‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 225 sur 488 · BAGNE · texte numérisé non relu

BAGNE

un gilet, un bonnet. La couleur seule de ce bonnet indique la durée de la peine,

L’administrateur du bagne a a ga disposition les plus énergiques moyens de répression ; mais ces moyens, bons pour punir Jes fautes, sont sans efficacité pour les prévenir; les vices de Vinstitution sont plus forts que tout ce qu’on leur oppose. Le commissaire du bagne a le droit de retenir un forcat au banc, au pain et a eau; de lui faire garder les menottes pendant plusieurs jours ; de le faire mettre au cachot; de le traduire, pour des délits caractérisés, 4 la cour martiale; mais de tous Jes chatiments qu’il peut infliger le plus terrible est celui qu’on appelle la bastonnade. Il consiste a appliquer sur les reins nus du coupable, avec une corde goudronnée de l’épaisseur d’un fort pouce, un certain nombre de coups. I] est impossible de se faire une idée des souffrances cruelles de ce supplice : en un instant la chair est déchirée; des cloches nombreuses s’élévent, se crévent, et une rigole sanglante est creusée sous les coups redoublés. Il faut avouer cependant que ces traitements sont fort rares, et que les administrateurs actuels apportent dans l’exercice de leurs fonctions autant de douceur que de fermeté.

La population des trois bagnes a subi d’assez importantes variations. Au commencement de ce siécle, elle était de 7,689 forcats ; en 1830 on en coimptait 8,568; en 1852, 8,000 environ. Au 1° janvier 1862, il y avait 4 Toulon 3,010 condamnés, dont 660 |’étaient & vie et les autres a temps. Ceux qui altendaient leur départ pour Cayenne étaient enfermés dans un vaisseau qui servait de prison flottante. En 1862 le Santi-Petri, & bord duquel étaient 800 forcats, prit feu dans la nuit; il n’y eut d’autre malheur 4 déplorer que la perte du navire, qui sombra.

Les condamnés pour viol et attentat 4 la pudeur avec violence étaient, a la date indiquée plus haut, les plus nombreux (1,427); puis venaient les récidivistes (222) , les faussaires (178), les condamnés pour coups et blessures (147), pour assassinat (105), pour incendie (83), comme fauxmonnayeurs (52), et comme empoisonneurs (43). La proportion des célibataires aux mariés ou veufs était a peu prés de la moitié. A l’époque que nous citons(1862), les campagnes fournissaient plus de la moitié des forgats; les forcats d’origine étrangére ne dépassaient pas 318; ceux d’Algérie (arabes), 327.

Quant a influence de l’instruction sur la moralité des masses, voici quels résultats elle donnait: 1,779 forgats ne savaient ni lire ni écrire, 904 ne sayaient lire et écrire qu’imparfaitement, 287 savaient bien lire et écrire, mais 40 seulement avaient recu une instruction supérieure.

Le classement des condamnés suivant la profession qu’ils exercaient avant leur condamnation offrait aussi quelques particularités assez curieuses. Les batteurs en grange, cultivateurs, jardiniers, formaient environ le sixiéme de la population des bagnes, soit 639 individus; les journaliers et terrassiers venaient ensuite pour un chiffre de 538; les cordonniers, 1243; les tisserands, 111; les tailleurs, 963 les marchands de toutes espéces, 86; les dumestiques ,73; les ébénistes et menuisiers, 59; les militaires, 52; les dessinateurs et peintres, 50. On trouvait au bagne 1 comédien, 2 notaires, 3 ecciésiastiques, 8 instiluteurs , autant de propriétaires, 15 imprimeurs ou libraires. On n'y comptait ni hommes de lettres, ni fonctionnaires publics.

Aprés le département de la Seine , od le bagne recrutait son plus ample contingent, venaient en premiére ligne ceux du Rhdéne, de la Corse, du Haut-Rhin, du Bas-Rhin, de lArdéche, de la Seiue-JInférieure, de Seine-et-Oise, du Nord et de l’Aveyron, Les départements des Basses-Alpes, des Deux-Stvres, de Orne, de la Manche et de I'Isére fournissaient le moins de condamnés. En général, les contrées de l’ouest sont, sous le rapport de la moralité, les mieux notées.

