‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 197 sur 488 · AZEGLIO — AZINCOURT · texte numérisé non relu

AZEGLIO — AZINCOURT

Hremplaca M. Villamarina comme ministre sarde en France, et en juillet il fut envoyé en qualité de commissaire extraordinaire dans la Romagne. Depuis ila été sénateur et directeur des galeries royales de Sardaigne et gouverneur de Ja province de Milan. Il est mort le 15 janvier 1866.

AZEROLE ou AZEROLIER (mespilus azarola, Linné), arbre du genre né/lier. Il se rapproche de Paubépine par ses feuilles, qui sont finement et profondément dentées; mais il en différe par ses fruits, qui sont plus gros; par sa tige, qui s’éléve beaucoup plus haut, est droite, trésrameuse, ordinairement sans épines. Ses fleurs sont disposées en grappes; son fruit, de couleur rouge, a un godt aigrelet, Iégdrement sucré; il est rafraichissant, et sa grosseur varie suivant le terrain et le climat dans lequel il vient. Ny en a une variété & fleurs toutes blanches, et une autre dont le fruit a la forme d’une poire. La variété blanche est beaucoup moins aigrelette que, la rouge. Cet arbre est indigene dans les provinces méridionales.

On greffe Pazérolier sur l’aubépine et sur le coignassier, et il est susceptible, 4 son tour, de recevoir les greffes de ces arbres. Il ne vaut pas la peine d’étre cultivé dans les provinces du nord, ow il demande une bonne exposition ; son fruit n’y acquiert jamais une maturité parfaite, d’ou dépend tout lagrément de son godt. Dans les pays plus méridionaux on peut en faire des haies, comme avec l’aubépine, ou bien le placer dans les busquets du printemps, & cause de ses fleurs, et dans ceux d’automne, en considération de la jolie couleur de son fruit, Sa graine reste quelquefois jusqu’’ la seconde année sans lever. Les confitures faites avec l’azérole sont trés-agréables, et leur gout approche beaucoup de celles que l’on fait avec |’épine-vinette.

AZILUTH. Dans la langue cabalistique du judaisme ancien, d’owl, avec le temps, il est passé dans le langage de la théosophie, ce mot désignait le mode intellectuel de la production divine, qui s’effectue par émanation. De 1a Pexpression de monde aziluthique, c’est-a-dire celui qu’on se. représente intellectuellement, par opposition aux trois autres mondes inférieurs.

AZIMUT. Emprunté a la langue arabe, ce mot désigne en astronomie langle diédre que fait avec le vertical d’un astre le méridien du lieu de Vobservation, ou encore l’are de Yhorizon qui mesure cet angle, L’azimut, étant le complément de amplitude, peut se calculer au moyen de celle-ci; on peut aussi le déterminer en le déduisant de la hauteur obseryée, de la latitude du lieu, de la déclinaison de Yastre, en tenant compte des effets de la réflexion, de la parallaxe, et dela dépression de Vhorizon due a la hauteur de Vil. L’azimut calculé sert 4 connaitre la variation de Vaiguille aimantée. Pour cela on emploie le compas azimutal, instrument qui se compose d’une boussole surmontée d’un cercle gradué et portant un index mobile qui présente une fente devant laquelle est un fil tendu du centre de l’instrument au sommet de index. Aprés avoir calculé Yazimut d’une étoile, on tourne V’index jusqu’d ce que le fil coupe cette étoile vue au travers de la fente; puis on lit sur le limbe de l’instrument langle que forme la direction de l’aiguille aimantée avec celle de l’astre, c’est-a-dire I’azimut magnétique de celui-ci ; la variation de Vaiguille s’obtient en comparant cet azimut avec l’azimut réel.

La géodésie se sert de l’azimut d’un astre pour déterminer celui d’un objet terrestre, en mesurant au moyen du théodolite langle horizontal que V’astre et Vobjet font a Vinstant de Pobservation. C’est dans cette opération délicate que consiste lorientation d’un réseau de triangles, comme celui qu’on destine a la mesure d’un arc de méridien.

Un cadran solaire est dit azimutal lorsque son style est vertical.

