BAILLEMENT — BAILLEUL
nus que les sciences ct les leffres ont produits en toug genres. Il fut publié sous le titre de Jugements des Savants sur les principaux ouvrayes des auteurs. Baillet, éerivant avec rapidité, ne pouvait donner beaucoup de soin a son style, et, malgré toute son érudition, il devait laige ser échapper de nombreuses erreurs. Mais on trouve aussi dans sa collection des morceaux d'une excellente critique, et of une rare facilité ne dépare pas la diction. Un autre érudit, homme d’esprit et de goat, Bernard de La Monnoye, a corrigé les fautes et réparé les omissions de Baillet dang une nouvelle édition de ses Jugements, etc., publiée en 8 vol. in-4°, 1730-1732. Les trois derniers comprennent d’autres ouvrages de Baillet : 1° les Enfants célébres par leurs études ; 2° les Auteurs déguisés, etc., premier travail destiné a signaler les écrivains anonymes ou pseudonymes, et quia donné a Barbier l’idée de ses excellents recueils; 3° son livre sur les Satires personnelles qué portent le titre d’Anti, réponse modérée a I Anti-Baillet de Ménage; 4° et enfin cet Anti-Baillet, avec les observations de l’éditeur (La Monnoye) et les Réflexions sur les Jugements des Savants. Quoique dans ce dernier recueil Baillet se fat imposé le réle @un avocat général, qui résume le pour et le contre sans prendre de conclusions , on voit qu’il n’avait pu éviter irritation des auteurs et des critiques. Ce fut ce qui Pempécha de donner suite & son ceuvre, ainsi qu’a ses Attteurs déguisés.
On a encore de lui : t® une Vie de Descartes, beaucoup trop prolixe (2 vol. in-4°, 1691), abrégée par lauteur en in-12 (1693); 2° une Histoire de Hollande, depuis 1609, 4 tomes in-12, sous le nom de La Neuville; 3° Ja Devotion & la sainte Vierge, etc. (1694, m-12); 4° Dela Conduite des Ames (in-12, 1695): deux ouvrages qui lui eussent attiré des persécutions que sa piété reconnue fit avorter; 5° une Histoire des démélés du pape Boniface VIII avec Philippe le Bel (1717, in-i12, et 1718); 6° une Relation curieuse et nouvelle de la Moscovie (1709, in-i2). On lui attribue quelques autres ouvrages. Mais la meilleure composition d’Adrien Baillet est certainement son histoire des Vies des Saints (1701, 3 vol. in-f°, ou 12 vol. in-12). AUBERT DE VITRY.
BAILLEUL ou BALIOL (JEAN De) fut reconnu roi d’Ecosse par Edouard I¢", roi d’Angleterre, lorsque, aprés la mort d’Alexandre III (1289) et de sa petite-fille Marguerite de Norvége, treize prétendants se disputérent le trone vacant. Bailleul avait pour lui la priorité de la branche, Bruce la proximité du degré, et ce dernier titre l'emportait dans opinion du peuple; mais Edouard, qui, profitant de la querelle, avait fait reconnattre son droit de suzeraineté sur l’Ecosse, et s’était fait livrer les places fortes, se décida pour Bailleul, dont ke caractére faible convenait a sa politique. L’orgueil écossais n’adopta point un roi choisi par l’Angleterre, et Bailleul pensa bientét comme ses sujets. Quand Edouard, affectant de lasser s@ patience, recut les appels de ceux qu’il avait condamnés, et le cita devant son parlement & Newcastle, Bailleul refusa de comparaitre. I] trouva dans la France un allié toujours prét A secourir les Ecossais contre |’Angleterre; aussi le vieux proverbe anglais disait-il : « Celui qui veut avoir la France doit prendre d’abord Ecosse. » Une guerre qui devait durer soixante-dix ans éclata. Bailleul, vainqueur un moment sur terre et sur mer, puis vaincu a Dumbar, od il perdit 25,000 hommes, vint avec son fils se prosterner devant Edouard, lui remit a discrétion sa vie et ses sujets, signa l’aveu de sa rébellion, l'abdication de sa couronne, et fut envoyé comme prisonnier avec son fils & la Tour de Londres. L’Ecosse, gouvernée en son absence par le comte de Sussex, put croire qu’elle n’aurait plus d’antres souverains que ceux de l’Angleterre, depuis qu’Fdouard, sa premiére conquéte, avait fait emporter la pierre antique de Scone, sur laquelle on couronnait les rois, Bailleul,