‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 211 sur 488 · BACHELIER · texte numérisé non relu

BACHELIER

de Dufaur, de Saint-Gory, furent les créations de ce grand architecte sculpteur. L’autel de la Vierge, dans Véglise de Saint-Etienne, était tout un poéme religieux : 1a étaient les douze apdtres, une partie des disciples, et aussi des anges assistant aux derniers moments de la mére du Sauveur. La réyolution a brisé ce magnifique monument. Le Saint- Sépulcre fait par lui dans Véglise des Trinitaires était compté parmi les chefs-d’@uvre de l’art. Il traita le méme sujet dans l’église de la Dalbade, et, sans se répéter, sans emprunter & la précédente composition, il fut aussi sublime. L’autel de la paroisse de Saint-Nicolas fut également enrichi par lui d’une composition majestueuse , noble et pittoresque. L’église des Cordeliers penal ce qu'ila peut-@tre fait de plus beau, de plus sentimental ; il y avait encore représenté la sépulture de Jésus-Chirist.

Tout le Languedoc et toute la Guienne admiraient les talents de Bachelier. Trente et une cathédrales du midi voulurent avoir de ses ouvrages; et comme il ne pouvait suffire A toutes les demandes, il se contentait souvent de corriger les dessins des artistes auxquels il confiait ces travaux. Souvent, néanmoins, il ne voulait point qu’une boiserie de métropole, telle que celle d’Auch ou celle de Saint-Bertrand de Comminges, fat terminée sans qu’il y ett quelque chose de sa fagon; et c’est ainsi qu’au milieu des sculptures monumentales, mais quelquefois incorrectes, de ces cathédrales, on trouve de délicieux bas-reliefs, ol se trahit tout le talent du sculpteur toulousain, ce parfait et savant imitateur de Michel-Ange. Galliot de Genouillac chargea Bachelier du soin de construire son admirable chateau d’Assier, chateau qui, selon Brantéme, « était la plus superbe maison qu’on pdt voir ». L’église d’Assier, et le mausolée de Galliot, comme les ruines de Castelnau de Bretenoux et la cour d’Henri IV, 4 Toulouse, attestent aussi le génie de cet architecte.

Doué d’une modestie égale 4 son talent, Bachelier ne prenait ordinairement que la qualité de maitre magon et de tailleur de pherres. Ce grand artiste parvint a un 4ge trés-avancé, et, suivant la tradition, il mourut victime dune insigne perfidie. Des ornementistes italiens étaient venus demander du travail 4 Jean-Baptiste de Simiane, abbé de Saint-Saturnin ; celui-ci les refusa, en leur disant que Bachelier terminait alors tout ce*qu’il y avait a faire dans la basilique consacrée a Papétre de Toulouse. Piqués de ce refus, les sculpteurs italiens allérent scier, pendant la nuit, les pieds-droits de l’échafaudage placé devant la grand’porte, n’en laissant subsister qu'une faible partie, de sorte que le moindre effort devait opérer le bris de ce qui restait intact. Leur complot obtint un succés fatal: a peine Bachelier ¢tait-il monté sur l’échafaudage, avec son fils Dominique, qu’il tomba mort au pied de ’un de ses chefs-d’ceuvre, et ce ne fut qu’avec peine que l’on put conserver 4 la vie le fils de ce grand sculpteur. Ch*" Alex. pu MEGE.

BACHELIER (Jean-Jacques ), peintre francais, né en 1724, on ne sait dans quelle ville. Doué dun cour éminemment porté au bien, nous le voyons, en 1763, consacrer une fortune de 60,000 francs, laborieusement acquise, a létabiissement d’une école gratuite de dessin pour les artisans. Aprés avoir écarté les mille obstacles que rencontrent trop souvent les entreprises utiles, il eut la satis faction de voir pleinement réussir son école, qui existe en core a Paris, rue de l’Ecole-de-Médecine.

Bachelier fut Pami du comte de Caylus, et il contribua au succes des recherches de ce protecteur éclairé des arts sur les procédés anciens de la peinture; il peignit mémeé quelques toiles 4 Pencaustique et 4 la cire. I] retrouyva aussi le moyen de préserver les statues de marbre des injures de lair par Papplication d’une espéce d’encaustique, ainsi que le faisaient les anciens, au dire de Pline. Aprés avoit été directeur de la manufacture de Sévres, Bachelier mou rut en 1805; outre ses tableaux, il laissait quelques écrits :

le Conseil de Famille, proverbe en un acte, et un Mémoire sur U Education des Filles, présenté & |’Assemblée nationale en 1789.

