‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 229 sur 488 · BAGUETTE DIVINATOIRE — BAHIA · texte numérisé non relu

BAGUETTE DIVINATOIRE — BAHIA

en outre d’excellents bois de construction , et ’éléve du bé& tail y donne aussi des produits assez importants. L’exportation (coton, café, bois de teinture, acajou, fruits, sel, ete. } est moindre que l’importation; de sorte que c’est la un établissement onéreux a Ja mére patrie; mais i] rachéte ce défaut par l’avantage de sa situation géographique a J’entrée du golfe du Mexique. ;

Cet archipel forme le gouvernement anglais des tles Bahama , avec une constitution coloniale analogue a celle des colonies anglaises de l’Amérique du Nord. Le chef-lieu, siége du gouverneur général, et point central du commerce , est la ville de Nassau, située 4 New-Providence, avec un beau port et 6,000 habitants.

Par sa découverte de I’tle Guanahany, fle du Chat ou San-Salvador, la premiére terre qu’il ait apercue lors de son expédition a la recherche d’un nouveau monde , Christophe Colomb rendit les Espagnols maitres de Varchipel de Bahama; la paisible population caraibe qu’ils y trouvérent accueillit les Espagnols de la maniére la plus hospitaliére, Mais les espérances de ces aventuriers ayant été décues dans les autres tles du groupe, qu’ils trouvérent nues et désertes, ils abandonnérent les tles Bahama, aprés en avoir enlevé toute la population aborigéne pour la faire travailler aux mines de San-Domingo. En 1641 les Espagnols vinrent ruiner et détruire une colonie anglaise cr‘ée en 1629 a New-Providence; mais en 1688 ils abandonnérent sans retour tout cet archipel aux flibustiers et aux corsaires, A qui il servit désormais de repaire, jusqu’é ce que le capitaine de Ja marine anglaise Woods Rogers les eut exterminés aprés avoir pris sossession de ces iles au nom de |’Angleterre. Les Espaynols s’en emparérent encore une fois en 1781, grace a ’abandon ow les colons se trouvaient laissés par le gouvernement anglais; mais le traité de Versailles restitua cet archipel & l’Angleterre.

BAHAMANN ou BAHMANN, divinité propice aux mortels, qui dans la religion des anciens Perses yvenait immédiatement aprés Ormuzd. Ce dieu avait sous sa protection spéciale les boeufs, les moutons, et tous les animaux susceptibles d’étre formés a la domesticité. Il inspirait la bonté, répandait ’abondance sur la terre , et recevait les Ames des justes a leur entrée dans le céleste séjour,

BAHAR. Voyez Béuar.

BAHARITES, premiére dynastie des maiaelouks qui ont régné sur ’Egypte.

BAHIA , aussi nommée SAN-SALVADOR, capitale d’une des provinces les plus riches et les plus peuplées de empire du Brésil, est située & 1,350 kilométres nord-est de Rio de Janeiro, 4 Ventrée et sur le bord oriental de la magni-

fique baie de Tous-les-Saints. L’étendue de cette ville le —

long de la céte est de 4 kilométres environ, et de plus d'un kilométre et demi dans V’intérieur des terres. Une seule rue régne le long du rivage, et les deux extrémités de la ville vont en se rétrécissant; l’espace qu’elles enserrent s’éléve rapidement 4 plus de 130 métres, et une partie des maisons est batie sur cette pente escarpée. Lorsqu’on est arrivé au sominet de la colline, le terrain s’aplanit, et l’on jouit d’une des plus belles perspectives du monde. C'est dans cette partie haute que sont situés les plus belles maisons de la ville, la plupart des édifices publics , la magnifique église des Jésuites, celle de San-Francisco , la prison, les arsenaux, les magasins , le fort San-Pedro , le palais du président de la province, les demeures des consuls et le jardin public. A mi-cote s’éléve le thédtre. La bourse est sur le bord de la mer, et un fortin se dresse au milieu de la rade,

La ville est en général mal batie; les rues sont peu propres et encombrées de négres. Il n’y a de remarquable que les églises et les couvents, dont la richesse contraste d'une maniére frappante avec la manvaise construction et la malpropreté de beaucoup de maisons particuliéres, Les

BAHIA — BAHREIN

couvents de moines sont & peu prés déserts ; la liberté en a chassé les cénobites, qui, d’eux-mémes ef sans y étre forcés par la loi, ont préféré rentrer dans le monde. Beaucoup de religieuses ont suivi cet exemple.

