BAIN — BAINS DE MER
Un ou deux hectogrammes de chlorure de soude, ajoutés ala quantité deau nécessaire pour remplir une baignoire, donnent un bain chloruré qui, suivant quelques médecins , est l'un des moyens les plus efficaces & mettre en usage contre les scrofules.
On prépare les bains mercuriels avec le deutochlorure de mercure, dont on fait dissoudre depuis 3 jusqu’a 30 grammes dans un hectolitre et demi d’eau environ. Ces bains ont été proposés pour remplacer le mercure a Pintérieur.
Les bains iodurés, les bains d’iodurede potassium et les bains iodés sont prescrits dans le traitement des maladies scrofuleuses. D* Alex. Duckett.
BAIN (Ordre du), ancien ordre de chevalerie, aujourd’hui le troisidme en rang qui existe en Angleterre. Il résulte des recherches de Cambden ei de Selden que la qualification de chevalier du Bain apparut incontestablement pour la premiére fois en 1399, a occasion du couronnement du roi Henri 1V, et on peut admettre que la création de cet ordre fut au nombre des solennités imaginées pour célébrer cet avénement. C’est a la coutume ou l’on était alors de plonger dans un bain tout nouveau chevalier qu il faut attribuer sa dénomination.
Par la suite, l’usage des rois d’Angleterre fut de crécr des
chevaliers de ordre du Bain, knights of the Bath: 1° avant |
le jour de leur couronnement; 2° 4 l'inauguration du prince de Galles; 3° 4 Voccasion de leur propre mariage ou du mariage d’un membre de la famille royale; 4° enfin dans de grandes solennités toutes particuliéres. Lors du couronnement du roi Charles IT, il fut créé quatre-vingt-six chevaliers du Bain; mais cet usage tomba en désuétude, et ne fut pratiqué de nouveau que par Georges [*", sous l’administration de Walpole. Les nouveaux statuts et réglements de ordre portent la date du 23 mai 1725.
D'aprés la nouvelle organisation donnée alors a l’ordre du Bain, il dut se composer d’un grand maitre et de trente-six chevaliers (companions), non compris les officiers de ordre, a savoir : le doyen, le garde des registres, le roi d’armes et généalogiste, le secrétaire, le majordome et le messager.
Le prince régent reconstitua ordre du Bain en 1815 pour en faire plus particulitrement un ordre militaire; mais une loi de 1847 en a permis l’accession aux civils. L’ordre est partagé en trois classes: 1° les chevaliers grands-croix dont le nombre est fixé 4 soixante-quinze, non compris les princes du sang possédant de hauts grades dans l’armée ou dans la flotte: sur ces soixante-quinze croix, vingt-cing sont réservées a récompenser des services rendus dans Vordre civil ou dans des fonctions diplomatiques; 2° les chevaliers commandeurs, au nombre de cent cinquantedeux, dont cinquante civils; les titulaires de ces deux classes sont qualifiés chevaliers (knights) et appelés sir’; 3° les simples chevaliers (companions), 525 militaires, et 200 civils. L’ordre du Bain ne doit élre accordé a aucun o-ficier au-dessous du grade de maior ou de capitaine de vaisseau.
