‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 226 sur 488 · BAGNOLES — BAGRATION · texte numérisé non relu

BAGNOLES — BAGRATION

veillées d’anciennes dlessures sont souvent guéries & Bagnoles, ainsi que les vieux ulcéres, les flux chroniques , les hémorrhoides atoniques et les gonflements des jointures. Les jeunes filles pales, qui onl une santé incomplete plutct quelles ne sont vraiment malades, se trouvent ordinairement trés-bien des eaux et des bains de Bagnoles. Quoique douces et peu irritantes en comparaison des eaux des Pyrénées et de celles du Mont-Dore, elles remuent Je cceur, elles hafent les battements du pouls, déterminent souvent des éruptiuns, quelquefvis des coliques, relachent le corps des jeunes gens, et fréquemment constipent les vieillards ; - elles vont méme jusqu’a causer de légers tremblements des membres, surtout sion les prend trop chaudes. En général, elles n’agissent bien qu’autant qu’eiles sont administrées a une température de 27 4 30° R.; elles agitent trop Je ceeur, en général, pour qu’on les prescrive aux personnes faibles de la poitrine, aux asthmatiques, aux jeunes filles atteintes de palpitations (A moins que ces palpitations ne résultent des pales couleurs ); jen defends aussi l’usage aux vieillards apoplectiques , en quije craindrais le retour d’une attaque. Il est remarquable combien ces eaux adoucissent et blanchissent la peau. Toute feiume de cinquante ans, s'il en existe , doit un voyage 4 Bagnoles.

Outre cette source principale, il y a a Bagnoles une source d’eau ferrugineuse froide; c’est la fontaine Dufay. On en fait usage seulement en boisson, et elle est d'un govt fort agréable. Une autre source ferrugineuse , que j’ai nommée !’Ocfavie, se trouve dans la forét, sur la route de la Sauvagére, 4 une demi-lieue de Bagnoles. Cette derniére surtout est fort chargse de principes, trés-agréable au palais, et trés-estimée dans le pays ; la surface en est fortement rouillée et irisée. Malheureusement Ia source en est peu abondante.

On aurait tort d’inférer de ce que j’ai dit de l’aspect tout sauvage de Bagnoles et de son isolement au milieu d’une forét , que le séjour en est ennuyeux; il est peu de tieux ot Yon s’amuse davantage et ou les plaisirs soient pius variés. Aprés avoir pris, dés le point du jour, son bain, sa douche, ses deux verres d’eau blanchie , rougie, erangée ou complétement pure, on se remet au lit, et, aprés avoir pris sa tasse de café ou de chocolat, on se rendort durant une ou deux heures. Avant le déjedner, on se rend au salon pour faire un peu de musique, pour jouer au billard, lire les journaux et délibérer sur les piaisirs du jour ; d’autres vont pécher dans I’étang de madame Thirion ou chasser dans la forét. On déjedne a dix heures. Maintenant , ot irons-nous ? Douze a vingt mauvais petits chevaux de charbonnier attendent dans Ja cour. Messieurs, quand partons-nous? Aprés ayoir choisi ses coursiers, mis les dames en selle, ce qui dure plus d’une heure, voila toute la cavalcade qui part. Nous allons a la tour de Bonvouloir, noble ruine des temps chevaleresques, nous allons 4 !’Etoile, rond-point de la forét, ot aboutissent dix routes aussi belles & voir, quoique moins bonnes 4 pratiquer , que ceiles de Saint-Germain ou de Chantilly. Nous reviendrons par la Ferte, oi nous prendrons du punch. D’autres fois Pon visite le beau chateau de Couterne , owt habite la famille de Frotté; ou le chateau de la Bermondiére, ott Réaumur, qui en fut propriétaire , composa des ouvrages dont la réputation fut grande jusqu’a la venue de Buffon. D’autres fois on va rendre visite & M. Dufay, homme d’esprit de ce paysla; ou bien on se rend pédestrement a la chapeile de Saint- Horter, lieu de pélerinage et de superstitions ies plus bizarres. Les paysans malades qui se rendent a Saint-Horter n’espéreraient rien de l’intercession du saint s’ils n’élevaient sur la jolie route qui conduit a la chapelle des pyramides de pierres 4 la hauteur au point douloureux et malade : si le siege de fa aouleur est trés-élevé, on enclave une pierre au niveau du mal dans un arbre voisin de la route. Malhear aux imprudents qui dérangeraient ces petits chateaux!

