‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 200 sur 488 · BABOEUF · texte numérisé non relu

BABOEUF

agents de Paris, des départements et de l’armée, les proclamations, les instructions, les listes de proscription et Pétat de ceux qui devaient diriger le mouvement, former la nouvelle Convention et s’emparer de l’autorité , le but de Yinsurrection , et tous les documents relatifs aux moyens @exécution, tombérent ainsi au pouvoir du gouvernement, Le représentant Drouet étant signalé par les documents comme l'un des chefs de la conjuration , le Directoire demanda au conseil des Cing-Cents s'il pouvait faire mettre les scellés chez ce représentant et le faire arréter. Le conseil passa 4 l’ordre du jour, motivé sur les lois de répres- — sion qui venaient d’étre votées , et qui dans la désignation des prévenus du complot n’avaient excepté personne. Les pitces saisies forment deux volumes in-8°. Une des plus remarquables est celle qui est intitulée : Manifeste des Egauzx; il suffira d’en extraire les conclusions :

« ... Peuple de France... d’anciennes habitudes , d’antiques préventions, pourront de nouveau faire obstacle & l’établissement de la République des Egaux. L’organisation de l’égalité réelle , la seule qui répondrait & tous les besoins, sans faire de viclimes, sans cotter de sacrifices, ne plaira peut-étre point d’abord a tout le monde. L’égoiste, Yambilieux frémira de rage. Ceux qui possédent injustement crieront a Vinjustice. Les jouissances exclusives , les plaisirs solitaires, les aisances personnelles, codteront de vifs regrets 4 quelques individus, blasés sur les peines d’autrui. Les amants du pouvoir absolu, les vils suppéts de Yautorité arbitraire, ploieront avec peine leurs chefs superbes sous le niveau de l’égalité réelle. Leur yue courte pénétrera difficilement dans le prochain avenir du bonheur commun. Mais que peuvent quelques milliers de mécontents contre unc masse d’hommes tous heureux et surpris d’avoir cherché si longtemps une félicité qu’ils avaient sous la main... Peuple de France... & quel signe dois-tu donc reconnaitre désormais Vexcellence d’une constitution?.. Celle qui tout entiére repose sur l’égalité de fait est la seule qui puisse te convenir et satisfaire 4 tous les voeux. Les chartes aristocratiques de 1791 et de 1795 rivaient les fers au lieu de les briser. Celle de 1793 était un grand pas de fait vers l’égalité réelle : on n’en avait pas encore approché de si prés ; mais elle ne touchait pas encore le but, et n’abordait point le bonheur commun, dont pourtant elle consacrait solennellement le grand principe... Peuplede France... ouvre tes yeux et ton cceur a la plénitude de la félicité; reconnais et proclame ayec nous la République des Egaux... »

Voila toute la pensée des conjurés; ils appelaient le peuple aux armes contre le gouvernement établi; ils écrivaient sur leurs bannitres : Constitution de 1793, et en réalité ils voulaient plus que cette constitution , qui garantissait toutes les existences et toutes les propriétés, ob on ne li pas un seul mot qui indique la moindre tendance a la communauté des biens. Cette communauté est formellement consacrée dans le Manifeste des Egaux; on remarque la méme contradiction dans |’Acfe d’insurrection : Le but de Vinsurrection est le rétablissement de la constitution de 1793 (art. 2). Telle était aussi la devise inscrite sur les bannidres et les drapeaux qui devaient étre distribués aux insurgés. C’était pour la constitution de 1793 qu’on les appelait & combattre; mais, dans la pensée des chefs de l'insurrection, la constitution de 1793 devait étre anéantie comme celles de 1791 ef de 1795. La France, alors en guerre avec toute l'Europe, déchirée par les factions & l'intérieur, allait se trouver sans gouvernement , sans lois, sans chefs avoués par elle; les conjurés n’avaient sans doute pas calculé toutes les conséquences désastreuses de leur complot. Ls s’étaient flattés que tous les départements et les armées auraient suivi l’exemple de la capitale; mais la capitale elle-méme n’aurait pas cédé sans résistance. Cependant les deux conseils avaient prévu toutes les chances de cette crise : une adresse aux Parisiens fut immé-

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diatement suivie d’un décret qui les rendait responsables de la sdreté de la représentation nationale, et qui ordonnait que dans le cas ou un attentat serait commis contre un de ses membres les deux conseils et le Directoire exécutif se réuniraient & Chalons-sur-Marne. Babceuf fut arrété le 21 floréal an IV, et conduit au ministére de la police générale. Il déclara qu’il n’y avait pas eu de conspiration , mais une simple réunion de patriotes , dont unique but était de délibérer sur les moyens de sauver la liberté compromise par les fautes du gouvernement, et que dans cette réunion il n’avait eu que sa voix.