BAINI (Josern , abbé ), “savant musicien italien, naquit 4 Rome, le 21 octobre 1775. Il fit ses études au collége Romain avec grand succés, et sa vocation s’accordant parfaitement avec les vues de ses parents, il entra au séminaire pour y faire ses études théologiques et étre ordonné prétre, Mais tout en s’adonnant a ces graves travaux, il était aussi appliqué d’abord a l’étude du plain-chant, puis a celle dela musique, pour laquelle il n’eut d’autre maitre que lui-méme et d’autre temps que celui des récréations , les réglements en défendant l’enseignement dans le séminaire. A Page de dix-huit ans, se trouvant dans une église ou les chantres pontificaux étaient venus officier, il se sentit “ssez Labile pour hasarder de joindre sa voix aux leurs; la heauté de son organe ayant été aussitét remarquée, il fut admis dans le collége des chapelains-chantres , et se passionnant de plus en plus puvar la musique ancienne et pour le
style et le genre de Palestrina, il étudia ce genre, non plus au point de vue de l’exécution, mais dans le but d’en pénétrer tous les secrets et d’en essayer tous les ressources, en sorte que la chapelle Sixtine put entendre de ses compositions, qui ne faisaient point disparate avec la musique sublime qu’elle exécute habituellement. Son Miserere et son Dies ire furent particuli¢rement remarqués. Cependant U cultivait en méme temps Parchéologie musicale, et il ne tarda pas 4 devenir Pun des hommes les plus instruits dans tout ce qui concerne la musique aux époques du moyen age et de la renaissance, particuliérement dans ses rapports avec le culte catholique. Les longues et pénibles recherches qu'il fit sur ces matiéres produisirent, outre plusieurs ouvrages restés inédits, le beau travail intitulé : Memorie della Vita e delle Opere di Giovanni Pierluigi da Palestrina (2 vol. in-4°, Rome , 1829). Cet ouvrage et un opuscule intitulé Saggio sull identita de’ ritmi poetico e musicale (in-8°, Florence, 1820) sont les seuls qui aient été imprimés. Baini aurait passé fort paisiblement sa vie si la conquéte de I’Italie en 1798 et plustard lenlévement du pape ne fussent venus troubler pour quelque temps ses laborieuses journées. Devenu directeur de la chapelle pontificale et choisi pour camerlingue par ses confréres, il remplit ces fonctions jusqu’a sa mort (1844), bienque pendant les derniéres années de sa vie sa santé se fit singuli¢rement affaiblie. Grégoire XVI lui avait donné le titre de cameriere, mais il n’en porta jamais le costume, et dans les cérémonies il figura toujours parmi ses collégues les chapelains-chantres, prétendant, avec raison , que les chapelains sont supérieurs aux valets de chambre. Baini a formé dans le style qu’il préférait a tous les autres un certain nombre d’éléves, dont auteur de cette notice se souviendra toujours avec la plus vive reconnaissance d’avoir fait partie. Adrien DE LAFAGE.
BAIN-MARIE (balneum maris), nom donné a différentes substances qui, élevées 4 une certaine température, sont employées a faire partager leur chaleur aux corps qui y sont plongés. On donne particuliérement ce nom au bain deau chaude; et comme l’ébullition de l’eau sous une pression constante est toujours la méme, Je corps placé dans un bain-marie ne pourra contracter une chaleur supérieure a celle de l’eau bouillante. On y a recours toutes les fois que lon veut agir sur des substances susceptibles de s’altérer par un degré de chaleur supérieur 4 celui de l’ébullition de Yeau (100 degrés centigrades), comme cela a lieu quand on a a dessécher des matiéres végétales ou animales, a évaporer des sucs végétaux ou autres.
BAINS, petite ville de France, département des Vosges. Elle posséde plusieurs sources d’eau saline thermale dont la température varie de 33 a 51° cent. L’analyse y démontre ja présence de 3 décigrammes de sulfate de magnésie par litre d’eau. La saison pendant laquelle on prend ces eaux date du {5 juin au {5 septembre.
BAINS DE MER. Nous arrivons tard en tout, aprés Vitalie pour les beaux-arts et pour la poésie, aprés |’Angleterre pour Ja science politique et l’6conomie industrielle; il en a été de méme pour les bains de mer. Les Anglais et les Napolitains se plongeaient depuis longtemps dans les eaux salées, que nous ne parlions encore des bains de mer qu’avec ure crainte puérile. A peine osions-nous conseiller cette sorte de bains aux maniaques ou aux enragés, et ce n’était méme pas sans un frissonnement d’horreur. Ii a fallu exemple d’une femme, d’une jeune princesse italienne, pour enhardir notre timidité. Attentifs 4 lui plaire, tous les plaisirs ont dressé leurs tentes sur le rivage de la mer, et dés lors gens de la cour et de la ville, ambitieux ou mondains, vieux ou jeunes, hommes ou femmes, pour faire leur cour, se sont jetés Ala mer, comme six mois plus tét ils couraient au sermon, comme dix ans plus tot ils allaient 4 Saint-Cloud, comme cinquante ans plus t6t a Versailles, & Trianon. La mode des plaisirs, l’attrait de la nouveauté, imitation des
grands, la séduction de la faveur, voila nos guides, a nous Francais. Ce n’est pas nous qui changeons, c’est l’opinion, c’est la mode.
