‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 230 sur 488 · BAIES — BAIL · texte numérisé non relu

BAIES — BAIL

dans sa défense pour jeune Marcus celius, crut devoir se justifier d’avoir pris sous sa protection un homme qui avait fréquenté le séjour de Bales. »

Aujourd’hui des ruines s’élevant au-dessus de la mer, ou bien rompant seules la monotonie d’un terriloire inculte et désert, sont tout ce qui rappelle Pantique splendeur de Baies. La od jadis s’étendaient Jes pares les plus délicieux , on ne rencontre plus que des plaines marécageuses desquelles s’échappent des miasines putrides. A part quelques misérables cabanes, on n’y rencontre plus d’autre habitation que le chdleau, construit sur un rocher assez élevé. Les ruines des trois temples de Vénus, de Mercure et de Diane Lucifere ainsi que les débris de quelques anciens thermes attirent encore aujourd’hui lattenlion des archéologues. Le port de Baje, Vun des plus vastes que possédassent les Romains , est aujourd’hui dans un déplorable état; mais la vue en est magnifique. Des ruines de villas romaines, par exemple de Cicéron, d’Agrippine, de Servilius Vacca, etc., de tombeaux et autres constructions romaines, couvrent les campagnes environnantes. Le terrain ayant fini par manquer dés le temps d’Horace, on en était venu a batir dans la mer méme, comme le prouvent les ruines encore parfaitement visibles qui s’y trouvent,

BAIF (Lazare pe), abbé de Charroux et de Grenetiére , conseiller du roi Francois I°, maitre des requétes, fut chargé de plusieurs négociations. Il mourut en 1547. Le poéte dramatique Jean-Antoine de Baif ( voyez Varticle suivant ) était son fils naturel. Lazare cultivait aussi les lettres. On a de lui plusieurs écrits savants, mais qui manquent de méthode, entre autres De Re Vestiarid et De Re WNavali, imprimés & Bale, en 1541, in-8°. Il translata, ligne pour ligne, et vers pour vers, I’Klectre de Sophocle et ’ Hécube d’Euripide. Ces essais étaient dignes du siécle de Ronsard.

BAIF (JeAN-ANTOINE DE), de Venise, ot il naquit en 1532, et ou son pére était ambassadeur de France, fut envoyé jeune a Paris pour y faire ses études sous Charles Etienne, Nicolas Vergéce et Jean Dorat. Il profita sous ces habiles maitres; mais il avait & peine quinze ans que la mort de son pére le laissa dans la plus profonde misére. Les lettres furent sa seule ressource; elles le firent connaitre & Charles IX, qui le nomma secrétaire de sa chambre. A Vexemple de Jodelle, il composa, ou plutdt il traduisit du latin plusieurs piéces de théatre, qu’il jouait avec ses amis. Ce métier ne lenrichit pas; car plus tard il partageait un lit avec Ronsard, son intime, lorsqu’il établit, par lettres patentes , dans un galetas du faubourg Saint-Marceau une académie de poésie et de musique. Ce fut la premiére société littéraire qu'il y ait eu en France, et elle obtint un grand succés, puisque Henri Il voulut assister a l'une de ses séances ; mais les troubles de la ligue interrompirent ces réunions.

Baif fat le premier a tenter Wintroduire lusage des vers francais mesurés par longues et bréves 4 la maniére des Grecs et des Latins. Cet essai ne réussit point, quoique adopté par plusieurs de ses contemporains, comme Rapin, Remi Belleau, Agrippa d’Aubigné, etc., et plusieurs fois, et toujours vainement, renouvelé depuis. Baif mourut €n 1589. Il avait fait partie de la pléiade poétique de son époque.