A peine entré dans la prison du Temple, il écrivit au Directoire une longue et singuliére lettre, dont il suffira de cifer quelques fragments : « Regarderiez-vous au-dessous ae yous, citoyens Directeurs, dit-il, de traiter avec moi de puissance a puissance? Vous avez vu 4 présent de quelle vaste confiance je suis le centre; yous avez vu que mon parti peut bien balancer le votre; vous avez vu quelles immenses ramifications y tiennent. J’en suis plus que convaincu, cet apergu yous a fait trembler. Fst-il de votre intérét, est-il de Vintérét de la patrie de donner de l’éclat 4 la conjuration que yous avez découverte? Je ne le pense pas. Vous irriteriez toute la démocratie de la république francaise. On a eu beau vouloir comprimer le feu sacré, il brale et il bralera. Plus il parait dans certains instants anéanti, plus sa fumée menace de se réveiller subitement forte et explo- Je ne yois qu'un parti sage 4 prendre : déclarez quil n’y a pas eu de conspiration sérieuse. Cing hommes, en se montrant grands et généreux, peuvent aujourd hui sauyer la patrie. Je vous réponds encore que les patriotes yous couvriront de leurs corps, et yous n’aurez plus besoin d’armées entiéres pour yous défendre. Les patriotes ne yous haissent pas, ils n’ont hai que vos actes impopulaires. Vous sayez quelle mesure d’influence j’ai sur les patriotes; je Yemploierai 4 les convaincre que si yous étes peuple, ils doivent ne faire qu’un avec vous. Il ne. serait pas si malheureux que Veffet de cette simple lettre fat de pacifier Pintérieur de la France. »

Le Directoire ne répondit a cette lettre qu’en l’envoyani aux deux conseils, et en lui donnant la plus grande publicité. Quelques jours aprés Grisel, capitaine a la troisiime demi-brigade, fit au Directoire des révélations importantes. Il avait assisté 4 plusieurs réunions, et s’était mis en rapporé avec les principaux conjurés. Le représentant Drouet fut arrété, mais il parvint a s’évader de la prison de |’Abbaye. Il s’agissait d’un complot contre la sdreté de l’Etat, et, aux termes de la constitution de !’an III, les accusés ne pouvaient étre jugés que par la haute cour nationale. Ce tribunal supréme fut institué et établi 4 Venddme. Quarante-sept accusés comparurent devant les juges nationaux ; dix-huit furent jugés par contumace. Les principaux accusés étaient Babecuf, Darthé, Choudieu, Amar, Vadier, Ricord, Drouet, conventionnel; les généraux Rossignol, Parein, Fion; les adjudants généraux Jarry et Massard; Didier, exjuré aq tribunal révolutionnaire; Charles Germain, officier ; Buonarotti, Félix Lepelletier, Juliea fils, Chrétien, Lamberthé, Moroy, Cazin, Blondeau, Bouin, Ménessier, Cochet, Muguier, Céline, Gauthier, Feux, etc., Marie-Louise Adbin, veuve Mounard, M. S. Lapierre, Jeanne Ansiot, Nicole Pognon, femme Martin, Marie Lambert, etc.

La haute cour se composait d’un président, de quatre juges, deux juges suppléants, deux accusateurs nationaux, trois greffiers, deux greffiers commis, quatre huissiers, vingt hauts jurés nommés par le département, quatre suppléants. Réal, depuis conseiller d'Etat sous empire, et sept autres avocats, plaidérent pour les accusés. Les débats, ouveris e 22 ventdse an V, furent terminés le 5 prairial de la méme année. L’arrét, prononcé a neuf lieures du matin, condamna Babceut et Darthé & la peine de mort; Buonarotti, Ch. Gern.ain, Moroy, Cazin, Blondeau, Bouin et Ménessier a la dé-

portation; Amar et Cochet, renvoyés devant le tribunal criminel de la Seine; Muguier, Céline, Gauthier, Feux, devant celui de Ain; les autres prévenus acquittés. Pendant tout le cours de ces longs débats, les accusés, en se rendant de audience & la prison, entonnaient des chants patriotiques , et presque toujours ’hymne funébre de Goujon :

Dieu protecteur de la justice, C’est nous qui sommes dans les fers, etc.