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ils hériteraient du mal pour Ja guérison duquel on les avait édifiés.

On revient 4 Bagnoles juste 4 l'heure du diner, Le soir, si le temps le permet, on commence par une promenade dans le domaine de Bagnoles ; on visite Vile Adéle, le rocher Sommariva, le mont Ida, consacré & M. Paris; car chaque baigneur , aprés trois voyages & Bagnoles, a Je droit de donner son nom a quelque lieu de son choix, Quelquefois aussi l'on fait en canot, avec voile ou rames, une promenade sur Pétang; on jette l’ancre, et Pon aborde dans quelque ge charmante , ot l’on danse, od l’on fait des vers: rien n’excite la verve comme les eaux thermales ; tout ce qui porte 4 la peau porte en méme temps au cerveau. La promenade terminée, on revient au salon ; onjoue, on fait de la musique, on lit, on joue des proverbes, etc.; et dix heures yenant, les personnes délicates , que l’air du soir rendrait malades , se font porter en chaise dans leur lit d’édredon. Dans l’isolement ot est Bagnoles, chaque baigneur n'y dé pense pas moins de 12 a 15 francs par jour.

Bagnoles est situé sur deux communes, dont la riviére forme la limite; la rive gauche appartient 4 Couterne, ef Ja rive droite dépend de la Madeleine. Isidore Bounnon,

BAGNOLET, bourg du département de Ja Seine, situé dans le fond d’un vallon agréable , entre Montreuil et Romainville, avait 2,924 habitants en 1866. Le régent y possédait un chateau , qui n’existe plus. C’est dans cette localité qu’on a commencé la culture des péches, qui depuis a fait la fortune de Montreuil.

BAGNOLS-LES-BAINS, village du département de la Lozére , au pied d’une montagne, sur le Lot, peuplé de 400 habitants, est célébre par ses sources thermales sulfureuses ef par ses bains, trés-fréquentés.

Il y a aussi une petite ville du nom de Bacnors dans Varrondissement d’Uzés (Gard), comptant 5,184 habitants , prés de la Céze, qui y rou'e quelques pnillettes d’or. Cette ville posséde un collége , récolte d’excellents vins ef fait encore le commerce de blé et des eaux-de-vie. Au. huitiene siécle elle a donné son nom aux Bagnolais, sectaires appartenant 4 la communion des cathares.

BAGOAS. Ce nom, qui en babylonien voulait dire exnuque, a été porté par un favori d’Alexandre le Grand , eunuque qui avait d’abord été attaché a la personne de Darius, Le vainqueur des Perses congut pour lui, au rapport de Quinte-Curce , une de ces indignes passions dont on ne trouve que trop d’exemples dans l’antiquité, et soublia au point de la manifester publiquement.

Un autre Bacoas, eunuque égyptien, qui vivait dans la premiére moilié du quatriéme siécle ay. J.-C., commanda les armées du roi de Perse Artaxercés Ochus, qui, lors de son expédition en Egypte, mit ses troupes mercenaires sous ses ordres ; ce qui, ac rapport d’Elien , n’empécha pas plus tard Bagoas de Passassiner, pour venger Pinsulte faite au culte de ses compatriotes par la mise a mort du boeuf-dieu Apis, en vertu des ordres d’Artaxercés.

L’historien juif Joséphe nous parle aussi d’un Bacoas, fayori d’{iérode le Grand, et surnommé Carus en raison méine dela faveur dont il jouissait auprés du roi, ce qui ne ’empécha point de conspirer contre son bienfaiteur, @ cause des cruautés que celui-ci exercait sur les populations juives. Le complot ayant été découvert, Bagoas paya de sa vie la part quil y avait prise.

BAGRADITES. Voyez Pacratives.

BAGRATION (Pierre, prince), Pun des plus célébres généraux russes des temps modernes, né vers l’an 1762, descendait dune ancienne famille princiére de Géorgie (voyes Pacratines). En {783 il entra au service de Russie, et se forma sous les ordres de Souwarof. En 1788 il assistait 4 l’assaut d’Oczakow. II fit ensuite la guerre de Pologne de 1792 et 1794 avec le grade de général, et en 1799 celles d’Italie et de Suisse, ou il fut & deux reprises grave-

ment blessé. Dans la campagne d’Autriche de 1805 il déploya plus d’énergie et d’activité que jamais, surtout dans la journée du 16 novembre, ou il fit preuve d’une intrépidité sans égale.

