‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 248 sur 488 · BAKOUNINE · texte numérisé non relu

BAKOUNINE

symbole du feu se rendent 4 Bakou pour y terminer leurs jours. Des voyageurs récents ont trouvé prés des sources de naphte des cipayes indiens qui, aprés avoir servi dans Parmée de la Compagnie des Indes, viennent vivre 1a de leur pension. L’Arabe Masoudi est le premier qui, vers Pan 943, ait fait mention de Bakou et aussi d’une grande montagne située dans son voisinage et lancant des flammes. Les Russes s’emparérent a diverses reprises, dans le cours du dix-huitiéme siécle (1725, 1735 et 1796), de Bakou et de son territoire ; mais ce fut seulement en vertu de la paix de Goulistén (1813) que Karabag, Bakou et tout le Chirvan leur furent formellement cédés par les Persans. Les colonnes de feu dont il vient d’étre fait mention proviennent de V’inflammation du gaz hydrogéne yraisemblablement mélé de carbone, et les Hindous ainsi que les Parsis y yoient une émanation du feu céleste, une manifestation de Kaly, la déesse du grand élément.

BAKOUNINE ( Micuet), fameux par la part qu’il prit aux menées démagogiques de ces derniéres années, était fils dun propriétaire de Torschok, dans le gouvernement de Twer (Russie), et né en 1814. Elevé a l’école des Cadets (Ecole militaire) de Saint-Pétersbourg, il entra, avec le grade d’enseigne porte-épée, dans Jartillerie de la garde inapériale ; mais il prit bientét aprés son congé, et se retira dans la maison paternelle. En 1841 il quitta la Russie pour se rendre a Berlin, ot il s’occupa d’études philosophiques ; puis, au printemps de 1842, il allas’établir& Dresde, ou il continua ses travaux, eut de nombreux rapports avec Ruge, et ou, entre autres, il publia, sous le pseudonyme de Jules Elysard, une dissertation philosophique dans les Annales Allemandes. Vers ie commencement de 1843 il quitta Dresde, et vint s’établir & Paris, ow il lia tout aussitét, a titre de patriote russe persécuté, des relations avec les principaux membres de I’émigration polonaise. De 1a il se rendit en Suisse, oti il se méla de la maniére la plus active, a Zurich, aux menées des associations communistes et socialistes.

Instruit par ses agents & l’étranger des intrigues ef des complots révolutionnaires auxquels Bakounine prenait part, le gouvernement russe lui retira la permission de voyager a l’étranger qui lui avait été accordée en i841, et lui fit enjoindre d’avoir a rentrer immédiatement en Russie; ordre auquel, comme on peut bien penser, Bakounine se garda d’obéir. En conséquence , le gouvernement russe confisqua ses propriétés. Bakounine s’en revint alors a Paris ; la mesure sévére qui venait d’étre prise contre lui dans son pays lui conférait les palmes du martyre, et le plaga fort avant dans la confiance des hommes de |’opposition la plus avancée. Il fut admis au nombre des écrivains qui, sous la direction du fameux Flocon, rédigeaient la Réforme, journal créé pour faire concurrence au National, pour le stimuler et le surveiller dans la guerre acharnmée quwil ne cessait de faire & Louis-Philippeet au principe monarchique , mais qui n’obtint jamais que la clientéle des tabagies du plus bas étage, 4 cause de l’absence absolue de toute espéce de talent dont il fit constamment preuve.

En 1847, & l’époque de la fameuse campagne des Banquets, Bakounine, dans une de ces réunions destinées & célébrer Vanniversaire de la réyolution polonaise de novembre 1831, prononga une chaleureuse et hardie allocution ot il proposait la fraternisation des Russes et des Polonais unissant leurs efforts pour révolutionner la Russie. Ce speach, répété par tous les journaux frangais, produisit une vraie sensation ; et par suite d’nne réclamation présentée par lambassadeur russe & Paris, Bakounine fut expulsé de France. Il alla alors se cacher 4 Bruxelles, pendant que le gouvernement russe offrait une prime de 10,000 roubles d@argent A celui qui procurerait son extradition, Six semaines aprés, la révolution de Février rouvrait les portes de la France & Bakounine, et le ramenait a Paris. Les propriétaires , les rédacteurs de la Réforme, MM. Ledru-Rollir-