Les voitures ne peuvent, & cause de l’escarpement du terrain, circuler que dans la moindre partie de la ville. Partout ailleurs les gens riches se font transporter dans une espéce de palanquin, composé d’un petit dais, d'un parquet et d'un fauteuil pour une seule personne. La machine est enfourée de rideaux de serge ou de soie, et présente deux solives de bois peint, l'une en avant, l'autre en arriére, reposant chacune sur |’épaule d’un négre vigoureux, Il est du bon ton d’affecter la plus grande bizarrerie dans le costume de ces porteurs , dont l’allure et la marche rapide eftrayeraient nos beautés francaises; ils ont les jambes et les pieds nus, sont coiffés pour la plupart dun schako ou d’un casque, et revétus d’une yeste et d’une culotte & peu prés militaires. I] n’y a ni chariots ni charrettes dans la ville; les plus lourds fardeaux, les pipes de vin, les caisses les plus pesantes , sont suspendus comme des lustres a de fortes perches , et portés ainsi sur les épaules de négres, qui durant le trajet font retentir Pair des cris les plus aigres et des plus discordants.

Le port de Bahia , défendu par des forts et des batteries , offre un bon mouillage, 4 l’abri de tous les vents. La passe est sans danger; on peut entrer et sortir de nuit comme de jour. La ville fut fondée par Coutinho , premier donataire du sol, et plusieurs fois détruite par les Tupinambas , nation indigéne, habitant le territoire compris entre Ilheos et la riviére San-Francisco. Rétablie par le premier vice-roi du Brésil, Thomé de Sousa, elle Je fut encore par un de ses successeurs, Mem de Sa. Ces représentants de la métropole y résidérent tant qu’elle fut la capitale du Brésil, c’est-adire jusqu’en 1776, époque ow ce titre fut transféré & Riode-Janeiro.

Bahia est la derniére ville de leurs possessions américaines dans laquelle les Portugais se soient maintenus, grace 4 son admirable situation et 4la bravoure du général Madeira, qui y commandait les soldats de la mére-patrie. Depuis son incorporation a l’empire du Brésil, plusieurs réyoltes y ont éclaté, et il n’en faut pas chercher la cause autre part que dans la composition du peuple qui l’habite : sur ses 130,000 habitants, on compte 50,000 blancs , 30,000 mulatres et 40,000 négres. Ces deux derniéres castes font cause commune contre la premiére; et comme il y a dans leur sein des hommes qui, par leur industrie, ont acquis une fortune considérable et par conséquent une grande influence, il en résulte parfois des révoltes sanglantes, qui heureusement ont été toujours étouffées par le gouvernement, dont l’wil est sans cesse ouvert, et qui dispose sur les lieux d’une force publique respectable.

Bahia est le siége du président de la province de ce nom, autorité administrative civile, délégué immédiat du pouvoir exécutif central, recevant toutes les communications, exécutant tous les ordres du gouvernement impérial. Le commandant des armes et les chefs de la police, de la douane et de la comptabilité financiére lui sont soumis, bien qu’ils tiennent leurs nominations de Rio-de-Janeiro. 11 est, en outre, a la t¢te du gouvernement de la province, et Veille, en cette qualité, A l’exécution des lois locales émanaat de Vassemblée provinciale, composée de trente-six membres nommés par le peuple.

La ville est redevable de ses principaux embellissements a son ancien gouverneur, le comte de Barca, et au dernier président, le sénateur Gonsalves Martins. Plus que tous leurs prédécesseurs, ils se sont occupés de ses besoins mo- Taux et de ses améliorations matérielles. Grace au dernier surtout, Bahia a changé de face, et est devenu téte de ligne d'un chemin de fer qui a 125 kilometres de longueur.

