BACHIQUE — BACK-GAM\ON
& ce que ces corps, en raison de leur petitesse microscopique, ne peuvent guére étre suivis pendant toute la série de leur développement. L, Lavrenrt.
BACINET. Ce nom, qui s'appliquait @abord a une simple calotte de fer que le soldat mettait par-dessus le chaperon de mailles, a désigné ensuite un genre de cas que déja en usage du temps de Louis IX. Ce casque, ouvert, léger, différait peu du cabasset et du chapeau de fer; il était, comme ce dernier, sans gorgerin ni créte, et presque toujours sans yisiére; il s’enfongait jusqu’aux yeux, et était garni d'un porte-pennache ; il s’assujettissait au moyen dune courroie ou de deux gourmettes a éc: illes se nouant sous le menton ; il se formait d’une calotte s’aplatissant latéralement et s’élevant en pointe; il se portait quelquefois avec un chaperon qui s’y suspendait, et il prenait alors le nom de bacinet & camail : on voit encore de ces derniers chez les Persans et les Caucasiens.
BACIOCHI. Voyez Bacciocui.
BACK (Geonces), navigateur anglais, né en 1796 4 Stockport, accompagna en 182! John Franklin a la céte septentrionale de l’Amérique, et s’offrit en 1832 au gouvernement anglais pour aller a la recherche du capitaine Ross, qu'on croyait avoir fait naufrage. Parti de Londres le 27 fé- \rier 1833, il quitta le 28 juin suivant Norwayhouse, l'une ces stations de la compagnie d'Hudson, pour commencer son voyage vers le nord. Aprés avoir passé avec ses compagnons un hiver effroyable dans le lac des Esclaves, il découvrit dans Je courant de l’année 1834, indépendamment du lac Waldesley et de l’Artillerie, immense Thlewi- Schoch (fleuve aux poissons), ou fleuve de Back, qu'il descendit jusqu’a ja mer Glaciale. Empéché par les glaces de pousser sur cette mer jusqu’au cap Tournagain, il remonta le fleuve vers le commencement de 1835, bien qu’il edt recu la nouvelle du retour de Ross en Angleterre, pour continuer ses pénibles investigations sur la mer Glaciale. Complétement bloqué pendant une année par les glaces, d’aott 1836 a aout 1837, ce ne fut que dans les derniers mois ce cette méme année qu’il revint en Europe , aprés avoir souffert des maux et des privations sans nombre, Il a publié le récit de son expédition (1838, gr. in-8°). Créé chevalier en 1839, sir Georges Back a été élevé, en 1857 , au grade de contre-amiral.
BACK-GAMMON ou TOUTES TABLES. C’est le jeu de trictrac tel qu’il est usité en Angleterre. Les régles sont a peu prés les mémes. On a les quinze dames noires ou blanches , le tablier, les dés agités dans des cornets, et de plus les fichets. Les nombres les plus forts amenés par les dés sont appelés les premiers. Les régles établies pour prendre les nombres additionnés ou séparés sont les mémes. Les doublets, c’est-a-dire besets, doubles-deux, ternes,
carmes, quines et sonnez, se jouent douhlement. Toutes
les dames battues sont mises hors de jeu, et celui a qui elles appartiennent ne peut plus toucher quoi que ce soit avant qu'il ne les ait toutes rentrées.
L’ancienne dénomination toutes tables vient dela faculté accordée de faire des cases indifféremment a toutes les tables dés le commencement de la partie, méme dans le camp de Vadversaire.
Le plus important est de savoir faire les rentrées : en cela consistent principalement les finesses du back-gammon. II y a en effet quatre piles de dames : 1° celle qui fait la ttte du jeu, et qui se compose de deux dames placées dans le coin, & la droite du joueur adverse; 2° cing dames dans le coin a sa gauche ; 3° cing sur la cinquidme case de la {able a gauche de chaque joueur; 4° cing sur la premidre fléche touchant a la bande de séparation dans la seconde table. Si du premier coup les dés aménent six ou cinq, il faut prendre une des dames de la téte et l'avancer sur la seconde table.
Le jan de retour et d’autres combinaisons sont les mémes qu’au érictrac et au revertier; mais il y a de plus au
back-gammon l’ambezas, ou a bas le dé, et diverses marches qui [ui sont propres. BRETON.