Les wuvres de Baif, recueillies par ses soins, ont été réunies en 2 gros volumes in-8°, imprimés en 1573. Elles contiennent 9 livres de Poemes, 7 livres dits les Amours, 5 livres de Jewx ou piéces de théatre , et 5 ‘ivres de Passetemps ; mais les Mimes, , iinprimées en quatre livres apres sa mort, sont le véritable titre 4 la gloire de Baif. Ce sont des enseignements ou proverbes , comme il les appelle, ou plutt c’est une suite de maximes et réflexions morales, et souvent satiriques, sur les mwurs de son temps, a la cour et dans les divers ¢tats, par sixains remplis de concision , de verve et de chaleur,

BAIGNOIRE. C’était dans les bains des anciens, comme dans les nétres, un vaisseau dans lequel on se plagait pour se baigner. I] y en avait de deux sortes, les unes fixes et les autres mobiles. Ces derniéres étaient faites exprés pour étre suspendues en |’air; on y joignait au plaisir de se baigner celui d’étre balancé et comme bercé par le mouvement qu’on imprimait & la baignoire, et c’était sans doute a cet usage qu’étaient destines ces grands anneaux dont on voit la représentation figurée aux baignoires de marbre qui nous sont parvenues.

BAIRAL (en ture Bei-Koul, cest-a-dire mer riche) , aprés la mer Caspienne et le lac Aral, le plus grand des lacs ou mers intérieures de |’Asie, dans la Sibérie méridionale, sur la grande route militaire entre Moskou, Kiaclita et les mines de Nertschinsk, présente en général la forme dune faucille. La largeur en varie beaucoup. Entre les embouchures de la Selenga et de la Bougouldeicha, il se ré trécit tellement qu’il n’a plus que 4 myriamétres de large, de sorte qu’il semble alors former deux lacs communiquant ensemble par un large swnd ou détroit. Le Baikal , que les populations circonvoisines appellent tout simplement/a mer, est entouré de montagnes nues, aux flancs abrupts, désertes @habitants, volcaniques, mais parfois aussi aux contours pittoresques et couvertes de belles foréts , formant, en pénétrant fort avant dans les eaux, de nombreux caps et pro» montoires, et des flancs desquelles sourdent une immense quantité de riviéres et de ruisseaux, qui viennent y déverser leurs eaux. Les affluents les plus considérables sont la Selenga, qui prend sa source dans la Mongolie, riviére au cours rapide et caractérisée par des rives d’une nature toute sibérienne; puis le Bargasine, dont les Bouraetes habitent les bords. La masse des eaux du lac Baikal, aprés s’étre frayé passage a travers la montagne du méme nom, va se déverser dans le Iéniss¢i par P Angara, riviére parfaitement navigable malgré l’extréme rapidité de son courant, et qui vers son embouchure prend le nom de Toungouska supérieure.

La plus grande ile de ce lac, qui est extrémement poissonneux et offre un grand nombre de phénoménes remarquables, a nom Olchone. La navigation y est des plus animées jusque fort avant dans l’automne, et procure des bénéfices considérables a diverses maisons d’Irkoutsk, En novembre et endécembre le transport des marchandises a lieu par la voie de terre en suivant les bords du lac, dont la surface reprend toute son animation dés que le froid permet aux convois de la traverser direclement. Depuis 1845 on y a introduit un service de bateaux a vapeur. En 1856 les peuplaces qui habitent le vaste territoire que la Russie posséde au dela du lac, ont élé réunies en un corps d’armée sous le nom de cosaques du Baikal. En 1857 et 1858 une exploration scientifique a eu lieu dans cette région par les ordres du gouvernement.

BAIL. C’est un contrat par lequel une personne, que l’on nomme bailleur ou locateur, soblige a faire jouir d’une chose une autre personne, nommée preneur ou locataire, pendant un certain temps, moyennant un certain prix. Le Code Civil s’occupe du contrat de bail au titre luitiéme de son livre ILI (art. 1708-1831 ). Il distingue les baux des maisons ou a loyer des baux ruraux ou a ferme, et expose successivement les régles qui leur sont communes et particuliéres.

Le contrat de bail différe par sa nature de l’usufruit en ce que celui-ci ne prend pas ordinairement naissance dans une convention et confére un droit réel sur ’immeuble dont il n’est qu’un démembrement, tandis que le bail n’existe qu’en vertu d’une stipulation expresse et ne produit que de simples actions personnelles au profit du preneur. II ne faut pas confondre davantage le bail avec la vente des fruits, qui a pour objet des corps certains; le bail au contraire n’a pour objet que le droit incorporel de cultiver et de jouir.

