BACON — BACTRIANE
les faits fournis par observation et y appliquer sa méthode d'induction, sont & peine ébauchées; l’état des sciences ne permettait pas alors de compléter ce monument, qui ne peut étre que louvrage des siécles. Toutefois, Bacon fit par luiméme ou du moins sonpconna plusieurs découvertes importantes, entre autres celles de la pesanteur et de |’élasticité de Vair, démontrées depuis par Galilée et Toricelli, et celle de l’attraction mutuelle de toutes les parties dela matiére, que plus tard Newton mit dans tout son jour : c’est ce qui a fait dire qu’il avait été le prophéte des vérités que Newton et ses successeurs étaient venus révéler aux hommes, Bacon est encore remarquable comme juri8consulte et moraliste. 11 étudia le droit en législateur et en philosopbe, et dans les Aphorismes qu'il a laissés sur cette science il se montre le digne précurseur de Montesquieu; dans ses Essais de Morale (Sermones jfideles), ouvrage classique en Angleterre, on admire la finesse des observations et la connaissance
approfondie de l'homme et des affaires. Bacon écrivit aussi sur
Vhistoire. On a de lui une Histoire du Régne de Henri VII et de Henri VIII; mais ses ouvrages historiques , qaoique vantés par Voltaire, sont moins généralement estimés.
Ce que on remarque dans tous les écrits de Bacon, outre la profondeur des vues et l’énergie des pensées, outre une vaste érudition, c’est une richesse de style, une vivacité Wimagination, une profusion de métaphores bien rares dans des ouvrages aussi sérieux, et qui répandent la vie et de Vintérét sur les matiéres les plus arides.
Les ouvrages de Bacon, dont nous n’avons pu indiquer que les principaux dans cette notice, ont été plusieurs fois publiés, soit réunis, soit séparés. La plupart ont été traduits en francais. Lasalle en a donné une traduction compléte en 15 vol. in-8° (Dijon, 1799-1802), avec des notes critiques et littéraires. Malheureusement, il s’est quelquefois permis des retranchements et des transpositions qui empéchent de se fier entidrement a sa traduction. BouiLiet,
BACON (Joun), célébre sculpteur anglais, né 4 Londres en 1740, mourut danslaméme ville, en 1799. D’abord peintre sur porcelaine, il ne commenga 4 travailler le marbre qu’a Page de vingt-trois ans. Cependant, entre autres prix, il gagnait dés 1768 le premier prix a l’Académie royale, dort il ne tardait point 4 étre élu membre. On cite surtout de lui une statue de Mars. Ses travaux les plus remarquables sont aprés cela deux bustes du roiGeorges III (pour le Christ-Church college, 4 Oxford, et pour la bibliothéque de l'université, a Geettingue), les monuments élevés a lamémoire de lord Chatham dans|’abbaye de Westminster et 4 Guildhall, les statues d’Howard et de Johnson dans |’église Saint-Paul de Londres, et la statue de Blackstone a Oxford.
BACOVE. Voyez BANANIER.
BACS (on prononce Bahisch) ou BACSKE. C’est le nom qu’a porté jusque dans ces derniers temps un comitat méridional de la Hongrie, qui, situé au confluent du Danube et de la Theiss, était borné de trois cétés par ces cours d’eau, et au nord par les comitats de Pesth, de Czongrdd et deja Petite-Koumanie, et renfermait une population de 363,000 Ames sur une superficie de 120 myriamétres carrés. Cette contrée est une des plus riches de la Hongrie. Aussi faisait-elle un commerce des plus actifs, notamment en grains. Toutefois, la population en était des plus mélangées : elle se composait de 67,500 Hongrois, de 61,000 Allemands, de 68,000 Slaves, de 15,240 Serbes, de 2,230 Rousniaques, etc. C’est ce qui explique comment Ja plus sanglante guerre de races y éclata tout aussitét aprés les événements de mars 1848, ets’y prolongea pendant toutela durée de la révolution hongroise. Le gouvernement national ne put jamais complétement la soumettre. La révolution une fois comprimée, le gouvernement autrichien prit le parti de séparer formellement la Bacska, ou le comitat de Bacs, de la Hongrie, et
den faire, sous Ja dénomination de woiwodie serbe, une province a part.
