‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 188 sur 488 · AVOCAT — AVOINE · texte numérisé non relu

AVOCAT — AVOINE

spécialement a cette cour. En 1817 ces diverses fonctions ont été réunies. Ce sont a la fois des avoués et des avocats; comme avoués, ils forment les demandes, signent les procédures, et prennent des conclusions, qu’ils développent comme avocats dans leurs plaidoiries. La simplicité de la procédure a permis cette sorte de cumul; mais il en résulte qwils sont soumis envers leurs clients a rendre compte du mandat dont ils sont investis, et qu’ils demeurent responsables de leurs procédures, obligations qui ne pésent point sur les autres avocats. I] en résulte également que leur titre est érigé en véritable office, pour lequel ils sont admis a présenter, comme les avoués, un successeur moyennant finance. Pour étre avocat & la cour de cassation il faut étre dgé de vingt-cing ans, avoir au moins deux années de stage comme avocat, ct étre agréé successivement par le conseil particulier de Pordre, qui n’a pas de batonnier, mais un président, par le ministre de la justice et par la cour de cassation. Ils sont maintenant au nombre de soixante,

Avocat général. C'est le titre que Pon donne a certains officiers attachés au ministére public prés les cours d’appel et la cour de cassation, et qui sont chargés d’y porter la parule a la place du procureur général.

On désignait autrefois sous la dénomination d’avocats du roi tous les officiers du parquet , que l'on appelait anciennement les gens du roi. Dans le principe on appelait avocats du roi ceux qui étaient chargés de soutenir Pintérét personnel du roi dans des causes diverses, et, par opposition , on nommait tous les autres des avocats généraux.

Avocat des pauvres, voyes ASSISTANCE PUBLIQUE.

Avocat des Arabes, homme de Wi chargé en Algérie de soutenir les intéréts des Arabes devant les tribunaux.

AVOCAT DU DIABLE. Voyez Draste (Avocat du).

AVOCAT PATHELIN. La piéce qui porte ce titre, et dont le premier auteur n’est pas plus connu que I’époque précise de la composition de louvrage, est sans contredit le monument le plus ancien et le plus curieux de la gaieté comique de nos ancétres. Quand on songe que cette excellente farce, qui n’appartient en rien aVantiquité, a été composée bien avant l'année 1474, ot Pierre Le Caron en fit une édition, citée par de La Caille ( Histoire de Imprimerie et de la Librairie de Paris) ; quand on songe qu’a la fin du régnede Louis XIV, Bruéys et Palaprat, qui refirent cette piéce, n’y ajoutérent rien d’essentiel, et qu’on retrouve dans Yoriginal tout ce qu’on admire encore aujourd’hui dans l’ouvrage refait, il faut reconnaitre que le génie de la cuinédie existait parmi nous, indépendamment de tout ce qui a pu ie développer. Dans la Farce de maistre Pierre Pathelin, telle quelle a été traduite ou imitée par la plupart de nos yoisins et souvent citée par nos vieux auteurs, sont tracés avec autant de naiveté que de force les caracteres de Pathelin, de Guillaume et d’Agnelet. La scéne ou ce dernier raconte a son avocat comment, pour rendre siens ies moutons de son doux maitre, il les tuait afin de les empécher de mourir ; le conseil que Pathelin lui donne de jouer ’imbécile et de répondre comme ses bétes a laine & toutes les demandes qu’on lui fera, conseil que le fripon Ge berger exécute si bien que quand ce méme Pathelin réclame de lui ses honoraires, il n’en peut tirer que des dée.... tout cela est fort gai sans doute, et la maniére dont Pathelin est payé de son beau conseil serait digne, pour le

fond, du plus haut comique. I] faut encore citer la scéne ou le marchand drapier, voulant défendre lui-m4me sa cause, confond, dans son trouble, avec ses moutons le drap yu’on lui a pris, s’écarte si plaisamment de la question, et se voit toujours rappelé par le juge &@ ses moutons, mot qui est demeuré, ainsi que quelques autres du méme ouvrage, a commencer par le nom du héros, dont notre langue s'est enrichie depuis si longtemps, qu’on trouve dans Rabelais cette expression : en langaige pathelinois, et dans

30t doux, si caractéristique de Pathelin, est devenu le syno nyme de flatteur et de fourbe. Onésime Leroy.