AZINCOURT (Bataille d’). Azincourt est le nom d’un petit village de l’ancien Hainaut, aujourd’hui arrondissement d’Hesdin, département du Pas-de-Calais. Ce nom rap-

pelle un des jours néfastes de histoire nationale. Pendant la démence du roi Charles VJ, au moment ot le royaume était épuisé et bouleversé par la fureur des factions, Henri V d’Angleterre, poursuivant lexécution du vaste plan qu’avait formé son bisaieul, demanda sans préambule Pentiére exécution du traité de Brétigny, dont les victoires de Duguesclin et d’Olivier de Clisson avaient affranehi Etat : c’était une déclaration de guerre. Quelques jours aprés, le 23 aot 1415, il débarquait sur les cétes de Normandie et se rendait maitre de la ville d’Harfleur. Aprés y étre demeuré quinze jours, les maladies qui ravageaient son armée Vobligérent de prendre le chemin de Calais au lieu de pénétrer en Normandie. Le connétable d’Albret et le maréchal de Boucicaut défendaient les passages de la Somme. Les Anglais avaient 4 faire une route longue et difficile : ils manquaient de vivres, la saison était mauvaise ; ils souffraient beaucoup. C’était bien le moment de venger le royaume; mais Henri V trouva de puissants auxiliaires dans Ja jalousie des grands et dans leur présomption, La ville de Paris venait d’offrir huit mille soldats tirés de la bourgeoisie. L’oncle du roi, le duc de Berri, les refusa en disant : « Qu’avons-nous A faire de ces gens de boutique? nous sommes trois fois plus nombreux que les Anglais. » Henri, opinidtre dans ses projets, sut dérober pendant un jour sa marche aux Francais : il entra dans le bassin renfermé entre la Somme et l’Authie, reprif ensuite sa direction du nord, passa la Canche, et vint s’établir 4 Blangi, A deux lieues nord-ouest de Saint-Pol, espérant toujours arriyer 4 Calais sans rencontrer les Frangais ; mais Je maréchal Boucicaut, ayant retrouvé sa trace, en donna avis au connétable , qui concentra ses forces 4 Aubigny, en étendant ses ailes pour embrasser toutes les issues. Henri, ignorant ce nouveau mouvement, passa la Ternois, monta sur le plateau de Maisoncelle, et ne vit pas sans étonnement d’épaisses colonnes de Francais se déployant dans la plaine qu’il devait nécessairement traverser pour gagner la chauss¢ée d’Hesdin. Il acquit la triste conviction qu’il ne pouyait pas sortir de ce mauvais pas sans combattre; il déclara donc 4 ses généraux qu’il fallait passer sur le ventre des Frangais s’ils voulaient ar river 4 Calais, dont ils étaient encore éloignés desix marches.

La plaine qui se développait 4 ses yeux formait un carré long d'une lieve d’étendue; le petit cdté de gauche se frouvait fermé par la forét d’Azincourt; les tourelles du chafeau de ce nom s’élevaient au-dessus des arbres ; le terrain était ondulé par des versants trés-légers et partagé en diverses piéces de cultures. Les Francais, au nombre de quarante mille, auraient puse placer une lieue en arriére, ou ils auraient trouvé un pays découvert beaucoup plus favorable aux grands déploiements; mais, poussés par la fatalité, ils vinrent remplir ce défilé , et commirent une faute encore plus grande en se partageant en trois grandes divisions, séparées l’une de l’autre de plus d’un quart de lieue. Le connétable se trouvait en téte de la premiére avec l’élite de la noblesse francaise; le chevalier d’Alencon, Jean Je Beau, prince du sang, commandait la seconde, formée de noblesse moyenne et de troupes soldées ; la troisitme , composée des milices belliqueuses de la Normandie, de la Picardie et de I’Artois, marchait sous les ordres du comte d’Aumale et de plusieurs baillis, Ces trois corps échelonnés, trop ¢loignés les uns des autres, ne pouvaient se préter un mutuel appui. Les dispositions morales de l’armée francaise étaient encore plus déplorables que son ordre de bataille. Douze princes du sang, tous jeunes, violents ct divisés d’opinions, avaient a se reprocher ’un & l’autre quelque sanglante injure recue depuis que la guerre civile déchirait la France. Il aurait fallu pour les tenir dans Ja ligne du devoir un général doué d’un grand caractére. Le connétable d’Albret, dépourvu de capacité militaire, ne leur inspirait aucune estime ; d’ailleurs les soupgons les plus terribles planaient sur Jui : aussi voyait-il & chaque instant son autorité méconnue.