Flocon, Louis Blanc, Caussidiére, Etienne Arago, étaient devenus les maitres de la France, et n’aspiraient pas moins qu’a révolutionner le reste de Europe. Bakounine était naturellement pour eux un instrument précieux ; les ressources et les moyens d'action nécessaires furent donc immédiatement mis & sa disposition, et dés la fin de mars on le trouve 4 Prague assistant au congrés slave et prenant une part importante aux troubles sanglants qui en résultérent. Il se rendit ensuite & Berlin, ot il joua un des premiers rdles dans toutes les menées du parti démocratique allemand.

Expulsé du territoire prussien, il se réfugia 4 Dresde, dont le séjour ne tarda pas non plus a lui étre interdi!, etildut alors résider tantot a Dessau, tant6t 4 Keethen, et autres villes, toujours aux prises avec les autorités locales et toujours mélé a toutes les menées démagogiques de l’époque. Dans les premiers jours de mars 1849 il revint s’établir A Dresde, ot ses athis politiques le cachérent pendant quelque temps et ou il prit une grande part a la catastrophe de mai. Obligé de fuir de cette capitale avec Heubner et Reckel, il fut arrété 4 Chemnitz dans la nuit du 9 au 10 mai. Emprisonné d@abord dans la caserne de cavalerie 4 Dresde, il fut transféré de la 4 Keenigstein le 28 aodt suivant. Condamné a mort au commencement de mai 1850, sa peine fut commuée en celle de la prison perpétuelle , et on le livra alors au gouvernement autrichien, qui réclamait son extradition par suite des procédures entamées a l’occasion des troubles révyolutionnaires dont les Etats autrichiens avaient été le théatre. Il fut de nouveau condamné a la peine capitale par un conseil de guerre, 4 Prague, en mai 1851, et cette fois encore cette peine fut commuée en celle d'une détention perpétuelle. Trausporté ensuite a Saint-Pétersbourg, et enfermé dans la forteresse de Schilusselbourg, il y mourut au Mois de septembre.

BARTSCHI-SERAI, c’est-a-dire Ja ville des Jardins, capitale des anciens princes de la Crimée, est située dans une étroite fondriére calcaire, & peu de distance du chef-lieu actuel, Simpheropol. Elle se trouve encore de nos jours dans un parfait état de conservation, et compte environ 10,000 habitants , appartenant pour la plupart aux derniers débris de la population tatare qui dominait autrefois dans cette contrée. Baktschi-Sérai ne forme donc pas seulement 4 cet égard un frappant contraste avec les villes toutes modernes de Séwastopol et de Simpheropol, mais c’est en outre trés-certairement l’une des villes les plus remarquablement originales qui existent en Europe. L’ancien palais des souverains de la Crimée, trés-bien conservé par les Russes, est complétement meublé et arrangé a Vorientale. 11 se trouve situé & peu prés au milieu de Baktschi- Sérai. Kohl, dans ses Voyages au sud de la Russie (2 vol., Leipzig, 1841), adonné une description détaillée de cette ville tatare et de son palais,

BAL, S’il ne s’agissait que de donner |’étymologie du mot bal, je dirais qu’il vient du mot grec 64).w, je danse; Pil ne fallait que définir ce qu’on entend par un bal, je dirais que c’est une réunion d’hommes et de femmes, dont les uns dansent et les autres regardent danser. Mais cette courte et séche définition ne satisferait personne; et d’ailleurs il y a tant de sortes de bals qu’il faut hien les distin- Buer. Il n’est pas jusqu’a la forme des invitations qui souvent ne différe : ainsi, dans le grand monde, un bal s’indique far ces mots : on dansera; et dans la classe bourgeoise , la vieille formule : il y aura un violon, se perpétue encore malgré le progrés des lumiéres; c’est par modestie cependant, car le violon annoncé est souvent un orcliestre complet.

Pour que ke lecteur n’ait rien 4 nous reprocher, nous nous proposons de le conduire successivement dans les divers bals qui composent le brillant domaine de Terpsichore: et d’abord nous le menerons au bal proprement dit, dont

DICT. DE LA CONVERS. — T. Ic

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