C’est également a Bahia que sidge le iribunal d’appel de

la province, qui, quant aux tribunaux civils, criminels, commerciaux et administratifs, est divisée en dix-sept districts ou comarcas. Il y a aussi un archevéché, duquel relévent tous les évéchés du Brésil. Le commerce de la ville, qui est considérable, consiste, pour Pimportation, en toiles, draps, chapeaux, souliers, soieries, indiennes, qu’'y apportent les navires européens, et, pour l’exportation, en sucre, coton, tabac, café, acajou, gormme, qu’ils y prennent en retour. — La province de Bahia comptait, en 1867, 1,400,000 habitants. Eugene G. DE MONGLAVE.

BAHREIN (Iles), appelées par les Anglais ties Awal , groupe d’iles du golfe Persique, dans la baie qui forme du cété de lArabie la presqu’ile de Bahran vers El-Katif, par environ 26° de latitude septentrionale et 68° 1/2 de longitude orientale. La plus considérable de toutes ces tiles est celle de Bahrein ou d’Awal, qui donne son nom au groupe entier. Elle a environ six myriamétres du nord au sud, et deux myriamétres dans sa plus grande largeur. L’intérieur en est montagneux; mais les cétes en sont extrémement plates et entourées de nombreux bancs de sable qui restent a sec pour peu que les eaux deviennent basses. Le sol en est d’une fertilité extraordinaire, et arrosé par de nombreuses sources d’eau douce; cependant il n’y en a encore qu’une minime partie de cultivée. Il produit en abondance des dattes, des amandes, des limons, des grenades , des raisins, des figues, du froment et de l’orge. Un phénoméne bien remarquable, c’est celui de puissantes sources d’eau douce sortant du fond de la mer, qu’on a lieu d’observer dans ces parages, et notamment tout autour de Vile Bahrein, ou des plongeurs vont la chercher dans des outres pour l’approvisionnement des navires.

On comptait jadis dans ces tles trente-six bourgades, dont une partie ont été anéanties ou réduites & un complet état de misére par les guerres intestines des populations. Outre quinze bourgades, il s’y trouve aujourd’hui deux villes, Ruffin, plus ancienne et située plus dans l’intérieur, et Manama, de fondation plus récente, capitale du groupe tout entier, située 4 Vextrémité nord-est de Vile de Bahrein, avec une population de 40,000 Ames. Elle est bien batie, posséde un riche bazar et de grands caravansérails pour loger les nombreux marchands étrangers qui s’y rendent a ’époque de la péche des perles. Au nord de cette ville se trouve un bon port, qui cependant n’est point 4 l’abri des vents du nord-ouest, et dont Vaccés est rendu difficile par des bancs de sable. Un petit port situé au sud-est de la ville offre bien plus de sécurité. Ces deux ports sont en grande partie formés par une seconde fle, appelée Arad , située au nord de Bahrein, et si plate que lorsque les eaus sont hautes elle semble divisée en deux. A l’extrémité sudouest de cette tle est située Maharadsch.

Ce groupe C’lles doit sa célébrité et son importance a le productive industrie de la péche des perles, dont Bahrein est le grand centre. Toutefois ce n’est pas seulement dans les parages de Bahrein que sont situés les bancs de perles : on en rencontre a une distance de soixante-cing myriamétres, depuis les iles Biddoulf, au sud-est, jusqu’a Schardscha, ou une source d’eau douce jaillit du fond sablonneux de la mer. La péche des perles se fait avec une activité extréme de juin a septembre, mois de l'année pendant lesquels l’eaw est assez chaude. Les barques qu’on emploie a cet effet, et qui sont montées par des équipages de huit & quarante hommes, varient beaucoup de grandeur. L’ile Bahrein y enyoie année commune 3,500 barques, dont 2,500 4 3,000 appartiennent a la capitale seule. La céte de Perse en expédie 100, et les cétes des Pirates, ainsi que les bourgades situées entre Bahrein et le RAs Musendom, environ 700. La vente des coquillages a lieu immédiatement et sur place. Les trois quarts environ en sont achetés par des marchands hindous , et le reste passe en Europe, en Arabie et en Perse. Les Anglais en estiment a environ 400,000 livres sterling

dix miHions de francs ) le produit net de tous frais, et notamment des redevances de diverses sortes 4 acquitter au profit des chéiks et des navires chargés de surveiller la péche. Toutefois les relations les plus récentes s’accordent 4 représenter ce commerce comme étant en décadence complete.