A peine le président eut-il prononcé \’arrét de condamnation contre Baboeuf et Darthé, que tous deux se frapperent d’un poignard : leur sang coulait 4 grands flots, lorsque les gendarmes se précipitérent sur eux et les désarmérent. Un tes transporta dans la prison. Darthé resta longtemps sans connaissance. On assure que le poignard dont s’était servi Baboeuf lui avait été apporté par le plus jeune de ses deux fils. Les deux condamnés furent portés sur l’échafaud quelques heures apres, le 24 mai 1797. On a prétendu que Babceuf avait déja cessé de vivre, et que la hache fatale ne tomba que sur un cadavre. Durey (de l’Yonne).

BABOIS (Manrcuenite-Victoire), femme poete, était née A Versailles, le 8 octobre 1760, d’une famille respec. table de commercants. Elle ne trouva pas Je bonheur en ménage, si l’on s’en rapporte 4 ce que lui écrivait Ducis en 1798 : « Oh! combien vous méritez d’étre henreuse! et yous n’avez pas été sentie! et votre coour est venf avec un époux ! Oh ! que la moitié de tous ces trésors aurait rendu un homme sens*ble encore plus heureux! » S’ignorant elleméme jusqu’a trente ans, un jour elle s’éveilla poéte sur la tombe dune fille chérie. Ses Elégies maternelles furent le cri dune Ame navrée de douleur. Ducis le premier encouragea ce jeune talent. Il trouva M™* Babois au milieu de ses niéces, et lui en donna le titre; elle l’était en effet par sa mére. Jl entendit parler de ses vers, les lui demanda, les lut, et Pengagea a les faire imprimer. Les Elégies de M™* Babois parurent pour la premiére fois en 1805. Le public confirma le jugement de Ducis. Le safirique Lebrun, qui ne pardonnait pas aux femmes de savoir et d’oser écrire, Fontanes et Ginguené, furent les premiers a reconnaitre et & proclamer le talent de M™® Babois. « On ne peut citer avec un intérét médiocre, disait J.-M. Chénier dans son Rapport sur les prix décennaux, Jes six élégies que M™©€ Babois a publiées sur la mort de sa fille. Le style en est constamment pur, la versification d’une douceur exquise : cette poésie vient du cceur, et du cceur d'une mére, Ce sont des chants de douleur; un objet adoré les remplit : toutes les idées sont de tendres souvenirs, et tous les vers sont des larmes. » Enfin Geoffroy ajoutait spontanément : « Quand on pleure comme M™* Babois, on ne devrait jamais sourire! »

Le succés encouragea M™* Babois. L’amour de la patrie lui inspira en 1815 ses Elégies nationales. Une pensée noble ef généreuse lui fit réunir l’éloge des femmes poétes modernes dans une Epitre 4 Clotilde de Surville. D’autres poésies gracieuses, tendres ou sévéres, toujours philosophiques, occupérent sa plume, en général plus correcte quinspirée. On la vit attaquer les romantiques dans une épitre en 1834, ef en 1836 elle fit des adieux 4 sa muse. Au milieu de souffrances corporelles intolérables, sa muse sembla retrouver toutes ses forces dans une piéce sur la vie humaine, remplie de grandes pensées, mais en méme temps d’unetristesse profonde ; c’était le chant du cygne, M™* Babois expira 4 Paris, le 8 mars 1839.

BABOLNA, célébre haras royal en Hongrie, situé prés de Komorn, renommé par ses produits de véritable race arabe exclusivement réservés aux écuries de lempereur (Autriche. Ce bel établissement a été presque détruit par les Hongrois dans la guerre de 1849.