Le jeur parut {25 octobre 1415, un vendredi, féte de la Saint-Crépin ), a travers un brouillard épais, accompagné dune pluie fine et glaciale. Henri V entra dans la chapelle de Maisoncelle, y entendit la inesse, qui fut dite par l’é¢véque de Bath, et communia. Il ordonna a ses soldats de faire

leur paix avec Dieu par la confession, et leur dit « qu’il avait ~

une grande espérance de gagner la bataille, parce que les Francais étaient tous pleins de péchés et ne eraignaient point le Créateur. » Les Anglais se prosternérent tous 4 genoux pour recevoir la bénédiction de l’évéque de Bath. Ils s’avancérent ensuite en bon ordre ; et quand leurs archers furent arrivés a la portée du trait, ils commencérent a cribler de fléches le front de bataille des Francais, qui demeuraient immobiles. En ce moment le comte de Vendéme et Clignet de Brabant voulurent exécuter ordre qu’ils avaient regu de prendre avec douze cents lances les archers anglais en flanc. Ils partirent aussitét aux cris de Montjoye et saint Denis! Malheureusement la terre était humide, les chevaux enfoncaient; et quand ils arrivérent sur l’ennemi ils n’étaient pas plus de cent soixante. Le plus grand nombre, frappés @une terreur superstitieuse, avaient tourné bride et s’étaient rejetés sur l’avant-garde, qu’ils mettaient en désordre. Quand celle-ci youlut manceuvrer 4 son tour, les boues se trouvérent si profondes que les chevaux ne purent avancer et se

“renversérent Jes uns sur les autres. Enfin le désordre devint si grand que les archers anglais laissérent leurs arcs, sortirent du rempart de leurs pieux, s’élancérent la hache a la main sur cette cohue et commencérent un horrible massacre.

Pendant ce premier engagement, le second corps , commandé par le comte d’Alengon , resta immobile. Les mouvements de flanc ne s’opéraient dans ce siécle que parmi les troupes turques, les plus tacticiennes de l’époque; mais les armées chrétiennes se bornaient @ marcher en avant. Le duc d’Alencon ne s’ébranla que lorsqu’il vit les derniers rangs du connétable reculer confusément sur sa position. Se voyant appelé a réparer un grand désastre, il s’avanga figrement, enseignes déployées. Henri V, enflammé par son premier sucvés, poursuivit sa marche. Les deux lignes se joignirent avec fureur a la hauteur du chateau d’Azincourt, Le duc d’Alencgon, combattant plutét en soldat qu’en général, suivant la vicieuse coutume de cet ge, fondit téte baissée sur les rangs ennemis. Pendant une heure entiére les deux partis se poussérent alternativement comme les vagues de lamer; mais dans ce moment diflicile, o| le moindre incident pouvait faire pencher la balance, quatre mille soudoyers, formant l’extréme droite de la ligne frangaise, depuis longtemps sans solde (Brabangons ou Italiens), se retirérent avec une lache précipitation. Les arch rs anglais se précipitarent dans cette ouverture, et tournérent ainsi cette aile. Le duc d’Alengon crut pouvoir remédier & ce malheur par aa bravoure personnelle; aussi en déploya-t-il plus que tous les barons réunis. I] rompit tout ce qui le séparait d@ Henri V; il joignit ce prince, et, en lui assénant un coup de hache, brisa la couronne qui surtontait le casque du monarque anglais; il relevait le bras, et allait tuer Henri V d’un second eoup, lorsqu’il fut percé de toutes parts , avant que Lancastre edt eu le temps de lui faire quartier, La mort du duc d’Alencon acheva la défaite du second corps. Le troisitme, composé encore de 15,000 hommes de milices, rangés en lignes & quinze cents toises du premier champ de bataille, ne jugea pas A propos de commencer une troisiéme action. Henri V envoya vers eux le sire de Ross, pour leur annoncer que tous les nobles de France étaient morts ou prisonniers; qu'il serait inutile de continuer la lutte, et que le roi d’Angleterre les laissait libres de se retirer ou bon leur conviendrait, Sur cet avis, les troupes communales, ayant déterminé un mouvement rétrograde, gagnérent la Chapelle-de-Fouges , oi elles se rompirent pour prendre diflérentes directions.

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