‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 181 sur 488 · AVEUGLE — AVEYRON · texte numérisé non relu

AVEUGLE — AVEYRON

dont les caractéres étaient en relief, et quils parvinrent | bient6t a déchiffrer a Vaide d’un toucher exercé. Une loi du

10 thermidor an III placa Vinstitution des Aveugles travail- | lewrs dans la maison des Filles-Sainte-Catherine, rue des Lombards. Le nombre des éléves fut porté a quatre-vingt-six (un par département), et il fut alloué a chacun d’eux une | pension de 500 francs. Le 26 pluvidse an IX, un arréte des consuls ordonna que les aveugles travailleurs seraient transférés sur-le-champ dans Venclos des Quinze-vingts. Indépendamment d’une imprimerie , divers travaux furent mis Successivement en activité dans ce nouvel établissement.

Entin, aprés bien des vicissitudes, l /nstitution des Jeunes Aveug/es fut en 1815 transférée dans Pancien séminaire Saint-Firmin, rue Saint-Victor, ot elle recut une organisation conforme a sa destination. [1 y eut pour les aveugles trois branches d’enseignement : enseignement intellectuel, enseignement musical, enseignement professionnel ; les éléves recevant une éducation gratuite aux frais de l Etat durent étre au nombre de quatre-vingt-dix, savoir soixante jeunes garcons et trente jeunes filles. L’école de la rue Saint- Victor ne fut pas sans éclat, surtout comme école musicale; mais |’état d’insalubrité et Pexiguité des batiments engagérent le gouvernement a faire construire sur le boulevard des Invalides un local plus vaste et mieux approprié a une école publique : ce batiment fut terminé en 1843. Alors souvrit une nouvelle phase pour !’Institution des Jeunes Aveugles: le nombre des éléves gratuits fut élevé 4 120, savoir 80 garcons et 40 filles, qui recoivent pendant huit ans le triple enseignement dont nous avons parle. Il secourt en outre 1,000 aveugles hors de l’établissement, au moyen de pensions annuelles. Ceux qui n’y peuvent trouver accés sont recus dans les hospices de Paris ou des départements. Des maisons du méme genre ont été fondées a Nancy, a Lille, 4 Rodez, etc. De plus, Paris posséde depuis 1842, pour les aveugles, 12 écoles municipales, fondées successivement par le docteur Blanchet et adoptées par la ville en 1855.

Le recensement de 1866 aconstaté qu'il y avait en France a cette époque 30,275 personnes aveugles , dont 4,886 l’étaient de naissance ; sur ce nombre le sexe masculin domine dans le rapport de {30 4 100. En Prusse on compltait 9,650 aveugles, en Autriche 35,000, en Belgique 2,800, dans les Iles Britanniques 30,000 , aux Etats-Unis environ 15,000, etc. ; mais les statistiques officielles sont encore loin d’étre exactement renseignées sur ce sujet. Les nations étrangéres ont suivi bientét l’exemple donné par la France; voici la date de fondation de leurs établissements : Liverpool, 1790; Edimbourg, 1791; Londres, 1800; Vienne, 1804; Pétersbourg et Berlin, 1806; Prague, 1807; Amsterdam, Zurich, Dresde, 1809; Copenhague, 1811; Stockholm , 1817; Barcelone, 1820; Naples, 1322; Hambourg, 1830; Boston et New-York, 1831; puis Munich, Lausanne, Christiania , Madrid, etc. Les Etats-Unis seuls renferment 18 institutions d’aveugles, toutes dans une situation prospére: c’est aprés la France le pays ov lon a mis en usage les plus ingénieux procédés perfectionnés de jour en jour, pour l’enseigrrement spécial qui leur est donné.

« Parmi les professions que peut choisir un jeune aveugle, dit M. Blanchet, celle de musicien est la plus lucrative; il peut, s'il a quelques dispositions naturelles, devenir organiste , chantre et accordeur de pianos. La maniére denseigner la musique aux aveugles est la méme que celle qu’on emploie pour les voyants ; il n’y a de différence que dans l’écriture des sons qui est en points et en relief. La sculpture n’est pas pour eux un art inaccessible , puisque plus dun y a réussi. Quant aux professions manuelles , celles qui leur conviennent 4 peu prés a tous sont les |

suivantes : empailleur de chaises, fabricant de filets, de bourses, de brosses, de chaussons, de briques, de tricots; cordier, vannier, treillageur, tourneur, ébéniste, tisserand,

meunier, et méme horloger et facteur dinstruments, »

Toutes les législations modernes rangent l’aveugle sous la loi commune; le Code civil ne lui permet pas cependant le testament mystique.