BABOR ou BABORS (Djebel Babouran’, monte gues de Kabylie, situées prés de Sétif, Le général Randon y (it

ane expédition en 1853.L’année suivante elles furent encore traversées par nos colonnes; et en 1856 le général Maissiat, apree une nouvelle expédilion, y établit des routes. Z. BABORD. Lorsque, placé sur Varriére d’un navire, on se tourne vers lavant, tout le coté qui reste a gauche se nomme le cété de bdbord, et celui qui reste a droite le cotéde tridord. Anciennement on écrivait bas-bord , et ensuite ona écrit bdbord, peut-étre parce que dans les premiers femns on attacha une idée d’infériorité au cété de gauche du navire. Cette conjecture est d’autant plus fondée qu'aujourd’hui méme le cété d’honneur dans les embarcations et & bord des batiments est encore le cdté de éribord. Lofficier le plus taut gradé en montant dans un canot s’assied a tribord. C’est a tribord, et non pas a babord, que le commandaat se proméne quand le navire est au mouillage ; c’est par le cété de tribord que les ofliciers montent a bord d’un batiment, tandis que le colé de babord est réservé aux mattres et aux matelots. Cette idée d’infériorité conventionnelle s'est tellement étendue sur les usages du bord, que lorsque lon divise |’équipage en deux parties pour lui faire faire la garde, la bordée de la partie qui prend le premier quart quand on est sous voiles est la bordée de tribord ; celle de babord fait le premier quart lorsqu’on est a lancre. A elle appartient Vinitiative des corvées ordinaires; a Vautre sont réservées les premieres corvées d'honneur. Les hommes qui composent cette bordée de babord sont désignés sous le non de bdbordais, par opposition au nom de fribordais, donné a ceux qui funt partie de la bordée opposée. La distinction absolue établie par cette division du navire encoté de babord et en coté de tribord cesse momentanéwment d'étre en usage dans certaines circonstances, qui placent le mavire sous l’intluence d'une position spéciale. Lorsque le bafiment est a la voile, par exemple, et qu’on a besoin, pour la manruvre, de désigner particulierement chacun des bords , comine il importe beaucoup plus pour le but qu’on se propose de distinguer le bord du vent deceluide devant le vent, alors on se sert plus ordinairement des mots vent ou sous le vent que des mots tribord et bdbord., Ainsi, soit que le vent vienne de babord ou de tribord, on dit aux matelots : passez au went, ou passes sous le vent, sans avoir égard a celui des cétés de bibord ou de tribord par lequel on regoit la brise. Nous ajouterons méme que cette division relative du mavire dans le sens de sa longueur, quand il est sous voiles, convient en général beaucoup plus a !’exécution de la maneeuvre que la division absolue qui résulte de Pemploi des mots (ribord et bdbord. L’officier de quart commande plus souvent au timonier, c’est-d-dire & ‘homme qui gouverne la barre dessous ou la barre au vent, que la barre a tribord ou la barre & bdbord. Cette habitude s'exphque par Ja situation frappante dans laquelle se trouve le navire qui regoit le vent d'un bord ou de Pautre. L’inclinaison que Jui imprime la brise et la disposition des voiles orientées pour la recevoir indiquent en effet, de la maniére la plus sensible et la moins équivoque, quel est le coté du vent et quel est celui de sows fe vent, Pendant le combat on noe désigne dans le conmandement les cotés qui doivent faire feu que par les mots feu bdbord ou feu tribord ! Lorsqu'on gouverne vent arriére, et que sous cette allure le navire n’a ni bord du vent ni bord sous le vent, on commande au timomer : tribord la barre ou bdbord la barre. C'est la seule maniére d’indiquer alors le coté vers lequel la barre doit ¢tre poussée. Ed, Connie.

BABOUCHES, sorte de pantoufles de couleur ,gentues, légérement recourbées au-dessus, sans quartier coimae sans falun, tantdt en neroquin, tantot en étoffe de soie, plus ov moins charges de broderie d'or et @argent, que l'on porte en Onent dans Vinterieur des habitations. A lentrée des riches demeures il y a toujours , dans cette contrée, un certain nombre de babouches qu on offre a chaque visiteur, précaution utile pour garantir de toute souillure les tapis qui

BABOR — BABRIUS

garnisscut les appartements. Les babouches sont appelées badbougd en turc, et pagows en persan.

