 de l’hégire (1162 de J.-C.). Son fils, né 4 Cordoue, en 1142, mort en 1216, fut célébre aussi comme médecin. Il a laissé des ouvrages estimés, mais dont aucun n’a été imprimé.

AVERNE (en grec ”Aopvoc, sans oiseaux), lac dans le royaume de Naples, entre Pouzzole et Baia, auprés duquel se trouve l’antre de la fameuse Sibylle de Cumes. Sa forme est circulaire; il a 3 kilométres de tour, et sa profondeur en quelques endroits est de 60 métres. Entouré de collines couvertes autrefois d’épaisses foréts, qui ne laissaient pénétrer qu’un jour sombre, il avait un aspect lugubre et désolé, et exhalait des vapeurs fétides qui empestaient Pair. Les oiseaux qui traversaient ces régions périssaient infailliblement. Des peuplades sauvages avaient habité dans des temps reculés les grottes qui entourent le lac Averne; telle est Porigine dela fable qui y avait placé les Cimmériens, plongés dans une éternelle nuit. Plus tard des prétres s’établirent sur les bords de ce lac; ils évitaient-Ja lueur du soleil, et ne quittaient leurs anties que la nuit pour apaiser les manes : aussi les bocages de cyprés qui se trouvent en ces lieux étaient consacrés 4 Hécate. Homére et Virgile y ont placé entrée des enfers et lascéne du passage d’Ulysse.

Agrippa transforma le lac Averne en un port en le faisant communiquer par un canal avec le lac Luerin; l’éruption de Monte-Nuoyo en 1538 a détruit cette communication. Aujourd’hui le lac Averne ressemble bien peu a celui que nous ont dépeint les historiens et les poétes de |’antiquité : ses eaux ne sont plus malfaisantes; les oiseaux peuvent sans danger jouer a la surface; rien n’est plus pittoresque que ses bords.

Ayerne, chez les anciens, se disait encore de certaines grottes qui exhalaient dans les environs des vapeurs pestilentielles et dont Pair était contagieux.

AVERRHOES, dont le véritable nom était Anou’L Wat1D-IBN-Boscup, le plus célébre d’entre tous les philosophes arabes, naquit vers l’'an 1149, & Cordoue, en Espagne. Son pere, qui remplissait dans cette ville les fonctions de grand juge et de mufti, Vinstruisit lui-méme dans la loi mahométane, et lui donna Tophail pour professeur de théologie et de philosophie. Averrhots cut pour maitre en médecine le

célébre Avenzoar. Ses talents et ses connaissances !u! méritérent d’étre choisi pour succéder & son pére dans la place qu’il remplissait 4 Cordoue. Le roi de Maroc le fit ensuite cadi de la province de Mauritanie ; mais des envieux ayant aceusé de s’étre écarté des véritables principes de la foi mahométane, il fut destitué de ses emplois et condamné a faire pénitence publique. Il retourna alors en Espagne, ou i! véeut dans une grande détresse jusqu’a ’époque ot le khalife Almansor le rétablit dans ses titres et dignités. Tl se ren: dit alors de nouveau dans le Maroc, ot il mourut en 1195 ou 1206.

Averrhoés considérait Aristote comme le plus grand philosophe qui edt jamais existé. Il traduisit ses ouvrages, et les commenta avec beaucoup de sagacité. Toutefois on sent trop dans ses travaux sur ce penseur l’influence de !’école d’Alexandrie. 11 défendit @ailleurs le rationalisme philosophique contre les Arabes orthodoxes, notamment contre Algazali. Les Arabes le désignent par l’épithéte d’éditeur (dAristote ), et ils faisaient un cas tout particulier de sa traduction des ouvrages du philosophe de Stagire , qu’il entreprit d’aprés une traduction syriaque. Les wuvres d’Averrhoesnenoussont connues que d’apreés des traductions latines ( Venise , 1489 ). Ses commentaires sur Aristote ont été imprimés a la suite de |’édition en 11 volumes des ceuvres de ce philosophe, publiée en 1560 4 Venise. Averrhoés est aussi Yauteur dun systéme médical qui a été traduit en Jatin sous le nom de Colliget ( mutilation du titre arabe Kulliyat), et qui a souvent été réimprimé (Venise, 1482 et 1514).

Dés le treiziéme siécle la philosophie d’Averrhoés joua un role important dans l’Eglise chrétienne, encore bien que ses idées panthéistes sur l’unité du principe actif dans Punivers aient souvent été anathématisées. On a aussi désigné I’astrologie sous le nom d’averrhoisme. Aux quinziéme et seiziéme siécles ses partisans se désignaient eux-mémes sou: la qualification d’Aver; ils avaient pour chef Alexandre Achillini, ‘

AVERSA, ville d’ltalie, province de Caserte (ancienne Terre de Labour), entre Naples el Capoue, a 14 kilom. nord de cette premiére ville, au sein d’une contrée magnifique , riche en vignes, en orangers et en villas. Siége d’un évéché immédiat , elle est hien batie, et posséde 19,000 habitants , une cathedrale, neuf paroisses et un grand nombre de couvents, un célébre hospice daliénés et un hospice dorphelins

Aversa fut fondée en lan 1029 par les Normands, sur un lerritoire quileur fut coneédé a titre de fief par le duc Serge de Naples. L’empereur Conrad II confirma a leur chef, Rainulf, le titre de comte d’Aversa, et celui-ci le reconnut pour suzerain. En 1061 ce comté fut réuni a celui de Capoue, et devint un fief pontifical. C’est dans Aversa que fut étranglé, en 1345, André de Hongrie, époux de Jeanne, reine de Naples. Au mois de décembre 1860 eette ville se souleva contre jes Garibaldiens qui en restérent maftres.