BACSANYI ([on prononce Batschaanji) Janos), écrivain et poéte hongrois, né le 11 mai 1763, 4 Tapolceza, dans le comitat de Szalad, étudia 4 Wessprim, 4 Gidenbourg et A Pesth, et devint ensuite instituteur du fils du général Orezy, époque od il publia son premier ouvrage : A Magyarok Vitézsége (La Bravoure des Hongrois [| Pesth, 1785]). Nommé la méme année a un emploi administratif 4 Kaschau, il y fonda, en société avec Bardti et Pazinczy, le Magyar Museum (Kaschau et Pesth, 1788-1792). En 1793, un poéme empreint d'un vif amour de la liberté lui fit perdre sa place; et en 1794, accusé de complicité dans la conspiration tramée par l’évéque Martinovich, il fut conduit au Spielberg, od il resta détenu jusqu’en 1796. Rendu 2 la liberté, il fut admis & prendre part 4 la rédaction de la Magyar Minerva, puis attaché comme rédacteur a la direction de la banque a Vienne, oi il épousa, en 1805, une fermme poéte, Gabrielle Baumgarten. Ce mariage ne fut pas heureux, Quand les Francais s’emparérent de Vienne en 1809, ce fut Bacsdnyi qui traduisit la proclamation adressée par Napoléon aux Hongrois; aussi fut-il obligé plus tard de se réfugier a Paris. A la suite de la paix de Paris, le gouvernement autrichien obtint son extradition, et luiassigna alors la ville de Linz pour séjour obligatoire, mais o, jusqu’a la fin de sa vie, il put toucher la petite pension que lui faisait le gouvernement francais. 11 mourut a Linz, le 12 mai 1845. En 1843, Académie hongroise avait élu ce vieillard, déja 4gé de quatre-vingts ans, au nombre de sesmembres correspondants, Entre autres travaux des derniéres années de sa vie, nous citerons une édition de ses Huvres completes (Pesth, 1828 ; 2° édit., 1835).
BACTERIE, genre d’animaux microscopiques, & corps filiforme, roide, devepant plus ou moins distinctement articulé, par suite d’vne division spontanée imparfaite ; mouyeweut vacillant, non ondulatoire. Les bactéries sont rangées par M. Ehrenberg et par M. F. Dujardin dans la famille des vibrioniens. Ce genre renferme quatre espéces, parmi lesquelles le bacterium termo est considéré comme le premier terme dela série animale. Leeuwenhoek |’a trouvé dans le tartre des dents. L. LAURENT.
BACTRIANE. C’est le nom que portait dans l’antiquité la contrée située entre la partie occidentale du Caucase indien ( Hindou-Kou.), le Paropamisus et le fleuve Oxus (Amou ou Djihoun), qui la séparait de la Sogdiane septentrionale, désignée aujourd’hui sous la dénomination de Balkh. Les Bactriens formaient avec Jes Médes et les Perses un rameau de la race indo-germanique, le rameau arien ou perse, nommé encore le peuple zend, a cause de la langue zende, commune 4 ces diverses populations. La Bactriane fut & une époque extrémement reculée le centre principal d’un puissant empire, qui s’étendait encore bien au dela de la Perse orientale, mais sur Vhistoire duquel nous ne possédons guére aujourd’hui que la tradition légendaire d’une expédition dont il fut \’objet de la part de Ninus et de Sémiramis. Sous le régne de Cyrus elle devint, avec l’empire des Médes, dont elle semble avoir fait partie plus tard, l’une des provinces de l’empire perse, fondé par ce conquérant. L’antique religion des Perses eut pour berceau la Bactriane, qui fut de bonne heure un foyer de civilisation, et dont la capitale, Bactra, aujourd’hui Balkh, était Pun des grands centres du commerce de I’Asie intérieure, Zo roastre purifia cette religion, que les mages avaient défigurée.