AVOGADOR. On appelait autrefois ainsi a Venise une espece de tribunal composé de trois membres, que le grand conseil nommait sur la présentation du sénat, et qui était chargé de veillera l'exacte observation des lois. Les avogadors, qui assistaient aux séances du sénat ainsi qu’a celles du grand conseil, ou leur présence était méme nécessaire pour la validité des délibérations, pouvaient opposer leur veto, suspensif pendant un mois et un jour, a toute résolution de ces deux corps qu’ils jugeaient contraire a esprit de la constitution. Les délibérations devaient alors étre reprises sur les sujets que les avogadors avaient frappés de leur censure. Ils intervenaient également dans l’administration de la justice, exergaient une haute surveillance sur le maintien de la tranquillité publique, et conservaient le dépét des lois ainsi que le registre des naissances et mariages des familles nobles. Cette magistrature spéciale, créée au douziéme siécle, et méme dés le neuviéme, suivant quelques auteurs, se maintint jusqu’aux derniéres années de Vexistence de la république; seulement le nombre de ses membres avait été doublé, mais il n’y en avait jamais que trois en exercice; leurs fonctions duraient seize mois.

AVOINE (avena sativa). La culture de cette plante se restreint chaque année en France, et elle doit disparaitre de plus en plus de nos campagnes, ot on ne la verra bien- — tot pius sans doute que dans les localités ot aucune autre plante ne pourrait réussir utilement, comme les sols froids et humides , de mauvaise qualité, connus sous le nom inpropre et néanmoins expressif de terres mortes, et les sites montueux longtemps couverts de neige; ou dans des circonstances ou elle ne soit cultivée que comme plante préparatoire d’autres cultures, telles que les défrichements, qui produisent une avoine superbe pendant une année, souvent deux et quelquefois trois années de suite, et peuyent porter ensuite des plantes plus importantes ; soit encore comme plante accessoire et protectrice de semis de prairies, cas ou, employée a trois quarts de semence, elle produit souvent autant que si elle edt été semée seule, tout en procurant un abri utile a la prairie naissante.

En Espagne, dans la Mauritanie, l’Arabie et la Tartarie, ies chevaux ne mangent pas d’avoine, mais bien de l’orge, et sont cependant les plus beaux et les meilieurs du monde. Huzard, dans linstruction qu’il a publiée sur l’amélioration des chevaux en France , recommande pour les haras d’expérience une grande réserve dans l’emploi de l’avoine,

won donne, dit-il, trop abondamment aux chevaux. Cet uteur conseille de remplacer, dans de sages proportions, Pavoine par la racine de carotte# ainsi que le pratiquent les Anglais, dans la proportion de trois parties de carotte sur une d’avoine. On a en effet remarqué en Angleterre qu’indépendamment de la diminution dans la dépense en nourriture, les chevaux sont en meilleur état et conservent dans la vieillesse leurs dents, que la carotte, douce, tendre et sucrée, ne fatigue pas, tandis que Vavoine, dure, pointue,. coulante, élastique, est d’une manducation fatigante et difficile pour les chevaux de tous les ages, les vieux surtout ,. qui perdent par une lente mastication une quantité d’'avoine qui s’échappe de leur bouche, ou passe dans le canal alimentaire en pure perte.

Si Vavoine peut ¢tre remplacée en partie pour les chevaux, elle doit l’étre entitrement pour la nourriture de ’homme, car partout sa présence est plus ou moins l’indice de la misére des peuples; le pain qu’on en fait est amer, noir, nauséabond, peu nutritif et nuisible a la sante; et si l’on considére que l’orge et le seigle croissent partout oi Yavoine réussit, et que ces deux céréales contiennent a poids égal plus de matiére nutritive que l’avoine, on s’étonnera que celle-ci ne soit pas abandonnée entigrement et

Pasquier : pathelinage, patheliner ; et qu’enfin ce nom si | remplacée par l'orge et le seigle, par Porge surtovt.

