‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 199 sur 488 · BABINET — BABOEUF · texte numérisé non relu

BABINET — BABOEUF

sur la Cause du retard qu’éprouve la lumiére dans les ) lettres, on est porté & douter de leur authenticité; en face milieux réfringents, etc. M. Babinet a rempiace Fresnet -

Ala Société philomathique, et il s'est assis, en 1640, au fautevil de Dulong & l’Académie des Sciences (section de physique). L’Athénée l’a compté au nombre de ses professeurs de 1825 & 1828; son cours de méetéorologie attirait le public.

Un des titres scientifiques de M. Babinet est la modification qu’il a fait subir & la construction de la machine pneumatique, modification qui fournit le moyen de faire sortir du récipient une plus grande quantité air, c’est-d-dire Wobtenir une raréfaction d’air plus parfaite. Elle consiste en un robinet qui intercepte la communication de l'un des corps de pompe avec le récipient, en laissant subsister celle des corps de pompe entre eux. On ne commence a en faire usage que lorsqu’on a obtenu le vide ordinaire, c’est-a-dire lorsque I'éprouvette reste stationnaire. On parvient par ce moyen A une raréfaction telle que la quantité d'air qui reste sous le récipient exerce sur une éprouvette dacide sulfurique une pression d’un ou deux millimétres au plus. M. Babinet, doué d’un esprit fertile en inventions, a enrichi la science de nouveaux instruments, atmométres , hygrométres, goniométres, etc. Jules GARNIER.

Le 11 février 1854, M. Babinet a été nommé astronome adjoint & |’Observatoire impérial de Paris et chargé des observations météorologiques. Chaque année il fait quelque lecture 4 la Société philotechnique. fl écrit dans les revues et dans les journaux les mieux famés des articles curieux et instructifs sur astronomie , la physique et la méteorologie , ces articles ont été recueillis par lui et publiés sous le titre @ Etudes et lectures sur les sciences d’observation (1865, 8 vol, in-18). Ce savant a encore dirigé l'impression d’un atlas de cartes dites homalographiques , dans lesquelles, par un systéme nouveau de projection, la proportion des surfaces entre les espaces sur le globe et sur les cartes est exactement conservée.

BABINGTON (Conjuration de). Cette conjuration , qui fit tomber la hache si longtemps suspendue sur la téte de Marie Stuart, est un des événements les plus mal connus et les plus diversement jugés de Vhistoire d’Angleterre.

Babington était un jeune Anglais de nobie famille riche, beau, spirituel, romanesque, et catholiyue zélé jusqu’au fanatisme. Avant de se méler en rien a la politique, il professait un dévouement chevaleresque pour la reine captive, en méme temps qu'un profond respect pour la religion opprimée par Elisabeth. Ses sentiments bien connus le firent rechercher par les agents d’un nommé Morgan. conspirateur déterminé, qui, détenu prisonnier en France a la demande de la reine d’Angleterre, ne désespérait pourtant pas de délivrer Marie Stuart. Dans un plan de conspiration enyoyé par Morgan en Angleterre, on devait assassiner Elisabeth : un fanatique, nominé Savage, s’était chargé de

ire le coup. Mais on jugea qu'un seul ponvait ne pas suffire, et il fut décidé qu’une troupe de dix gentilshommes prendrait part a cette entreprise désespéree, dont Babington devint le chef. L’enthousiaste et orgueilleux jeune homme commit mille imprudences, et le ministre Walsingham, ennemi acharné de la reine d’Ecosse, eut bient6t découvert le complot, dont, selon les écrivains catholiques, il aurait méine été agent provocateur. Certain d’arréter quand il le voudralt une conspiration dont il terait .ous les fils, i] laissa agir les conjurés, parce que leur action devait perdre la royale captive. Des lettres furent envoyées a Marie Stuart par Babington, qui recut les reponses de la reine @Ecosse, et au jour du jugement ces répunses furent la plus terrible accusation portée contre cette infortunée; elles Prouvaient, en effet, qu'elle avait consenti a ! assassinat

@Blisabeth,

En examinant de sang-froid combien i] importait av mi-

nistre qui voulait perdre 1a reine d’Ecosse d’avoir de telles DICT. DE LA CONVERS. T. 12.

