AVOUE — AVRIGNY
sentation des cours ou tribunaux prés lesquels 11s doivent exercer, suivant la désignation de leur prédécessenr. Ainsi se trouve rétablie depuis 1816 la vénalité des offices, aboli¢ par la révolution de 1789, et malgré le voeu des électeurs.
Il y avait en France, en 1851, 3,016 avoués de premiere instance et 401 avoués d’appel.
AVOYER. On appelle de ce nom en Suisse le premier magistrat de quelques cantons et de quelques villes. C’était originairement sans doute la méme chose qu’ avoué (advocatus).
AVRANCHES,, ville de France, chef-lieu d’arrondissement du département de la Manche, sur la rive gauche de la Sée, peuplée de 8,642 habitants, siége d’un tribunal de premiére instance, avec un collége et une bibliothéque publique de 43,000 vol. On y compte deux imprimeries, des raffineries de sel; on y fabrique des bougies, des blondes et des dentelles; la péche du saumon est une source de reyenu pour les habitants d’Avranches, et les environs produisent du beurre d’excellente qualité. Il s’y fait un commerce de grains, cidre et fil. é
Du temps des Romains Avranches était le chef-lieu des Abrincatui; on prétend que Chilpéric y fit batir un chateau. En 5{{ on y établit un évéché, qui compta parmi ses pasteurs Je savant Huet, et qui fut supprimé en 1791. Avranches était le boulevard de la Normandie : aussi a-t-elle été souvent assiégée et prise un grand nombre de fois dans les guerres avec les Anglais et dans les troubles dé religion.
AVRIGNY (HyacintHe ROBILLARD pv’), né 4 Caen, en 1675, entra dans la Société de Jésus en 1691, ful nommé procureur d’Alengon, et mourut inconnu, le 24 avril 1719. Ila laissé deux ouvrages, qui, publiés aprés sa mort, lui ont assuré un rang distingué parmi les historiens du siécle de Louis XIV. Ce sont : 1° les Mémoires chronologiques et dogmatiques pour servir a Vhistoire ecclésiastique depuis 1600 jusqu’en 1716 (Paris, 1720, 4 vol. in-12); 2° le Mémoire pour servir a Uhistoire universelle de l Europe depuis 1600 jusqu’en 1716 (Paris, 1725, 4 vol. in-12; 1757, 5 volumes, édition du P. Griffet). Le P. d’Avrigny se distingue par la précision et l’élégance du style, par l’exactitude des dates et l’intérét qu'il a su répandre ayec plus d'art que de fidélité dans ses deux ouvrages. La + en est utile et attrayante. Mais lhistorien laisse trop souvent paraitre le froc de son ordre, soit dans la controverse contre les écrivains de Port-Royal, soit dans ’animosité qu’il manifeste contre les religionnaires. Du reste, dans toutes les questions ov le zéle religieux de d’Avrigny se trouve désintéressé, on peut compter sur sa véracité et sa franchise.
AVRIGNY(Cuartes-Joseru L’Q2UILLARD p’) homme de lettres, autenr dramatique, né a la Martinique , en 1760. Apres s’étre fait connaitre par quelques poésies légéres , il donna en 1788, sous le nom de L’Giuillard, au Thédtre-Italien (depuis théAtre Favart), une comédie en trois actes et en prose, la Supercherie par amour, imitée de espagnol, qu’il arrangea et fit ensuite jouer en opéra-comique , sur le méme thédtre et sous le méme titre, en 1794, musique de Jadin; en 1793, ’ Homme et le Malheur, drame en deux actes , en société de Parenti. L’année suivante, on donna de lui, en compagnie de Dejaure , le Négociant de Boston, comédie en un acte, mélée d’ariettes également composées par Jadin. Il fut nommé censeur dramatique sous Empire, et il ’était encore sous la Restauration lorsqu’on joua de lui, au Théatre-Frangais , en 1819, une tragédie en cing actes , Jeanne @’Arc, & laquelle nos sentiments nationaux contre l’Angleterre, qu’on accusait alors d’avoir favorisé la Restauration, et que le libéralisme de cette époque exploitait ardemment, procurérent un succes que ne pouvait justifier et soutenir le mérite réel de cet ouvrage de l’école classique , et qui fut, quelques années apres, éclipsé par la Jeanne d’Arcde Soumet, tragédie jouée Al’Odéon. D’Avrigny s'est distingué dans la poésie sérieuse parla publication successive