‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 220 sur 488 · BADE — BADIN · texte numérisé non relu

BADE — BADIN

BADE est aussi le nom d’unc petite ville de la hasse Aus wriche , & deux milles au sud de Vienne, station de chemin de fer, dans une charmante contrée , au pied du Weinberg, riche vignoble, qui produit un des meilleurs vins qu’on récolte en Autriche, Elle était déja célébre pour ses eaux minérales du temps des Romains, qui lui avaient donné le nom d’4que Pannoniz ou Cethiz. On y compte aujourd'hui 5,000 habitants. Elle fut la résidence d’été de plusieurs archiducs @Autriche. Ses principaux édifices sont la grande Redoute , les maisons des princes et le Casino. A cdté du beau pare ot se trouvent les bains de Théreése est situé le rocher calcaire duquel s’échappe la puissante source d’eau min¢rale qui sert A alimenter les divers établissements de bains, Les eaux en sont chaudes et sulfureuses, et offrent beaucoup de ressemblance avec celles d’Aix-la-Chapelle, sauf qu’elles sont moins échauffantes et qu’elles portent inoins a la peau. La température en est de 29 4 30° Réaumur. Les sources les plus chaudes sont celles de 'Ursprung. le Frauenbad et le Josephsbad. Ordinairement on se baigne en commun , dans de grands bassins pouvant contenir de quarante acenl, cinquante baigneurs; mais on peut aussi se baigner seul a certaines heures de la journée. La grotte de ’Ursprung

est remarquable, par la masse saline qui suinte de ses pa-

rois (composée principalement de sulfate d’aluimine et de peroxyde de fer), et est connue sous le nom de sed de Bade.

La vallée d’Héléne est l'une des plus belles promenades qu’on

puisse voir; on y trouve les ruines des vieux chateaux féodaux Rauhenstein, Rauhenegg et Scharfeneck. Consultez Rollet, Bade en Autriche (Vienne, 1838).

BADE est également le nom d’une ville de Suisse, dans le eanton d’Argovie ; elle est dans une position agréable , sur les bords de la Limmath. Ses bains minéraux jouissent d’une grande réputation, et ils étaient connus des Romains, qui avaient élevé un fort sur emplacement qu’occupe aujour- @hui la ville. Les principes qui entrent dans la composition des eaux de Bade sont des muriates de soude et de magnésie, et des carbonates de chaux , de magnésie et de manganése. Ces eaux contiennent en outre de ’hydrogéne sulfuré et de cette matiére glaireuse, nommeée glairine ou barégine, que l’on trouve dans toutes les eaux sulfureuses,

Bade fut choisi pour le lieu de réunion de la diéte helvétique, et jusqu’en 1712 c’est dans ses murs que cette assemblée tint ses séances. En fait d’édifices publics, il faut citer P’église catholique et l’htel de ville, ot, le 7 septembre 1714, le prince Eugéne de Savoie, en qualité de plénipotentiaire de empereur et de |’empire, signa la paix de Bade, qui mit complétement fin 4 la guerrede la Succession d’Espagne et reconnut la paix d’Utrecht dans ses plus importantes conditions.

Entre Zurich et Bade est situé l’unique chemin de fer que ja Suisse possédat encore en 1851.

BADIA Y LEBLICH. Voyez Au-Bey.

BADIANE, genre de plantes nommées en latin ilJicium, de la famille des magnoliacées. Ce genre ne contient jusqu’é présent que trois espéces : ce sont des arbrisseaux ou des arbustes , remarquables par l’odeur agréable qu’exhalent toutes Jers parties, et méme leur bois. Les caractéres génériques sont : un calice composé de cinq ou six sépales ; un grand nombre de pétales disposés sur trois rangs, vingt ou trente étamines, plus courtes que les pétales. Le fruit est un assemblage de six 4 douze capsules ovales réunies en étoile orbiculaire, et dans chacune desquelles est renfermée une seule semence, En général ces trois arbustes ont le port du laurier.