RABOUIN ‘est un singe de l’ancien continent, qui appartient -u genre des cynocéphales ; il a pour caractéres particulicrs un angle facial de trente degrés, des abajoues, des fesses calleuses et point de queue, ou une queve trés-courte, Le museao iu babouin, d’aprés Cuvier, est précisément comme celui du papion, et c’est ason extrémité que les narines sont ouvertes; leur taille et leurs proportions sont les mémes; ils paraissent avoir des penchants semblables et le méme caractére. Le museau, les oreilles et le dessus de la pas piére cliez le babouin sont d’une couleur de chair livide, un peu plus claire autour des yeux ; aucune partie des narines ne dépasse le museau, et les cartilages latéraux sont un peu ¢échancrés dans leur milieu. La queue ne dépasse pas les cuisses. La partie supérieure de animal est lavée de verdatre et de noir, Les cotés des joues sont garnis de poils blancs, jaunatres, jusque sous le cou. Les jeunes babouins ont les parties inférieures d'un blanc sale.

BABOUR ( Zr utn-Lpoin-Monamuen ), premier Grand- Mogol daus l'Inde, petit-fils de Tamerlan, né en 1483, avait douze ans 4 peine lorsque son pére, Ginar-Cheick, mourut en lui léguant la souveraineté de tous les pays situés entre Samarkhand et l'indus. Résolu a opérer la conquéte de I'Inde, il s’empara, soit par ruse, soit de vive force, des territoires de Kachgar, Khoten, Kandouz, Kandahar et Kaboul, tout en ayant a réprimer en méme temps de nombreuses révottes dans Jes différentes parties de son empire. Aprés s'étre ainsi ouvert la grande route de I'inde, il mit a profit la faiblesse du gouvernement d’Ibrahim Sody, et ve- la fin de l'année 1525 franchit l’Atlock ( Indus) a la téte de 1v,080 hommes a élite seulement, battit bien vite quelques divisions de troupes qui essayérent de lui barrer le passage dans le Pendjab, et livra enfin au mois d’avril 1526, dans la plaine de Pannibet, non loin de Delhi, une bataille décisive 4 son adversaire, qui avait sous ses ordres des forces bien autrement considérables que les siennes. Ses 100,000 guvrriers et ses 1000 éléphants ne tardérent pas a ¢tre mis en fuite, entrainant avec eux dans leur déroute Ibraliim Ini-méme, et Babour put faire son entrée triomphale & Delhi. Le mois suivant, Agra, la seconde ville de Vempire, lui ouvrit également ses portes. Mais Babour mourut des l'année 1530, aprés voir eu a lutter conte® un grand nombre 4e conspirations et de révoltes pendant les cing années qu'il avait été le mattre de l’'Inde. Aux talents qui font le capitaine et l'homme d’Etat, Babour unissait l'amour des sciences et des lettres. Il écrivit lui-méme en langue tatare histoire de sa vie et de ses conquétes , ouvrage qui a été traduit par Abdul-Rachim en persan, et tout récemnent de cette langue en anglais, Babour, & qui succéda immediaiement sur le trone de Delhi l’ainé de ses quatre fils, Houmayoun, fut le fondateur de la dynastie des Baboudes ou du Grand-Mogol.

LABOUVISME. Voyes Basccur.

BABRIUS, BABRIAS ou GABRYAS est un fabulisfe grec, que d'abord le savant Boissonade faisait vivre au plus tard dans le sidcle d’Auguste, parce qu'il est cité dans le lexique d’Apollonius, et qu’ensuite i] plaga au temps d’Alexandre Sévére, d’aprés un vers de dédicace qui mentionne un fils du roi Alexandre, et que M. Quicherat, en le playant un siécle avant notre ére, désigne comme contemporain de Ptolémée Alexandre 1°. Hl recueillit et coordonna un trés-grand nombre de fables d'Esope, qu'il écrivit en vers choliambiques, dans un style oaturel, animé et populaire. Au commencement et vere la tin du moyen age, ces fables furent remanices et mises en vers a différentes reprises, et c'est dans cette forme qu’elles sont venues a nous sous le titre de fables d'Esope.

