‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 201 sur 488 · BABYLONE · texte numérisé non relu

BABYLONE

univers, et dont Diodore nous a donné une description trés-détaillée. On en voit aujourd’hui les débris dans le monceau de ruines appelé el Kasr. Vient ensuite le mont Amran, dont les vestiges sont restés l'objet de vagues conjectures.

Babylone souffrit énormément des suites de invasion et de la conquéte des Perses. Ses murailles extérieures furent alors démolies, surtout quand Darius I*, aprés un siége de deux années , nécessité par une révolte, s’en fut rendu maitre de nouveau, grace a un stratagéme eniployé par Z opyre. Xerxés pilla le temple de Bélus, qui avait été respecté jusque alors, et qu’ Hérodote trouva par conséquent ene titrement vide. Bien que les rois de Perse eussent également fixé leur résidence dans cette ville, ils ne firent rien pour la restaurer; et Alexandre le Grand, qui a son entrée dans Babylone, en l'an 331, promit aux habitants de reconstruire leur temple , ne put seulement pas en deux mois et a aide de dix mille ouvriers en enlever les décombres. Une fois qu’il fut mort lui-méme dans le palais de Nabuchodonosor, et que Séleucie ( aujourd’hui Al-Madain ) eut bientOt apres été fondée par Séleucus Nicator, la décadence de Balylone fut rapide et non interrompue. La ville nouvelle fut en grande partie construite avec les matériaux de l'ancienne, el on en manqua souvent pour élever des constructions monumentales. I fallut tirer des montagnes de l’'Arménie les grosses pierres destinées aux fondations et aux premiéres assises ; mais le plus ordinairement, il est vrai, on employait des briques d’une remarquable solidité. Dés lépoque de Pausanias il ne restait plus des ruines de Babylone que celles de ses murs.

Les anciens géographes arabes font bien mention d'un bourg de Bdbil, mais ils ne disent rien des ruines qui s’y trouveraient amoncelées. Depuis Della Valle, qui, comme plus tard Rennel, prétendit, a tort, reconnaftre la tour de Belus dans la ruine désignée sous le nom de al Moukallibé, Vantique Babylone a été l'objet d’un grand nombre de voyages et d'investigations. La plupart des explorateurs, au noinbre desquels il faut surtout citer Rich, voient dans la petite ville de Hillah ( peuplée de 7,000 ames), sur la mnve orientale de 'Euphrate, lendroit ou s’élevait jadis la magnifique cité des aneens. Les grandes masses de ruines , dont on ne saurait, a instar de Rennel, exclure le Birs- Nimroud , autoriseraient sans doute 4 croire que la ville aurait eu une étendue démesurée; elles s’accordent de tous points avec Jes indications données par les anciens sur la longueur des cétés du carré. Tout récemment Rawlinson a voulu placer 4 Niffer le lieu ou était autrefois situee Baby- Jone. Cependant le champ des recherches et des investigations reste toujours ouvert a cet égard. Consultez Kich, Memoirs on the Ruins of Babylon ( 3° édition, Londres, 1818); le méme, Personnal Narrative of a Journey to England, by Bassorah, Bagdad, the ruins of Babylon (Londres, 1826 ) ; Mignan, Travels in Chaldza (Londres, 1829); Fraser, Travels in Koordistan, Mesopotamia ( Londres, 1840); Wellsted, Travels to the City of the Kaliphs ( Londres, 1840), et I'habile compilation de Vaux, Nineveh and Persepolis (Londres, 1850 ).

BABYLONE (Exil ou Captivité de). C’était 'un des principes doininants de la politique despotique de l'antique Orient de bannir les habitants riches et considérés d'une province Conquise dans une partie bien éloignée de l'empire, o0, sépares du reste de la population par la nationalite, la langue et la religion, ils cessaient détre politiquement dangereux , tandis qu’on avait enlevé de la sorte au gros de la nation resté dans ses foyers ses chefs naturels, les citoyens lex plus influents. De tels exils furent souvent infligés aux habitants de la Judée, surtout a partir de I'é6poque oti ils eurent des rapports de plus en plus tostiles avec le puissant empire d’Assyrie, C’est ainsi que sou» le régne de Hosea, I’an 722 avant J.-C., le royaume d'israe’