La premiere espéce est la badiane de la Chine (illicium anisatum), dont le fruit est répaadu dans le commerce sous lenom d’anis étoilé de la Chine. Sa fleur est jaunatre, sans éclat; son odeur et sa saveur l’assimilent a lanis et au fenouil , mais ’ardme en est plus abondant et plus pénétrant. On le préfere, méme en Europe, pour parfumer les liqucurs

spiritueuses dites anise¢tes. Dans la Chine on l’associe aa thé et au café, qu’il rend plus agréables au godt des Chinois, Cette espéce est la plus grande des trois ; son bods est aussi employé dans le commerce, et sert aux ouvrages de tour e a la marqueterie. Comme son odeur est la méme que celle du fruit, quoique plus faible, le liquoriste peut aussi l’employer, ainsi que les feuilles et ’écorce : le nom de bois d’anis, qu’on lui donne, est done justifié par toutes les parties de cet arbuste. Il croit au Japon aussi bien qu’a la Chine, et il y a tout lieu de croire que l'Europe méridionale pourrait se Pipproprier.

Les deux autres espéces sont originaires de la Floride, et la plus anciennement connue est désignée par le nom spécifique de badiane de la Floride(illicum Floridianum). Ses fleurs sont rouges, et plus belles que celles de la badiane de la Chine. D’ailleurs, ces deux arbustes ont 4 pew prés le méme port, et surtout laméme odeur. La troisiéme, transportée d’abord dans la Caroline, et de 1a en France, dans les orangeries , est la badiane @ petites fleurs ( illicium parvijlorum). Lorsqu’on l’expose a lair pendant les chaleurs de l’été, cet arbuste répand dans les jardins une odeur des plus suaves. La petitesse de ses fleurs est bien compensée par leur nombre prodigieux, et les capsules qué en proviennent sont aussi grandes que celles de ’espéce chi. noise. La badiane a petites fleurs est plus robuste que cette derniére; elle fructifie aisément, et avec abondance; on la propage de semences ou de marcoftes, et sa végétation est rapide. Ajoutons que sa floraison dure trés-longtemps , et quelle semble réunir tous Jes titres pour obtenir une place dans les cultures d’agrément et @utilité. Ferry,

BADIGEON, espéce de peinture en détrempe dont se servent les macons pour donner aux enduits de platre la couleur de la pierre, et qui se fait avec des recoupes de pierres écrasées, passées au tamis et délayées dans l'eau.

Badigeonner, c’est colorer avec du badigeon un ravalement en platre fait sur un pan de bois ou sur un mur de moellons , de briques , etc. Quand on veut que le badigeon imite la pierre de Saint-Leu, qui est plus jaunatre, on y met de locre pour le rendre plus coloré. On badigeonne encore avec différentes substances colorantes des murs et des batiments noircis par le temps, pour leur redonner Papparence dela fraicheur et de la nouveauté,

BADIN, BADINAGE. Le badinage est Vaction de badiner ; le badin est 'homme qui badine, c’est-a-dire qui se livre 4 une plaisanterie enjouée et décente, vive, quoique mesurée, inoffensive, quoique parfois malicieuse. Eile supe pose dans esprit de la légéreté, de la grace, du bon ton; employant a prepos Vironie sans amertume, sans allusions fachenses, elle ne s’écarte jamais du naturel; e'le triomphe par la naiveté ; elle se garde bien d’avoir recours a la causlicité, encore moins a linjure. Le badin n’est pas précisément foldtre, quoi qu’en dise Académie, « L’humeur /olatre, selon le Dictionnaire des Synonymes, fait agir avec assez d’agrément pour se passer de raison; esprit badin sait jouer sur les choses en égayant la raison; le foldtre est plus sémillant, le badin est plus plaisant. » Toutefois Académie n’a pas tort de dire que le badin est enjoué : c’est 1a son véritable caractére. Ce caractére, qui appartenait éminemment aux Atheniens, est aussi celui des Francais. Chez, nous on le retrouve depuis les poétes spirituels 4 qui nous deyons les fabliaux, jusque dans nos meilleurs écrivains > dans Clément Marot, dont Boileau a dit : j

Imitez de Marot l’élegant badinage;

dans son pére, Jean Marot, qui serait plus remarqué s’il n’a-

vait été éclipsé par son fils; dans Voiture, Hamilton, M™* de

Sévigné, Gresset, et surtout dans Voltaire, qui fait usage

d'un badinage aussi ingénieux que plein de convenanee dans

la plupart de ses contes, de ses romans philosophiques, et

dans quelques-unes de ses poésies Iégéres. Parmi nos bons

poémes badins, citons le Lutrin avant tous les autres , puis le Lutrin vivant, Vert-Vert, Caquet-Bon-Bec, Tangu et Félime. Unautre, que nousne citerons pas, appartient a 1’épopée romanesque, comme le Roland d’Arioste.

