‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 25 sur 488 · ARMOIRIES · texte numérisé non relu

ARMOIRIES

droit de s’arroger la couronne de marquis ou de comte, la devise la plus fastueuse et les supports les plus magnifiques. La couronne ducale seule a conservé une signification poative ; encore pourrait-on citer plusieurs familles qui l’ont usurpée. Dans le blason de sa noblesse, Napoléon avait réforme cette anarchie. Des matricules constataient Vinseriptior des 3eu.es familles titrées sous empire. Chaque dignitaire dut porter ostensibiement dans ses armes le signe de son emploi civil ou de son grade militaire, et la couronne ou le casque qui timbrait son écusson indiquait d’une maniére explicite et incontestable fe rang que lui donnait dans la société son titre béréditaire. Avant la révolution, il n’y avait que les ornements extérieurs de quelque haute dignité dont on ne pit pas usurper les emblémes, qui eussent une application réelle et spéciale. Tels étaient les batons des maréchaux de France, les ancres des amiraux, les masses du chancelier, les clefs du grand chambellan, les drapeaux des colonels généraux, le chapeau rouge des cardinaux, le chapeau vert avec la croix pour les archevéques, le chapeau vert avec la mitre et la crosse pour les évéques, etc. La fixité des supports dans les armoiries de la noblesse a’aurait pas dd exciter moins d’attention que la conservation des signes intérieurs; car cest par les supports seulement qu’on pouvait distinguer les familles dont les armorries étaient entigrement semblables, et le nombre en est grand.

C’est surtout dans Vintervalle du douziéme au quinziéme siécle qu’ona pu dire avec raison que les armoiries étaient des marques d@’honneur et de noblesse. Le caractére belliqueux qu’elles tiraient de leur origine et le magique langage qu’elles parlaient aux yeux tempéraient, chez un peuple idolatre de la gloire, ces souvenirs et ces devoirs de féodalité dont elles adoucirent image tant qu’elles demeurérent Pemblé me de la puissance acquise au prix du sang, et d’une continuité de nobles travaux et de généreux sacrifices. On voit les armoiries figurer sur les monnaies des nations comme sur la bannicre “t le bouciier des chevaliers. Les communes ont aussi leurs drapeaux artnoriés, de méme que les écus et les sceaux de leur justice. Dans les familles, ce n’était pas seulement un objet de soins continuels et de vénération, un don précieux qu’un chevaiier inourant léguait souvent a l'amitié, ala vileur éprouvée d'un frere d’armes; c’était encore l’empreinte irr4faga le qui suppléait a la signature, et donnait aux actes publics leur force et leur authentlicilé ( voyes Sceaux); sur la limite des possessions seigneuriales, sur les insignes de la justice, sur les titres et les vitraux des monuments religieux , c’ctait le symbole de la suzeraineté territoriale et de la haute juridiction civile , et le juste hommage d'une pieuse déférence rendu a la postérité d’un fondateur ou d'un patron généreux.

Les causes qui ont amené la décadence de la no blesse sont les mémes que celles qui ont occasionné la dépréciation des armoiries. Dés que les caprices de la faveur et la soif de l’or eurent flétri, en les prodiguant, ces distinctions si recherchées, on cessa d’y attacher le méme prix. Des bourgeois obtinrent le droit de porter des écussons, des armoiries ; mais la forme de leur écu en corur différait de celle des nobles dont I’écusson rappelait Pancien bouclier,

Le dédain de la noblesse pour tout ce qui n’étail pas service de Vépée fit passer dans les mains de la bourgeoisie Yadministration municipale et le beau privilége de dispenser la justice et de la rendre a la noblesse elle-méme. Dos lors une multitude de nouveaux nobles surgit de Pexercice des offices municipaux et des charges de la magistrature et de fa finance. Les conseillers , les échevins, les secrétaires du roi, les trésoriers de France, les acheteurs de considération et de noblesse inondérent le royaume de leurs armoiries, Ajoutons & ce débordement la somme de tous les usurpateurs (@arinoiries, et 'e nombre encore plus considerable de bourgeois et de marchands auxauels Louis XLV en coneoda

Page 1