fut détruit par le roi d’Assyrie Salmanassar, qui, aprés la prise de Samarie, fit conduire en captivité les principaux

abilants de cette importante cité, en méme temps qu’il ordonnait de transplanter dans Israel aes populations étraneres, pour former désormais avec les éléments de la population indigtne restés sur le sol natal la nation samaritaine. Mais ce fut sous le régne de Nabuchodonosor qu’eut lieu ’exil du peuple juif dans les plus larges proportions dont Vhistoire fasse meution. Sédécias, roi de Juda, vainement averti par le prophéte Jérémie, se ligua avec le roi d’Egypte contre la domination babylonienne et chaldéenne. Mais Nabuchodonosor ne tarda pas a paraitre sous les murs de Jérusalem, & la téte d’une formidable armée, et s’empara de cette ville, en ’an 588 avant J.-C. Le roi Sédécias eut les yeux crevés, et le vainqueur envoya avec lui la partie la plus considérable de Juda en exil en Babylonie. C’est cet exil, dont on fixe ordinairement la durée 4 soixante-dix ans, bien qu’elle n’ait été que de cinquante-six ans, qu’on désigne plus spécialement sous le nom d’exil de Babylone. Du reste, la situation faite aux exilés était au total tolérable. La plupart d’entre eux se fixérent définitivement dans les localités ot on les avait placés, y acquirent des propriétés avec du bien-étre et méme de la richesse; plusieurs furent admis & la cour, et il y en eut méme de nommés a des emplois importants. On leur laissa leurs lois et leurs usages, et ils continuérent a observer les préceptes de Moise. Ils avaient d’ailleurs lear propre chef et le libre exercice de leur culte. Ils ne manquérent non plus ni de consolations ni d’exhortations, car ce fut au milieu d’eux qu’Ezéchiel éleva sa puissante voix prophétique. C’est méme pendant la durée de l’exil de Babylone que se forma l’idée du Messie avec le caractére vague et idéal qui lui était particulier. Quand, en l’année 538, Cyrus eut détruit ’empire de Babylone, il permit aux Juifs de s’en retourner dans leur terre natale, la Palestine. Mais il n’y eut que deux tribus, celles de Lévi et de Benjamin, qui profitérent de cette autorisation : les dix autres disparaissent complétement de Phistoire depuis lexil. Vraisemblablement elles s’étaient déja si bien confondues avec les Babyloniens, que le souvenir méme de la ferre natale s’était éteint parmi elles. On s’est trés-inutilement efforcé dans ces derniers temps de retrouver en Asie ces dix tribus perdues. Quelques savants ont été les chercher dans P’Inde et jusqu’en Chine; d’autres ont prétendu que les Afghans en descendaient en ligne directe. Il y en a enfin qui ont prétendu que les Indiens de l’Amérique du nord étaient la postérité de ces dix tribus. Il se pourrait plutét que ce fussent les Nestoriens qu’on rencontre aujourd’hui dans les montagnes du Kourdistan.

BABYLONIE. C’est le nom que portait dans lantiquité la vallée furmée par le cours inférieur de ’Euphrate, et qu’on appelle aujour@hui Trak Arabi. L’Ancien Testament la désigne d’ordinaire sous le nom de Sinéar (mais quelquefois ausside Babel), et les écrivains grecs et romains d’une époque postérieure en font souvent mention aussi sous la dénomination de Chaldée. Ses yéritables limites étaient formées au nord, vers la Mésopotamie, par l’Euphrate , et au nord-est, depuis l'embouchure du Chabour dans |’Euphrate jusqu’au Tigre, par ce qu’on appelait la muraille médique, a Vest par le Tigre vers l’Assyrie et la Susiane, au sud par le golfe Persique, 4 !’ouest par les déserts de l’Arabie, Quand plus tard la puissance babylonienne en arriva a prendre de plus grands développements, on comprit en outre l’Assyrie et la Mésopotamie sous la dénomination commune de Babylonie,

La Babylonie est une plaine formant la continuation de celle de l’Assyrie; c’est 1a que 'Euphrate et le Tigre se rapprochent le plus, jusquwaé ce que, enveloppant tous deux dans leur cours les iles du pays de Mesem, ils aillent se déverser dans le golfe Persique. Il a fallu mettre cette con-

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