Si Pavoine fut révérée par nos ancétres, si elle fut Paliment de nos péres , siles Scythes, les Celtes , les Germains, les Gaulois s’en sont nourris; si nos aieux, la plupart nomades et les plus braves des hommes, vécurent d’avoine, c’est que dans les siécles héroiques, toutes les pensées étant pour la liberté, ces peuples , moins avancés en civilisation, plus sobres et ayant moins de besoins que les modernes, craignaient que les travaux de l’agriculture ne les attachassent trop au sol et ne compromissent leur vie libre et indépendante; et l’avoine , qui vient presque partout sans culture, suffisait & des nations qui plagaient la vertu dans le mépris des richesses, et qui préféraient la gloire & des jouissances dont nous sommes aujourd’hui esclaves , ef méme a la longévité. C’était assez pour eux de la liberté, de leur grossiére bouillie d’avoine, d’une mauvaise boisson faite avec ce grain aigri, et de quelques plantes aromatiques dont ils se servaient en guise de tabac 4 fumer, pour charmer leurs loisirs, tout en révant aux lieux ot ils porteraient la guerre, leurs yolontés et leurs lois.

Les Brefons, qui paraissent de nos jours conserver le plus les meeurs, la langue et les usages des Celtes , font encore de lavoine une partie de leur nourriture, ainsi qu’un petit nombre d’habitants des montagnes ot agriculture n’est pas en progrés. .

On cultive plusieurs variétés d’avoine, qui sont: l’avoine noire, Vavoine blanche, Vavoine brune, Vavoine rouge , Vavoine de Hongrie, Vavoine unilatérale, Vavoine patate , Vavoine de Géorgie , Vavoine nue. Quoique toutes proviennent lune de autre, elles se perpétuent selon leurs variétés si on les cultive séparément. Toutes se sément au printemps, excepté l’'ayoine blanche, qui, ayant ta propriété de passer facilement VPhiver, se séme en au-

tomne, et prend souvent le nom d’avoine @hiver; cette

espéce est grande et produit beaucoup, c’est la meilleure comme ayoine d’hiver; elle a une sous-variété a graines grises ou d’un blanc pale, qui n’en est qu’une dégénérescence ef qu’il faut rejeter. Comme avoine d’été, la noire de Brie, de la grande espéce a gros grains noirs et luisants, est la meilleure, car il y a une petite avoine noire dégénérée qu’il ne faut pas semer. Plusieurs propriétaires recherchent Vavoine maigre et pale yenue dans un mauyais sol pour servir de semence dans un sol pareil; on doit au contraire se procurer la plus belle avoine possible pour en- -semencer les mauvaises terres. L’avoine nue mérite une attention particulitre ; c’est une conquéte sur l’avoine ordinaire, qu’elle surpasse, surtout pour faire le gruau, Toutes les avoines peuvent d’ailleurs étre réduites en gruau. Parmentier observe que l’ayoine est plus nutritive consommée en gruau que sous forme de pain, et en cela il est -daccord avec les anciens, qui mangeaient l’avoine en bouillie.

En général, les semences de l’avoine sont employées comme aliment médicamenteux; la décoction de gruau est de Vemploi le plus heureux dans Jes maladies inflammatoires , dans les affections de poitrine et dans beaucoup d’autres maladies. La réputation médicale de l’avoine est fort ancienne. On lit dans Pline que les médecins germains, dont les compatriotes vivaient de bouillie faite de farine d’avoine, se plaignaient de ce qu’il y avait trés-peu de malades dans cette nation ; cette épigramme est encore en faveur de l’avoine, considérée comme aliment médicamenteux.

Pline et les anciens prétendaient que l’avoine était du blé dégénéré. Ce sentiment de l'un des plus grands naturalistes de Vantiquité a prévalu longtemps; mais une pareille opinion n’est plus soutenable dans état actuel de nos connaissances. Au reste, il parait que lorigine de Pavoine est aussi inconnue que celle du blé, car rien ne prouve qu'elle soit, comme on |’a dit, originaire de Asie. ©, ToLLanp ainé.

AVON, nom de plusieurs petites riviéres d’Angleterre , dont l'une est située dans le comté de Warwick et se jette

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