Le badinage, \a plaisanterie, n’est pas toujours sans portée, sans suites funestes. Un mot de Pimpératrice Sophie , dirigé contre 'eunuque Narsés , détermina ce général a proposer au roi des Lombards (Alboin) la conquéte de cette rice partie de Italie, ov ils fondérent un royaume, qui a conservé leur nom. — Guillaume le Conquérant avait acquis un tel embonpoint, qu’un jour Philippe I*' uit de lui ; « Quand donc ce gros homme accouchera-t-il? » Ce propos fut rapporté 4 Guillaume, qui s’écria : « Aprés mes couches, j’irai faire mes relevailles a Sainte-Geneviéve de Paris, avec deux mille lances en guise de cierges! » Il était en train de réaliser sa menace; il avait ravagé la frontiére frangaise , incendié le pays, et jeté la terreur jusque dans les faubourgs de la capitale, lorsque, pres de Mantes, il se blessa au pommeau de sa selle, et rendit le dernier soupir aux portes de Rouen, la mort seule pouvant l’empécher de marcher droit au tréne de Philippe, ot vraisemblablement il se serait assis.

Louis Du Bois.

BADIUS. Deux imprimeurs ont porté ce nom avec éclat. Josse Baviws, en latin Jodocus Badius Ascensius , parce qu'il était du village d’Asche, prés de Bruxelles , ou ilavait vu le jour, en 1462, fit de bonnes études en Flandre et en Italie, et professa les belles-lettres 4 Lyon de 1491 a 1511, époque ov Robert Gaguin Vattira 4 Paris. Treschel , imprimeur de Lyon, l’avait fait correcteur dans son établissement, et lui avait donné sa fille en mariage. Recu professeur de grec a Paris, il y monta la célébre imprimerie connue sous le nom de Pralium Ascensianum, de laquelle sortirent, entre autres ouvrages , nos meilleurs classiques , enrichis de ses notes, et ses propres écrits, parmi lesquels on cite le Navicula stultarum Virginum, en vers. C’est mal a propos qu’on a supposé que Josse Badius avait introduit le premier en France, vers 1500, Yusage des caractéres ronds , et que jusque 1a on ne s’était servi chez nous que de caractéres gothiques. Il est certain que les premiers livres imprimés a Ja Sorbonne, en 1469 et 1470, par Ulrich Géring, sont en caractéres ronds.

Le besoin de pourvoir aux nécessités de sa nombreuse famille obligea Josse Badius A renoncer A ses travaux littéraires pour se consacrer exclusivement 4 son imprimerie jusqu’a sa mort, arrivée en 1535. Ses trois filles épousérent trois typographes célébres : Michel Vascosan, Robert Etienne et Jean de Roigny. Ce dernier continua a diriger les presses de son beau-pére. La seconde savait parfaitement le latin. Les éditions de Josse Badius ne sont pas aussi agréables A Voril que celles des Etienne, mais elles se recommandent aussi par une grande correction. Il imprimait dordinaire ce vers latin en téte de ses livres :

Ere meret Badius, laude auctorem, arte legentem.

Conrad Bapivs, fils du précédent , né A Paris en 1510, mort vers 1560, suivit les traces de son pére. Les premiers ouvrages sortis de ses presses sont datés de 1546.

Conrad avait embrassé les doctrines de Calvin; et pour se soustraire aux perséculions dont les huguenots étaient l’objet, il se réfugia en 1549 4 Genéve, ou il publia, avec Robert Estienne, lequel avait épousé Pérette Badius, un grand nombre de belles éditions, enrichies de préfaces estimées , parmi lesquelles on cite surtout comme un modéle de modestie celle qui se trouve en téte de Pouvrage de Théodore de Béze, intitulé: Kreophagia ou Cyclops. On lui doit une traduction en frangais de l’Alcoran des cordeliers.

BAENA, ville d’Espagne, dans la province de Cordoue, sur la Marbella, fait un grand commerce en grains et huile. Elle était connue des Romains, Sa population est de 13,000 Ames

BAER (Caantes-Ennest pe), savant naturaliste, né

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