‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 242 sur 488 · BAINS DE MER · texte numérisé non relu

BAINS DE MER

de la terre: eau qui la compose a été nuage, a cté neige, glacier, rosée; elle a été sang et séve : cette séve et ce sang, qui aboutissent finalement a POcéan, entrainent vers lui et tiennent en suspension quelques-uns des principes constituants des étres qu’ils ont abreuvés et nourris, de méme que les différents fleuves y conduisent et déposent un échantillon de chaque terroir, des molécules atténuées de chaque montagne, comme aussi la réunion de toutes les eaux minérales du globe... Toutefois, et quelle que soit la vogue des bains de mer, quel qu’en soit le mérite réel, ils ne feront jamais abandonner nos eaux thermales des Pyrénées, du Bourbonnais et de Auvergne. C’est a ces derniéres que les vrais malades iront dans tous les temps demander des forces et de la santé. D* Isidore Bourpon.

BAIONNETTE, ou BAYONNETTE, dague, de cinquante centimetres de longueur , qui s’adapte au canon du fusil par un manche creux , forgé séparément, et que l’on appelle dowid/e. L’arme entiére se compose de trois parties, qui se fabriquent séparément, la dowidle et la virole qui sont en fer, et la dame qui est en acier. Le long de la douille et dans les deux tiers de sa hauteur, est pratiquée une entaille, de largeur preportionnée a la dimension d’un bouton carré placé & Vextrémité et en dehors du canon du fusil. Une autre entaille correspondante est pratiquée dans I’épaisseur d’un anneau mobile qui joue autour de la douille. En tournant cet anneau par-dessous le bouton , lorsque celui-ci a glissé jusqu’a l’extrémité de Pcntaille de la douille , on forme une sorte de boutonniére fermée. La baionnette est alors fixée au bout du fusil d’une maniére solide et ne peut s’en détacher que lorsqu’on a replacé Panneau de fagon que son entaille et celle de Ja douille correspondent de nouyeau. La baionnette n’est aiguisée qu’a la pointe; la lame présente une face plate avec, au dos, une forte aréte qui va en s‘élargissant. Une tige coudée ou courbure, d’environ 4 centimétres , entre la lame et la douille, tient la baionnette & distance du canon du fusil, du cété oi se trouve la batterie, en sorte que l’alignement n’est contrarié en rien lorsque lceil met en joue.

La douille de la baionnette se forge sur une enclume sur laquelle sont pratiquées deux gouttiéres demi -circulaires et deux rainures 4 queue d’aronde, dans lesquelles on fixe successivement les étampes au nombre de sept al’aide desquelles on donne la régularité et le diamétre nécessaires a la douille. Tout A coté se trouve un fas, traversé d’un mandrin rond et un peu conique, sur lequel on roule et soude la plaque de fer destinée a faire la douille. Le forgeur de cette partie de la baionnette est encore muni d’un étau dont les machoires présentent, quand elles sont fermées, une ouver- {ure circulaire. Il a aussi trois mandrins de diverses grosseurs qu’il passe successivement, a commencer par le plus petit, dans l’intérieur de la douille pour donner a son ouverture le diamétre nécessaire.

Un ouvrier, aidé de son compagnon, forge ordinairement trente-six douilles par jour. Il y emploie de 13 a 14 kilogrammes de fer et 36 kilogrammes de charbon de terre de bonne qualité. Quand la douille est forgée, elle passe a Yexamen de l’inspecteur, qui la rebute ou la regoit; dans le dernier cas, on la porte a l’alésage. C’est un appareil qui fait tourner des cones d’acier angulaires de six grosseurs différentes qui passent successivement dans l’intérieur de la douille. Deux enfants, & l'aide de cette machine, peuvent en aléser deux cents par jour.

La baionnette proprement dite se forge aussi au moyen de deux étampes. Une sert a former I’épaulement de la lame; Vautre , la nervure ou laréte qui régne dans toute sa longueur. Avant de terminer la forge de la lame, on y soude la douille, sur laquelle on a eu soin de ménager une sorte de queue de fer qui, étant courbée a l’issue de l’opération de la soudure, forme le coude de la baionnette. Aprés que Varme est forgée et trempé, on la porte au polissage, qui

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