méme de |’échafaud, Marie niaobstinément en étre auteur, Quant a Babington, s'il avait écrit ses lettres, il fut prouvé aussi qu'il avait refusé de prendre part 4 toute tentative d’assassinat sur Elisabeth, et ne voulait que la délivrance de la reine d’Ecosse. Condamné & ¢tre décapité avec ceux des conspirateurs dont on parvinta s’emparer, Babington, loin de protester contre cet arrét, se recunnaissant chef de la conspiration, posa courageusement sa téte sur le billot, en témoignant de son attachement & la reine d’Ecosse ef a la religion catholique. C’était en 1586.

BABIROUSSA ou BABYRUSSA ( mot composé de deux termes malais: babi, cochon et roesa, cerf). Ce mammifére, encore peu connu, bien que Pline en fasse déje mention, appartient 4 la famille du cochon, avec lequel il a des rapports dans la disposition des dents. Il est presque de la taille du cerf, et sa couleur tire sur le rouge fanve. Ses défenses supérieures sortent de sa machoire, et se recourbestt comme celles de la mAchoire inférieure en forme de detnicercle et dans la direction des yeux ; elles ont toute ibs parence de cornes, et n’existent, dit-on, que chez le mis, Valentyn prétend que le babiroussa a l’habitude d’accrocher ses défenses a quelque branche d’arbre ou quelque liane, et dort ainsi suspendu, ce qui paralt douteux.

Le babiroussa, qui est trés-commun dans les tles de Bornéo, Java, Célébes, etc., ot) on le rencontre en petits trovpeaux, se nourrit d’herbes, de feuilles d’arbre, ete. Il nage parfaitement et n’est pas difficile 4 apprivoiser. Sa chair, dont le goat tient ala fois de celle du cerf et de celle du co~ chon, est recherchée par les gourmets dans les Indes.

BABIS, secte persane fondée vers 1840 par un seid natif de Chiraz, nommé Ali-Mohamed, qui s’était donné le surnom de Bab (porte), en s’attribuant ces paroles de Mahomet : « Je suis la cité des sciences dont Ali estla porte. » I] préchait la vie future, l’émancipation de Ja femme et Yabstinence des stimulants enivrants. Arrété par !e chef des eunuques, en 1847, Bab fut interrogé et reconnu pour up ignorant. Des insurrections éclatérent pour sa délivrance ; le chah le fit enfin fusiller en 1850. En 1852 des babis tentérent encore d’assassiner le chah, ce qui renouvele la persécution contre eux. Mra)

BABO ( Joseru-Marie DE ), poéte dramatique de quelque taient. naquit en 1756, a Ehrenbreitstein, et mourut en 1822, & Munich, dont i} dirigea le thédtre pendant prés de trente années. Son Othon de Wittelsbach, piéce dans laquelle {es plus célébres acteurs s’essayérent tour a tour, et qui fut évidemment inspirée par le Getz de Berlichingen de Gethe, est resté au répertoire, et se voit encore avec plaisir. Babo composa en ontre un drame intitulé Arno, dans lequel il essaya de supprimer l’intervention de l'amour et les roles de femmes. On a encore de lui les tragédies de Génes ef la Vengeance. Ida, Dagobert, roi des Franks, les Romains en Allemagne, les Strelitz, drame, Cora et Alonzo, mélodrame, et plusieurs comédies, qui obtinrent beaucoup de succés. Son théatre complet a été imprimé A Berlin (1°* volume, 1793; 2¢ volume, 1804).

BABOEUF (Conspiration de). Baboeuf, qui fut a la téte du plus vaste, du plus redoutable complot qui ait été tramé pour le renversetnent du gouvernement directorial, ef qui a eu le triste avantage de voir son nom servir de racine a la composition du mot babouvisme, créé pour généraliser les principes des partisans de la loi agraire ; Balxruf, gui avait substitué a ses prénoms, Frangots- Noél, ceux de Catus-Gracchus, était né a Saint-Quentin, en 1764, Aprés avoir rempli a Roye les fonctions de géométre et de comtissaire A terrier, il rédigea au commencement de la revolution un journal intitulé le Correspondant picard, fut successivenent adininistrateur du département de la Summe, cvininissaire du district de Montdidier, secrétaue genéral de l’adininistration des subsistances a