Les premiers bains de mer, c’est 8 Dieppe ef 4 Bou- Jogne qu’on les prit; c’est la que furent fondés les établisscments modeéles ; celui de Boulogne fut le premier de tous.
Les malades sont ordinairement conduits a lendroit ot ils se baignent dans de jolies voitures, servant de voile pour la décence et contre Vindiscrétion, en méme temps que de cabinet de toilette; car il faut bien faire un peu de toilette méme pour se jeter a l’eau. On revét alors une de ces longues tuniques de laine que portent toujours dans leur garde-robe Jes habitués des Pyrénées et du Mont-Dore. En outre, chaque baigneur a son conducteur ou son guide; souvent méme on se fait jeter dans l’eau de la mer par ces hommes choisis exprés parmi les plus robustes, et qui ont fait de ce dur travail un long apprentissage.
Les personnes trop craintives ou trop faibles peuvent se plonger dans de vastes baignoires de pierre polie : on suspend méme certaines de ces baignoires de maniére a faire éprouver un balancement analogue a l’ondulation d’une Mer paisible. On a quelquefois aussi chauffé Yeau de mer servant de bain; mais alors il serait plus convenable d’aller se plonger dans les eaux chaudes et salines de Bourboule ou de Bourbonne, qui, au reste, ont beaucoup de ressemblance avec l'eau de mer.
On conseille les bains de mer de préférence a la fin de été et au commencement de l’automne, parce qu’alors l’eau est un peu moins froide et lair extérieur un peu moins chaud. Les personnes fortes peuvent prendre leur bain dés le matin; celles qui sont faibles doivent préférer le milieu du jour, entre le déjedner et le diner : quelques-unes le prennent le soir.
eau de mer marque ordinairement 12 4 14° au thermométre de Réaumur : c’est plus de 15° R. au-dessous de la température du corps humain; il y ala de quoi transir. On doit donc ne se baigner dans Veau de mer qu’avec d’extrémes précautions, qu’avec prudence. Un pareil bain ne conviendrait point a la sortie du lit, parce qu’alors la peau est moite et trop perméable et sensible; point aprés un grand exercice, pour des raisons semblables ; point a la suite des repas, parce que le froid de la peau contrarierait la digestion; point dans un état de grande faiblesse on de fatigue , parce qu’un bain froid suppose de la part du baigneur la faculté de réagir, un certain degré d’énergie; point lorsqu’il y a fiévre ou inflammation, parce que le bain froid repousse le sang vers les parties intérieures, ce qui aggraverait le mal : il ne convient non plus ni dans les maladies de la peau, que l’eau salée avive; ni dans le scorbut, que la fréquentation de la mer a souvent engendré; ni dans les maux de jambes avec gonflement, avec oedéme; ni dans la phthisie pulmonaire, dont i! haterait le terme fatal. Les bains de mer excitent a l’action, ils exigent de Vénergie : ils conviennent a cause de cela aux jeunes gens beaucoup plus gu’aux personnes dgées. On se trouve bien dun léger exercice avant et aprés chaque bain. On éprouve en se jetant a la mer un saisissement a |’épigastre, une sorte d’anxiété a laquelle on obyie par des onctions huileuses au creux de l’estomac.
Mais s’il est des cas ott les bains de mer seraient nuisibles, il en est d’autres ou ils manifestent une grande efficacité. Les scrofules ou humeurs froides , les maladies des nerfs surtout, ainsi que la débilité qui procéde du tempérament, ou qui succéde a des maladies, a des exces, sont les circonstances ott les bains de mer sont le plus propices. Inutile de citer les Romains pour autoriser nos gots du jour ou nos préceptes de médecine : peu nous importe que Musa, plus courtisan que médecin, ait guéri Auguste d’un catarrhe A Vaide des bains de mer. Assurément nul de nos médecins ne suivra exemple de Musa ; aucun de nos malades n’aurail