Ces iles étaient déja connues des anciens, la plus grande notamment, sous le nom de Tylos ou Tyros, et Arad ou Aradus, fort peuplée dés cette époque, a cause de la péche des perles. Les Portugais , dont quelques ruines subsistant encore 4 entrée du port rappellent la domination dans ces parages, sen emparérent peu de temps aprés la conquéte d’Ormuz, et firent alors pour leur compte la péche des perles. Chah Abbas leur ayant enlevyé Ormuz, force leur fut d’abandonner aussi les tles Bahrein, restées constamment un sujet de contestations entre les Persans et les Arabes jusqu’a ce qu’une peuplade de cette derniére nation, les Athoubis, s’en emparat, en 1784. Elle en demeura mattresse jusqu’en 1800, époque ot Timan d’Oman lui déclara la guerre pour sétre refusée a lui payer tribut. I] s’en empara avec assez de facilité, mais ne les conserva que peu de temps; et les descendants des Athoubis, quoique troublés de temps en temps par Jes Wahabites, ont continué a dominer dans Vile de Bahrein, ot intervention des Anglais a introduit plus de régularité dans le commerce.

BAHR-EL-ABIAD, BAHR-EL-AZIEK. Voyez Nit.

BAHUT. Ducange dérive ce mot de bahudum, employé dans la basse latinité pour indiquer une espéce de coffre ; d'autres croient qu’il vient du mot celtique bahu, par lequel on désigne un coffre dont le dessus est fait en rond. Ménage le dérive de Vallemand behalten ou behuten, qui signifie garder, enfermer. Le mot bahut n’est plus guére usité ence sens, et on |’a remplacé par celui de coffre, qui est plus généralement employé.

En termes d’architecture ou de magonnerie, on appelle bahut ou bahu \e profil bombé d’un chaperon de mur, de Vappui d’un quai, d’une terrasse, d’un fossé ou d’une balustrade.

En termes de jardinage on dit qu’une plate-bande, une planche ou une couche est en bahut ou en dos de bahut, lorsqu’elle est bombée et arrondie sur sa largeur, pour faciliter écoulement des eaux et mieux élever les fleurs.

BAI, en latin badius et en italien bajo, que l'on fait venir du grec bation; c'est une couleur de cheval rowgebrun, tirant sur le chatain, d’ot l’animal lui-méme est appelé cheval bai. Cette couleur a plusieurs nuances: bai clair, bai doré, bai brun, bai chdtain, bai cerise ; on appelle bai miroité ou & miroirs |a couleur dun cheval dont le corps est parsemé de taches rondes d'un bai plus clair que le reste de sa robe.

BAIADERES. Voyez Bayapines.

BAIANISME, BAIANISTES , systéme et disciples de Baius.

BAIE ( Géographie), espace de mer compris entre deux terres, ot les vaisseaux ne sont pas exposés aux dangers de la pleine mer. La distinction entre les golfes et les baies n’est pas facile, et les géographes |’ont rendue encore plus embarrassante. On ne pent pas dire qu'une baie est un petit golfe, car celles d’Hudson et de Baffin, au nord de l’Amérique , sont plus étendues qu’aucun golfe, excepté celui du Mexique. On n’admettra pas non plus qu’une baie, pour mériter ce nom, doit étre plus étroite A entrée que vers le fond , quoique plus d’un traité de géographie en donne cette définition : on ne reconnaltra certainement pas ce caractére aux baies d’Audierne en France, de Naples en Italie, ete. La science n’a pas le pouvoir de rectifier ces incorrections du langage , qui sont maintenant dans le domaine de plusieurs arts d’une haute importance, et que les cartes perpétuent en dépit des réclamations des savants. Fenny,

BAIE ( Botanique), en latin bacca, Les baies appar-

BAHREIN — BAIES

tiennent a la section des fruits charnus ; elles sont caractérisées par la présence d'une ou de plusieurs graines éparses dans la pulpe, comme on le voit dans ie raisin et la groseille. Il est toujours facile de distinguer la baie du drupe, celui-ci ayant un noyau unique.

