BAGRATION — BAGUES EN FER
plusieurs quadrilles, couraient la bagus en char, quelquefois méme a cheval.
Aujourd’hui ce jeu dans nos académies et nos manéges n’est plus qu’un exercice d’équitation. Dans les fétvs locales, dans les promenades publiques autour des grandes villes, dans les foires de village, on dresse souvent aussi une machine de bois construite et disposée de maniére A ce que, tournant sur un pivot, a force de bras, dans une enceinte circulaire, elle imprime un mouvement pareil, assez rapide, a des chevaux ou des siéges de bois, sur lesquels sont placés les coureurs, qui, avec un stylet ou un poignard émoussé, s’efforcent d’enfiler et d’emporter une bague ou un anneau suspendu, comme nous lavons dit, & leur portée, prés de la circonférence du mouvement.
BAGUENAUDIER (colutea), genre de plantes appartenant a la diadelphie décandrie de Linné, a la famille des légumineuses de Jussieu, et qui, d’aprés Robert Brown et Decandolle , doit ¢tre caractérisé de la maniére suivante : calice a cinq dents ; corolle papilionacée, a étendard aplati pourvu de deux callosités, a caréne obtuse et plus petite que l’étendard ; étamines diadelphes au nombre de dix, dont neuf réunies en un seul faisceau et une isolée; style comprimé, velu sur son cété interne; gousse vésiculeuse, trésrenflée, ovoide, allongée, portée sur un pédicelle et terminée en pointe au sommet, contenant un grand nombre de graines attachées 4 la suture supérieure, et finissant par s’ouvrir en deux valves.
Ce genre ne contient qu’un petit nombre d’espéces, qui toutes sont des arbrisseaux a feuilles imparipennées, a stipules trés-petites, attachées seulement a la tige; les fleurs forment des grappes peu fournies, qui naissent dans l’aisselle des feuilles, et n’égalent pas en Jongueur les feuilles ellesmémes. Parmi ces arbrisseaux, il en est un qui crott spontanément en plusieurs lieux de l'Europe, et que l’on a partout naturalisé pour l’ornement des bosquets : c’est le baguenaudier commun (colutea arborescens , Linné), qui acquiert dix a douze pieds de hauteur, et dont les feuilles sont composées de neuf a onze folioles ovales arrondies, dépourvues de dentelures, mais un peu échancrées au sommet, glabres, d’un beau vert en dessus, et d’un vert glauque en dessous. Les fleurs sont jaunes et se développent dans les mois de mai et de juin; les gousses qui leur succédent sont d’un vert rougeatre et tr?s-vésiculeuses ; elles sont remplies d’air quise dégage avec bruit, en rompant les parois qui le retiennent, quand on les comprime subitement et avec force, en s’amusant et en baguenaudant, d’ou vient le nom donné a cet arbrisseau. Tl est connu aussi sous celui de faux séné, parce que ses feuilles sont purgatives. Ses menues branches, coupées et séchées pendant I'été, peuvent étre employées lhiver comme fourrage ; ses fruits servent aussi en quelques pays a la nourriture des brebis; on dit qu’ils les engraissent et leur donnent beaucoup de lait. DEmeziL.
BAGUES. Voyezs ANNEAUX.
BAGUES EN FER. On a préconisé ces sortes de bagues comme un reméde contre les manx de téte, ies maux de nerfs, les étourdissements, les palpitations et les hémorrhoides ; comme propres, en outre, a préserver des attaques de paralysie et d’apoplexie, leur propriété principale étant de forcer le sang a Ja circulation. Nous vivons dans un temps ow l'on accorde peu de foi aux anneaux enchantés; aussi emploie-t-on pour recommander ces bagues un prétexte trés-captieux: on attribue leur efficacité a I'¢lectricité et & ’aimant. Ces deux agenis invisibles produisent par l’entremise des métaux des phénoménes si surprenants, si avérés, que l'annonce, qui parait ¢tre une amorce grossidre au premier coup d'oil, séduit plusieurs maiades. Déja, dans le sidcle dernier, un médecin des Etats-Unis d’Amérique, Perkins, avait cru, d’aprés des spéculations scientiliques , que les aimants artificiels étaient des armes propres a coinbattre