Le 13 novembre Koutousof, général en chef de l’armée russe, marchait sur Znaim pour opérer sa jonction avec Varmée autrichienne, lorsqu’il apprit qu’elle avait été anéantie a Ulm et que les Frangais avaient passé le Danube a Vienne. ll craignit dés lors qwils n’arrivassent ayant lui 4 Znaim, position qui leur edt permis de l’écraser 4 son tour. Dans cette situation critique, il envoya huit mille hommes de ses meilleures troupes , commandés par Bagration, au-devant de Murat, 4 Hollabrunn, avec ordre de s’y défendre jusqu’a la derniére extrémité, pour donner le temps & son corps d’armée de dépasser Sprottenthal.

Le 16, une action aussi vive que meurtriére s’engagea entre la faible division commandée par Bagration et le corps d’armée de Murat, appuyé par celui de Lannes et toute la réserve de cavalerie. Si lorsque vint le soir trois mille Russes tués ou blessés jonchaient le champ de bataille, Bagration eut du moins la gloire d’avoir résisté, pendant six heures consécutives, 4 un ennemi trois fois plus nombreux, et d’avoir ainsi permis a l’armée de Koutousof d’arriver a Znaiin.

Bagration , quelques jours aprés , prit une part aclive a la journée d’Austerlitz, dans laquelle il commandait, comme lieutenant général, l'avant-garde de la cinquitme colonne , aux ordres du prince Jean de Lichtenstein , forte de 6,000 hommes, qui formait l’aile droite et s’étendait jusqu’a la chaussée conduisant 4 Brunn. Il ne combattit pas moins vaillamment aux journées d’Eylau et de Friedland.

Lorsque accession de la Russie au systéme continental entraina cette puissance dans une guerre contre I’ Angleterre et la Suéde, Bagration fut chargé de s’emparer des fles d’A- Jand , tandis que Buxhowden pénétrait en Finlande et enlevait 4 la Suéde cette province en méme temps que la Bothnie occidentale. Dans la campagne de 1809 contre les Turcs, il assista 4 la sanglante bataille de Silistria; et lorsque Pechliwan-Pacha fit partir de son camp d’Andrinople 15,000 hommes pour secourir cette place, Bagration, feignant d’y étre contraint par les pluies et les débordements, repassa le Danube 4 Horsova pour marcher au-devant de ce nouvel ennemi, et mit fin 4 la guerre en l’écrasant. En 1812 il commandait le second corps d’armée de louest; il échoua dans Yattaque qu'il tenta & Mohilew contre Davoust, mais il réussit cependant & opérer 4 Smolensk sa jonction avec le premier corps. Frappé mortellement 4 la bataille de Mojaisk, il mourut quelques jcurs aprés, ie 7 octobre 1812.

BAGUE (Jeu de). 11 consiste en une série d’anneaux de euivre ou d’autre métal , passés A la suite Pun de J’autre dans une potence entre une double rainure & peu prés perpendiculaire, de telle fagon que celui qui est au-dessous de tous les autres, poussé par leur poids, reste suspendu a Vextrémité de la potence, s’en détache alsément, et peut étre ainsi enfilé et emporté par une lance, un stylet ou un poignard émoussé, dont sont armés ceux qui courent la carriére 4 cheval, sur des chars, sur des chevaux ou des sieges de bois.

Le plus ancien jeu de bague est celui auquel les Grecs et les Romains se livraient dans leurs camps les jours de fétes ou de réjouissances militaires. 11 ne différait de celui qui est en usage dans nos académies et nos manéges que par |’étendue de la lice et le nombre plus considérable de concurrents. Les vainqueurs recevaient des couronnes ou des prix au milieu de fanfares et de Vallégresse générale.

Au moyen 4ge le Jeu de bague était un des divertissements les plus ordinaires des tournois; les fablianx consacrent souvent le souvenir de ces jodtes de la chevalerie, Dans les brillants carrousels qui eurent lien sous Louis XIV, des chevaliers superbement vétus, et divisés en

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