En aodt 1871, les conseils de guerre out envoyé au

BAGNE — BAGNERES

bagne pour la vie, c’est-a-dire 4 Cayenne, denx membres, de la Commune de Paris, Urbain et Trinquet, le premier instituteur, le second cordonnier; et depuis jusqu’a la fin de 1872 plus de 80 personnes, ayant participé a l’insurrection parisienne, ont été condamnées a la méme peine par la justice militaire.

« Dans lorigine des bagnes, dit M. Charles Lucas, inspecteur général des prisons, on permettait aux forcats de se livrer, hors du temps de service, A divers ouvrages pour leur profit personnel et de les vendre. L’ouvrier habile pouvait méme s’exempter de la fatigue de l’arsenal en chargeant un autre forcat dele remplacerau prixde 25cent. Les bagnes prirent alors au dedans et au dehors une physionomie spéciale : au dehors c’était le singulier contraste d’une société qui pendant la durée de sa condamnation admettait le forcat dans les ateliers de l'industrie et jusque dans les services intérieurs de la domesticité, tandis qu’a l’époque de la libération , A quelques kilométres du bagne, elle le poursuivait dune invincible répugnance , lui fermant partout les voies du travail et les conditions de la probité. Au dedans, sous Pempire de cette faculté pour le détenu de travailler a son profit aprés le temps de son service et de s’affranchir méme de ce service a prix d’argent, les bagnes présentaient de vrais bazars, dans les salles desquels les forgats étalaient aux yeux des visiteurs les produits des diverses industries qwils cultivaient. A Brest on allait aussi naturellement au bagne qu’au premier magasin venu prendre mesure d’une paire de bottes ou d’un habit. Une dame, bonne musicienne, m’a assuré avoir appris la harpe au bagne, ou, accompagnée de sa mére, elle se rendait chaque jour, avec quelquesunes de ses amies, pour suivre les lecons d@’un forcat professeur.

« Mais le code de 1810, en attachant aux travaux forcés le but pénal d’une occupation pénible, dépouillée de tout attrait, opéra une révolution dans les bagnes. Ces vastes salles, autrefois si animées, devinrent désertes. On n’y apercoit plus de loin en loin que quelques forcats condamnés A la double chaine , vous offrant les produits de leur travail, ou baiayant et nettoyant la maison. La double chatne est la punition de tout forgat quia cherché a s’évader et qui doit rester pendant trois ans attaché par une chaine A son banc, ou il se livre 4 son industrie.

« Ov est donc maintenant cette terrible population ? Dans le port, aux travaux de la fatigue? Nullement. On n’empluie a la fatigue que les individus incapables; mais au lieu des travaux pénibles que prescrit le code, on cherche a procurer aux forcats des occupations utiles , l’exercice de leur profession 4 ceux qui en ont une, l’enseignement d’une industrie 4 ceux qui n’en ont pas.... On découple aisément les condamnés, on remplace sans peine le boulet par la manille , qui n’est qu’un petit anneau de fer, et, par une nouvelle violation du code au profit de ’humanité, on attache aux professions le principe des salaires et des masses de réserve pour le moment de la libération. Ainsi commence 2 tomber le vieux systéme des bagnes.

« Il y a encore une différence notable entre le régime intérieur des maisons centrales et celui des bagnes : affranchi des rigueurs de la vie cloitrée, le forcat travaille au dehors. Il s’épanouit, avec ses fréres , au grand air, a l’air libre de la mer, sur le port, aux travaux du gouvernement. On fournit 4 chaque direction tant d’hommes suivant ses besoins. Vous frémissez & l’aspect de ce vide du bagne, a J'idée de cette population coupable qui est toute dehors ; mais voyez par votre fenétre ces tailleurs de pierre, prés desquels les passants s’arrétent, surpris de leur habileté. Ils ont les mains libres, armées méme de lourds marteaux. On ne leur Voit qu’un anneau au pied, les gardiens sont bien loin, et ces forgats ont indistinctement des bonnets rouges ou verts , 2’est-a-dire qu'il en est parmi eux de condamnés a perpétuité, qui n’ont échappé a l’échafaud que parce que le jury

DICT. DE LA CONVERS. — T. Il.

a écarté la circonstance de préméditation. Eh bien, il n'est pas d’exemple que ces hommes aient fait le moindre mal a un visiteur ou a un passant; ils vous saluent méme fort poliment : veillez seulement A votre montre et a votre bourse.