Paris, et publia, aprés le 9 thermidor, un painpblet intitulé : Du Systeme de Dépopulation, ou la vie et les crimes de Carrier ; plus tard, le 7ribun du Peuple, journal Wopposition contre le parti thermidorien,

Accusé par Tallien, le 10 pluvidse an III (29 janvier 1795), d@’outrage envers la Convention nationale, il fut arrété et conduit dans la prison d’Arras. Rendu 4 la liberté par la loi d’amnistie qui termina la session de la Convention nationale, il reprit la publication de son Tribun du Peuple, et se prononga avec la plus énergique franchise contre le nouveau gouvernement établi par la constitution de l’an TI, réclamant la mise en ceuvre de la constitution votée par la Convention en 1793, présentée par elle 4 la sanction du peuple, ef suspendue par I’établissement du gouvernement réyolutionnaire. S’il ne fut pas le chef, il est du moins certain qu’il fut agent le plus actif, le plus hardi de la conspiration qui se forma 4 Paris pour substituer cette constitution de 1793 a celle de l’an 111. La Convention nationale, aprés la révolution de thermidor, avait elle-méme considéré Yacte constitutionnel de 1793 comme base fondamentale du gouvernement; elle avait nommé une commission spéciale pour la rédaction des lois organiques. Ce décret resta sans exécution, et la nouvelle constitution de lan III fut rédigée et promulguée.

Le nouveau régime était 4 peine en activité, que Baboouf, Antonelle, Drouet, Ch. Germain, Darthé, Buonarotti et autres, s’associérent pour le renverser. La conjuration avait des ramifications dans tous les arrondissements de la capitale , dans les départements et aux armées. Un projet aussi vaste, une correspondance aussi étendue, aussi active, ne pouvaient étre longtemps secrets. Barras, alors membre trés-influent du Directoire exécutif, en connaissait les chefs et le but. Il feignit de youloir entrer dans le complot. Sa conférence ayec Darthé le prouve. Ce document, dont V’authenticité n’a jamais été contestée , a été produit au procés devant la haute cour nationale, et publié officiellement, Cette entrevue de Darthé et Barras eut lieu le 30 germinal del’an 1V , et dés le 25 du méme mois le Directoire exécutif avait, par un message , informé le conseil des Cing-Cents que des rassemblements nombreux menagaient la tranquillité publique; que l’on y provoquait ouvertement le rétablissement de Ja constitution de 1793, le massacre des membres du Corps législatif et du gouvernement. Ce message fut renvoyé A une commission spéciale, dont le rapport ne se fit pas attendre. Dés le lendemain une résolution du conseil des Cing-Cents , adoptée le méme jour par celui des Anciens, autorisa le Directoire a employer les moyens répressifs les plus énergiques. Cette loi portait peine de mort contre tous ceux qui attenteraient a l’autorité du gouvernement établi. Les auteurs et imprimeurs de journaux, affiches et placards furent tenus de les signer, sous peine d’emprisonnement de six mois 4 deux ans, La légion de police , établie comme garde soldée pour la sdreté de la capitale, fut supprimée : on la croyait disposée & seconder le mouvement préparé par les chefs de la conjuration. Ceux-ci avaient eu tout le temps nécessaire pour faire disparaitre les preuves du complot. Ils savaient depuis plus de quinze jours que le Directoire était parfaitement instruit du complot et de tous les moyens d’exécution. Il paralt que l’insurrection devait éclater dans la nuit du 22 au 23 floréal an IV, et dés le 21 Babeuf, le conventionnel Laignelot et les autres principaux conjurés furent arrétés; immédiatement le Directoire en informa les deux conseils. Une loi votée le méme jour ordonna que dans trois jours les conventionnels , les fonctionnaires destitués, les prévenus d’émigration, les amnistiés, sortiraient de Paris et se tiendraient 4 une distance de dix lieues.

De nombreux papiers furent saisis dans le local oii s’assemblait le comité insurrectionnel, qui s’intitulait Direcfoire du salut public, Toute la correspondance avec les

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