Ce fut Benth y et ensuite Tyrwhitt, dans sa Dissertatio de Bub: io( Londres, 1776 ), qui les premiers y reconnurent

l’eeuvre originale de Babrius, cherchérent a rétablir quelques fragments de ses vers choliambiques et a retrouver ailleurs ‘dautres fragments du véritable fabuliste. Del Furia, Coray , chneider, y ajoutérent quelques apologies d’aprés des mamuscrits, et Knocke tout ce qui en était alors connu ( Halle, 1835). Enfin, en 1844, le Gree Minoide Minas, chargé par le gouvernement frangais d’explorer les couvents de l’Orient,

écouvrit au mont Athos un manuscrit contenant cent vingt-trois fables de Babrius, sur lesquelles une dizaine ne se trouvent dans aucun des recueils connus; mais beaucoup Wautres que ceux-ci renferment n’y sont pas reproduites ; on peut calculer assez exactement ce qui manque dans la collection que nous possédons aujourd'hui. Par une simple régle de proportion on arrive 4 soixante-quatre fables pour combler la lacune, ce qui porterait a deux cents environ le chiffre total.

Le recueil trouvé par M. Minoide Minas a été publié , Vannée méme de sa découverte , par M. Boissonade, qui en a rétabli et corrigé les legons, et a accompagné le texte d'une traduction latine qui, bien que toujours exacte, ressemble Aun original. M. Boyer, professeur au collége Saint-Louis, a été des premiers dans le secret de la nouvelle publication, qu’il a pu traduire en frangais sur les épreuves mémes avec beaucoup de soin et une rare élégance. De nouvelles éditions du texte ont été publices, en 1845, & Zurich par Orelli et Baiter, et la méme année a Berlin par Lachmann. Entre les nombreux ouvrages provoqués par la découverte de ces fables inédites de Babrius, il faut surtout citer, outre la version francaise de M. Boyer, les traductions allemandes qui en

ont été données par Ribbeck et Herzberg ( Berlin et Halle, 1846), et les Animadversiones critice de Babrii mythiambis, par Dubner ( Paris, 1844) BABYLONE, capitale de la Babylonie, fut une des -villes tes plus anciennes et les plus célébres du globe. Les renseignements sur son origine et sa position sont extrémement confus. On cite comme son fondateur le dieu Baal ou -Belus, puis la reine Sémiramis, qui, au rapport de Diodore, y -aurait employé deux millions d’ouvriers appeles de toutes les parties de son royaume. Les informations que nous four- nissent les auteurs anciens, tout au moins ce que nous en - connaissons aujourd’hui, n’ont aucunement rapport a |’an- - cienne Babylone. Toutes sont relatives a la capitale que Na- —buchodongsor fit reconstruire et embellir. Herodote nous donne une description de la ville , que vraisemblablement il avait vue de ses propres yeux. Elle s’étendait sur les deux rives de I'Euphrate, en formant uncarré, aux cétés duquel on assigne différentes longueurs. Hérodote, par exemple, parle de 120 stades, ce qui donnerait pour la totalité 88 kilométres. Elle était entourée d’une muraille haute de 200 coudées, large de 50, et pourvue, dit-on , de cinquante portes d’airain, nombre que Diodore augmente encore et qu'il porte a deux cent cinquante. Les deux parties de la ville, qui étaient construites avec une extréme régularité et coupées 4 angle droit par des rues larges et droites , étaient unies par un pont en pierres de taille rattachées par des crampons en fer et surmonté d’une toiture; il n’en existe plus aujourd’hui le moindre vestige. La partie occidentale de la ville en était incontestablement la plus ancienne; c’était celle qui jadis appartenait a proprement parler a la dynastie babyloniemne. C’est la et au milieu de la ville, dit-on, qu’était situé le célébre temple de Belus ou de Baal, sans doute la tour de Babel, nommée par les Arabes Birs-Nimroud. Le second point important du cété occidental est l'amas de ruines appelé aujourd’hui ef Moukallibé, désigné, nun sans beaucoup de vraisemblance, comme l’antique demeure royale des souverains de l’ancienne Babylonie. C’est dans la partie orientale que sont situves les ruines datant de la nouvelle époque babylonienne, parmi lesquelles il faut surtout mentionner celles qu’on désizne sous le nom de Jardins suspendus de Sémiramis, rangés autrefois parmi les merveilles de

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