AVEUGLER, supplice usité surtout en Orient et qui consiste 4 Oter la vue au patient, soit par l’arrachement de lorgane, ou par une piqdre du cristallin, soit au moyen de l’application d’un fer rouge ou d’une substance corrosive sur les yeux. Les Chinois emploient encore ce dernier procédé,

AVEYRON (Département del’). Ce département, formé de ancien Rouergue , est borné au nord par le département du Cantal; al’est par ceux de la Lozere et du Gard; au sud, par ceux du Tarn, du Gard, de |’Hérault et du Lot. — Son chef-lieu est Rodez Ila recu le nom d’une de ses riviéres, qui se jette dans le Tarn apres un cours de 205 kilométres.

Divisé en cing arrondissements, dont les chefs-lieux sont Rodez, Espalion , Milhau, Saint-Affrique et Villefranche, il compte 42 cantons, 285 communes, et 400,070 habitants. — ll envoie huit députés a PAssemblée. — ll forme, avec les départements du Cantal, de la Corréze, de la Haute- Loire et de la Haute-Vienne, le 28¢ arrondissement fores~ tier, fait partie de la 10° division militaire, dont le quarlier général est A Montpellier, ressortit & la cour d’appel de cette ville, 4 ’académie de Toulouse, et compose le diocése de Rodez, suffragant de l’archevéché d’Albi. — IL posséde un lycée, 2 colléges, 2 pensions, 3 écoles ecclésiastiques, et 1,203 écoles primaires.

Sa superficie est de 874,333 heclares, dont 348,316 en terres labourables, 184,710 en landes, patis et bruyeres, 135,959 en prés, 84,893 en bois, 19,422 en vignes. — Il paye 1,462,929 fr. @impot foncier.

Presque entitrement couvert par les monts Espinause, Garriguen, d’Aubrac et quelques rameaux du Cantal, le département de l’Aveyron est arrosé par l’Aveyron, par le Tarn et ses affluents, la Dourdou et la Rance, par la Viaur, et par le Lot et son affluent la Truyre, qui, dans leurs cours, le divisent en six vallées ou bassins principaux, presque tous dirigés, comme la pente générale du déparment, de l’est a l’ouest. De toutes ces riviéres, le Lot est la seule navigable. De vastes foréts couvrent le penchant des montagnes, et la neige reste sur leurs sommets pen-

' dant plus de la moitié de l’année. Aussi, malgré la situa-

tion de ce département dans le midi de la France, la température y est généralement froide, surtout dans la partie septentrionale.

Quoiqu’elle y soit encore peu avancée , l'industrie agricole est, avec ’éléve du gros bétail, moutons, chévres, la principale ressource du pays. Les céréales et les vins qu’on y récolte suffisent a peine 4 la consommation et sont de médiocres qualités, 4 l'exception des vignobles de Lancedat, de Verfeil , de Varens et d’Agnac. Les chevaux, qui tiennent un peu de la race limousine, servent pour la cavalerie légére; les mulets, de trés-belle taille, sont presque tous exnortés en Espagne. Un des produits les plus importants est la fabrication des fromages de Roquefort (voyez Fromace), qui donne un rapport annuel d’environ 8 millions de francs.

Lindustrie métallurgique est également trés-active; on compte un grand nombre de hauts fourneaux et des usines

' importantes, parmi lesquelles il faut placer au premier rang

celle de Decazeville. Ce département est un des plus riches en houille de toute la France; l’extraction du fer, du cuivre, du plomb sulfuré argentifére, de l’alun, sont d’une notable importance pour le pays. Des sources d’eaux thermales et minérales existent dans quelques cantons.

Le département de Aveyron posséde 2 chemins de fer, 8 grandes routes, 15 routes départementales et 923 ahemins Vicinaux,

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