AVERSION. Voyez Haine et Facutrés.

AVERTISSEMENT. Voyez Journat.

AVESNES,, ville de France, chef-liew d’arrondissement du département du Nord, située sur |’Helpe majeure, peuplée de 3,737 habitants, avec un tribunal de premiére instance, un collége, une société d’agriculture, etc. C'est une place de guerre fortifiée d’aprés le systeme de Vauban. La ville est bien construite : on remarque ja cathédrale avec sa tour haute de cent métres, hotel de ville, le Palais de Justice , les batiments militaires, ete. On y compte deux imprimeries , des savonneries, des brasseries et fabriques d’hydromel, des raffineries de sel, des scieries de marbre, des tanneries, des tuileries et des briqueteries. Le commerce consiste en bois, marbre, pierre de taille, ardoise, lin, houblon, bestiaux , fromage et quincaillerie. Cette ville doit son origine a une forteresse que Widric Barbu , seigneur de Leuze, fit construire sur les bords

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de ’Helpe, au onziéme siécle. Elle faisait partie du Hainaut. Louis XI la prit, et passa presque toute la population au fil de I’épée. En 1559 les Espagnols l’enlevérent a la France, a laquelle le traité des Pyrénées la restitua un siécle aprés. Pendant les guerres de l’invasion , cette ville tomba au pouvoir des Russes en 1814 et des Prussiens en 1815. Ces derniers my entrérent que par suite dun accident, l’explosion d’une poudriére qui détruisit presque toute la ville.

AVEU, AVOUER. Dans les relations habituelles de la vie, avouer, c'est simplement reconnaitre, approuver, autoriser. Une chose faite de mon aveu est une chose que jai autorisée, que j'approuve, et que je reconnais comme faite de ma part, en mon nom ou de mon consentement. Souvent le mot avew signifie, non pas une approbation formelle , mais un simple agrément, une sorte d’acquiescement. Ilse prend méme quelquefois dans le sens d’opinion ou de godt. C’est ainsi qu’on dit : Cette piéce est mauvaise de Paveu de tout le monde. La réyocation de l’aveu est le désaveu ; mais on peut désavouer aussi des personnes, des démarches pour lesquelles nul aveu, nulle autorisation n’a eu lieu précédemment. On peut désavouer un ambassadeur qui a traité ou agi sans autorisation , comme on peut le désayouer pour avoir mal compris ou bien outrepassé une autorisation donnée.

La plupart de nos actions ayant le caractére de Ja moralité ou de l'immoralité, ?aveu ou le désaveu qui s’y rapporte participe a ce caractére. L’aveu d’une action méritoire n’a souvent rien de méritoire. S’il peut quelquefois n’étre pas méritant, et d’autres fois avoir quelque chose qui blesse non-seulement V’humilité religieuse, mais jusqu’a la plus simple modestie, aveu d’une erreur ou d’une faute a toujours le caractére du mérite lorsqu’il est inspiré par le respect du devyoir, par le désir de rendre hommage aux principes qui le réglent , par celui de réparer le tort que l’on a fait et le mal que l’on a commis, ou encore par |’obligation ot on se sent d’effacer un mauyais exemple. Le mérite de ’aveu ou du désaveu dépend des motifs qui l’inspirent. Par conséquent l’aveu d’une erreur et d’une faute, loin d@’étre toujours méritoire, peut devenir une faute nouvelle. L’aveu fait avec plus d’ostentation et d’orgueil que de modestie et d’humilité , ’aveu d'une mauvaise action fait avec impudence, ne serait encore qu'une action coupable. Les motifs méme ne suffisent pas pour rendre un aveu complétement méritoire; pour qu’il ait ce caractére il faut que toutes les intentions, tous les efforts et tous les sacrifices d’une réparation légitime viennent s’y joindre. A ces régles , tracées par la morale philosophique, la morale religieuse confére son auguste sanction avec des directions encore plus délicates et plus sublimes. Elle exige que l’aveu du péché soit formel, explicite, accompagné non-seulement de regrets, mais de repentir, et elle n’accorde le pardon de la faute qu’a l’expiation consommée.

En matiére de droit civil, l’aveu est une maniére de prouver les obligations; c’est une déclaration contenant reconnaissance d’un fait ou d’une obligation. L’aveu est judiciaire ou extrajudiciaire. — L’aveu extrajudiciaire est celui qui est fait hors justice, c’est-a-dire dans une lettre, dans une conversation ; il ne lie celui & qui il est opposé qu’autant qu’il résulte dun acte écrit ; lorsqu’il est purement verbal, il est inutile , & moins qu’il n’ait pour objet une chose dont la loi permet de faire la preuve par témoins, — L’aveu judiciaire est la déclaration que fait en justice la partie ou son fondé de pouvoirs spécial ; il fait pleine foi contre son auteur ; il ne peut étre révoqué que pour erreur de fait, et jamais sous prétexte d’erreur de droit. L’aveu, soit judiciaire, soit extrajudiciaire, ne peut étre divisé contre celui qui I’a fait, c’est-adire qu'on ne peut pas s’emparer d'une partie du fail avoué ef rejeter l'autre. — On emploie encore ce mot pour exprimer la reconnaissance qui est faite en justice ou devant un notaire d'une écriture privée ou d'une signature qui y est apposée.

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