« A Brest, dans lacour trés-longue dela manufacture, vous apercevez tout un peuple de tisserands , de fileurs, de teinturiers, de fouleurs , de forgerons , les mains libres, armés des instruments de leurs professions, ayant pour toute garde deux garde-chiourmes le sabre au cOté. Aprés l’épreuve de la bastonnade, des fers, du canon, de la guillotine, des peines perpétuelles , les hommes les plus habiles et les plus expérimentés s’accordent a dire que le meilleur moyen @ordre, c’est le travail, c’est l’espoir de l’expiration ou de la commutation de la peine, c’est la crainte de la prolonger. Le gouvernement , de son cété, a beaucoup a faire encore pour améliorer le régime des bagnes. Il y a surtout une réforme & opérer dans la société; vest d’y combattre Pexagération de répugnance pour les libérés. » Ce tableau n’est plus qu’un souvenir depuis la suppression des bagnes.

BAGNERES DE BIGORRE, charmante petite ville du département des Hautes-Pyrénées, sur l’Adour , avec une sous-préfecture, un tribunal et un collége. Elle doit a ses sources minérales et son nom et sa célébrité. Située & 20 kilom. de Tarbes et de Baréges, Bagnéres, a cause de sa situation méme, et moins pour ses eaux que pour ses beaux sites et ses plaisirs , recoit chaque année la visite des étrangers curieux ou malades qui voyagent dans les Pyrénées. I] est rare, en effet, que les riches habitués de Baréges, de Cauterets, de Bonnes et de Saint-Sauveur, reprennent le chemin des grandes vyilles sans avoir assisté au spectacle de Bagnéres, sans avoir fréquenté ses bals, galopé dans ses magnifiques salons , parcouru ses belles promenades , admiré ses cascades , frémi 4 l’aspect de ses rochers et de ses profondes cavernes, et sans conserver sur leurs tablettes quelques croquis des vues de Bigorre et de Campan, que la plume poétique de M. Ramond a justement célébrées. On s’était fait villageois, montagnard et quasi sauvage en parcourant les Pyrénées ; mais 4 Bagnéres on redevient citadin et sensuel. C’est 4 Bagnéres que sedonne rendez-vous la société ambulante des Pyrénées; c’est la qu’on vient mutuellement se faire confidence de ses secrets de voyage, mutuellement se raconter ses chéres aventures, et quelquefois finir un roman commencé sous @’autres ombrages ; enfin, c’est A Bagnéres qu'on fait le premier essai de la santé qu’on a recouvrée 4 force de douches, en recommencant la vie mondaine quil’avait compromise.

Les eaux de Bagnéres méritent bien qu’on allonge un peu sa route & cause delles. Quoique inodores et insipides, elles ne sont pas dépourvues de principes; la chimie y d& montre des sels de soude, des substances alcalines et un peu de fer ; aussi ont-elles une saveur métallique et salée.

Laréputation des eaux de Bagnéres remonte fort haut. Quelques :nscriptions non équivoques et des débris de monuments caractéristiques attestent qu’elles étaient connues et estimées des Romains. Toutefois, comme les eaux ont aussi leurs vicissitudes, la mode dans le dix-huitiéme siécle, aprés les avoir longtemps préconisées, tout 4 coup les délaissa. A dater de 1777 les étrangers cessérent presque entidrement de visiter Bagnéres ; on lui préféra et Baréges et Cauterets, comme si des eaux aussi différentes pouvaient se suppléer les unes les autres, Plus tard, Vichy et le Mont-Dore attirérent loin de Bagnéres l’attention des curieux et la confiance des malades ; de sorte qu’é l’époque de la Restauration Bagnéres était dans un état complet dedélabrement, indice infaillible de l’indiffé rence du public. Le préfet d’alors sut mettre toute la sollicitude d’un bon administrateur & rendre 4 Bagnéres son ancienne prospérité, Les eaux minérales sont d’autant plus dignes d’oe cuper l’administration publique que 14 od Ja natureles a prodiguées, elle se montre ordinairement avare de ses autre’

dons et richesses. Les sources thermales, entourées de montagnes, voisines d’un sol bouleversé par d’anciens yo.cans, sont presque toujours situées dans les lieux stériles. D’atileurs, les sources de Bagnéres sont des plus abondantes de France : elles composent lA comme une Méditerranée d’eaux & demi bouillantes. Il n’y a pas moins de 25 a 30 sources considérables 4 Bagnéres, et la température de ces thermes varie depuis 13° jusqu’d 40° R., circonstance précieuse au traitement de maladies si diverses en des hommes euxmémes si diversement susceptibles.

