‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 189 sur 488 · AVOINE — AVORTEMENT · texte numérisé non relu

AVOINE — AVORTEMENT

dans la Severn a Tewkesbury. Stratford , bourg ot naquit Shakspeare et oi il passa les derniéres années de sa vie, est bati sur Avon. C’est pour cela que, par périphrase, on appelle souvent ce grand poéte le Cygne de lAvon. AVORTEMENT ( abortus , aborsus ). Cest Yexpulsion du foetus ou de Venfant hors du sein de la mére avant qu'il soit viable. On a également donné a cet accident le nom de fausse couche ou de blesswre. il convient de ne

pas confondreavortement avec l’accouchement prématuré, —

qui est expulsion d’un enfant viable a une époque rapprochée du terme de la grossesse. L’avortement a le plus ordinairement lieu dans les deux premiers mois de la grossesse. Il a été observé que le nombre des fcetus abortifs du sexe féminin est plus grand que celui des foetus males.

Les causes de Vavortement se distinguent en prédisposantes et en occasionnelles. Les premiéres dépendent de la femme, qui peut ¢tre d’un fempérament sanguin, réglée trop abondamment, trés-faible, hystérique, mal conformée, ou habituée a des ayortements antérieurs. On a en effet observé que plusieurs femmes avortent d’aufant plus facilement qu’elles ont déja été atteintes plusieurs fois de cet accident, et, chose digne de remarque, le plus fréquemment a la méme époque; cest ce que quelques auteurs ont appelé avortements périodiques. Maygrier cite ’exemple d’une femme qui avorta cing fois de suite entre six semaines et deux mois, par suite de inflammation également périodique de la matrice ; et ce médecin ne parvint a faire disparaitre cette tendance a l’avortement que par des bains ef des saignées convenablement dirigés. Du reste, les veilles prolongées, la fatigue, l'emploi des corsets trop étroits et ’abus des plaisirs peuvent devenir des causes prédisposantes de Vaffection qui nous occupe; celles qui dépendent de V’enfant tiennent, soit & des maladies ou a des vices de conformation, éteignant peu A peu ou rapidement chez le foctus les principes de la vie ; cadayre qu’il devient alors, il est réduit a l’état de corps étranger, qui, contenu dans la matrice , doit dés lors en étre expulsé. ?

Les causes occasionnelles sont trés-nombreuses. Il nous suffira d’énumérer celles qui sont les plus importantes a noter : de ce nombre sont toutes les maladies és, surtout celles de la matrice, le chagrin, la colére, les fortes émotions de l’Ame, l’asphyxie , les efforts ou les secousses, déterminés soit par des marches forcées et les fatigues du bal ou le mouvement d’une voiture mal suspendue; les cris immodérés, la toux, les vomissements, les saignées trop abondantes, enfin toutes les causes qui déterminent Ja mort de Venfant.

Les phénoménes qui accompagnent l’avortement sont quelquefois peu appréciables et de la femme et du médecin, et ne produisent ni douleur ni hémorrhagie. Mais les choses ne se passent ainsi qu’autant que l’avortement a lieu dans les premiéres semaines de la grossesse, ce qui s’explique par le peu de volume qu’a pu cequérir le produit. Dans d’autres cas , ott Yavortement s’opére dans les deux premiers inois de la grossesse, il peut y avoir hémorrhagie abondante , qui cependant, étant calmée , fait croire pa pie, ae mes qu’elles n’ont point avorté, mais qu’elles ont éprouvé un retard de plusieurs mois. A mesure que la grossesse avance, l’avortement, s'il a lieu, devient plus pénible : d’abord les femmes éprouvent des dovleurs dans les reins, des palpitations, une sorte d’abattement

général ; la figure devient pale, livide; elles sentent une —

pesanteur inaccoutumée vers les reins et le siége; la gorge s’affaisse, et s’entoure d’une certaine flaccidité, qui ne s’observe jamais dans le cours d’une belle grossesse; les mouyements du foetus décroissent peu a peu, et finissent enfin par disparattre; les parties génitales sont humectées par des glaires sanguinolentes,exhalant une odeur infecte; puis s’opere la sortie des eaux, expulsion du foetus et du déli-

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