BACKHUYSEN ou BAKHUYSEN (Lonotr), Pun des plus célébres peintres de I'école liolandaise, excela dans les tableaux de marine. Né en 1631, 4 Emden, il travailla jusqu’a l’ége de dix-luit ans comme expéditionnaire auprés de son pére, qui éfait secrétaire des éfats généraux, et entra en 1550 dans une maison de commerce 4 Amsterdam , oir if commenga a donner des preuyes de ses dispositions pour les arts. Voulant se consaerer entiérement 4 la peinture , il prit des lecons d’Everdingen; et par um travail assidu , de méme que par ses fréquentes visites aux ateliers des maitres les plus célébres, if ne tarda pas 4 acquérir une habileté et une facilité pew communes. Mais ce qui seconda ses efforts , ce fut surtout son soin scrupuleux de toujours étudier Ia nature. Souvent, & l’approche d’ume tempéte, il montait un batiment léger , sur lequel il allait en pleine mer étudier le mouvement des vagues, et les effets de plosphorescence qui semblent les enflammer. Plein de ce: qu’il venait de voir, il rentrait chez lui, et en reproduisait ensuite avec une admirable vérité fous les détails dans des esquisses dépositaires de ses impressions premiéres. C'est ainsi qu’il parvint a prendre place au premier rang parmi les peintres de marine. Un fableau plns particuliérement célébre de cet artiste est celui que posséde Ja galerie du Louvre. #1 fut commandé 4 Backhuysen par Je conseil municipal d’Amsterdam, qui, en 1665, en fit présent 4 Louis XIV. Toutes les toiles de Backhuysen se distinguent par leur extréme vérité, en méme temps quepar la poésie dont il sait revétir élément en fureur. Son coup de pinceau excelle & imiter!’eau et. ses ondulations. Il y a beaucoup de légéreté et une variété infinie dans ses ciels. — A Page de soixante et onze ans il se mit a graver sur cuivre. Ti s’essaya aussi dans la poésie , et donna longtemps des lecons decalligraphie, art aux progrés duquel il contribua beaucoup. J] mourut en 1709, a la suite dune longue et douloureuse maladie.
Son petit-fils, Zudolf Backuuysen, né en 1717, mort en 1782, d’abord marchand, puis militaire, se livra aussi plus tard 4 la peinture. On a de Jui de remarquables scenes de ta vie des camps.
BACKWOODS, cest-’-dire bois de derriére. Les habitants de la Nouvelle-Angleterre donnaient ce nom aux immenses foréts primitives qui jusqu’au milieu du siécle dernier couvraient encore les contrées a louest des monts Alleghanys, etque les Indiens seuls parcouraient. Mais depuis que Ja culturea envahi ces contrées mémes , on a appliquél’ex pression de Backwoods % tout le territoire occidental des Etats-Unis qui n’est point encore cultivé. Les blanes qui, véritables éclaireurs de la civilisation, viennent. s’établir au milien de ces foréts vierges sont appelés des Backwoodsmen ov pionniers et squatters. Les privations qu’ils endurent, leur vie sauvage, leur courage , les périls qu’ils affrontent, leurs vertus, leurs viees, leurs luttes contre les animaux féroces des foréts, contre les Indiens et. contre les éléments, prétent un charme tout particulier aux peintures et aux descriptions de Fenimore Cooper, de Gersteecker, etc.