On peut donner a bail toutes sortes de biens meubles ou immeubles. Les droits d’usage et d'habitation ne sont

pas de nature a étre loués ni affermés, parce qu’ils sont purement personnels ; il n’en est pas de méme de l'usufruit, qui frappe sur la propriété elle-méme et dont par conséquent la jouissance peut ¢tre cédée. Les servitudes, qui ne sont qu’un accessoire inséparable des immeubles, ne peuvent faire l’objet d'un bail spécial; mais le louage de 'immeuble emporte celui de la servitude.

Pour faire valablem ent un bail, i! suffit d’aveir la capacité de contracter, sans qu’on ait besoin de celle d’aliéner, parce que le contrat de louage, renfermé toutefois dans de certaines limites, n’est qu’un acte de simple administration. Aussi le mineur émancipé, le tuteur, la femme séparée de biens ou non commune, les envoyés en possession provisoire, tous gens enfin A qui la loi ne permet que des actes d’administration, peuvent louer ou affermer.

La rédaction des baux n’est soumise 4 aucune forme particulidre. On peut louer par écrit ou verbalement. Si le bail fait sans écrit n’a recu aucune exécution, et que l'une des parties le nie, la preuve ne peut étre recue par témoins, quelque modique qu’en soit le prix et quoiqu’on allegue qu’il y a eu des arrhes données. Le serment peut seulement étre déféré A celui qui nie le bail. Lorsqu’il y a contestation sur le prix du bail verbal dont ’exécution a commencé et qu'il n’existe point de quittance, le propriétaire en est cru sur son serment, si mieux n’aime le locataire demander Yestimation par experts; auquel cas les frais de l’expertise restent a sa charge, si l’estimation excéde le prix qu’il a déclaré. Comme tous les actes sous seing privé qui contiennent des conventions synallagmatiques, le bail doit étre fait en autant d’originaux qu'il y a de parties ayant un intérét. — Quant aux baux des biens nationaux, des biens des communes et des établissements publics, ils sont soumis 4 des réglements particuliers.

En général la durée des baux dépend entitrement de la convention et de la volonté des parties. Les termes les plus usités sont trois, six ou neuf ans. On peut du reste adopter des termes beaucoup plus longs et méme faire un bail & vie. En outre la durée peut ¢tre laissée & Ja volonté du bailleur seul ou dépendre a la fois de celles du bailleur et du preneur : quand on convient, par exemple, que le bail sera résiliable au bout des trois ou des six premitres années, au gré de l'une ou de lautre partie.

Quand il n’a pas été fait d’écrit ou que l’acte ne fixe pas le terme du bail, on distingue suivant la nature des biens qui en font l’objet. Le bail du fonds rural est censé fait pour le temps qui est nécessaire, afin que le preneur recueille les fruits. Ainsi le bail d’un pré, d’une vigne, et de tout autre fonds dont les fruits se recueillent en entier dans le cours de l’année est censé fait pour un an. Le bail des terres labourables, lorsqu’elles se divisent par soles ou saisons, est censé fait pour autant d’années qu’il y a de soles. Pour les baux des maisons, la loi renvoie aux usages locaux,

Si 4 l’expiration des baux écrits, le preneur reste et est laissé en possession, il s’opére un nouveau bail, dont Veffet est réglé comme pour le cas ot il n’y a pas d’écrit. C’est ce qu’on nomme la tacite reconduction.

Quant aux biens des femmes mariées, des mineurs, des interdits et des usufruitiers, les maris, tuteurs, curateurs, etc., ne peuvent affermer que pour neuf années seulement.

Par la nature méme du contrat et sans qu’i: soit besoin d@aucune stipulation. particuliére, le baiileur est tenu :

{° De délivrer la chose Jouée au preneur, et cela en bon état de réparations de toute espéce ;

2° Dentretenir cette chose en état de servir A Pusage pour lequel elle a été louée, et d’y faire pendant la durée du bail toutes les réparations qui peuvent devenir nécessaires, autres que les réparations locatives ;

3° Den faire jouir paisiliement le preneur pendant la durée du bail et de le garantir des troubles qu'il pourrait éprouver de la part des tiers. Ajoutons du reste qu’a égard

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