On classe les baies d’aprés le nombre de semences qu’elles contiennent : quelques-unes n’en ont qu’une seule, comme on peut le constater dans laubépine , le fustet, Vobier et plusieurs arbres ou arbustes bacciféres ; d’autres en ont un grand nombre, comme les rosiers, les arbousiers, les myrtes, les groseilliers. On distingue aussi les baies réunies en grappe, et dans ce cas chacune , considérée isolément , est un grain (groseillier, raisin, sureau, etc.), et celles qui sont portées sur un réceptacle commun, se pressent |’une contre autre et semblent ne former qu’un seul fruit (mdrier, ronce). Les plantes bacciféres sont presque toutes des arbres ou des arbustes, ef appartiennent & des familles trés-différentes les unes des autres, mais qui se rapprochent cependant par quelques analogies de leur fructification.

Les baies sont un aliment pour de nombreuses tribus d’animaux , parmi lesquels il faut placer des carnassiers, méme de grande taille. L’ours brun ne les dédaigne pas ; l'image du renard sautant aprés une vigne pour en manger les fruits n’est pas une invention du fabuliste. Mais ce sont les oiseaux qui font la plus grande consommation de presque toutes les espéces de haies. A quelques égards les plantes profitent de cet emploi de leurs fruits : les semences sont transportées au loin, disséminées partout, et les chances favorables 4 leur développement sont ainsi plus multipliées qu’elles ne peuvent l’étre par aucune autre voie. C’est vraisemblablement par ce moyen de propagation que le groseillier a traversé tout l’ancien continent, et que la vigne s’est répandue dans les foréts des deux mondes. Les fruits que les oiseaux ne peuvent ni cueillir ni transporter ne peuvent qu’étre confinés dans leur pays natal; la péche et l’abricot seraient encore en Asie si des voyageurs n’avaient pas pris soin de les donner 4 l'Europe; si ces fruits avaient été réduits & la grosseur d’une baie, ils aurajent depuis longtemps envahi tout l’ancien continent, et peutétre le Nouveau Monde. Ferry.

BAIE (Architecture). C’est en général une ouverture dans un mur : les portes et les fenétres sont des baies. L’orthographe de ve mot a changé, sans que l’on sache d’ou vient ce changement, et encore moins ce qui I’a motivé. Autrefois on écrivait bée, mot dont l’origine est évidemment la méme que celle de l’adjectif béan¢ , participe d'un verbe tombé depuis longtemps en désuétude.

BAIES, Baie des anciens, aujourd’hui Baja, petite ville de la cote de Campanie, aux environ de Naples, ou s’éléve de nos jours le chateau de Baja, ceuvre du vice-rot Pierre de Toléde. Baies était autrefois, & cause de son site ravissant, qui faisait dire 4 Horace :

Nullus ia orbe sinus Bajis prelucet amenis ,

a cause de la fertilité de son terroir et des abondantes sources d’eaux minérales qu’il renferme, le séjour de prédilection des grands seigneurs romains a l'époque oi l’empire brillait de son plus vif éclat. Jules César, Pison, Pompée, Marius, Julia Mammea, et d'autres encore, y eurent des maisons de campagne, qui plus d’une fois servirent de théatre aux événements de la plus décisive gravité, et oi régnait le luxe le plus voluptueux.

« Deja au temps des Césars, dit Wieland dans sa traduction d’Horace, Baies était le rendez vous genéral des Romains de distinction, qui se croyaient en droit de déposer la le masque hypocrite de leur rigide répyblicanisme pour se livrer sans crainte aux délices d'une vie loute de plaisirs et de voluptés. Cette circonstance donna 4 ce séjour enchanteur une telle réputation de débauche, que Properce ne crut pas pouvoir assez tot en rappeler sa fille, et que Cicéron,

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