Comme le reste de l’empire des Perses, la satrapie de la Bactriane fut conquise par Alexandre le Grand, qui y fonda douze villes et y laissa quatorze mille Grecs, élément d’une civilisation nouvelle dans ces contrées. Aprés la mort d’Alexandre, Stasanor de Soli se fit adjuger la Bactriane et la Sogdiane par l’assemblée tenue en l’an 321 avant J.-C. a Triparadisus ; mais ces deux contrées furent réunies a l’empire de Syrie dés l’expédition entreprise dans I’Inde par Sé-
Jeucus I** en l’an 307 avant J.-C. Vers l’année 256, sous le régne d’Antiochus II Théos, le gouverneur Théodotus, ou Diodotus I*", s’en rendit indépendant. Il fut le fondateur d’un empire grec dans |’Aste centrale, la Nouvelle Bactriane, qui subsista pendant un siécle et demi a travers les destinées les plus diverses. Eutydéme, qui succédaa Théodotus environ de l’an 220 & l’an 190, fut vaincu par Antiochus lors de l’expédition de ce prince dans |’Inde; toutefois, le conquérant ne lui enleva pas son royaume, afin qu’il servit de barriére aux invasions des nomades du Nord, qui s’étaient répandus dans la Sogdiane. Son fils, Démétrius , et le successeur de celui-ci, Eucratidés, mort en l’an 147, reculérent au sud Jes frontitres du royaume au dela du Paropamisus; et la domination grecque, bien que refoulée a Vouest par les Parthes, se maintint dans ces contrées entre le Kaboul et Indus, aprés avoir été anéantie dans la Bactriane proprement dite par des hordes scythes, notamment par les Sakers, quand ils se réunirent aux Parthes, l’an 127 avant J.-C. Menander semble étre surtout celui qui |’y consolida et l’y étendit de nouveau, aprés année 126. Aprés sa mort, et sous le régne d’Hermeeus, c’est-a-dire vers Yan 90 avant J.-C., elle fut détruite par ces Sakers, qui fondérent alors un empire indo-scythe le long des rives de YIndus jusqu’&A son embouchure.
Pendant longtemps on ne posséda guére a Végard de Yempire de la Nouvelle-Bactriane que les renseignements extrémement incomplets et insuffisants fournis par les écriyains de l’antiquité; et ce n’est que depuis une dizaine d’années environ qu’on a acquis une connaissance plus compléte et plus exacte de cette contrée, a aide d’un grand nombre de médailles gréco-bactriennes trouvées en Afghanistan dans les tumuli que les indigenes appeHent Topes, en méme temps que des médailles indo-scythes, sassanides, indiennes et indo-mahométanes. Elles indiquent une série de noms de rois, et , par leurs symboles ainsi que par leurs inscriptions, fournissent une foule d’autres renseignements sur Vhistoire de la civilisation et Vhistoire politique de cet empire grec. Sur les médailles d’Eucratidés apparait pour la premiére fois 4 coté de la langue grecque une langue étrangére, qu’on a reconnue étre un dialecte du sanscrit , mais dontI’écriture appartient a des alphabets d’origine phénicienne, et que l’Anglais Prinsep est parvenu 4 déchiffrer avec un rare bonheur. Toutefois la langue grecque se maintint longtemps encore sur les médailles des souverains scythes, qui semblent dés lors n’avoir pas immédiatement étouffé dans ces contrées la civilisation grecque. A l’égard de ces médailles, qui ont beaucoup occupé les savants de la France et de l’Allemagne, tels que Raoul-Rochette, Lassen , Grotefend et Otfr. Miller, de méme qu’au sujet des résultats de leurs travaux, consultez Wilson, Ariana antiqgua (Londres, 1841), et surtout le deuxitme volume de PArchéologie indienne de Lassen (Bonn, 1849).
BACULAIRES, secte d’anabaptistes qui furent ainsi nommés du mot latin baculus (baton), parce qu’ils enseignaient qu’on ne pouvait sans crime porter d’autres armes. Selon eux, il ne devait plus y avoir ni proces ni divisions parmi les hommes, auxquels Jésus-Christ ¢tait venu apporter la paix. C’était méme un péché, dans un chrétien , que de citer quelqu’un en justice. Ils prenaient la lettre le commandement de tendre la seconde joue quand on avait recu un soufilet sur la premiére, et, se faisant un scrupule de repousser la force par la force, ils se laissaient dépouiller sans la moindre résistance.
BACULARD D’ARNAUD. Voyez Arnavun.
BACULITE, On désigne sous ce nom, dérivé du latin baculus, des fossiles singuliers, caractérisés par leur forme allongée, conique, qui furent longtemps un sujet d’énigme. On sait maintenant que ce sont des moules intérienrs de coquilles multiloculaires ou polythalames, a cloisons feuilletées, qui ontles plusgrands rapports avec les am mo-