‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 235 sur 488 · BAILLI — BAILLIE · texte numérisé non relu

BAILLI — BAILLIE

rosité posthume de Dupuytren a doté la faculté de Parts, et que Baillie légua comme lui 4 instruction publique.

Jusqu’en 1788 Baillie s’était peu adonnéa la médecine pratique, Mais déja 4gé de vingt-sept ans, récemment — nommé médecin d’un des hdpitaux de Londres, et sachant — sur ’anatomie morbide a peu prés tout ce que la dissection — pouvait lui apprendre, il résolut de pratiquer son art, ne — fit-ce qu’afin de compléter les études de son choix, en découvrant par quels symptémes se décélent les altérations matérielles qu’il avait si soigneusement décrites sans arriérepensée de théorie , sans systtme. Justement a cette époque finissait le régne déja trop long du docteur Pitcairn, le Broussais de |’Angleterre ; en sorte que la publication que Baillie fit alors (1795) de son Manuel d’ Anatomie pathologique fut comme le coup de grace d’un systéme qui avait beaucoup a redouter du grand jour des faits positifs.

Aprés avoir ainsi détroné Pitcairn sans intérét de rivalité, sans intrigue et sans combats, Baillie lui succéda tranquillement dans la confiance publique; et si ce prompt succés fut sans triomphe, il ne fut ni sans conséquences pour la mortalité publique ni sans durée, Aussi bon confrére que sage conseiller et heureux praticien, la vogue de Baillie devint telle qu’il lui fallut renoncer et & Vhdpital et aux études qui la lui avaient conciliée; la pratique seule dévora tout son temps. Trop bon anatomiste pour attendre des remédes seuls la guérison d’un grand nombre de maux, il accordait beaucoup a \’hygiéne et aux voyages, aux eaux minérales et aux distractions, En de telles circonstances, et par le fait de ses conseils, toujours consciencieux , son désintéressement fut souvent mis 4 des épreuves qu’il aurait pu éluder. Une phthisique a laquelle il conseillait un voyage en Italie lui confia que sa fortune lui en refusait les moyens. « Si ce n’est que l’argent, lui dit Baillie, c’est un agent thérapeutique, et ma bourse est 4 votre service comme le reste de ma pharmacie. »

Sa réputation, toujours plus grande, valut A Baillie des titres honorables et dillustres affiliations. Médecin de la princesse de Galles, Georges III l’eut pour consultant, et il fut membre de la Société royale et du Collége des Médecins de Londres. Tant de travaux finirent par altérer sa santé, et abrégérent sa vie : il mourut d’un simple catarrhe pulmonaire, en septembre 1828, n’ayant que soixante-deux ans.

Ses ouvrages sont peu nombreux : le Manuel d’Anatomie pathologique est le principal; il en a paru quatre éditions & Londres dans |’espace de dix-sept ans. Il a été traduit en allemand, en italien, et deux fois en francais, par Guerbois (1815) et par Ferral (1803). C’est un traité maintenant incomplet, et qui n’a qu’un volume. L’auteur y ajouta plus tard dix beaux fascicules qui sont le digne complément du texte. Ses Lecons et des Observations tirées de sa pratique ont été publiées sous son nom, depuis sa mort, par plusieurs auteurs, en particulier par Wardrop, auteur véridique de Vhistoire de sa vie. D* Isid. Bourpon.

BAILLIE (Jonanna), née en 1762, 8 Bothwell, prés de Glasgow, scour du célébre médecin et anatomiste anglais Matthieu Baillie, fut ¢levée loin du bruit du monde, ef puisa le godt des vers non moins dans ses lectures qué dans la disposition particuliére de son esprit. Dans son premier ouvrage, qui parut sous le voile de l’'anonyme, A series of plays, in which it is attempted to delineate the stronger passions of the mind, each passion being the subject of a tragedy and a comedy (Londres, 1798), ef qui obtint tout de suite les honneurs de plusieurs éditions, elle trahit un esprit fait plutot pour réfléchir que pour sentir et pour peindre. Elle a cherehé a représenter dans ses drames, dans un style noble, simple, mais riche en archaismes, et ob on reconnatt !’imitation, l'amour, la haine, l’'ambition, toutes

Ment 4 Londres qu’en Allemagne et A Paris. Ce fut peu | passions qu'il ne lui avait pas été donné de voir dans leur

de temps aprés qu’il fonda 4 Londres le cabinet d’anatomie pathologique, mus¢e assez comparable a celui dont la géné-

réalité et qu’elle n’avait pu étudier que dans Shakspeare ef les autres podtes. Ses drames d’ailleurs ne méritent pas %

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