A instigation de l’inspecteur des eaux, et par les soins @un préfet homme de mérite, un grand établissement fut done fondé a Bagnéres vers 1820. On employa pour cet objet les marbres de nos Pyrénées; et, nonobstant ces précieux matériaux tout trouvés et transportés aux lieux mémes ou ils devaient étre mis en ceuvre, l’établissement cotta 300,000 fr. La dépense se fit élevée 4 plus dun million 4 Paris. Huit des sources les plus réputées de l’endroit alimentent Je grand établissement, et sont renfermées dans son enceinte,

Avec ses 9,433 habitants , la jolie ville de Bagnéres peut donner Ja plus convenable hospitalité 4 50u 6,000 étrangers. Car il faut remarquer que les habitants des villes 4 eaux minérales batissent pour les yoyageurs plus encore que pour eux. La, les chambres d’amis ne sont ni moins vastes ni moins commodes que celles du maitre de la maison : c’est 1a qu’il fant aller pour vérifier jusqu’a quel point l’égoisme peut ressembler 4 abnégation la plus parfaite. On calcule approximativement que ses 3,000 visiteurs annuels laissent a Bagnéres de 3 A 400,000 fr. durant la saison des eaux, ce qui suffirait pour alimenter la ville entiére une partie de Vannée. Bagnéres est un séjour d’autant plus agréable qu’oa n'y rencontre ni casernes ni hépitaux militaires, comme 4 Baréges, Un chemin de fer la relie 4 Tarbes.

Les eaux de Bagnéres n’ont de vertus bien spécifiques que contre les engorgements des entrailles et contre les pales couleurs. Elles sont laxatives, et favorisent le retour ou l’accomplissement des hémorrhagies. On se trouve également bien de leur usage dans Jes eugorgements du foie, dans quelques inflammations chroniques et dans les hémorrhoides. On les conseille aussi dans les maladies de la peau, pour les vieilles blessures; mais celles de Baréges leur sont préférables. Enfin, elles n’agissent souverainement que dans les cas de constipation persévérante et chez les jeunes filles dont la menstruation est retardée, difficile ou irréguliére. Isidore BourDON.

BAGNERES DE LUCHION. Voyez Lucuon.

BAGNI DI LUCCA, jolie ville d’Italie, & 21 kilom. au nord de Lucques, compte 9,000 Ames et se trouve dans la belle vallée de la Lima. C’est une des stations thermales les plus fréquentées de I'Italie ; ses eaux sont chaudes et contiennent des sulfates de chaux et de magnésie. On y avait installé une roulette qui a été supprimée en 1846.

BAGNO, village d’un millier d’habitants, au nord-est de Florence , dans un site agreste, posséde des sources alcalines connues des Romains.

BAGNOLES, hameau isolé, dans arrondissement de Domfront, sur le chemin de fer de Paris 4 Granville, est la seule source thermale que posséde la Basse-Normandie,

Le département de l’Orne renferme beaucoup d’autres eaux minérales; mais toutes ces eaux froides n’ont que des propriétés insignifiantes,

Bagnoles est situé entre deux montagnes hérissées de rochers, entouré de toutes parts par la belle forét d’Andaine; et il occupe une gorge ¢troite ot serpente du nord au midi, pour ensuite s’aller jeter dans la Mayenne, la petite rividre de Vée, qui sans doute autrefois s’appelait Gué, nom dont la rend digne son peu de profondeur. Le sol aride qui environne la source thermale, les arbres verts qui croissent autour avec profusion , tous ces genéts , toute cette bruytre

BAGNERES — BAGNOLES

et ces ajoncs marins dont la terre est partout couverte, un lac formé prés de 14 par une entrave de la riviére, toutes ces choses donnent au lieu dont nous parlons un aspect vraiment sauvage , et font, pour ainsi dire, de Bagnoles la capitale d’un désert.