Le Louvre ne posséde aucune des productions de Bachelier; les musées de Marseille et d’Angers seuls en ont conservé chacun une; le tableau de ce dernier musée est peint a lencaustique. ‘

BACHELU (Giizert-Désiré-Josern), lieutenant général, ancien député, naquit & Ddle, le 9 février 1777. Il se fit remarquer & une affaire qui eut lieu en Egypte contre Mourad-Bey. En 1800 il était chef de brigade du génie aux Antilles; en 1807 il commandait le 11° régiment en face de Castel-Nuovo, et contribua A culbuter deux bataillons russes et prés de 5,000 Monténégrins. Il se distingua encore au siége de Dantzig, fit les campagnes de 1812 en Russie, de 1813 en Allemagne, ov il fut nommé général de division , et on le vit encore combattre vaillamment a Waterloo. Sous la Restauration le général Bachelu eut le sort de tous les braves qui avaient élevé si haut la gloire de la France. Aprés la révolution de Juillet il fut élu député du Jura, le 22 novembre 1830; mais il ne fut pas réélu aux élections générales de 1831. Il rentra ensuite a la chambre en 1832, en remplacement de M. Lempereur, démissionnaire; son mandat expira en 1834, et il n’en recut un nouveau qu’en 1838 et 1839, au collége de Chalons (Sadne-et-Loire). Mais aux élections de 1842 il fut remplacé par le général Thiard. M. Bachelu appartenait 4 l’opposition constitutionnelle modérée. Il est mort en 1849,dans sa belle terre de Lagrange, prés d’Arbois.

BACHEVILLE (Les fréres) , nés & Trévoux, département du Rhone, ont dd leur célébrité non-seulement ’ leur grande brayoure, mais aussi anx persécutions qu’ils eurent & subir en 1815, et au lointain exil qui en fut la suite. Ils étaient entrés l’un et l’autre dans la carriére milifaire dés les premiéres années de l’empire, et ils avaient gagné sur les champs de bataille la croix de la Légion d’Honneur et le grade de capitaine dans la garde, lorsque survinrent les événements de 1814. L’ainé, BarTHéLemy, suivit Napoléon a I’tle d’Elbe, et ’accompagna ensuite de Cannes a Paris, et de Paris 4 Waterloo. Aprés cette funeste journée, les fréres Bacheville, atteints par le licenciement de Parmée, se retirérent dans leur famille. La réaction ne jes y laissa pas tranquilles. Leur dévouement a la cause nationale, leur admiration pour le grand homme, I’énergie de leur caractére , les rendaient suspects et odieux au parti dominant. La police s’attacha 4 leurs pas; on surveilla toutes leurs démarches , on incrimina leurs actions les plus innocentes, jusqu’é transformer en menée révolutionnaire une visite faite 4 des parents dans une contrée voisine de leur résidence. Les réacteurs lyonnais saisirent cette occasion pour envoyer la gendarmerie a la poursuite des deux fréres, qui résisterent 4 l’exécution du mandat inique décerné contre eux, et qui parvinrent 4 s’échapper. La cour prévotale n’en fut pas moins saisie d’une procédure criminelle & leur encontre, et elle les condamna, savoir, Barthélemy a la peine de mort, et son frére ANTOINE a deux ans de prison.

Ils se réfugiérent d’abord en Suisse, d’od la diplomatie francaise les fit expulser. Retirés ensuite en Pologne, ils n’y séjournérent pas longtemps, et pass¢rent dans les provinces du Danube. L’ainé se fixa A Bucharest, et Antoine A Jassy. Mais Barthélemy ne resta que peu de temps au milieu des Valaques, et partit pour Constantinople, od il retrouva la haine persévérante et la fureur réactionnaire de ja diplomatie de son malheureux pays. Obligé de chercher un refuge chez le terrible pacha de Janina, il parvint a inspirer assez de confiance au farouche Ali pour se faire admettre 4 sa table et A Thonneur de fumer dans sa pipe. Mais le spectacle d'une affreuse tyrannie ne pouvait convenir A )'ynfant de la liberté, Barthélemy Bacheville se

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