- BACLER D’ALBE (Louts-ALzentGHISLALN, baron), peintre et ingénieur géouraphe, naquit en 1762, a Saint-Pol ( Pas-de-Calais). Parti pour I’Italie & l’dge de vingt ans, il s’arréta dans les Alpes, au pied du mont Blanc, et choisit Sallenches pour son séjour babituel. 11 y demeura sept ans, s'ocenpant tout & la fois de peinture et d’histoire naturelle ; et bientot ses tableaux, répandus en Suisse et en Allemagne, Jui firent une grande réputation. Ses nombreuses explorations dans les montagnes lui fournirent Poceasion d’étudier les rapports de liaison existant entre leursdifférents groupes et de rénnir dans sa mémoire les hases de cette lopographie pittoresque dont il ne devait pas tarder a étre le eréateur. Quand les armées frangaises pénétrérent en Savoie, Bacler d’Albe , quoique marié et déjd pere, edda a lenthou-
; BACK-GAMMON — BACON
siasme qui s’emparait alors de tons les coeurs généreux, ef | s’engagea pour aller rejoindre comme volontaire un bataillon de chasseurs de l’Ariége. Il ne tarda pas a franchir les grades inférieurs. Quand Bonaparte vint prendre, en 1796, le commandement de |’armée d'Italie, des reconnais-— sanees militaires confiées 4 Bacler, et exécutées avec autant — de bravoure que de succes , le firent remarquer par le général en chef, qui Vattacha a son état-major avec le titre de chef du bureau topographique. Bacler prit part en cette qualité 4 toutes les actions de cette mémorable campagne, et se distingua particuliérement a la bataille d’Arcole , dont il fit, en 1804, le sujet d'une grande toile, remarquable par sa belle exécution, et qui eut les honneurs de Trianon ; car ses préoccupations militaires ne Vabsorbaient pas tellement — qu'il ne sdt toujours, la veille ou le lendemain d’une bataille, trouver le moment de crayonner le cété pittoresque du paysage qu’il venait de voir, de la scéne oii il venait d’étre acteur. C’est ainsi que dans le cours méme de cette immortelle campagne d’Jtalie il dressa la belle carte du théatre de la guerre en Italie (Paris, 1802). Les chances de la guerre, en arrachant I’Italie aux Francais en 1799, dépouillérent Bacler d’Albe du fruit de ses longs travaux. Mais il réussit du moins 4 sauver ses dessins topographiques; et il avait déja presque refait une partie de ses cuivres, lorsque le gouvernement autrichien Jui rendit ceux qui ayaient été transportés a Vienne. A son retour d’Egypte, Bonaparte donna a Bacler d’Albe le titre de directeur de son cabinet topographique , et l’emmena avec lui dans toutes ses campagnes, Devenu adjudant-commandant en 1807, général de brigade en 1813, Bacler parcourut ainsi l’Italie, la Suisse, Allemagne , la Russie et Espagne, constamment admis dans la confiance intime de l’empereur, dressant chaque jour l’esquisse des mouvements de troupes projetés pour le lendemain , rapportant de chaque campagne un grade et un album de plus. Epuisé enfin de travail, il ne put résister aux écrasantes fatigues de la campagne de 1814 ; il revint alors & Paris; mais il trouva encore moyen de s’y rendre utile au dépdt de la guerre. Mis a Ja retraite en 1815, j se retira 4 Sdvres, pres Paris, ot il reprit avec succés son crayon et ses pinceaux, et ol il mourut, au milieu de ses travaux , le 12 septembre 1824. On a de lui: Annales pittoresques et historiques des paysagistes (36 planches in-4° au trait et Al’aqua-tinta ; Paris, 1803), d’aprés les meilleurs ouvrages connus et inédits des peintres paysagistes de toutes Jes écoles, avec des notices sur leur vie; Souvenirs pitloresques de la Suisse (17 livraisons lithographiées, chacune de 6 planches; Paris, 1818) ; Souvenirs pittoresques concernant la campagne d’ Espagne ( 17 liv. Paris; 1824 ). Il exposa aussi au salon une Bataille d’Austerlitz, et un Paris chez @none, qui décorait la galerie de la Malmaison, BACON ou BACO (RoceER), moine anglais , surnommé le Docteur admirable, qui par la puissance de son génie s’éleva bien au-dessus de son époque, fit d’étonnantes découvertes dans diverses branches de la science, et contribua beaucoup a élargir le champ, alors encore circonscrit, des connaissances positives , descendait d’ine famille ancienne et considérée, et naquit en 1214, & Ilchester, dans le comté de Somerset. Il étudia d’abord A Oxford, sous Edouard Rich, devenu plus tard archevéque de Cantorbéry, puis sous Richard Fitzarre, et fit des progrés rapides dans toutes les sciences qu’on y enseignait alors. De 14, pour compléter ses études, il se rendit a Paris , dont A cette époque luniversité était la plus célébre de l'Europe et attirait surtout un grand nombre d’Anglais. Aprés y avoir obtenu le grade de docteur en théologie, il revint, dit-on, en Angleterre, et entra dans ordre de Saint-Frangois. Suivant d'autres, ce fut A Paris quil entra , vers 1246, dans l’ordre des Cordeliers, Un fait certain, c’est qu’il passa plusieurs années dans le couvent des Franciscains de Paris , ob il eut beaucoup & souffrir de l'ignorance et de l'intolérance de ses confréres. La premiére