Le nom de Bagnoles, qui s’écrivait aussi Bagnols , Bagnolles, et méme Baignolles, est fort ancien; il dériye d’un mot de la basse latinité, que Von retrouve dans le Glossaire de Du Cange. Bagnum pour Balneum se rexicontre aussi dans quelques vieilles chartes. N’en jugeét-on que par son nom ainsi dérivé, il est clair que Bagnoles peut se targuer de quelque ancienneté. S’il ne compte pas autant de quartiers que les maisons nobles qui V’entourent, et dont ses eaux ont sans doute guéri plusieurs générations, son illustration date pour le moins du temps de Henri lV. Au reste, s’il en faut croire les traditions locales , la réputation de Bagnoles serait due primitivement & un fait assez singulier. On raconte que, vers le milieu du quinziéme ou seiziéme siécle (la date n’est pas précise ), un cheval poussif, vieux coursier, victime de son zéle, et sans doute aussi des détestables chemins du pays, fut abandonné, presque hors WVhaleine et tout amaigri, sur la route de Guibrai 4 Mayenne. Prés de mourir, ce pauvre animal fut heureusement inspiré par un reste de cet instinct conservateur qui n’abandonne jamais les animaux, 2 quelque espéce qu’ils appartiennent. Il se traina vers la fontaine de Bagnoles , s’y baigna, s’y plongea chaque jour, et sans doute aussi but de ses eaux, si bien et si favorablement, qu’a la saison suivante ce cheval fut retrouvé frais et rebondi, ayant le poil lisse et la respiration facile, ce qui porta ses maitres 4 ne plus désespérer des moribonds ; je suis méme portéa croire qu'il servit ensuite a cultiver le domaine de Bagnoles ; et 1a se trouverait l’explication de ce grand nombre de plantes vivaces que le propriétaire, malgré ses soins, ne pourra toutes extirper. Vous le voyez, on traite les fontaines minérales comme des villes fameuses , comme que!ques familles historiques : 4 défaut de renseignements authentiques, on a recours a des fables pour en illustrer Vorigine.

Tl parait que dés 1687 les eaux de Bagnoles jouissaient d’une assez grande célébrité ;c’est sans doute a cause de cela que M. de Cerny, qui fut anobli 4 l’oceasion de sa gestion de Bagnoles, se laissait volontiers appeler M. le gowverneur de Bagnoles ; le docteur Gondonniéres, médecin de Falaise, alors fameux, ne prenait modestement que le titre d’intendant. Toutefois , Bagnoles n’a possédé un véritable établissement et n’a pris un rang honorable parmi les eaux connues qu’a partir de 1813 & 1814, époque ou! M. Lemachois les acheta au prix, je crois, de 22,000 fr., eaux et domaine. Voila l’époque du vrai Bagnoles, que M. Boursault de Paris, Vers 1825, fut a la veille de posséder pour 60,000 francs, en vertu d’une vente a réméré. Bagnoles vaut aujourd'hui et a été récemment vendu 400,000 fr. ; il vaudrait le double entre les mains du gouvernement ou d’un gros capitaliste,

La source thermale sulfureuse est abondante ; sa température ne s’éléve guére au dela de 20°R. On est ainsi obligé de chauffer eau servant aux bains et aux douches, ce qui en altéreun peu les qualités. Vauquelin a trouvé dans ces eaux de petites quantités de muriate de soude, de chaux et de magnésie, pas le moindre atome de soufre ; mais Vodeur des eaux en désigne assez la présence, outre que les roches les plus voisines de la source sont recouyertes de soufre sublimé, Des bulles de gaz se dégagent incessamment de ces eaux, mais principalement dans les temps d’orage ; de sorte qu’on les voit toujours bouillonner, Ces gaz sont composés & la fois d’azote et de guz acide carbonique. Le sol est imprégné de ces mémes gaz, si l'on en juge par la rivitre , toujours bouillonnante , comme la fontaine,

Les eaux de Bagnoles sont efficaces contre les maladies superficielles de la peau, et principalement encore contre les rhumatismes goutteux et les scrofules; les douleurs ré-

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